Aristide d'Athènes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Aristide d'Athènes, icône byzantine

Aristide d'Athènes ou Saint Aristide (mort vers 134) est un apologiste chrétien du IIe siècle. Philosophe athénien, il se convertit au christianisme et fut l'un des premiers à répondre par la plume aux attaques que subit au début du II° siècle la religion chrétienne. Précédant d'autres apologistes (comme Saint Justin ou Tertullien ) qui développèrent et approfondirent la défense et l'illustration du Christianisme, Aristide témoigne par sa fraicheur et sa sincérité de l'esprit de fraternité qui régnait au sein des premières communautés chrétiennes[1]. Il est fêté le 31 août.

L'Apologie[modifier | modifier le code]

Alors qu'Aristide enseigne la philosophie à Athènes, l'empereur Hadrien visite cette ville en 125. Aristide lui présente une Apologie de la religion qui fut bien accueillie. Dans un discours prononcé devant l'empereur, il soutient le principe de la divinité de Jésus-Christ.

Dans son exposé, Aristide commence par diviser l'humanité en 4 catégories [2]:

  1. Les Barbares : Il pointe leur fétichisme qui leur fait « rendre un culte aux éléments (de la nature) et servir les créatures plutôt que le créateur
  2. Les Grecs : Ils ont introduit « de multiples dieux fabriqués », dans le cadre d'une mythologie « ridicule et folle » , qui a servi de prétexte aux humains pour commettre à leur tour « toutes sortes de crimes et abominations »
  3. Les Juifs : Aristide relève leur croyance en un « Dieu unique, créateur de tout et tout-puissant » mais dénonce certaines de leurs pratiques qui - à ses yeux- ont tendance à verser vers la superstition.
  4. Les Chrétiens : Aristide pense que ce sont ceux qui se sont le plus «approchés de la vérité et de la connaissance exacte». Il apprécie
leur droiture, leur retenue,
leur sens de la fraternité ( « il ne se trouve pas de mensonge entre eux et ils s'aiment les uns les autres » ),
leur charité ( « ils ne détournent pas le ragard des veuves et ils délivrent l'orphelin de celui qui leur fait violence. celui qui possède donne sans réserve à celui qui ne possède pas »,
leur piété ( « Tous les matins et à toute heure, ils louent et glorifient Dieu pour ses grâces envers eux » ).

Au terme de ces constatations, Aristide invite les « calomniateurs » à faire silence et l'empereur à découvrir la doctrine chrétienne.

Il est probable que cette Apologie et ce discours eurent une influence sur l'édit que rendit peu après l'empereur, interdisant d'exécuter les suspects sans mise en examen et jugement préalables, ce qui permit aux chrétiens de pratiquer leur religion dans un relatif calme.

Commentaires anciens sur l'Apologie[modifier | modifier le code]

Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiatique, après un développement sur l'Apologie présentée par Quadrat d'Athènes à Hadien, évoque ainsi celle rédigée par Aristide :

« Voilà ce qui concerne Quadratus. Aristide lui aussi, un des fidèles disciples de notre religion, a laissé, comme ce dernier, une apologie de la foi, dédiée à Hadrien. Son écrit est également conservé jusqu'ici chez beaucoup. » (Liv. IV, III)

Selon Saint Jérôme, l'Apologie était un monument d'esprit et d'éloquence, rempli de passages choisis de philosophes.

La redécouverte de l'Apologie[modifier | modifier le code]

La dernière mention ancienne de l'apologie date du IXe siècle, dans le Martyrologe publié par Adon de Vienne en 858[3].
Il faudra attendre le XIXe siècle pour que le texte de l'Apologie réapparaisse. En 1878 les Pères Mekhitaristes publient un fragment arménien. En 1889, une version en syriaque est découverte dans le Monastère Sainte-Catherine du Sinaï. L'étude des texte met en évidence qu'une métaphrase grecque figurait dans le roman de Barlaam et Josaphat datant du VIe siècle, puis est découverte une métaphrase géorgienne. Enfin sont retrouvés des fragments succincts de l’original grec sur un papyrus d’Oxyrhynchos.

  1. X. Lecoeur in quotidien La Croix 24 et 25 Aout , « Saint Aristide, Défenseur de la religion chrétienne », P 16.
  2. X. Lecoeur, op. cit
  3. M. Picard, op. cit.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

CPG 1062-1067

  • Aristide , Apologie, Introduction, textes critiques, traductions et commentaires par B. Pouderon et M.-J. Pierre avec la collaboration de B. Outtier et M. Guiorgadzé, 2003, Éditions du Cerf, Collection « Sources chrétiennes » - Textes grecs N° 470.
  • Eusèbe de Césarée, L'Histoire Ecclésiastique, IVe siècle