Architecture khmère

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Principaux sites khmers

L'architecture khmère est un style très spécifique de construction inspiré des édifices religieux hindouistes de l'Inde et qui affirma le caractère sacré du pouvoir des rois khmers déifiés (devarāja) par des temples gigantesques. Le site le plus connu est celui d'Angkor au Cambodge.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Elle accompagna la création, l'ascension et l'apogée de l'empire khmer entre les VIIIe siècle et le XIIe siècle et disparut dès le début de son déclin au XIIIe siècle. Les monuments en dur, pierre ou brique qui ont traversé les siècles, sont tous à vocation religieuse; les édifices profanes, y compris les palais royaux, étant édifiés en matériaux périssables, principalement du bois.

Extension géographique[modifier | modifier le code]

Les monuments khmers ont été érigés dans tout l'empire (actuels Cambodge, Laos, sud de la Thaïlande et du Viêt Nam) avec une concentration particulière dans la zone au nord du lac Tonlé Sap. Simultanément à ces édifices, le pouvoir khmer fit établir des routes et de nombreux ponts pour favoriser les échanges et mieux contrôler son empire.

Au Cambodge[modifier | modifier le code]

Angkor Vat, l'un des temples d'Angkor

En Thaïlande[modifier | modifier le code]

Monuments khmers en Thaïlande[1]
Provinces Sites
Buriram Prasat Phnom Rung, Prasat Muang Tam, Prasat Hin Ku Suan Taeng, Prasat Nong Hong, Prasat Kok Ngiu, Prasat Bai Baek, Prasat Ban Bu, Kuti Reussi #1, Kuti Reussi #2, Prasat Dong Plong, Ban Muang Fai, Prasat Lalom Thom, Kuti Reussi Prang Ku, Prasat Nong Tha Pleng, Prasat Nong Plong, Prasat Pho Yoi, Prasat Nong Hong, Prasat Ta Khwai (Ta Krabey), Prasat Ban Kok Yang, Prasat Thong, Prasat Khao Kadong, Prasat Hua Wua, Prasat Hin Prai Bat, Prasat Wat Kok Prasat Nua (Prasat Ban Prasat), San Phu Chao (Kra Thong Miata), Prasat Suk Samran (Prasat Wat Prasat Tai), Prasat Nong Ta Si (Prasat Ta Dam), Prasat Ban Mai Thai Chrearn, Prasat Sra Takor, Prasat Ehor, Prasat Nong Kai Nam, Prasat Tung Si Suk, Kuti Reusi (Ban Nong Thong Lim), Kuti Reusi (Ban Nong Thao), Prasat Kra Chup Prong, Prasat Pra Jit, Prasat Dong Wai (Prasat Nong Yai Phim), Wat Rong Mantet, Taen Ban Lang, Prasat Kok Prasat (Prasat Nong Khong), Prasat Muang Suen, Prasat Ban Sam Rong, Prang Bu Hip, Prasat Yui Prasat, Prasat Tha Mo, Prasat Ban Kok Ngiu (Prasat Kok Prasat), Boran Satam Wat Po Yoei (Wat Ban Phakam), Prasat Nong Nam Khun (Prasat Bu Kluay), Prasat Bu Thong, Prasat Nong Bua, Prasat Khao Dum, Prasat Sra Si Riem (Prasat Ban Nong Tua Phaeb ou Prasat Nong Lang Ga), Prasat Sra Tako, Prasat Sra Si Riem (Prasat Tao Wan Piang), Prasat Wat Nong Bot
Chaiyaphum Prang Ku (Nong Bua), Prang Ku (Nong Fak), Ku Ban Kut Yang (Ku Daeng), Prang Ban Than, Sop Nam Man
Kanchanaburi Prasat Muang Singh
Khon Kaen Ku Pueai Noi, Prasat Hin Thanon Hok, Ku Phra Pachai, Ku Kaew, Donchang (Ku Kew), Ku Ban Ton, Prang Ku
Lopburi Phra Prang Sam Yod, Prang Khaek, Wat Phra Sri Ratana Mahathat
Maha Sarakham Ku Santarat, Ku Ban Daeng, Ku Mahatat (Ku Ban Kwao), Ku Noi, Prang Ku (Ku Ban Khwao),
Nakhon Ratchasima Prasat Hin Phimai, Prasat Phanom Wan, Prasat Mueang Kaek, Prasat Non Ku, Prasat Mueang Kao, Prasat Ban Prasat (Nakhon Ratchasima), Muang Sema, Si Khiu, Prasat Nang Rang, Prang Pha Kho, Prasat Khorn Buri, Ku Ban Prasat, Prasat Hin Ban Katin, Ku Pram Cham Sin, Kuti Reusi Noi, Prang Ban Sida, Prasat Ban Phutsa (Wat Prang Thong), Prang Ban Prang (Prasat Sra Noi), Prang Pol Song Kram, Ku Ban Ku (Prang Ban Ku), Prasat Hua Sa, Muang Phed, Prasat Sra Hin, Ku Ka Sem (Prasat Bung Kham), Prasat Champa Tong, Prasat Hin Na Kae, Prasat Nong Hoi (Prasat Ban Non Luem ou Prasat Sra Pai Lom), Ku Sra Phang, Ku Sila, Prang Ban Prang (Huay Ta Laeng), Prasat Ban Lungtakian, Prang Sra Pleng, Prang Ban Prang (Chok Chai), Prasat Hin Nong Ku, Prasat Hin Sra Pleng, Prasat Bu Ban Yai (Prang Sila Laeng)
Phetchabun Prang Song Phi Nong, Prang Si Thep, Prang Reussi
Phetchaburi Wat Kamphaeng Laeng
Roi Et Ku Phra Kona, Prang Ku, Ku Phon Rakan, Ku Kat Kanam (Ku Ban Dan), Ku Pattana, Ku Pon Wit, Ku Ban Muang Bua, Ku Ban Kra Don, Ku Bung King (Ku Bung Jew), Ku Noi Ban Yang Ku, Ku Wat That Pan Khan, Ban Dong Muang, Prang Ban Hin Khong, Prasat Ku Ka Sing
Sa Kaeo Prasat Sdok Kok Thom, Prasat Khao Noi, Prasat Ban Noi, Prasat Khao Lon, Prasat Muang Phai
Sakhon Nakhon Phra That Dum, Prasat Narai Cheng Weng, Prasat Prathat Phupek, Ku Kaew, Wat Phra That Choeng Chum
Sisaket / Cambodge Khao Phra Viharn, Prasat Sa Kamphaeng Yai, Prasat Ban Muang Chan, Prasat Ban Prasat, Prasat Sa Kamphaeng Noi, Prasat Prang Ku, Prasat Tam Nak Sai, Prasat Phu Fai, Prasat Ta Leng, Prasat Chong Don Tuan, Prasat Hin Ban Samo, Prasat Thap Than, Prasat Yer (ou Sathup Chedi Ban Prasat Yer), Prasat Lum Puk (Ta Leang), Ku Som Boon
Sukhothai Sam Ta Pha Daeng, Wat Si Sawai, Wat Phra Pai Luang
Wat Chao Chan, Wat Mahathat (Si Satchanalai)
Surin Prasat Sikhoraphum, Prasat Hin Chom Phra, Prasat Muang Thi, Prasat Ban Phluang, Prasat Ta Muen Thom, Prasat Ta Muen Toch, Prasat Ta Muen, Prasat Yai Ngao, Prasat Phum Pon, Prasat Tha Piang Tia, Prasat Sangkha, Prasat Ban Prasat (Surin), Prasat Muen Chai, Prasat Beng, Prasat Ban Phlai, Prasat Tao Thong, Prasat Ban Chang Pi, Prasat Ana (Prasat Ban Anan), Prasat Mon Charun, Prasat Sem, Prasat Thong, Prasat Pra Phud (Prasat Keao), Prasat Mun Sri Noi (Prasat Ban Kok Prasat), Prasat Ta Nong, Prasat Mee Chai, Prasat Sang Sin Chai (Prasat Ban Chang), Prasat Yai Ngao, Prasat Ban Kra Doot, Prasat Ban Sanom (Prasat Wat That), Prang Wat Pho Si That, Prang Wat Ban Nong Hin, Non Taen (Non Kok Ma), Prasat Nang Bua Toom, Prasat Tha Moi (Prasat Tha Mon), Prasat Ban Chaniang (Prasat Ban Prasat), Prasat Oraga
Ubon Ratchathani Prasat Ban Ben, Prasat Nong Thong Lang, Lam Dom Yai, Phu Kok Yai, Phu Prasat, That Somdet Nang Phaya, Ub Mung, Wat Sa Kaew, Wat Supatanaram
Yasothon Ku Ban Ngiu

Au Laos[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Les constructions khmères et leur décoration sont classées en 3 époques et plusieurs styles successifs.

Époque pré-angkorienne[modifier | modifier le code]

Trois styles successifs : de Sambor Prei Kuk (jusque vers 650), de Prei Kmeng (jusque vers 700) et de Kompong Preah (district de la province actuelle de Kompong Thom, Kompong signifiant "port ou quai", Thom signifiant "grand").

Époque angkorienne[modifier | modifier le code]

Celle-ci démarre avec le style du Kulen avant de prendre son essor avec le style du Bakheng des temples-montagnes sur le site d'Yaśodharapura au Xe siècle sous Yaśovarman.

Après l'intermède du style de Koh Ker (jusque vers 945), se succèdent le style du Prè Rup puis, en parallèle, celui du Banteay Srei et des Khléang à l'orée du XIe siècle.

Pendant tout ce XIe siècle le style du Baphuon va régner jusqu'à l'avènement de Suryavarman II et la construction d'Angkor Vat.

Le passage au bouddhisme s'accompagne du style du Bayon, répandu par Jayavarman VII à partir de 1180.

Époque post-angkorienne[modifier | modifier le code]

Le style dit post-Bayon n'a laissé que des sculptures, d'inspiration de plus en plus bouddhique avec le déclin de l'hindouisme. Il semble que l'influence du Bouddhisme Theravāda ait mis fin aux constructions somptuaires inspirées par l'hindouisme et portées à leur sommet par le bouddhisme Mahāyāna et que les sanctuaires se résument alors à des terrasses de pierre sur lesquelles sont construites des structures légères en bois et autres matériaux périssables.

Technologie[modifier | modifier le code]

Aménagements hydrauliques[modifier | modifier le code]

Baray[modifier | modifier le code]

Évolution du simple barrage, le système du baray apparaît vers le IXe siècle à Vat Phu ; il accompagne l'essor de la puissance khmère jusqu'au déclin et à l'abandon de ce système d'irrigation à partir du XIIIe siècle.

Vue aérienne d'Angkor montrant le baray occidental à demi-ensablé

Le Baray, gigantesque bassin généralement rectangulaire, dont les dimensions varient (de 3,8 km pour l'Indratatāka de Roluos et jusqu'à 7 km pour les baray d'Angkor), est perpendiculaire à la pente du terrain. L'orientation du Baray respecte en général la disposition Est-Ouest des monuments religieux, mais peut être légèrement désaxée afin de tirer parti de la pente naturelle (comme à Koh Ker ou plus encore à Preah Khan de Kompong Svay). Ils sont établis par des digues, simples levées de terrain de 5 à 10 mètres de haut, constituées du remblai obtenu par le creusement de deux fossés (extérieur et intérieur).

Le principal inconvénient de ces structures était leur entretien difficile et pénible qui ne pouvait pallier durablement leur ensablement, lequel limitait leur bon fonctionnement à quelques dizaines d'années. La plupart furent l'objet de surélévations successives avant d'être abandonnés pour un nouvel emplacement et un nouveau détournement des cours d'eau pour leur alimentation.

Il y eut ainsi au moins 3 baray successifs à Angkor : le baray oriental, le baray occidental, qui fut surélevé à plusieurs reprises, et le baray du Neak Pean ; à chaque fois les rivières étaient détournées afin de remplir ces réservoirs d'irrigation (rivières Siem Reap puis O Klok).

Srah[modifier | modifier le code]

Bassin artificiel, habituellement plus petit qu'un baray (en thaï, 'sa').

Constructions[modifier | modifier le code]

Les édifices profanes, y compris les palais, étaient construits en matériaux périssables, probablement en bois, souvent sur des plateformes entourées de pierre.

Ponts[modifier | modifier le code]

La construction des routes royales, qui culmina avec Javayarman VII, nécessita la réalisation de nombreux ponts, presque tous suivant le modèle du Spean Thma: voûtes en encorbellement et donc piles plus larges (1,5 m) que les arches (environ 1 m). Les garde-corps sont des serpents nagā.

Le plus grand encore visible est le Spean Prap Tos sur la route à l'est du Tonlé Sap entre Siem Reap et Kompong Thom avec 64 mètres de long et 16 mètres de large.

Éléments des monuments, dénominations[modifier | modifier le code]

Exemple d'antéfixe, Cambodge, palais royal, Angkor Thom, style des khleang, dernier quart du IXe siècle, premier quart du Xe siècle, grès. Musée Guimet, Paris
Corridor reliant le garbhagrha au mandapa
Motif placé sur les toits ou les corniches d'un édifice à l'extrémité d'une rangée de tuiles ou d'une partie saillante d'une toiture, par exemple pour orner ou pour masquer.
  • Ardhamandapa
Court porche à l'entrée d'un mandapa
  • Arogayasala
Chapelle, habituellement en latérite, qui faisait partie d'un hôpital
  • Bannalai ou Bibliothèque
Bibliothèque d'Angkor Vat
C'est le nom convenu de bâtiments que l'on trouve dans presque toutes les enceintes extérieures des temples khmers. Souvent par paire, de part et d'autre du chemin d'accès Est à la seconde enceinte. Leur ouverture est vers l'Ouest, donc vers le sanctuaire central.
Leur plan est rectangulaire, souvent avec un faux étage, l'ouverture est précédée d'un avant-corps. Elles sont dépourvues de fenêtres et seules des ouvertures de petite taille ressemblant à des trous d'aération donnent un peu de lumière.
Il n'y a que peu d'éléments permettant de vérifier leur destination, seule une dénomination pustakâṣramah, trouvée au Prasat Khna, semble accréditer l'hypothèse de bibliothèque.
  • Banteay
Mot khmer pour désigner une citadelle, provenant probablement du sanskrit pandaya (forteresse)
  • Dharmasala ou Gîte d'étape
Dharmasala ou encore littéralement maison avec feu. Les routes de l'époque khmère, telle la voie royale entre Angkor et Phimai, étaient jalonnées de ces constructions qui étaient probablement accompagnées d'abris pour les pèlerins. Elles étaient vraisemblablement le sanctuaire de ces abris, dans lequel était entretenu un feu à l'usage des pèlerins. Beaucoup sont isolées le long des anciennes voies, mais certaines sont construites dans l'enceinte extérieure d'un temple, comme au Preah Khan d'Angkor. Ces dharmasalas étaient distants d'environ quinze kilomètres les uns des autres, ce qui correspondait à une journée de marche.
Chambre intérieure d'un sanctuaire khmer; littéralement : "utérus"
Un gopura du temple de Ta Prohm
Pour pénétrer dans les enceintes successives des temples, on traverse des pavillons de plan généralement cruciforme surmontés de une ou trois tours, toujours situés au milieu d'un côté et orientés vers les points cardinaux, les gopura. Les enceintes des temples sont généralement orientées Est-Ouest, l'entrée étant pour la plupart des édifices, située à l'est. Toutefois, certains des temples sont orientés avec l'entrée à l'ouest, comme Angkor Vat ou Vat Athvéa, édifices vraisemblablement consacrés à Vishnou, l'ouest étant chez les Khmers, associé avec la mort.
  • Ku
Petite tour partiellement évidée (à rapprocher de prasat et de prang)
Antichambre, pavillon ou porche devant le sanctuaire principal
  • Phnom
En khmer, colline, mont. A donné phanom en thaï
  • Prali
Arête d'un toit
  • Prang
Mot thaï désignant une tour en forme de cône allongé ou d'épi de maïs, issue du sikhara de l'architecture indienne. Le prang central est construit au-dessus du garbhaghra.
C'est un des éléments distinctifs de l'architecture khmère, inspirée au départ de celle des sanctuaires de l'Inde. Le Prasat abrite la cella, petite salle carrée, où est située l'idole.
Dotés de quatre portes, orientées en général aux quatre points cardinaux, dont une seule vraie ouverture à l'est en général, ils sont couronnés par quatre faux étages reproduisant en miniature le premier niveau.
Les prasat peuvent être isolés (Prasat Neang Khmau à Koh Ker), par rang de trois (Banteay Srei), puis groupés par cinq en quinconce (Angkor Vat).
En thaï, le terme prasat se traduit par château (sous-entendu des dieux) et peut désigner un ensemble - parfois très important - de bâtiments à caractère religieux, une chapelle, une tour sanctuaire isolée; on peut par extension parler de « temple ».
Exemple de somasutra; on peut voir dans le fond un Shiva Lingam
  • Preah
« Sacré », en khmer, vient du sanskrit brah, en thai phra. Par exemple Preah Vihear (khmer), Prasat Phra Viharn (thaï)
Salle de repos
  • Salle aux danseuses
Certains temples (comme Preah Khan d'Angkor ou encore Beng Mealea) comportent des salles décorées de frises de danseuses sacrées ou Apsaras.
  • Somasutra
Conduit servant à drainer l'eau lustrale utilisée pour laver les statues à l'intérieur des bâtiments
Terme sanscrit pour désigner un temple, de plan rectangulaire, destiné à abriter une statue de Bouddha (viharn en thaï, vihear en khmer)

Matériaux[modifier | modifier le code]

Les constructions en « dur » ont d'abord (jusqu'à la fin du IXe siècle) utilisé la brique, assemblée avec un mortier de chaux coloré. Elle sera d'abord parée d'enduit permettant de colorer ou de réaliser des fresques puis, généralement tardivement, recouverte d'un parement épais permettant de réaliser des reliefs. Les encadrements des ouvertures et notamment les linteaux étaient dès cette époque en blocs de grès permettant de fines sculptures.

À partir du Xe siècle, la pierre devient le matériau privilégié avec la mise en œuvre de la latérite pour les fondations et le remplissage et de grès pour les portées et les parties sculptées. Différentes carrières (souvent dans la région de Kulên) et veines en ont fourni une grande variété de coloris : blanc, gris, gris-jaune (Angkor Vat), gris-bleu (Ta Kéo) et rose (notamment Banteay Srei).

Le bois était utilisé principalement à titre décoratif pour les portes monumentales dont étaient munis les accès, mais également dans des faux-plafonds et lambris. Il resta également employé dans quelques utilisations structurales, certains linteaux intérieurs et des charpentes.

La tuile constituait la toiture des bâtiments annexes, sur une charpente en bois.

Techniques de construction[modifier | modifier le code]

Voûte en encorbellement, appareillage approximatif

Les Khmers étaient d'extraordinaires artistes, mais les moyens de construction peuvent surprendre. Ils avaient une grande expérience des constructions en bois et ont essayé de la transposer dans leurs premiers monuments de pierre (notamment les assemblages à tenon et mortaise ou à onglet). De même, ils privilégiaient l'ajustage en place (par rodage des briques et des blocs de pierre) plutôt qu'une fabrication de précision.

Il semble que seuls le résultat et le caractère imposant comptaient pour les bâtisseurs khmers. Par exemple, aucun effort ne semble avoir été fait pour assurer la cohésion des bâtiments par appareillage à joints croisés et accrochage entre les façades et les murs de refend, sans parler de chaînage; les blocs de pierre, de taille aléatoire sont simplement empilés. Ces méthodes de construction sont la cause de bien des éboulements dans de nombreux monuments.

Les monuments khmers n'utiliseront jamais l'arc pour leurs voûtes mais uniquement l'encorbellement. Cette technique avait le mérite de combiner voûte et toiture imperméable, mais limitait les audaces (2 mètres de portée en général, les réalisations plus ambitieuses n'ont pas résisté à l'épreuve du temps). La raison de cet emploi exclusif de la voûte encorbellée semble d'ordre religieux, « les voûtes appareillées n'ayant pas de repos, seules les voûtes encorbellées dorment ».

Les traits communs[modifier | modifier le code]

Pendant toute la période d'influence hindouiste, les temples vont évoluer d'une imitation de l'architecture hindoue de l'époque vers un style original dont l'archétype est le temple-montagne : pyramide à cinq gradins surmontée de 5 tours en quinconce évoquant les 5 pics du mythique Mont Meru.

Le plus souvent, le temple-montagne lui-même est entouré de cinq enceintes (et de douves ou bassins) dont seule la plus externe pouvait avoir une utilité militaire de par ses hauteur et épaisseur. Le grand espace entre l'enceinte extérieure et la deuxième avait une utilité temporelle puisqu’abritant de nombreux édifices pour la cour royale, les prêtres et autres habitants de cette cité. Il avait également l'objectif d'augmenter la majesté du temple, comme on peut le ressentir aujourd'hui en franchissant la gopura ouest d'Angkor Vat et en découvrant le temple au bout de la chaussée.

Perspective et trompe-l'œil, notamment dans les escaliers d'accès dont les largeur et hauteur des marches diminuent à chaque niveau tandis que la hauteur des niveaux décroît.

  • Escaliers
Escaliers impraticables: hors le renforcement de l'impression de hauteur, une explication a été donnée qui serait que ces escaliers sont destinés à être empruntés de côté, de façon à ne jamais faire face à l'idole du sanctuaire central et donc au dieu.
  • Galeries ouvertes
  • Sanctuaires à fausses portes: prasat
Chaque sanctuaire abritant la cella, minuscule lieu de cérémonie, a une seule ouverture, une porte, généralement à l'Est, autrefois munie de battants en bois, tandis qu'aux 3 autres points cardinaux, il comporte par symétrie des fausses portes en pierre, probablement à l'identique de celle en bois. Ce premier niveau est surmonté de 3 à 4 faux étages pyramidaux comportant des fausses portes ou, du moins, des frontons.
  • Fenêtre à balustres
Rappel des constructions en bois, de nombreuses fenêtres et fausses fenêtres sont obscurcies par des balustres en grès qui paraissent comme fabriquées au tour.

Styles de l'art khmer[modifier | modifier le code]

Styles architecturaux
Style Période Souverain Exemples au Cambodge Exemples en Thaïlande et au Laos Principales caractéristiques Caractéristiques des linteaux Illustrations
Phnom Da ~514-600 Rudravarman, Bhava Varman Ier, Mahendra Varman Prasat Phnom Da (Ta Keo)
Thala Borivat antérieur au VIe siècle Içanavarman Ier Tour en brique, parfois 2 ou 3 en ligne Variante du style de Sambor Prei Kuk: petits makaras face à face, deux arcs se rejoignant en un médaillon, petites silhouettes au-dessus des makaras
Sambor Prei Kuk ~630-635 Bhava Varman II Sambor Prei Kuk Prasat Khao Noi Makaras face à face, en forme de bougie ; quatre arcs reliés par trois médaillons, petites silhouettes au-dessus des makaras
Prasat Khao Noi (Si Shampu)-HDR.jpg

Musée Guimet 897 01.jpg
Prei Kmeng ~635-700 Jayavarman Ier Prasat Prei Kmeng Prasat Khao Noi, Prasat Phum Pon Continuité du style de Sambor Prei Kuk. Les makaras sont remplacés par des incurvations; arcs contenant une ligne droite, voire rectilignes
Prasat Phum Pon-002.jpg

Musée Guimet 897 06.jpg
Prasat Andet ~657-681 Jayavarman Ier Prasat Andet Comme dans le style de Prei Kmeng, les makaras sont remplacés par des incurvations; arcs contenant une ligne droite, voire rectilignes
Kompong Preah ~706-825 Kompong Preah, Prasat Ak Yum, Trapeang Pong Arches remplacées par des guirlandes plus ou moins segmentées; disparition des médaillons, les médaillons centraux étant parfois remplacés par des nœuds de végétation; pendeloques végétales au-dessus et en dessous des guirlandes
Kulen ~825-875 Jayavarman II, Jayavarman III Prasat Damre Krap, Prasat Kok Po, Prasat Prei Monti Utilisation de la brique avec des éléments en pierre, ornementation de volutes et feuillages
Linteau Musée Guimet 1097 01.jpg
Roluos, Preah Ko ~875-893 Indravarman Ier Preah Ko, Bakong, Lolei Prasat Phnom Wan Une ou plusieurs tour sur plateforme unique, usage intense de la brique Tympans à scènes figurées, arabesques en stuc, lotus en rinceaux, quelques bas reliefs en grès; apparitions des kalas, crachant des guirlandes des deux côtés; présence parfois à l'extrémité des linteaux de makaras faisant face à l'extérieur.
Preah Kô1.JPG

Guimet-MAR08-Linteau Khmer-2.jpg
Bakheng ~893-925 Yasovarman I, Harshavarman Ier Phnom Bakheng, Phnom Krom, Phnom Bok, Baray oriental, Prasat Kravan, Baksei Chamkrong Prasat Phnom Wan, Prasat Huei Thamo (Laos), Prang Khaek Les monuments importants sont en pierre (temples-montagne); statues figées En Thaïlande, les guirlandes des linteaux deviennent des Nâgas à la tête tournée vers l'extérieur; sous le corps du nâga, la végétation forme des volutes.
Angkor Phnom Bakheng.jpg

Prasat Kravan2.JPG
Koh Ker ~921-945 Jayavarman IV Koh Ker et son groupe Prang Khaek, Prasat Mueang Kaek, Prasat Non Ku, Prasat Phnom Rung Importante tour centrale, éventuellement entourée de galeries Le centre du linteau est occupé presque sur toute sa hauteur par une scène principale; habituellement pas de registre inférieur; sampot[2] incurvé dans sa remontée vers la taille
Prasat Hin Phanom Rung-pano-3.jpg

Prasat Phnom Rung-021.jpg
Pre Rup ~947-965 Rajendravarman II Mebon oriental, Pre Rup Style de transition: sanctuaire partiellement entouré de longs halls Tendance à copier les styles plus anciens, notamment les styles de Preah Ko et Bakheng; figures centrales; réapparition d'un registre inférieur.
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Eastmebon lintel1.jpg
Banteai Srei ~965-1000 Jayavarman V Phimeanakas, Banteay Srei Preah Vihear, Prasat Yer, Prasat Ban Prasat ou Prasat Huai Tab Tan, Prasat Ban Ben Riche ornementation des linteaux, frontons et pignons; les guirlandes forment parfois des boucles prononcées, avec un kâla au-dessus de chaque boucle; figure centrale
Prasat Ban Prasat (Ban That)-001.jpg

Prasat Ban Prasat (Ban That)-010.jpg
Kleang ~965-1000 Jayavarman V, Suryavarman I Ta Keo, Kleang nord et sud, Baray occidental, Phimeanakas, Phnom Chisor, Vat Ek, Vat Baset Prasat Muang Tam, Preah Vihear, Prasat Yer, Prasat Phu Fai, Prasat Tam Nak Sai, Prasat Ban Ben Galeries, plan cruciforme Linteaux moins décorés; kâla central à langue triangulaire, guirlandes avec bouclesde part et d'autre
Prasat Muang Tam-008.jpg

Prasat Yer-pano-2.jpg
Baphuon ~1010-1080 Udayādityavarman II Mebon occidental, Baphuon Prang Pha Kho, Ku Pueai Noi, Prasat Nong Hong, Prasat Bai Baek, Prasat Muang Tam, Prasat Sdok Kok Thom, Prasat Ta Muen Thom, Prasat Ban Phlai, Prasat Ban Phluang, Ku Phra Kona, Prasat Ku Ka Sing, Prasat Phnom Wan, Preah Vihear, Prasat Don Tuan, Prasat Sa Kamphaeng Yai, Wat Phra That Choeng Chum, Prasat Narai Cheng Weng, Prasat Ta Leng Riche sculpture, motifs floraux, certains murs sont décorés de scènes Linteaux avec Vishnou, Nâga (capuchon non déployé); Kâla surmonté d'une divinité, habituellement sur une monture, ou scène de la vie de Krishna
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Prasat Ban Phluang-023.jpg
Angkor Vat ~1100-1175 Jayavarman VI, Suryavarman II Angkor Vat, Chau Say Tevoda, Banteay Samre, Thommanon Prasat Hin Phimai, Prasat Phnom Rung, Prasat Sikhoraphum, Prasat Hin Ku Suan Taeng, Ku Pueai Noi, Prasat Yai Ngao, Prasat Prang Ku, Vat Phu Tours coniques en épi de maïs, terrasses de plan cruciforme, apsaras, Nâga (capuchon non déployé) Linteaux richement sculptés; deux types: centré, encadré avec guirlandes, ou une scène, souvent de type narratif avec de nombreux personnages; quand des Nâgas sont représentés, ils sont couronnés; quand il y a de la végétation, les arrondis sont étroits; au Prasat Hin Phimai, motifs avec Bouddhas tantriques.
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Bayon ~1177-1230 Yaçovarman II, Tribhuvanâditya-Varman, Jayavarman VII (bouddhiste) Preah Pithu, Beng Mealea, Neak Pean, Ta Phrom, Banteay Kdei, Angkor Thom, Bayon, Preah Khan, Banteay Chhmar Prasat Mueang Kao, Prasat Kok Ngiu, Prang Ban Sida, Prasat Nang Rang, Prasat Sa Kamphaeng Noi, Kuti Reussi #1, Kuti Reussi #2, Prasat Hin Chom Phra, Prasat Muang Thi, Prasat Ban Bu, Prasat Muang Sing, Prasat Ta Muen, Prasat Ta Muen Toch, Prasat Tha Piang Tia, Prasat Non Ku, Ku Santarat, Ku Mahatat (Ku Ban Kwao), Prasat Phu Fai, Prasat Tam Nak Sai, Ku Som Boon, Prasat Hin Ban Samo, Prasat Ban Noi, Wat Phra Sri Ratana Mahathat Construction rapide, pierre souvent remplacée par de la latérite, sculpture moins élégante, plans complexes, temples vastes; tours visages et bas reliefs narratifs au Cambodge. La plupart des personnages ont disparu; seul demeure un Kâla surmonté d'un petit personnage; les motifs sont essentiellement d'inspiration bouddhiste; guirlandes segmentées en quatre morceaux, voire plus
Prasat Ta Muen Toch-3-HDR.jpg

Phimai National Museum-pano-01-HDR.jpg
Bayon-Lopburi (Thaïlande seulement) Thaïlande seulement Phra Prang Sam Yod, Prang Khaek, San Ta Pha Daeng, Wat Si Sawai, Wat Phra Pai Luang, Wat Phra Sri Ratana Mahathat, Wat Chao Chan, Wat Kamphaeng Laeng Utilisation fréquente du plâtre
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Éléments décoratifs[3][modifier | modifier le code]

Éléments décoratifs représentant les mythes et légendes de l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Vishnou dansant, à quatre bras : détail d'un linteau (entrée nord du Prasat Hin Phimai, Thaïlande).
Vishnou allongé sur un Reachisey, Prasat Phnom Rung, Thaïlande
Vishnou est le dieu suprême du Vaishnava, le sauveur, celui qui concentre en lui même la Trimūrti dont Brahma et Shiva ne sont que des aspects. Le Vishnouisme et le Vaishnavisme étaient connus dans l'empire khmer dès le Ier siècle de l'ère chrétienne. Pendant la période pré-angkorienne, Vishnou est représenté avec huit bras, alors que dans de nombreux bas-reliefs de la période angkorienne, il a quatre bras et apparaît sous la forme d'un simple vacher. Krishna, son plus proche avatar, est souvent assimilé à Vishnou et vice-versa. Voici quelques représentations ou illustrations des mythes du Vaishnava, que l'on peut retrouver dans l'art khmer, sans être exhaustif :
Matsya le poisson (avatar de Vishnou), Kurma la tortue (avatar), Varaha le sanglier (avatar), Narasimha l'être mi-humain, mi-lion (avatar), Vamana le nain (avatar), Rāma (avatar), qui tue Ravana, Parashurâma (Rama à la hache, avatar), Vishnou en tant que dieu suprême, à huit bras, Vishnou Asanamurti, c'est-à-dire assis, ses jambes pouvant prendre diverses positions, ou montant Garuda (très fréquent), Vishnou endormi sur le serpent Ananta et la naissance de Brahma d'un bouton de lotus sorti du nombril de Vishnou, Vishnou tuant Madhu et Kaitabha, deux asuras sortis de l'oreille de Vishnou pendant son sommeil, l'invitation faite à Vishnou de descendre sur terre, le barattage de la mer de lait, Vishnou sous les traits de Mohini, récupérant l'Amrita (élixir de longue vie), Vishnou dans la bataille des devas et apsaras pour la possession de l'Amrita, Vishnou Trivikrama sous la forme du géant qui effectue les trois pas (Trivikrama) et récupère ainsi la plus grande partie du monde, abandonnant les enfers, Vishnou Gajendramoksha, délivrant Gajendra, le seigneur des éléphants, Lakshmi, la shakti de Vishnou.
  • Les mythes de Krishna
    • Krishna, "le sombre" est le huitième avatar de Vishnou et le frère de Balarama, septième avatar. Voici quelques mythes dont on peut trouver la représentation sur des bas reliefs khmers :
    • la jeunesse de Krishna et son adolescence: le massacre des jeunes garçons, la préparation de la fuite et l'échange de Krishna et de la Yoga Mâyâr, fille de Yashoda, destruction du chariot et de Trivanarta, le rite de purification de Krishna et de son frère Balarâma, Krishna déracinant deux arbres avec Arjuna, tuant l'asura Vatsa et Balarâma tuant Denuka, Krishan tuant les asuras Baka et Agha, Krishna soumettant le Nâga Kaliya, la mise à mort du démon Pralamba, Krishna maitrisant le feu de la forêt de Dandakha, Krishan arrêtant le sacrifice d'Indra, Krishna soulevant le mont Govardhana
    • l'âge adulte : la danse de Râsa-Krida ou Râsa-mandala, Krishna tuant Arishta, Krishna tuant Kesin, Krishna et la vision d'Akrura, la fête de l'arc où Krishna put utiliser l'arc que même Indra n'avait pu soulever, Krishna tuant l'éléphant Kuvalayapida, Krishna tuant les lutteurs, Krishna tuant Kamsa, la légende de Pradyumna, la victoire de Krishna sur l'asura Naraka[4], Krishna retournant le mont Maniparvata[5], Aniruddha prisonnier du nagapasha[6], la victoire de Krishna sur l'asura Bana, la descente de Krishna et Balarama aux enfers.
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Cette épopée comporte des centaines d'évènements et complots antre les Pândavas et les Kauravas dont certains sont représentés sous forme de bas-reliefs narratifs sur certains temples khmers. Citons :
l'histoire de Tilottama créée pour séduire les deux frères asuras inséparables Sunda et Upasunda, l'incendie de la forêt de Khandava, le svayamvara[7] de Draupadi, la mise à mort de Shishupala, Brishma sur un lit de flèches, Bhima fendant le prince Duhshasana en deux, le duel entre Bhima et Duryodhana, la bataille de Kurukshetra.
Scène du Râmâyana: Rama et son frère Lakshmana pris dans les anneaux du Naga. Linteau du Prasat Hin Phimai, Thaïlande.
Parmi les diverses scènes du Râmâyana illustrées sous forme de bas-reliefs, les plus fréquentes sont les scènes de bataille. Entre autres le combat de Rama, Ravana et leurs armées est largement représenté et comprend des guerriers, des cavaliers, des archers, des singes et des chariots. Le premier livre du Râmâyana est peu représenté : seul l'épisode où il tue Tataka[8], soulève et bande le Shiva Dhanush[9] (durant le swayamvara[10] de Sītā). Le dernier livre est complètement ignoré dans les bas-reliefs khmers.
Shiva réside sur le mont Kailash, où il vit une vie d'ascète. Il est d'ailleurs souvent représenté comme un jeune rishi[11], portant une barbe et une chevelure tressée, et ceint d'un simple linge, parfois d'un peau de tigre. Il est représenté avec deux, quatre ou avec huit bras, quand il danse le tandava[12] (Shiva nataraja). Les symboles de la mort (calotte crânienne, collier de crânes), présents en Inde, ne le sont pas dans les représentations khmères. Les attributs de Shiva sont le trident (trishula), la lance (parashu), l'arc fait d'un serpent (pinaka), la massue (khatvanga) et parfois le croissant de lune dans la chevelure; la plupart du temps, il tient un rosaire (akshamala) à grosses perles, et il est représenté accompagné de sa compagne Parvati (ou Umâ ou encore Devî), assis tous deux sur le taureau Nandin, assisté parfois de son fils Ganesh.
L'ascétisme est souvent pratiqué en l'honneur de Shiva d'où la représentation très fréquente d'ascètes, de rishis sur les temples khmers.
Dans l'empire khmer, l'adoration de Shiva se faisait à travers sa représentation sous forme de linga, le phallus en érection; les lingas étaient faits de métaux précieux (aujourd'hui disparus) et de pierre toujours faits de la même façon : une base carrée, symbolisant Brahma, une section médiane octogonale, représentant Vishnou, et la dernière partie cylindrique, représentant Shiva lui-même. Le linga est inséré dans une base carrée dont l'un des côtés représente le yoni la vulve. L'ensemble symbolise donc l'union sexuelle et la fertilité.
Sadashiva ou Mahesha se réfère à la forme la plus complexe de Shiva l'éternel (sada) montrant ses 5 visages et ses dix bras. Le quatrième visage n'est pas visible sur les bas-reliefs bien sûr, et le cinquième n'est visible que par les dévots méditant sur la nature supérieure de Shiva.
Shiva Mahaguru et Dakshinamurti est le grand enseignant (mahaguru) des arts et des sciences; il est assis sur un lotus et tient à la main un livre constitué de feuilles de palmier; quand il est tourné, vers le sud, il prend le nom de Dakshinamurti.
Shiva Bikshatanamurti et Shiva dans la forêt de pins fait allusion à un épisode ou le dieu voulut tester la foi et la sincérité des brahmanes en tentant de les distraire des rites sacrificiels qu'ils accomplissaient, en prenant la forme d'un bel adolescent à la peau sombre provoquant leurs épouses.
Le mythe du linga raconte la rivalité de Brahma et Shiva pour savoir lequel était le plus important. Une immense colonne de feu apparut devant eux, le phallus de Shiva qui s'était castré; chacun des dieux saisit une des extrémités, Shiva en s'élevant dans les cieux en prenant la forme de l'oie Hamsa, et Vishnou en prenant la forme du sanglier Vahara et en creusant le sol. Shiva, satisfait, apparut au milieu de la colonne de feu, avec ses multiples visages, bras et jambes, resplendissant de la lumière du soleil, de la lune et du feu et son troisième œil; il disparut avec Brahma et Vishnou et laissa sur terre son linga.
La Trimurti de Shiva est l'ensemble de sa forme terrible (Shiva sous la forme de Rudra), sa forme passionnée (Brahma)et sa forme aimable (Vishnou).
Shiva réduisant Kama en cendres: les dieux demandèrent à Kama de tirer Shiva de sa méditation pour l'inciter à avoir un enfant de Parvati, lequel enfant serait en mesure de tuer le démon Taraka. Kama tira des flèches de fleurs de manguier, mais Shiva le remarqua et le réduisit en cendres d'une flamme sortie de son troisième œil.
Shiva prit un jour l'apparence d'un ascète et essaya de troubler Parvati en méditation en lançant des imprécations contre lui-même; Parvati se boucha les oreilles pour ne pas l'entendre.
Dans le livre 3 du Mahabharata, Arjuna doit endurer toutes sortes d'épreuves avant d'affronter Shiva sous sa forme de kirata[13] dans un combat au cours duquel Arjuna se rendit finalement compte qu'il avait affaire à Shiva, qui apprécia son courage et sa dévotion.
Dans le livre VII du Rāmāyana, le géant Ravana, roi des démons de Lanka, se rendit au mont Kailash, demeure de Shiva et Parvati, mais fut stoppé par un gardien géant; furieux, il souleva la montagne et la secoua pour attirer l'attention de Shiva. Celui-ci, d'un coup d'orteil, fit s'écrouler la montagne sur Ravana, qui fut pris sous les gravats ; reconnaissant les pouvoirs de Shiva, il chanta ses louanges pendant 1000 ans ; en retour, Shiva lui fit cadeau d'une épée.
L'une des représentations les plus puissantes de Shiva est en tant que roi de la danse ou Nataraja, où, ivre, le dieu exécute le tandana, la danse orgiaque qu'il a inventée, au centre d'un cercle de démons ivres également ; la danse symbolise la destruction du monde ; son rythme est la source de tout mouvement dans l'univers et l'origine du pouvoir cosmique ; cette danse représentait également les cinq activités de Shiva : la création, la préservation, la destruction, l'incarnation et la libération; en ceci, il est supérieur à Vishnou, qui n'a que la création. Dans l'art khmer, il est représenté en général avec dix bras et danse en général seul, éventuellement accompagné de Brahma et Vishnou frappant dans leurs mains en suivant le rythme de la danse.
Umamaheshvara est une scène familiale fréquemment représentée dans l'art khmer, où Shiva et sa parèdre (ou consort) Umâ (connue également comme Pārvatī ou Devî montent le taureau Nandin ; habituellement, le dieu n'est représenté qu'avec deux bras, l'un tenant un trident ou un rosaire, enlaçant de l'autre sa parèdre; Umâ quant à elle, monte en amazone, et tient souvent une fleur de lotus.
Nandin ou Nandi est associé communément à Shiva. C'est un taureau blanc qui lui sert à la fois de monture et le représente. Il est représenté fréquemment sur les bas-reliefs, mais également en statue à l'extérieur des temples, dans leur cour, ou même à l'intérieur du sanctuaire.
La shakti de Shiva est son aspect féminin. Elle se manifeste sous différentes formes : Durga l'inaccessible, Umâ la propice, Kâlî la noire, Pārvatī la fille de la montagne ou bien encore Devî ou Mahadevî, la déesse par excellence.
Comme mentionné plus haut, Parvati est la parèdre (ou consort) de Shiva et la fille d'Himavat la divinité des montagnes de l'Himalaya. Elle savait qu'elle deviendrait l'épouse de Shiva, mais quand elle se présenta devant lui, le dieu l'ignora. Elle décida de mener une vie austère afin de mériter son amour. Elle était très vénérée par les Khmers et un culte particulier lui était rendu dans le sanctuaire dédié à Shiva Bradheshvara (ou Bhadreshvara)[14] au temple du Vat Phu.
Mahishasurmardani est une forme de Devî. Son nom vient de du fait qu'elle tua l'asura Mahisha, un démon-buffle qui avait vaincu les dieux et qui les avait expulsés de leur demeure céleste. Shiva et Vishnou concentrèrent tous leurs pouvoirs, les transformèrent en flammes qui se joignirent en une boule de feu, laquelle prit la forme de la déesse Dourgâ. Armée du trident de Shiva, du disque de Vishnou, du tonnerre d'Indra et des attributs d'autres dieux, montée sur un lion, elle vainquit les démons, dont Mahisha. Sur les bas reliefs, on représente Dourgâ avec un bouclier, armée d'une massue ou d'une épée ; elle a tantôt 2, tantôt 4 bras. Voir ci-dessous, sur le linteau du Prasat Sikhoraphum, une représentation de Dourgâ.
Karikkalammaiyar était une belle jeune fille habitant la ville portuaire de Karrikal. Elle négligeait son mari, passant le plus clair de son temps à adorer Shiva. Son mari la quitta. Pour ne plus être troublée par aucun homme lors de ses dévotions à Shiva, elle demanda au dieu de la rendre la plus laide possible. On peut voir une représentation de Karikkalammaiyar sur un linteau représentant Shiva dansant, en bas et à gauche, au Prasat Sa Kamphaeng Yai.
La légende de Bhringi raconte qu'une fois, quand les dieux rendaient hommage à Shiva et Parvati, Bhringi négligea Parvati. Celle-ci le transforma en un être squelettique, incapable de tenir sur ses jambes. Shiva lui donna alors une troisième jambe, pour l'aider à se tenir debout. Néanmoins Bhringi refusa toujours d'adorer Parvati, se transforma en abeille et continua à adorer Shiva.
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Éléments décoratifs représentant les dieux et déesses mineurs de l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Statue représentant peut-être le dieu Agni. Cambodge, province de Takeo, Angkor Borei, VIIe siècle (?), grès. Musée Guimet, Paris.
  • Agni : l'un des principaux dieux védiques, seigneur du feu sacrificiel et du foyer. (voir aussi "les neuf devas")
  • Brahma : dieu créateur de l'hindouisme, le premier membre de la Trimurti, la trinité des déités hindoues majeures (toutes écloses d'un œuf), les autres membres étant Vishnou et Shiva.
  • Ganesh : dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir dans l’hindouisme. C’est le dieu qui lève les obstacles. Il est le fils de Shiva et Pârvatî, l’époux de Siddhî, le succès et de Riddhî, la richesse.
  • Garuda, fils de Kashyapa et Vinata, né d'un œuf géant, il a le torse et les membres d'un être humain et le bec d'un vautour ou d'un aigle. C'est la monture de Vishnou. Il est très populaire chez les Khmers, et a un rôle important dans les mythologies hindouistes et bouddhistes. C'est l'ennemi des nagas. On le trouve représenté des milliers de fois sur les éléments décoratifs khmers: balustrades, antéfixes, linteaux, frontons.
  • Indra, qui est au premier rang des dieux védiques, a vu son importance décliner avec le temps. De roi des dieux, il évolua vers le rôle de seigneur de l'atmosphère gouvernant la météorologie, dispensant la pluie, envoyant le tonnerre et les éclairs. Son arme est le vajra, la foudre, qu'il porte dans la main droite, mais il utilise également des flèches et un filet pour capturer ses ennemis. Sa monture ou véhicule est l'éléphant Airavata, né du Barattage de la mer de lait et souvent représenté avec trois têtes. (voir aussi "les neuf devas")
  • Kâma (ou Kamadeva), dieu de l'amour, est un personnage populaire et l'une de ses épithètes est "celui qui est né de lui-même". Il est souvent représenté comme un adolescent vigoureux doté de deux ou quatre bras, tenant un arc fait d'une canne à sucre, la corde étant faite d'une chaine d'abeilles et cinq flèches faites de fleurs. Son vâhana ou monture est un perroquet et celui de son épouse, Ratî, un pigeon.
  • Karttikeya ou Skanda: d'après le Mahâbhârata, quand Agni fut séduit par la beauté des Krittikas[17], il répandit sa semence dans les mains de l'une d'entre elles, Swaha, qui la déversa dans le lac dont sortit Kartikeya (Skanda).
  • Ketu : ce dieu peut se confondre aisément avec Vayu, car tous deux ont le lion comme monture. En Inde du sud, il est connu représenté comme un homme avec un corps de serpent sur un chariot tiré par des chevaux. Il est le frère jumeau de Rahu et l'un comme l'autre sont de mauvais augure. (voir aussi "les neuf devas")
  • Kubera faisait, à l'origine, partie des Asuras; il a trois demi-frères, Ravana, Kumbhakarna et Vibhishana et une demie-sœur, Shuparnaka. En tant que dieu des richesses et chef des Yakshas, il est bien connu dans le Mahâbhârata et le Râmâyana. Il régna à Lanka, mais son frère Ravana et le dépouilla du chariot Pushpaka que lui avait donné Brahma. Dans la mythologie khmère, sa monture est un cheval, mais on l'associe également à la mangouste. Comme réceptacle de toutes les richesses, il est parfois représenté régurgitant des joyaux et des pierres précieuses. (voir aussi "les neuf devas")
  • Nirritî (ou Nirti ou Nirrti) est la déesse de la misère, de la maladie et de la mort (Nirti est parfois un homme). Elle protège les handicapés et les familles des voleurs et des malfaisants. Elle est représentée sur les épaules d'un homme, sur un lion ou sur un chien, une lance dans une main et un lotus dans l'autre.
  • Rahu est un géant qui, déguisé, assista au Barattage de la mer de lait afin de voler et boire une goutte de l'élixir d'immortalité. Le soleil et la lune le repérèrent et mirent au courant Vishnou qui, avec son disque, lui coupa la tête. Rahu qui avait néanmoins acquis l'immortalité, fut transformé en planète et placé dans la sphère céleste où il provoque éclipses de lune et de soleil. (voir aussi "les neuf devas")
  • Sona ou Chandra est le dieu de la lune. Il est représenté sur un chariot à trois roues tiré par dix chevaux et portant une couronne avec un croissant. Il est souvent accompagné par Surya, le soleil. (voir aussi "les neuf devas")
  • Surya est le dieu du soleil. Il peut prendre la forme d'un cheval. Pour ne pas aveugler sa femme, il dota Vishnou d'un disque, Shiva d'un trident, Karttikeya d'un trident et Kubera d'armes. On le représente aussi avec une couronne entourée d'un halo, sur un chariot tiré par sept chevaux ou par un cheval à sept têtes, conduit par Aruna, le frère de Garuda. (voir aussi "les neuf devas")
  • Varuna préside aux relations entre les hommes et les dieux. En tant que dirigeant de l'invisible, c'est un dieu dangereux et un puissant magicien. Il capture les êtres malfaisants et les attache avec son nœud coulant. Avec Mitra, il partage une mission divine: Mitra règne sur le jour et Varuna sur la nuit. Il règne aussi sur les eaux souterraines, le royaume des nagas. Dans l'iconographie khmère, il monte habituellement une ou trois Hamsas, comme Brahma (les seules façons de le distinguer de Brahma est le fait que Varuna fait face à l'ouest et que Brahma a quatre têtes) ou un Naga. (voir aussi "les neuf devas")
  • Vayu est le dieu du vent, souvent associé à Indra. Il est le roi des Gandharvas et le gardien du Nord-ouest. (voir aussi "les neuf devas")
  • Vishvakarma est l'architecte des dieux et de l'univers; il aiguise la hache de fer d'Agni et forge les éclairs d'Indra. Son attribut est le bâton de commandement, le danda, et parfois une règle qui lui sert à mesurer.
  • Yama est le dieu des morts. Toux ceux qui trépassent doivent passer devant lui et Chitragupta, chargé de tenir le compte de toutes leurs actions ; les vertueux vont à Swarga, le paradis, tandis que les autres sont dirigés vers Naraka, l'enfer. (voir aussi "les neuf devas")
  • Les 9 dieux ou devas (Navagrahâ): dans l'iconographie khmère, il s'agit de Surya (le soleil) sur un char tiré par deux chevaux, Chandra (la lune) sur un piédestal, Yama (juge des morts, gardien du sud) sur le buffle, Varuna (dieu des eaux, gardien de l'ouest) (ou Skanda ou Brahma) sur l'oie Hamsa, Indra (roi des dieux, gardien de l'est) sur l'éléphant Airavata, Kubera (dieu des richesses, gardien du nord) (ou Vayu) sur le cheval, Agni (dieu du feu, gardien du sud-est) sur le bélier, Rahu (démon de l'éclipse) dans un tourbillon de nuages et Ketu (la comète) sur le lion. Parfois un dixième dieu, Nirritî, est représenté.
  • Hanuman est le fils de Vayu et d'Anjana. Il peut, à volonté se faire minuscule ou énorme. Dans cette dernière forme, il franchit de grandes distances en sautant à travers les airs, en tant que fils de Vayu. Il peut transporter une montagne sur son dos ou passer par un trou de souris. C'est une figure très importante du Râmâyana, où il est le général en chef du roi des singes.
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Éléments décoratifs représentant des figures et évènements mythologiques[modifier | modifier le code]

Démons et êtres semi-divins[modifier | modifier le code]

  • Les asuras : à l'origine les asuras étaient justes et bons, mais ils finirent par contester la loi de Brahma, détrônèrent Indra et mirent Bali à sa place. En voici la liste Hiranyakashipu (tué par Narasimha; il est le père de Virochana), Hiranyakasha (frère d'Hiranyakashipu, tué par un sanglier), Virochana (l'ancêtre de nombreux asuras), Bali (fils de Virochana, tué par le nain Vamana -un avatar de Vishnou-), Bana (fils de Bali, blessé lors d'une bataille avec Krishna, sauvé par Shiva), Kalanemi (fils de Virochana, petit-fils de Hiranyakashipu, synonyme de Kalachakra, la roue du temps), Mahisa (tué par Durga), Kesin (tué par Krishna), Madhu et Upasunda (tués par Vishnou), Naraka (qui jalousait la place d'Indra, tué par Vishnou), Nikumbba (Tué lors de la bataille de Lanka).
  • Les rakshasas : ce sont des ogres qui peuvent prendre des formes très diverses, humaines, animales ou monstrueuses. Ils sont extrêmement fréquents dans la mythologie khmère, et plus particulièrement dans le Mahâbhârata, le Râmâyana et les Puranas. Dans le bouddhisme, les rakshasas ont un rôle bienveillant, similaire à celui des yakshas. En voici la liste: Ravana (roi des rakshasas dans le Râmâyana, fils de Kaikasi), Indrajit (fils de Ravana, tué par Balarama), Shuparnanakha (sœur de Ravana, qui offensa Rāma et Lakshmana et fut mutilée par eux, débutant le drame du Ramayana), Kumbhakarma (frère de Ravana, tué lors de la bataille de Lanka), Vibhishana (frère de Ravana, allié de Rāma), Maricha (tué par Rāma), Shambara (qui voulait tuer Pradyumna), Kamsa (fils de Ugrasena et cousin de Devaki, la mère de Krishna).
  • Les yakshas sont de mystérieuses créatures mi-divines vivant aux frontières du monde avec les rakshasas qu'ils ont supplantés dans leur rôle bienveillant. Leurs contreparties femelles, les yakshis ou yakshinis, ont gardé leur aspect démoniaque. Les yakshas peuvent prendre la forme qu'ils veulent et vivent dans les forêts, les arbres, les grottes, etc. Ils sont en général trapus, ont des yeux globuleux et parfois des crocs.
  • Les apsaras et devatas sont les danseuses et chanteuses divines. Elles ont des yeux en pétale de lotus, la taille mince et des lèvres pulpeuses. Elles sont capables de séduire les ascètes sur demande des dieux. Elles sont nées du Barattage de la mer de lait. Elles vivent dans le paradis d'Indra.
  • Les gandharvas sont d'origine démoniaque, mais se sont transformés en personnages bienveillants, au contact des dieux. Ces sont des danseurs et chanteurs au service d'Indra et qui vient dans son paradis avec les apsaras. Ils se divertissent en jeux érotiques avec des jeunes femmes célibataires. Ils ont un corps de jeune homme, ou bien une tête humaine avec un corps d'oiseau ou de cheval. Ils sont proches en cela des kinnaras. Dans les bas reliefs khmers, ils sont représentés sous forme d'êtres humains descendant des cieux et tenant des guirlandes de fleurs enroulées autour d'une représentation d'un dieu.
  • Les kinnaras et kinnaris (contrepartie femelle du kinnara) sont des êtres mythologiques avec soit un corps humain et une tête de cheval, soit une tête humaine et un corps d'oiseau. En tant que membres des chœurs et musiciens célestes, ils appartiennent au même groupe que les gandharvas.
  • Les dvarapalas sont des gardiens sculptés de part et d'autre des portes principales des sanctuaires. Selon la tradition shivaïte, la résidence de Shiva était gardée par deux êtres puissants, représentant deux aspects du dieu lui-même, l'un bienveillant et l'autre terrible. Dans l'empire khmer, la même tradition a été adoptée que ce soit pour les sanctuaires hindouistes ou les sanctuaires bouddhistes.
  • Les ganas sont des créatures dotées d'un corps humain et d'une tête d'animal tel le singe, le perroquet, l'éléphant le lion, le cheval. Ce sont des serviteurs de Shiva qui vivent sur le mont Kailash et reconnaissant Ganesh comme leur seigneur.
  • Les dikpâlas, ou lokapâlas sont les dieux gardant les points cardinaux et inter-cardinaux. Ils sont représentés sur les temples hindous à partir de l'époque médiévale. On les rencontre aussi dans le bouddhisme. Ce sont: Indra (est), Agni (sud-est), Yama (sud), Nirritî (sud-ouest), Varuna (ouest), Vayu (nord-ouest), Kubera (nord) et Îshâna (un aspect de Shiva, gardien du nord-est).
  • Les atlas ou cariatides supportent des plateformes ou des bâtiments.
  • Les dynasties mythologiques : dans la mythologie hindoue, certains dieux et personnages épiques ont été attribués à des dynasties solaires ou lunaires. Quelques dynasties royales ont comme origine des rishis, dont le plus connu est Budha, fils de Soma ou Chandra, qui fonda la dynastie lunaire par son mariage avec Ila.
  • Le bossu est un homme trapu avec une nette déformation du dos et du sternum, fréquent dans la statuaire khmère. Il est habituellement représenté assis, la jambe gauche repliée sous le corps et le pied pointant en arrière, sa jambe droite repliée également, sa main droite reposant sur le genou semble tenir quelque chose qui ressemble à une balance, sa main gauche tenant une balle ou un joyau rond.
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Animaux mythologiques[modifier | modifier le code]

  • Le kâla ou kirtimukha est un animal mythologique très fréquent sur les bas-reliefs khmers: c'est un monstre léonin, avec de gros yeux globuleux et des crocs visibles. Il est en général représenté au milieu de guirlandes florales et crachant ou avalant ces guirlandes. Dans la mythologie hindoue, il représente Shiva dans son aspect menaçant. Étant un être protecteur par nature, il est en général représenté sur des linteaux ou frontons au-dessus des portes des sanctuaires pour repousser les ennemis ou les esprits malins. En Inde, cette tête est plus connue sous le nom de kirtimukha, au Cambodge on l'identifie parfois sous le nom de Rahu en rapport avec le monstre affamé du même nom. Le kâla est parfois représenté la bouche ouverte et la langue tirée. Une particularité unique est qu'il est représenté sans mâchoire inférieure, et chose encore plus surprenante, avec deux avant-bras, parfois réduits aux deux mains qui tiennent les guirlandes sortant de sa bouche ou qu'il dévore.
  • Le makara est un hybride de reptile, de lion et d'éléphant, fréquent sur les bas-reliefs khmers. Ils sont habituellement représentés de profil sur le bord des linteaux ou des frontons. La plupart du temps, seule la tête est visible avec de grands yeux, mais parfois le corps et la queue sont également présents, en rouleaux décoratifs. On peut fréquemment voir un makara régurgitant un naga (par exemple sous forme d'antéfixe.
  • Le gajasimha a un corps de lion et une tête d'éléphant. Dans le style du Bayon, la trompe décroît en taille, et finit par ne plus être qu'une protubérance nasale, seule différence d'avec le lion. Dans certaines scènes, cet animal mythique sert d'attelage aux chariots de personnages importants dans les scènes de bataille. La plupart du temps, c'est un gardien de temple.
  • Le reachisey est un animal à tête de lion, avec une minuscule trompe d'éléphant (comme le gajasimha), une barbichette, un corps allongé, un ventre couvert d'écailles comme un dragon et quatre courtes pattes. Il sert souvent de support à Vishnou allongé.
  • Le nâga est un dieu serpent des eaux, vivant dans le monde sous terre ou dans l'eau, doté d'un capuchon comme les cobras et de plusieurs têtes (5, 7 ou 9). D'après la mythologie khmère, un brahmine indien épousa une princesse naga du nom de Soma, et fonda ainsi la première dynastie royale locale. Le plus grand ennemi du nâga est Garuda. Dans l'art khmer, le nâga est l'animal mythologique le plus répandu. Un naga fameux est Ananta, qui servit de couche à Vishnou.
  • Les reptiles tels que crocodiles et tortues sont fréquents dans l'iconographie khmère.
  • Les animaux imaginaires dérivés de lions, taureaux, chevaux, éléphants, mais aussi de gazelles, crabes, poissons et reptiles sont parfois représentés. On trouve rarement des représentations de dragons, signe d'une influence chinoise.
  • Les lions-gardiens apparaissent rarement sur les bas-reliefs, mais plus souvent sous forme de statues à l'entrée des sanctuaires, sur les côtés des escaliers; au cours des siècles, la tête de ces lions gardiens se trouve de plus au plus haute, par allongement des pattes avant.
  • Les éléphants : le plus connu est Airavata (ou Erawan en thaï), la monture d'Indra, né du barattage de la mer de lait. Bien que supposé avoir quatre défenses, il est en général représenté dans l'iconographie khmère avec deux défenses seulement, mais trois têtes.
  • Autres animaux communs : sangliers, écureuils, cochons, buffles, lapins, rats, tigres, lions, gazelles.
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Batailles mythologiques[modifier | modifier le code]

Sur les bas-reliefs khmers, les scènes de bataille sont très fréquentes: les adversaires sont face à face, leurs chefs habituellement debout sur des chariots tirés par de puissants chevaux ou des animaux mythiques (gajasimha, dragons, lions à plusieurs têtes, etc.) ou juchés sur des éléphants de combat. En ce qui concerne Vishnou / Krishna, il est monté sur les épaules de Garuda. Si l'on peut parfois identifier les dieux, il est néanmoins impossible de déterminer de quel texte ces bas-reliefs sont l'illustration. On a l'habitude de dire que les scènes de bataille figurant des singes sont issues du Râmâyana. Dans d'autres cas, il n'est même pas possible de déterminer s'il s'agit d'une bataille historique ou mythologique, les protagonistes n'ayant pas de signe distinctif.

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Légendes[modifier | modifier le code]

D'après une légende locale, le prince Kaundinya était un illustre brahmane qui arriva au Cambodge par voie de mer. À son arrivée, il soutint l'assaut d'une armée uniquement composée de femmes et planta sa lance dans le sol, indiquant le lieu où il fonderait la capitale de son royaume futur. Il épousa la princesse Soma, une sirène ou nagi et donna naissance à une dynastie royale. Le père de Soma fit don d'une riche dot, créant un territoire en buvant toutes les eaux qui couvraient la région khmère, et transformant le sol boueux en terres fertiles.

  • La légende du roi lépreux[19]:

"Autrefois le roi du Cambodge était violent et emporté. Un de ses ministres lui ayant manqué de respect, il le frappa avec l'épée sacrée du royaume, mais une goutte de sang rejaillit sur le corps du roi où apparurent rapidement les symptômes de la lèpre. Un vieux sage, par compassion, envoya un de ses jeunes disciples soigner le souverain: le traitement prescrit comportait un bain dans une cuve d'eau bouillante dans laquelle il fallait introduire successivement différentes substances médicinales, le résultat annoncé étant une guérison complète et un rajeunissement. Le roi, méfiant cependant, demanda une démonstration préalable au jeune disciple qui se plongea dans la cuve, mais la précipitation du roi ayant empêché de suivre au pied de la lettre les prescriptions, le corps du disciple se transforma en blocs de pierre qu'il fallut disperser. Outragé, le vieux sage lança une malédiction contre le roi, et la lèpre devint incurable." (D'après Bruno Dagens, op.cit.)
C'est une statue du roi lépreux qui fut la première statue khmère connue en occident dès 1863. En fait c'était une représentation du dieu Yama[20], mais les lichens blanchâtres dont la statue était recouverte ont fait penser à la légende khmère décrite ci-dessus.
On connait des reliefs représentant un personnage princier à la main difforme identifiée avec la griffe cubitale[21] et dont on est en train de frictionner la jambe avec le suc d'un fruit arrondi, qu'on a reconnu comme le fruit du chaulmoogra[22]. On a proposé d'identifier ce malade princier à Jayavarman VII, et sa maladie serait à l'origine de la construction des nombreux hôpitaux (arogayasala) construits par ce souverain khmer. Les reliefs mentionnés se trouvent, pour l'un, au Bayon, temple d'État de Jayavarman VII, et pour l'autre sur le fronton d'une chapelle d'un des hôpitaux établis à Angkor par le même Jayavarman VII.

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Éléments décoratifs caractéristiques du Bouddhisme[modifier | modifier le code]

  • Bouddha et légendes bouddhistes: on trouve des représentations de différents épisodes historiques ou légendaires de la vie de Bouddha tels que sa naissance, le grand départ, le moment où il coupe ses cheveux, sa rencontre avec un brahmane coupant de l'herbe, la défaite de Māra (Bouddha dans la posture de la prise de la terre à témoin), la méditation et l'éveil sous l'arbre de la Bodhi, le Bouddha protégé par le serpent Muchalinda, le premier sermon dans le parc aux biches, le grand miracle de Sarasvati, le séjour dans le paradis d'Indra, et la grande totale extinction (Mahaparinirvana).
  • Les Bodhisattvas: ce sont des bouddhas qui ont choisi de continuer à se perfectionner pendant d’innombrables cycles pour devenir un samyaksambuddha[23], seul être capable de remettre en marche la roue du dharma, et donc de contribuer plus que qui que ce soit au salut universel.
  • Avalokiteshvara: le bodhisattva de la compassion
  • Rishi: sage qui "a entendu" les hymnes du Veda de l'être suprême Brahman tandis qu'il était dans la méditation profonde. Un rishi peut être considéré comme une combinaison d'un patriarche, d'un saint, d'un prêtre, d'un précepteur, d'un auteur des hymnes védiques, d'un sage, d'un ascète, d'un prophète et d'un ermite.
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Liens externes[modifier | modifier le code]

Les travaux hydrauliques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Michael Freeman et (en) www.kanjanee.com
  2. Pièce d'étoffe drapée enveloppant les cuisses à la manière d'une culotte
  3. D'après Vittorio ROVEDA
  4. le fils de la terre
  5. Le sommet du mont Mandara
  6. un serpent
  7. compétition organisée pour trouver un mari
  8. Femme Yaksha qui pouvait changer de forme, également grand-mère de Ravana
  9. Le grand arc de Shiva
  10. Pratique de l'inde ancienne consistant à choisir son partenaire pour la vie
  11. Ascète
  12. Danse divine
  13. a et b Homme des bois vivant exclusivement de la chasse
  14. Du nom du roi Cham Bhadravarman qui construisit un temple dédié à Shiva en donnant à ce culte son propre nom
  15. Avatar de Parvati, la parèdre de Shiva, autre forme de Devî
  16. Fils du dieu Indra
  17. Les Pléiades
  18. gardien
  19. Voir aussi Le Roi lépreux et la Terrasse du Roi lépreux
  20. Le Seigneur de la Mort dans l'hindouisme
  21. La griffe cubitale correspond à un aspect inhabituel de la main qui s'observe au cours de la paralysie du nerf cubital; c'est une des conséquences de la lèpre
  22. L’huile de chaulmoogra (Hydnocarpus kurzii ou Taraktogenos kurzii) provient des graines d’un arbre poussant en Malaisie et en Inde. Cette huile a longtemps été utilisée dans le traitement de la lèpre, mais son utilisation par voie topique était inefficace, son ingestion provoquait des nausées et l’injection, voie d’administration retenue, occasionnait de grandes douleurs. Aussi son usage a été abandonné lors du développement des traitements modernes par les sulfones.
  23. Bouddha pur et parfait

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Freeman, Palaces of the Gods: Khmer Art & Architecture in Thailand, River Books, 2001 (ISBN 974-8303-19-5)
  • Yoshiaki Ishizawa, Along The Royal Roads To Angkor, Weatherhill, 1999 (ISBN 083-4804-72-7)
  • Claude Jacques and Philippe Lafond, The Khmer Empire, River Books, 2007 (ISBN 974-9863-30-5)
  • Vittorio Roveda, Images of the gods: khmer mythology in Cambodia, Thailand and Laos, River Books, 2005 (ISBN 974-9863-03-8)
  • Bruno Dagens, Les Khmers, Société d'Édition Les belles lettres, 2003 (ISBN 2-251-41020-1)