Arion de Méthymne

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William Bouguereau, Arion montant un hippocampe, 1855, Cleveland Museum of Art (Inv. 1980.238)

Arion de Méthymne est un personnage mi-historique mi-légendaire, poète et musicien grec du VIIe siècle av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arion attaqué sur un navire, invoquant avec sa lyre Apollon qui lui envoie un dauphin pour le porter sur les flots, sculpture de Jean-Melchior Raon, dans le bosquet des Dômes des jardins de Versailles.

Né à Méthymne, dans l'île de Lesbos, il vit longtemps à la cour de Périandre, tyran de Corinthe, avant de voyager en Sicile et en Italie. Hérodote[1] raconte qu'il y amasse de grandes richesses et qu'à son retour, il s’embarque à Tarente dans un bateau en partance pour Corinthe ; les matelots décident de le tuer pour se partager ses biens. Avant d'être jeté à la mer, Arion obtient de pouvoir jouer de la cithare une dernière fois. Il attire par ses chants un dauphin et s'élance dans les flots : l'animal le secourt et le porte au cap Ténare en Laconie. Cependant, lorsqu'il revient, sans son argent et qu'il va rendre visite à son ami Périandre, celui-ci, en entendant cette histoire de dauphin le croit fou et le fait enfermer. Mais les matelots arrivent au port, et Périandre va les interroger, leur demandant des nouvelles d'Arion. Ils le rassurent en disant qu'Arion vit riche et heureux de son art. Démasqués, ils sont châtiés et Arion retrouve la liberté.

Pour remercier les dieux, Arion offre alors une statue de bronze représentant un homme sur un dauphin, statue que Pausanias voit lors de sa visite de Ténare[2]. Selon le grammairien romain Solin[3], la statue se trouve dans un temple consacré à Arion et comporte une inscription précisant que l'anecdote prend place lors de la 29e olympiade, l'année où Arion remporte les jeux siciliens. Le dauphin qui a sauvé le poète est rangé parmi les constellations : voir Dauphin (constellation).

On regarde Arion comme l'inventeur du dithyrambe[1]. On a sous son nom un Hymne à Poséidon, conservé par Élien.

Il est mentionné dans une chanson grecque aux côtés du héros mythologique Amphion, réputé avoir bâti les remparts de Thèbes grâce au pouvoir de sa flûte : « tous deux chanteurs, tous deux personnages de légende[4] ». La chanson a encore cours au IIe siècle apr. J.-C., au temps de l'apologiste chrétien Clément d'Alexandrie qui dénonce Arion, Amphion et Orphée comme les premiers à avoir conduit « l'humanité devant les idoles[5]. »

Étude antique[modifier | modifier le code]

On trouve un extrait d'Aulu-Gelle, dans son ouvrage Les Nuits Attiques[6] , où l’auteur explique qu’Arion est contemporain des premiers âges du monde, originaire de Méthymne, dans l'île de Lesbos. Périandre, roi de Corinthe, admiratif, lui témoigna bienveillance et même affection. Arion a visité la Sicile et l'Italie, où il parcourut les villes, qui lui valurent notoriété et richesse. Arion revint à Corinthe, confiant ses richesses à l’équipage avec d’autant plus d’assurance que chaque homme était originaire de la ville. Mais les Corinthiens une fois en pleine mer voulurent se débarrasser de leur propriétaire. Arion s'en aperçut et offrit aux matelots de leur distribuer ses possessions en change de la vie sauve. Les marins acceptèrent sur la seule condition que Arion se jette à la mer. Condamné à sauter à l’eau, Arion demanda à pouvoir se jeter à l’eau vêtu de ses habits les plus précieux, emportant sa lyre, afin de mourir en chantant son malheur. Curieux, les marins lui accordent sa demande, et le poète s’exécute depuis le haut de la poupe. Pendant qu'Arion lutte contre les vagues, un dauphin le sauve en l’élevant au-dessus des eaux, et le porte en nageant jusqu'au promontoire de Ténare, en Laconie, où le poète accoste intact. Regagnant Corinthe, Arion va raconter son aventure au roi Périandre, mais n’est pas cru et est jeté en prison. Méfiant malgré tout, Périandre garde le retour d’Arion secret, fait venir les matelots dès leur débarquement, écoutant leurs mensonges, et laisse le poète paraître tel qu’il est, obligeant les matelots à avouer leur crime. L’histoire se répandit dans Corinthe, jusque Lesbos, où elle fut le sujet d'un groupe d'airain : on y voyait un dauphin nageant avec un homme sur le dos.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (I, 23-24). Voir aussi Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (IX, 8, 6) et Ovide, Fastes [détail des éditions] [lire en ligne] (B, II, 1, 92).
  2. Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (III, 25, 7).
  3. De mirabilibus mundi [(la) lire en ligne] (c. VI).
  4. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux Grecs (Protreptique) [lire en ligne] (I, 1, 1), traduction de Claude Mondésert pour la collection Sources chrétiennes.
  5. Protreptique (I, 3, 1).
  6. Livre XVI, Chapitre 19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]