Ardachîr Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ardachîr Ier
Pièce datant du règne d'Ardachîr Ier
Pièce datant du règne d'Ardachîr Ier
Titre
Empereur sassanide
224241
Successeur Shapur Ier
Biographie
Dynastie Sassanides
Date de décès 241
Père Papak
Mère Rôdak
Conjoint Myrrôd
Enfant(s) Shapur Ier, Ardachîr, Narsès, Mihshah, Pérôz

Ardachîr, Ardashir, Ardéchir, Ardachêr ou Ardachès Ier (Arđaxšēr en vieux-perse, Artaxerxès ou Artaxerce en grec ou en latin) est le fondateur de la dynastie iranienne des Sassanides qui domine le Moyen-Orient à l'est de l'Euphrate du IIIe au VIIe siècle. Ardachîr règne de 224 à 241.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Né dans un village proche d'Istakhr (près de Persépolis, en Iran), Ardachîr est un fils cadet de Papak, roitelet de Khir, vassal du roi d'Istakhr, lui-même vassal du « grand-roi » parthe Artaban V (dynastie des Arsacides), et d'une certaine Rôdak selon l'inscription de son fils Shapur Ier.

Nommé gouverneur de Darabgerd (Darab, Iran), Ardachîr se lance vers 211/212 dans une série de guerres contre les roitelets voisins qu'il soumet ou remplace par ses propres hommes. Papak de son côté se révolte contre son suzerain le roi d'Istakhr, le tue et prend le contrôle du royaume. Papak meurt peu après et Ardachîr se retrouve à la tête d'un puissant royaume en Perse, théoriquement vassal du roi des rois Artaban V.

Poursuivant l'unification de l'Iran (soumission de Kerman et d'Ispahan), il fonde sa nouvelle capitale royale à Gur (Firuzabad, Iran) et la nomme Ardachîr-Khurreh (« la gloire d'Ardachîr ») : ville parfaitement circulaire de 1 950 m de diamètre dont les vestiges sont toujours visibles.

Mis en demeure de rentrer dans le rang par le roi des rois Artaban V, il dénonce son allégeance et répond par un défi. La rencontre entre les deux armées a lieu le 22 ou 28 avril 224 à Hormizdaghan (dans la région d'Ispahan ou plutôt dans l'Ahvaz, non loin de Suse). Secondé par son fils aîné Shapur, Ardachîr triomphe des Parthes et tue son ancien suzerain Artaban. La plus grande partie de l'aristocratie perse se rallie alors à sa cause.

Roi des rois[modifier | modifier le code]

Investiture d'Ardachîr par le dieu Ahura Mazda, à Naqsh-e Rostam.

En 226, il se fait couronner « Sāhān Sāh » (c'est-à-dire roi des rois) à Ctésiphon, capitale de l'empire (Salman Pak au sud de Bagdad, Irak), et prend alors le nom de Dariardachîr (Darius-Ardachîr) car il prétend restaurer l'ancien empire des Perses achéménides, renversé autrefois par Alexandre de Macédoine. Dans cette optique, il revendique tout le Proche-Orient jusqu'à la mer Égée, ce qui l'amène à entrer en conflit direct avec l'Empire romain et le royaume d'Arménie dont le roi Tiridate II, parent d'Artaban, tente de rallier les vassaux restés fidèles à la dynastie arsacide.

Malgré une offre de compromis proposée par l'empereur romain Sévère Alexandre, Ardachîr maintient ses prétentions et la guerre est inévitable. En 232 une grande expédition romaine, soutenue par l'Arménie, pénètre en Médie (région de Hamadan, Iran) et en Mésène (sud de l'actuel Irak), mais échoue à prendre Ctésiphon et à renverser le nouveau régime. Les Romains se retirent mais Ardachîr, affaibli, renonce dès lors à revendiquer officiellement les provinces romaines d'Orient.

Il installe le siège de son pouvoir à Ctésiphon, et construit face à la cité voisine de Séleucie du Tigre, autrefois pillée par les Romains, la ville nouvelle de Veh-Ardachîr (« le bienfait d'Ardachîr »). Il consacre les dernières années de son règne à réformer profondément l'ancien empire des Arsacides, devenu l'Empire sassanide, dans le sens d'une plus grande centralisation. Le Grand Mobedh (mōbadhān mōbadh), chef du clergé mazdéiste, probablement nommé par le roi, le conseille dans tous les cas de religion. Le Grand Vizir dirige l’administration centrale. Le chef des Guerriers (Eran-Spahbadh), le chef de la Bureaucratie (Eran-Dibherbadh) et le chef des Agriculteurs et des Artisans (Vastryoshbadh), qui lève les impôts fonciers et la capitation, occupent d’importantes fonctions. L’empire est divisé en provinces militaires dirigées par des marzbans choisis dans la haute noblesse, qui dépendent directement du souverain. Les provinces sont divisées en nomes et cantons administrés civilement[1].

En 238, profitant sans doute d'une guerre civile chez les Romains, les Perses reprennent l'offensive vers l'ouest et pénètrent peut-être un moment en Syrie. En 240, la cité arabe de Hatra en Mésopotamie (Al-Hadr, Irak), alliée des Romains, est prise et détruite par son fils et héritier Shapur. C'est sans doute à cette occasion qu'Ardachîr décide de faire couronner Shapur roi des rois, l'associant ainsi à son pouvoir.

Il meurt peu après, sans doute en 241,

Postérité[modifier | modifier le code]

Ardachîr Ier laisse à son fils et successeur, Shapur Ier, né de la « dame Myrrôd », une situation encore instable, et la perspective d'une nouvelle guerre contre les Romains.

D'après le Res Gestae Divi Saporis, Ardachîr Ier est également le père de quatre autres fils, Ardachîr, roi de Carmanie, Narsès, Mihshah, seigneur de Mésène, et Pérôz, père d'un autre Narsès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Salvador Claramunt, Manuel González Giménez, Historia de la Edad Media, Editorial Ariel,‎ 1999 (ISBN 9788434465695, présentation en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Richard Nelson Frye, The Cambridge History of Iran, William Bayne Fisher, Ilya Gershevitch, Ehsan Yarshater, R. N. Frye, J. A. Boyle, Peter Jackson, Laurence Lockhart, Peter Avery, Gavin Hambly, Charles Melville,‎ 1993 (réimpr. Cambridge University Press) (ISBN 0-521-20092-X, présentation en ligne), « The Political History of Iran under the Sassanians ».
  • P. Huyse, La Perse antique, Les Belles-Lettres, Guide des Civilisations, 2005.
  • (en) Josef Wiesehöfer, « Ardašīr I », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 23 novembre 2011.
  • (fa) Abdolhossein Zarinkoob, Ruzgaran: tarikh-i Iran az aghz ta saqut saltnat Pahlvi, Sukhan, 1999 (ISBN 964-6961-11-8).
  • (en) Touraj Daryaee Sasanian Persia. The rise and fall of an Empire I.B. Tauris & Co 2009 (ISBN 9781780763781) p. 225.