Aristodème de Milet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aristodème.

Aristodème de Milet (en grec ancien Ἀριστόδημος / Aristódêmos) est l'un des officiers d’Antigonos le Borgne, dont il sert fidèlement la politique.

C'est lui qui en 315 av. J.-C. porte aux cités grecques la proclamation de Tyr où Antigonos proclame « la liberté des Grecs ». Aristodème reçoit immédiatement le soutien des Étoliens. Il se retire en Étolie devant la réaction vigoureuse de Cassandre qui reprend le contrôle de la Grèce continentale (vers 314 av. J.-C.).

La paix de 311[modifier | modifier le code]

En -311, aucun des diadoques n'a remporté d'avantage décisif mais la nécessité d'une trêve se fait sentir après quatre années de guerre. Lysimaque et Cassandre envoie une ambassade auprès d'Antigonos cette année-là, avant que Ptolémée se joigne à eux. Cette paix nous est connue par un texte épigraphique incomplet découvert sur le site de la cité de Scepsis en Troade[1]. Il s'agit d'une lettre d'Antigonos aux habitants de la cité, ou plus vraisemblablement d'une lettre « circulaire » adressée aux cités de tous ses territoires, qui proclame la liberté des Grecs. Une phase d'intenses négociations semble avoir précédé la signature du traité. Une première tentative entre Antigonos et Ptolémée a échoué en raison de l'ampleur des exigences d'Antigonos en -314. En 313, la « conférence de l'Hellespont » avec des représentants de Cassandre a échoué pour les mêmes raisons. Mais en 311, la situation est bien moins satisfaisante pour Antigonos. L'expédition de Démétrios contre Séleucos en Babylonie a été un échec. Antigonos a besoin de la paix pour se retourner contre ce nouvel adversaire. Celui-ci d'ailleurs reste d'ailleurs en dehors des négociations. Il semble donc que ce soit bien Antigonos, représenté par Aristodème de Milet, qui reprenne l'initiative de cette paix.

Lors des négociations qui aboutissent à la paix de 311 av. J.-C., c'est Aristodème qui représente Antigonos, ce qui illustre la grande confiance de ce dernier. Chargé par Démétrios, le fils d’Antigonos, de porter la nouvelle de la victoire devant Salamine de Chypre sur Ptolémée Ier en 306 av. J.-C., Aristodème prend devant son maître une mine sinistre comme s'il apportait la défaite. Puis il annonce brutalement : « « Salut, roi Antigonos ! Nous sommes vainqueurs de Ptolémée. » Ce à quoi répond le nouveau roi « Toi aussi par Zeus je te salue ! Mais puisque tu nous as mis à la question, tu le paieras : tu attendras plus longtemps ta récompense. »

C'est ainsi, selon Plutarque, qu'Antigonos prend le titre de roi. Aristodème ne joue plus un grand rôle par la suite et décède à une date inconnue.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur cette paix voir aussi le bref compte-rendu de Diodore de Sicile (XIX, 105, 1)

Bibliographie[modifier | modifier le code]