Aristobule de Chalcis

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aristobule.
Aristobule
Titre
Roi d'Arménie Mineure
5572
Prédécesseur Cotys IX
Successeur / (annexion romaine)
Roi de Chalcis
ca. 5592 ?
Prédécesseur Hérode Agrippa II ?
Successeur / (annexion romaine)
Biographie
Père Hérode de Chalcis
Mère Mariamne
Conjoint Salomé
Enfant(s) Hérode, Agrippa et Aristobule

Aristobule de Chalcis est roi d'Arménie Mineure de 55 à 72 et roi de Chalcis. Fils d'Hérode de Chalcis et de Mariamne, sa première épouse, il est donc un arrière-petit-fils d'Hérode le Grand.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'année qui suit son accession au trône, Néron procède à des redistributions de territoires. L'empereur reprend à Hérode Agrippa II le royaume de Chalcis et le donne à Aristobule, qui devient donc roi de Chalcis (l'Iturée) comme l'avait été son père[1][réf. à confirmer]. Néron attribue en outre à Aristobule l'Arménie Mineure en 55[2].

Selon Flavius Josèphe, il participe avec ses forces à la guerre romano-parthe de 58-63, sous la direction de Corbulon. Comme les autres rois-clients qui ont participé à l'expédition, il reçoit ensuite une petite partie de l'Arménie pour le récompenser de son action[3],[4]. À la tête des troupes auxiliaires qu'il commande, il se joint à l'expédition du gouverneur de Syrie, Caesennius Paetus contre le roi Antiochos IV de Commagène, en 72[5] (voire 72 ou 73[6]).

L'Arménie Mineure est néanmoins annexée par l'Empire romain en 72[7],[8],[9]. Aristobule demeure toutefois investi de la royauté de Chalcis ; ainsi sa période de règne sur ce dernier royaume est datée d'environ 55[1] à 92[réf. nécessaire].

Union et descendance[modifier | modifier le code]

Il s'est marié à Salomé[10], fille d'Hérodiade et d'Hérode Boëthos (parfois appelé Philippe), après la mort de son premier mari, Philippe le Tétrarque. Salomé acquiert ainsi le titre royal[1]. Ils ont trois fils[11] : Hérode, Agrippa et Aristobule[10].

Monnaies[modifier | modifier le code]

Trois monnaies à son effigie et à celle de sa femme ont été retrouvées. Sur l'une de ces monnaies on lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΡΙΣΤΟΒΟΥΛΟΥ « (monnaie) du roi Aristobule ». « Au revers, figure le buste de la reine, seule image connue de la célèbre Salomé. Elle est sans voile, seulement coiffée d'un diadéma dont les pans flottent à l'arrière du buste[5]. » Sur ce revers est inscrit « (monnaie) de la reine Salomé ». « La reine est placée au même niveau que le roi avec lequel elle partage le trône[12]. »

Un second type monétaire a récemment été découvert dans une collection privée. C'est un bronze de 25 mm de diamètre dont un seul exemplaire est connu[13]. À l'avers, on trouve le buste du roi avec l'inscription en grec : « (monnaie) du roi Aristobule, an 13 (67/68) ». Au revers, on lit une inscription de six lignes : « À Néron Claudius César Auguste Germanicus »[13]. Pour Christian-Georges Schwentzel, « Aristobule exprime son loyalisme envers son maître romain, mais il n'est pas nécessaire de mettre la monnaie en relation directe avec la grande révolte juive[13]. »

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Pour Marie-Françoise Baslez, « la maison d'Aristoboulos » mentionnée dans l'Épître aux Romains de Paul de Tarse (Ro 16. 11) pourrait faire référence à la maison d'Aristobule de Chalcis à Rome[14]. Paul s'adresserait à des esclaves ou des affranchis d'Aristobule[14]. Hérodion, cité par Paul au verset suivant comme ayant la même mère que lui, pourrait être un demi-frère de Paul ayant des liens familiaux avec la descendance d'Hérode le Grand qui aurait été élevé auprès d'Aristobule, dans une position subalterne[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Schwentzel 2011, p. 255 — l'auteur se contredit cependant quant à la datation en p. 279.
  2. Mutafian et Van Lauwe 2005, p. 30.
  3. Tacite, Annales, XIII, 7 ; XIV, 26.
  4. Garsoïan 2004, p. 66.
  5. a et b Schwentzel 2011, p. 279.
  6. Levick 2007, p. 9.
  7. Hewsen 2001, p. 37.
  8. Hewsen 2004, p. 16.
  9. Chaumont et Traina 2007, p. 148.
  10. a et b Flusser 2005, p. 260.
  11. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, 5, 4.
  12. Schwentzel 2011, p. 280.
  13. a, b et c Schwentzel 2011, p. 281.
  14. a et b Baslez 2012, p. 474.
  15. Baslez 2012, p. 477.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, éd. Pluriel,‎ 2012.
  • Marie-Louise Chaumont et Giusto Traina, « Les Arméniens entre l'Iran et le monde gréco-romain (Ve siècle av. J.-C.-vers 300 apr. J.-C.) », dans Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Privat,‎ 2007 (1re éd. 1982) [détail des éditions] (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 101-162.
  • David Flusser, Jésus, Paris, Éditions de l'Éclat,‎ 2005 (ISBN 9782841621019).
  • (en) Robert H. Hewsen, Armenia: A historical Atlas, Chicago et Londres, The University of Chicago Press,‎ 2001 (ISBN 0-226-33228-4).
  • (en) Robert H. Hewsen, « The Geography of Armenia », dans Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, vol. I : The Dynastic Periods: From Antiquity to the Fourteenth Century, New York, Palgrave Macmillan,‎ 2004 (1re éd. 1997) (ISBN 978-1403964212), p. 1-17.
  • (en) Nina Garsoïan, « The Aršakuni Dynasty (A.D. 12-[180?]-428) », dans Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, vol. I : The Dynastic Periods: From Antiquity to the Fourteenth Century, New York, Palgrave Macmillan,‎ 2004 (1re éd. 1997) (ISBN 978-1403964212), p. 63-94.
  • (en) Barbara Levick, Julia Domna, Syrian Empress, Routledge,‎ 2007 (ISBN 9780415331432).
  • Claude Mutafian et Éric Van Lauwe, Atlas historique de l'Arménie, Autrement, coll. « Atlas / Mémoires »,‎ 2005 (ISBN 978-2746701007).
  • Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Paris, Pygmalion,‎ 2011.