Armée de l'air russe

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Force aérienne russe
Emblème de la force aérienne russe
Emblème de la force aérienne russe

Période 1992 - aujourd'hui
Pays Drapeau de la Russie Russie
Branche Force aérienne
Type Armée
Rôle Supériorité aérienne
Reconnaissance militaire
Appui aérien rapproché
Fait partie de Forces armées de la Fédération de Russie
Composée de Aviation à long rayon d'action
Couleurs URSS-Russian aviation red star.svg
Cocarde de la force aérienne russe depuis 2013.
Anniversaire 12 août
Équipement 1 909 aéronefs
Commandant Lieutenant-General Viktor Bondarev
Drapeau des VVS.

L'Armée de l'air russe (en russe : Военно-воздушные cилы России, Voïenno-vozdouchnye sily Rossiï), est l'armée de l'air de la Fédération de Russie et auparavant de l'Union soviétique.

Elle fut constituée sous sa forme actuelle en 1930, et perdura jusqu'en 1991, année où sa majeure partie resta sous le contrôle de la Russie. Mais on peut considérer qu'elle est la descendante des Forces aériennes impériales russes formées en 1910.

Historique[modifier | modifier le code]

Cocarde de l'Empire russe 1910/1917.
Cocarde de l'Union soviétique 1922/1943.
Cocarde de l'Union soviétique de 1943 à 1991 puis de la Russie de 1991 à 2010 et depuis 2013.
Drapeau de l'Armée de l'Air Union soviétique 1943/1991.
Cocarde russe de 2010 à 2013[1].
Supermarine Spitfire Mk Vb britannique livré à la VVS.
Un MiG-31, l'intercepteur le plus rapide du monde.
Un des trois Iliouchine Il-80 de commandement stratégique en 2010.

La première force aérienne russe, naît en 1910 sous le nom d'armée de l'air impériale russe. Elle prit part à la Première Guerre mondiale en s'opposant aux armées allemande et austro-hongroise. En 1915, elle devint une branche à part entière de l'armée, car faisant auparavant partie du Génie militaire. Néanmoins la Force aérienne impérial russe est, à cette époque loin de pouvoir rivaliser avec les armées de l'air des Puissances centrales, entre 1914 et 1918 seulement 5 000 avions furent produits en Russie contre 45 000 en Allemagne.

C'est en 1918, au milieu de la guerre civile russe, que se créée une nouvelle armée de l'air sous la désignation de Flotte aérienne des ouvriers et paysans, placée sous le contrôle étroit de l'Armée rouge. En 1930, elle acquiert son indépendance et prend son nom définitif: Voienno-vozduchnyie sily. Elle connaît son baptême du feu, quelques années, plus tard, lorsqu'elle affronte, à plusieurs reprises, l'aviation japonaise, dans le ciel de l'Extrême-Orient, mais aussi en envoyant de nombreux « volontaires » participer à la guerre d'Espagne. C'est à l'époque, la force aérienne la plus puissante par le nombre, elle a été aussi souvent en pointe pour le matériel, mais son organisation et ses tactiques, dont les déficiences ont été aggravées par les Grandes Purges, laissent à désirer, de plus son matériel, bien que nombreux commence à vieillir. La guerre aérienne pendant la guerre d'Hiver et surtout les débuts de l'opération Barbarossa, vont mettre en évidence ses faiblesses, et elle subira durant cette période des pertes colossales.

Très rapidement, durant l'année 1941, elle va néanmoins se réorganiser, et malgré la puissance de la Luftwaffe, avec laquelle elle a engagé une lutte à mort, elle va réussir à survivre et à combattre jusqu'à contester, à partir de la fin 1942, la maîtrise des cieux aux Allemands. C'est à cette époque, que va naître la structure générale que les VVS, garderont tout du long de la Guerre froide. Elle se divise en trois services spécialisés qui ont chacun leur mission :

  • la Frontovaya Aviatsiya (FA) ou aviation du front, chargée d'appuyer les unités terrestres de l'Armée rouge, qui se subdivise elle-même, en plusieurs armées aériennes, dont la zone d'opération est assujettie à un front. Ces armées aériennes, regroupent un assortiment de chasseurs, bombardiers moyen et avions d'assaut, destinés au combat sur la ligne de front et sa proximité immédiate.
  • la Dal'naya Aviatsiya (DA) ou aviation à long rayon d'action, est chargée, elle de raids en profondeur sur les arrières de l'ennemi, en employant des bombardiers à long rayon d'action comme l'Iliouchine Il-4.
  • le Voenno-Transportnaya Aviatsiya ou aviation de transport, gère tous les avions de transport.

Deux autres services ne dépendant pas des VVS, existent aussi, ce sont :

Progressivement, l'entrée en service de nouveaux matériels et sa supériorité numérique retrouvée, permettent aux VVS, de prendre l'avantage sur la Luftwaffe, cependant elle souffre longtemps de l'absence de pilotes et chefs d'unité expérimentés, ce qui ralentira sa prise d'ascendant et contribuera longtemps à maintenir un ratio de pertes à sa défaveur. À partir de 1944, cependant, la Luftwaffe, par ailleurs pressée sur son propre territoire par les raids alliés, devient incapable de s'opposer autrement que localement aux actions des VVS. Et celles-ci, prennent alors une grande part de l'effort qui pousse les soviétiques, vers Berlin. Après la défaite allemande, les VVS vont participer brillamment aussi à la campagne éclair contre les forces japonaises en Mandchourie.

L'après-guerre, placée sous les signes de la confrontation avec les États-Unis et des armes nucléaires, voient les forces de la Dal'naya Aviatsiya, prendre une importance considérable, car ses bombardiers sont dans un premier temps, le seul vecteur d'arme disponible pour les soviétiques. En 1959, la création de la Raketnye voyska strategicheskogo naznachneiya (RVSN) ou Troupes des missiles stratégiques, correspondant à l'apparition des premiers IRBM et ICBM, puis la mise en service de sous-marins lanceur d'engins, diminuera par la suite, quelque peu ce besoin.

L'autre commandement qui voit son importance augmenter, est le Voyska PVO, chargé lui de protéger le territoire soviétique contre les incursions de bombardiers et d'avions de reconnaissance occidentaux, il met en œuvre des intercepteurs, mais aussi dès les années 1950, des missiles surface-air, en très grand nombre du fait de l'immensité du territoire à protéger.

À partir de novembre 1950, la chasse soviétique intervient dans la guerre de Corée depuis des bases en république populaire de Chine de façon non-publique. Elle effectue plus de 125 000 sorties de combat et perdra 315 MiG-15 et 120 pilotes dans ce conflit[2].

Durant la guerre d'Afghanistan, de 1979 a 1989, elle effectue 1 200 000 sorties de combat et perd 114 avions et 333 hélicoptères[3].

Article détaillé : Accident aérien de Kortrijk.

Le 4 juillet 1989, un MiG-23 de l'Armée de l'air soviétique s'écrase à Kortrijk en Belgique, tuant un jeune de 18 ans[4].

Ses effectifs en 1991 sont de 425 000 personnels d'actives et de 725 000 réservistes; ils sont légérement moins nombreux que ceux de la Voyska PVO[5]

En 1992, suite à la chute de l'Union soviétique, c'est la Fédération de Russie qui prit le contrôle de la majeure partie des VVS (environ 50 % des aéronefs et 65 % du personnel). Depuis elles ont pris part à la Première guerre de Tchétchénie (1994-1996), à la Seconde guerre de Tchétchénie (1999-2002) et à la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud (2008).

L'armée de l'air russe, souffre depuis les années 1990 de nombreuses carences : manque de pièces détachées, vétusté d'une grande partie de la flotte, entraînement insuffisant (40 h par an), manque de ravitailleurs pour les bombardiers stratégiques[6].

En 1998, les Forces aériennes de défense de la Fédération de Russie (Voyska protivovozduchnoï oborony, PVO) ont été intégrées à l'armée de l'Air, créant ainsi une force aérienne unifiée. Cette arme précédemment indépendante au même titre que l'armée de terre, la marine, l'armée de l'air et les forces balistiques, regroupait l'ensemble des intercepteurs et des systèmes de défense antiaérienne du pays. En 2003, les unités de l'aviation légère de l'armée de terre ont également été placées sous le commandement de l'armée de l'Air.

En 2008, lors de la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud contre la Géorgie, la Russie possède entre 2 800 et 3 500 aéronefs en service selon les sources, mais dont une grande partie date de la période soviétique. La disponibilité de la flotte russe dépasserait à peine 30 %. 83 % des unités de l’armée étaient numériquement incomplètes et seulement 17 % étaient prêtes à combattre. Sur les 150 régiments de la Force aérienne de combat, 5 seulement étaient prêts en permanence bien qu'elle bénéficie d'un financement très largement accru depuis le début des années 2000 et de programmes de modernisation à long terme visant à améliorer ces capacités.

En 2010, son effectif est de 160 000 militaires et une estimation de l'Institut de relations internationales et stratégiques lui prête 1 909 avions dont 804 de combat[7].

L'aviation de marine (Aviatsia voyenno morskovo flotta, AVMF) ne fait pas partie de l'armée de l'air et reste sous le commandement de la marine russe.

Organisation[modifier | modifier le code]

Carte des bases aériennes de l'Union soviétique durant la Guerre froide.

Sont comprises ici les forces aériennes de défense (Voyska protivovozduchnoï oborony) et les unités de l'armée de l'air « traditionnelle » (Voienno-vozduchnyie sily). En 2006, elles sont fortes d'environ 185 000 hommes.

Plusieurs types d'avions de combat lors du Défilé du Jour de la Victoire 2010.

Les forces aériennes unifiées de Russie sont organisées comme suit :

  • 16e armée aérienne de Koubinka, district militaire de Moscou
    • 105e Division aérienne de Voronej
    • 1er Corps de défense aérienne (ex-composante Voyska PVO)
    • 32e Corps de défense aérienne (ex-composante Voyska PVO)
    • éléments de l'aviation de l'armée de terre
  • Commandement de la zone de défense aérienne centrale
  • 6e armée aérienne, district militaire de Léningrad.
    • 149e Division aérienne
    • 21e Corps de défense aérienne (ex-composante des PVO)
    • 54e Corps de défense aérienne (ex-composante des PVO)
    • 22e Division de défense aérienne (ex-composante des PVO)
  • 4e armée aérienne, District militaire du Nord-Caucase.
    • 10e Division aérienne
    • 51e Corps de défense aérien (ex-composante des PVO)
    • 10e Division d'assaut aérien (ex-composante des PVO)
  • 5e armée aérienne de Iekaterinbourg, district militaire Volga-Oural.
    • 764e Régiment d'avions de chasse
    • Unités de formation et d'entrainement
  • 14e armée aérienne de Tchita, district militaire de Sibérie.
    • 48e Division aérienne
    • 26e Division de défense aérienne (ex-composante des PVO)
  • 11e armée aérienne, district militaire d'Extrême-Orient.
    • 83e Division de bombardiers
    • 303e Division aérienne
    • 25e Division de défense aérienne (ex-composante des PVO)

Il existe également deux autres armées de l'air placées sous les ordres du Commandement suprême:

Moyens[modifier | modifier le code]

Moyens en 2006[modifier | modifier le code]

Mi-28N
Su-34
Tu-160

Cette liste comporte les unités des VVS et des PVO.

Chasseurs[modifier | modifier le code]

chasseurs opérationnels - 1292

Avions d'attaque[modifier | modifier le code]

Avions d'attaque opérationnels : 699+

Bombardiers a long rayon d'action[modifier | modifier le code]

Bombardiers stratégiques[modifier | modifier le code]

90 bombardiers stratégiques

Reconnaissance/ECM/ELINT[modifier | modifier le code]

120 aéronefs de Reconnaissance/ECM/ELINT

AWACS[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

242 avions de transport

Ravitailleurs[modifier | modifier le code]

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Ceux-ci devraient revenir a l'armée de terre russe en 2015.

Moyens en 1987[modifier | modifier le code]

165 bombardiers stratégiques 
150 Tu-95 Bear
16 Tu-160 Blackjack
550 bombardiers 
155 Tu-22M Backfire
260 Tu-16 Badger
135 Tu-22 Blinder
2 780 chasseurs 
490 MiG-21 Fishbed
1 570 MiG-23 Flogger
105 MiG-25 Foxbat
260 Su-15 Flagon
20 Tu-128 Fiddler
20 Yak-28 Firebar
275 MiG-29 Fulcrum
30 MiG-31 Foxhound
10 Su-27 Flanker
2 835 avions d'attaque au sol 
130 MiG-21 Fishbed
830 MiG-27 Flogger
895 Su-7/Su-17 Fitter
770 Su-24 Fencer
210 Su-25 Frogfoot
50 ravitailleurs 
30 M-4 Bison
20 Tu-16 Badger
658 avions de reconnaissance 
65 MiG-21 Fishbed
195 MiG-25 Foxbat
165 Su-17 Fitter
65 Su-24 Fencer
195 Yak-28 Brewer
260 avions de reconnaissance stratégiques 
115 Tu-16 Badger
15 Tu-22 Blinder
4 Tu-95 Bear
102 Yak-28 Brewer
24 MiG-25 Foxbat
3 050 hélicoptères
1 500 hélicoptères d'entraînement
576 avions de transport 
55 An-22 Cock
210 An-12 Cub
310 Il-76 Candid

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.heraldicum.ru/russia/index.htm
  2. (en)(ru)Korea
  3. (en)(ru)Afghanistan
  4. (en) The strange accident of the MiG-23, Tamas Gal et Kornel Straub, Eastern Wings, 1996
  5. « La force mécanisée du Pacte », Ligne de Front, no 3H,‎ janvier-février 2008, p. 47
  6. (fr) Roger McDermott, Les forces armées russes : le pouvoir de l’illusion, Russie. NEI. Visions no 37, IFRI, 16 mars 2009.
  7. Édouard Pflimlin, « Le Japon et l’équilibre des forces aériennes en Asie de l’Est », sur Institut de relations internationales et stratégiques,‎ 17 novembre 2011 (consulté le 22 mars 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]