Architecture iranienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

L'architecture iranienne bénéficie d'un héritage particulièrement ancien parmi les arts iraniens. Elle utilise abondamment la géométrie symbolique, usant de formes pures telles que le cercle et le carré. Les plans sont souvent fondés sur des rendus symétriques, dont les cours rectangulaires et les halls sont caractérisés.

L'architecture islamique iranienne reprend des idées de ses prédécesseurs, et fait intervenir des formes géométriques, répétitives, ainsi que des surfaces richement ornées de céramiques, de stuc sculpté et de briques, formant des motifs décoratifs, calligraphiques, une iconographie florale, et parfois des formes animées.

Styles historiques iraniens[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs styles (ou sabk) dans l'architecture iranienne.

Période pré-islamique[modifier | modifier le code]

Exemple du style Parsi

Au cours de la période pré-islamique (des origines à 600 après J.-C.), on compte deux styles principaux : le style parsi et les styles parthe et sassanide.

Période post-islamique[modifier | modifier le code]

De 700 après J.-C. à nos jours, d'autres styles marqués par une influence islamique apparaissent. Les plus connus sont le style Khorasani, le style Razi, le style Azari et le style Isfahani.

  • Le style Khorasani est représenté par la Mosquée de Nain et la Mosquée de la Congrégation (Jame) d'Isfahan.
La place Naghsh-e Jahan, à Isfahan, est la deuxième plus grande place du monde et sans conteste un joyau de l'architecture persane.

Architecture pré-islamique de Perse[modifier | modifier le code]

Il n'était pas peu commun pour les artisans iraniens anciens de faire des modèles comme cette maquette en céramique d'adobe d'une tour (datée du XIIIe siècle av. J.-C.) au cours leurs travaux. La maquette fut trouvée à Chogha Zanbil, Iran.

Les fouilles prouvent que l'histoire de l'architecture et de la planification urbaine en Perse (Iran) remonte à plus de 10 000 ans. Les Persans étaient parmi les premiers à utiliser les mathématiques, la géométrie et l'astronomie dans l'architecture. Tepe Sialk, près de Kashan, où se trouve une importante ziggurat construite il y a 7 000 ans, est un de ces sites historiques en Iran où les habitants ont été les initiateurs d'une technique de construction évoluée.

L'architecture iranienne a beaucoup influencé l'architecture des autres vieilles civilisations. Selon Arthur Uphman Pope : « L'architecture en Iran a au moins 6 000 ans d'histoire continue, dont des exemples peuvent être vus de la Syrie jusqu'au nord de l'Inde et aux frontières chinoises, et du Caucase à Zanzibar. »

Chacune des périodes Elamite, Achéménide, Parthe et Sassanide ont créé des styles architecturaux qui se sont répandus et ont été adoptés par d'autres cultures. Bien que l'Iran ait souffert de destructions, dont la décision d'Alexandre le Grand de brûler Persépolis, on peut se faire une idée de son architecture classique à partir de ce qui reste.

Après 2 500 ans, les ruines de Persepolis inspirent toujours les visiteurs du monde entier.

Les palais achéménides conservés recèlent d'exemples architecturaux. Les artisans et les artistes venaient avec leurs matériaux de tous les coins de l'empire, l'un des plus grands à l'époque. La ville de Pasargades servit de modèle. Elle s'élevait dans un grand parc jalonné de ponts, de jardins, de palais et de pavillons ouverts à colonnes. L'architecture des villes de Pasargades, Suse et Persepolis exprimait avec force l'autorité du Roi des Rois : les escaliers de Persepolis rappelaient par leurs bas-reliefs sculptés la vaste étendue de l'empire.

Avec l'émergence des Parthes et des Sassanides sont apparues de nouvelles formes. Les innovations parthes se sont pleinement exprimées à l'époque Sassanide, par de massives chambres voutées, de solides dômes en maçonnerie et de hautes colonnes.

La circularité de la cité irakienne de Bagdad, érigée à l'époque Abbasside, s'inspire de villes persanes plus anciennes, telles que Firuzabad dans le Fars1. Al-Mansur avait confié la construction de la ville à Naubakht, un ancien zoroastrien persan, et à Mashallah, un ancien juif du Khorasan2. Naubakht réalisa les plans de la ville et aida à déterminer la date à laquelle commencer les travaux pour que ceux-ci se passent sous de bons auspices.

Les ruines de Persepolis, Ctésiphon, Jiroft, Sialk, Pasargades, Firouzabad, Arg-é Bam et des milliers d'autres répertoriées dans l'Iran d'aujourd'hui témoignent de la grande implication des Perses dans l'architecture.

L'Iran est classé parmi les dix premières nations possédant le plus de ruines architecturales antiques et est reconnu par l'UNESCO comme un des berceaux de l'humanité.

Carrelage de la tombe du grand Mir Bozorg Marashi. Amol

Architecture post-islamique de Perse[modifier | modifier le code]

Les "koutchehs" procurent un abri contre les tempêtes de sable et protègent de l'intense lumière du soleil. Cette forme de conception urbaine est ancienne en Perse et s'est révélée très efficace. Photo prise à Kachan, en Iran (Perse).

La chute de l'Empire des Perses face à l'invasion des armées islamiques a conduit à la création de bâtiments religieux remarquables en Iran. Des arts comme la calligraphie, le travail du stuc, le travail des miroirs et de la mosaïque ont été fortement intégrés à l'architecture en Iran pendant cette nouvelle époque. Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des éléments qui démontrent l'influence de l'architecture sassanide sur l'architecture du monde islamique. Les types majeurs de bâtiments sont la mosquée et le palais.

De nombreux experts pensent que la période de l'architecture perse du XVe au XVIIe siècle est la plus brillante de l'ère islamique. Plusieurs structures comme des mosquées, des mausolées, des bazars, des ponts et différents palais ont survécu depuis cette période. Dans l'architecture persane, les pièces semi-circulaires ou de forme ovale présentaient un grand intérêt, conduisant les architectes safavides à montrer leur extraordinaire habileté en construisant des dômes aux dimensions massives.

Les dômes peuvent être vus fréquemment dans les structures des bazars et des mosquées, datant particulièrement de la période safavide à Ispahan. Les dômes iraniens se distinguent par leur hauteur, la proportion des éléments, la beauté de la forme et la rondeur du dôme proprement dit. Les surfaces extérieures des dômes sont généralement recouvertes de céramiques, formant ainsi des surfaces chatoyantes.

D'après le Dr. D. Huff, un archéologue allemand, le dôme est l'élément dominant de l'architecture iranienne. Le Professeur Arthur U. Pope, qui mena des études poussées à propos des bâtiments persans anciens et islamiques, déclara :"L'art suprême de l'Iran, au sens propre du terme, a toujours été l'architecture. La suprématie de l'architecture s'applique à la fois aux périodes pré-islamique et islamique."

Quand les monuments majeurs de l'architecture islamique persane sont examinés, ils révèlent des relations géométriques complexes, une hiérarchie étudiée de la forme et des ornements et une signification symbolique très profonde.

Patrimoine mondial de l'UNESCO[modifier | modifier le code]

La liste suivante est la liste des sites du patrimoine mondial définis par l'UNESCO construits ou dessinés par des Iraniens (ou Persans), ou alors dessinés et construits dans le style de l'architecture iranienne :

Architectes iraniens[modifier | modifier le code]

Tombe de Hûmayûn, Inde. De nombreux architectes iraniens ont bâti des monuments en dehors de leur pays natal.

Les architectes persans étaient très recherchés pendant les temps anciens, avant l'avènement de l'Architecture Moderne. Plusieurs d'entre eux, comme Ostad Isa Shirazi ont conçu des paysages comme le Taj Mahal, le Minaret de Jam en Afghanistan, le Dôme de Soltaniyeh ou la tombe de Tamerlan à Samarcande.

Éléments et exemples de l'architecture iranienne[modifier | modifier le code]

Les éléments de l'architecture persane peuvent toujours être observés dans l'architecture contemporaine iranienne. Temple du Lotus de Fariborz Sahba en Inde.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide culturel de l'Iran. Patrick Ringgenberg. Rowzaneh, Téhéran. 2009.
  • (en) Islam Art and Architecture. Markus Hattstein, Peter Delius. 2000. p96. ISBN 3-8290-2558-0
  • (en) Islamic Science and Engineering. Donald R. Hill. 1994. p10. ISBN 0-7486-0457-X
  • (fa) Sabk Shenasi Mi'mari Irani (Étude des styles de l'architecture iranienne), M. Karim Pirnia. 2005. ISBN 964-96113-2-0
  • (en) From Aristotle to Zoroaster: an A to Z Companion to the Classical World, A. Cotterell, ISBN 0-684-85596-8, 1998.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]