Argens (fleuve)

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l'Argens
ArgensFréjus.JPG
L'Argens à Fréjus
Images externes
selon rando.var
bassin versant de l'Argens dans le Var
Images externes
selon le syndicat Nartuby
périmètre du futur PAPI Argens dans le Var
Caractéristiques
Longueur 115,6 km [1]
Bassin 2 700 km2 [2]
Bassin collecteur l'Argens
Débit moyen 17,8 m3/s (Roquebrune-sur-Argens) [3]
Organisme gestionnaire Conseil général du Var et nombreux syndicats[4]
Régime pluvial méridional
Cours
Source à 100 mètres au nord-ouest du Pont d'Argens
· Localisation Seillons-Source-d'Argens
· Altitude 270 m
· Coordonnées 43° 24′ 37″ N 6° 44′ 13″ E / 43.41028, 6.73694 (Source - l'Argens)  
Embouchure la Mer Méditerranée
· Localisation Fréjus
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 24′ 37″ N 6° 44′ 13″ E / 43.41028, 6.73694 (Embouchure - l'Argens)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche l'Eau-Salée, la Cassole, la Bresque, La Florieye, la Nartuby, l'Endre, le Blavet, le Reyran.
· Rive droite le Cauron, la Ribeirotte, le Caramy, l'Aille, le Couloubrier.
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Var
Arrondissement Brignoles, Draguignan
Cantons Barjols, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Cotignac, Lorgues, Luc, Le Muy, Fréjus
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur
Principales villes Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Lorgues, Vidauban, Les Arcs, Le Muy, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens, Fréjus

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L’Argens (prononcé [aʁ.ʒɑ̃]) est un fleuve côtier français, dont le cours est entièrement situé dans le département du Var et qui se jette dans la mer Méditerranée. Homophone de la couleur "argent" dont il tire son nom, le "s" final ne se prononce pas, même si il est souvent prononcé à tort par les personnes qui n'habitent pas dans la région.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Argens fait simplement référence à la couleur « blanche comme l’argent » de la rivière[5]. La rivière était célèbre autrefois pour la pureté de ses eaux aux reflets argentés.

Géographie et histoire[modifier | modifier le code]

La longueur totale est de 115,6 kilomètres[1].

Il prend sa source au pied de la montagne de Seillons, précisément à Seillons-Source-d'Argens, situé à la limite de la commune de Brue-Auriac, à 270 mètres d'altitude, et à 100 mètres au nord-ouest du lieu-dit le pont d'Argens.

Le fleuve coule de l'ouest à l'est et se jette dans la mer Méditerranée, à 4 kilomètres au sud-ouest de la ville de Fréjus sur son territoire communal. Son bassin versant est de 2 700 kilomètres carrés [2], drainant ainsi la moitié du département.

Sur la commune de Roquebrune-sur-Argens, le lac de l'Aréna est un plus touristique et sportif.

Son lit est souvent encaissé entre des rives hautes et rocailleuses. Dans son parcours, l'Argens forme à des endroits de belles cascades. Il rencontre aussi de vastes plaines agricoles, notamment dans sa basse vallée.

De temps immémoriaux, la rivière est sujette à de grands débordements et forme des marécages. Elle permet dans l'ancienne civilisation agraire une multitude de prises d'eau donnant naissance à des canaux d'irrigations.

L'Argens est au XIXe siècle la seule rivière flottable du département du Var sur une longueur de 62 km à partir de sa confluence avec la Bresque[notes 1]. Le pin débité en planches aux scieries du Muy et de Fréjus constitue alors l'essentiel du bois flotté. Vers 1880, le bois est conduit à Saint-Raphaël pour être ensuite transporté vers Marseille ou Toulon.

Communes et cantons traversés[modifier | modifier le code]

Dans le seul département du Var (83), ce fleuve traverse vingt-et-une (21) communes[1] et sept (7) cantons :

Soit en termes de canton, l'Argens prend sa source dans le canton de Barjols, traverse les canton de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, canton de Cotignac, canton de Lorgues, canton du Luc, canton du Muy et son embouchure est sur le canton de Fréjus, le tout dans les deux arrondissement de Brignoles, et arrondissement de Draguignan.

Affluents[modifier | modifier le code]

Confluence de l'Argens et de l'Eau-Salée.

L'Argens a quarante-cinq (45) affluents référencés au SANDRE dont d'amont en aval[1]:

  • la Meyronne, (rd) 5,6 km avec deux affluents
  • le Cauron, (rd) 29,1 km avec deux affluents.
  • L'Eau-Salée ou rivière de Barjols, (rg) 23,2 km avec quatre affluents.
  • La Ribeirotte, (rd) 14,8 km avec un affluent.
  • La Cassole, (rg) 17,5 km avec huit affluents.
  • Le Caramy, (rd) 46 km avec douze (12) affluents dont :
    • L'Issole, (rd) 46,4 km avec neuf affluents.
  • La Bresque, (rg) 34,8 km avec dix (10) affluents.
  • La Florieye ou Florièye, (rg) 26,4 km avec sept affluents.
  • Le Réal, (rg) 13,8 km avec deux affluents.
  • L'Aille, (rd) 30,3 km avec seize (16) affluents dont :
    • le Riautort, 13,5 km sur deux communes avec quatre affluents.
  • le Couloubrier, (rd) 14,2 km avec cinq affluents.
  • La Nartuby, (rg) 34,7 km avec onze (11) affluents.
  • L'Endre, (rg) 28,5 km avec quinze (15) affluents.
  • Le Blavet, (rg) 14,7 km avec sept affluents.
  • le Fournel, (rg) 10,8 km avec un affluent
  • La Grande Garonne, (rg) 14,8 km avec quatre affluents.
  • le Reyran, (rg) 26,8 km avec dix (10) affluents.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L'Argens est un cours d'eau peu abondant, mais suffisamment fourni toute l'année (cependant il s'était retrouvé en partie asséché en septembre 2007[notes 2]). Son débit a été observé sur une période de 37 ans (1970-2007), à Roquebrune-sur-Argens, à 6 m d'altitude, tout près de son embouchure dans la mer[3]. Le bassin versant du fleuve y est de 2 530 km2, c'est-à-dire sa presque totalité.

Le module du fleuve à Roquebrune-sur-Argens est de 19,1 m3⋅/s.

L'Argens présente des fluctuations saisonnières modérées. On y distingue deux périodes divisant l'année. Les hautes eaux se déroulent de l'automne au printemps et portent le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 16 et 35 m3⋅/s, d'octobre à mai inclus, avec un maximum fort net en janvier (34,9 m3⋅/s) et février (30,0 m3⋅/s). Dès fin mai, s'amorce une décrue rapide qui mène aux basses eaux d'été, se déroulant de juin à septembre inclus, avec un minimum au mois d'août (moyenne mensuelle de 6,05 m3⋅/s), ce qui est encore très confortable en Provence. Au total, les oscillations saisonnières sont relativement peu importantes. Cependant les fluctuations de débit peuvent être beaucoup plus prononcées sur de plus courtes périodes et varient d'après les années.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Y5312010 - l'Argens à Roquebrune-sur-Argens pour un bassin versant de 2 530 km2 et à 6 m d'altitude[3]
(08/02/2014 - Données calculées sur 44 ans)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Au total, l'Argens est un cours d'eau assez peu abondant, si du moins on le compare à ses voisins orientaux tels le Var, l'Estéron ou la Siagne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 239 millimètres annuellement, ce qui est plutôt médiocre, valant nettement moins que la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, et très inférieur à celle du Var (553 millimètres/an). Le débit spécifique (ou Qsp) du fleuve atteint 7,6 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

Le Rocher de Roquebrune, vu sur le fleuve Argens

Le VCN3 peut chuter jusque 3 m3⋅/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est toujours pas sévère.

Crues ou hautes eaux[modifier | modifier le code]

Cependant les crues peuvent être très importantes pour un fleuve côtier au débit modéré. L'Argens suit en cela le modèle classique méridional. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 320 et 510 m3⋅/s. Le QIX 10 est de 640 m3⋅/s et le QIX 20 de770 m3⋅/s. Quant au QIX 50, il se monte à 930 m3⋅/s et le QIX 100 n'a pas pu être encore calculé vu la période d'observation de 44 ans.

Le débit instantané maximal enregistré a été de 748 m3⋅/s le 7 janvier 1994 et 1 150 m3⋅/s le 6 novembre 2011, tandis que le débit journalier maximal était de 700 m3⋅/s le 18 janvier 1978 et de 994 m3⋅/s le 18 janvier 1978. En comparant la première de ces valeurs (débit instantané maximal) avec l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était légèrement plus importante que cinquantennale, sans doute d'ordre d'une centaine d'années, et donc rare.

L'Argens s'est notamment fait connaître suite à des orages, lors des énormes crues meurtrières de juin 2010 ainsi que celle de la Nartuby à Draguignan[6].

Organismes gestionnaires[modifier | modifier le code]

Le conseil général du Var est en dernier recours le gestionnaire de bassin versant de l'Argens[7]. De nombreux syndicats œuvrent sur le bassin versant : le SIAN ou syndicat intercommunal d'Aménagement de la Nartuby, Le Syndicat intercommunal d'aménagement du cours inférieur de l'Argens, le Syndicat intercommunal de la Giscle, le Syndicat intercommunal de l'aménagement hydraulique du bassin de l'Egoutier et de ses ruisseaux secondaires, le Sivu du Cauron, le syndicat d'aménagement du cours supérieur de l'Endre, le syndicat intercommunal de l'Isole, etc[4]

Écologie et ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Une ZNIEFF de type II est décrite depuis 1988 pour 2 833 hectares pour vingt-deux communes : ZNIEFF 930012479 - Vallée de L'Argens[8].

Toponymes[modifier | modifier le code]

L'Argens a donné son hydronyme à quatre (ou cinq) communes :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle l'est déjà sous l'Ancien Régime.
  2. Source : France 2, journal de Télématin, 2007-10-02 mardi.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Argens (Y5--0200) » (consulté le 12 mars 2013)
  2. a et b rando.var, « Le fleuve Argens » (consulté le 23 octobre 2009)
  3. a, b et c Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - L'Argens à Roquebrune-sur-Argens (Y5312010) » (consulté le 12 mars 2013)
  4. a et b « Compétence Eau et Energie Hydraulique », sur www.amf83.fr (consulté le 12 février 2014)
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes. Notice 5027, p 10597
  6. « RDBRMC - Serveur de données hydrométriques en temps réel du bassin Rhône Méditerranée » (consulté le 12 mars 2013)
  7. « L'entretien de l'Argens », sur www.var.fr (consulté le 12 février 2014)
  8. ZNIEFF 930012479 - Vallée de L'Argens sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.