Archiduché d'Autriche

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Erzherzogtum Österreich (de)
(Archiduché d'Autriche)

(1359) 1453 – 1918

Drapeau Blason
alt=Description de l'image Carte archiduché Autriche.svg.
Informations générales
Statut Monarchie,
État du Saint-Empire jusqu'en 1806,
de l'Empire d'Autriche (1804-1867)
et de l'Empire austro-hongrois (1867-1918)
Capitale Vienne
Religion Catholique romaine
Histoire et événements
955 Bataille du Lechfeld
960 Margraviat de Bavière
1156 Duché
1359 Privilegium Majus
1453 Reconnaissance
11 août 1804 Empire d'Autriche
31 octobre 1918 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'archiduché d'Autriche est un des États faisant partie du Saint-Empire.

Il est situé en Europe centrale et correspondant aux Länder autrichiens actuels de Basse-Autriche (chef-lieu Sankt Pölten) et de Haute-Autriche (chef-lieu Linz).

Par commodité, on se sert parfois de cette expression pour désigner l'ensemble des Erblande (territoires patrimoniaux) des Habsbourgs, ce qui inclut alors en plus la Styrie, la Carinthie, la Carniole, le Tyrol et plusieurs autres petits territoires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Simple marche aux débuts de l'Empire, l'Autriche est élevée en duché sous Frédéric Barberousse au profit de la maison de Babenberg par le Privilegium Minus (1156). L'extinction de cette lignée en 1246 provoqua la vacance des territoires autrichiens et un conflit entre le roi de Bohême, Ottokar II Přemysl et l'empereur Rodolphe de Habsbourg. Le premier avait été élu duc par la noblesse, tandis que le second réclamait le duché, comme fief tombé en déshérence et devant faire retour à son suzerain. Rodolphe défit son rival à la bataille de Marchfeld et investit ses deux fils, Albert et Rodolphe des duchés d'Autriche et de Styrie.

L'archiduché[modifier | modifier le code]

Le titre d'archiduc, donné aux souverains d'Autriche, est une invention de la fin du Moyen Âge. Elle est affirmée par le Privilegium Majus, un faux créé par le duc Rodolphe IV d'Autriche (1339-1365) en 1359, en réaction à son exclusion du collège électoral par la Bulle d'or de 1356. Il s'agissait de garantir aux ducs d'Autriche un titre unique dans l'Empire, celui d'archiduc, qui en faisait l'équivalent des princes électeurs, le droit de vote en moins : les pouvoirs de l'empereur étaient strictement limités par la proclamation du jus de non evocando et une réduction drastique de la participation à l'ost impérial. Les archiducs avaient préséance sur tous les autres princes non électeurs. Enfin, la déshérence des fiefs des Habsbourg était rendue impossible par la double proclamation de l'indivisibilité de l'Autriche et d'une succession incluant les femmes en cas de défaut de mâles.

Le premier duc à utiliser dans les faits ce titre est Ernest de fer, à partir de 1414. Cette pratique demeura unilatérale. Charles IV de Luxembourg avait dès le début refusé l'octroi effectif du Privilegium Majus. C'est un Habsbourg, Frédéric III qui lui donnera en 1453 un caractère officiel. Les souverains autrichiens auront effectivement le monopole sur le titre et le pas sur tous les princes non électeurs. C'est l'élection de Ferdinand de Habsbourg comme roi de Bohême en 1526 qui donnera aux Habsbourg le rang électoral et le droit de vote. Le titre change de sens à cette même époque : il devient un titre dynastique porté par tous les princes de la maison.

Expansion territoriale[modifier | modifier le code]

Au sens strict, l'archiduché désigne les actuels länder de haute et basse Autriche, exception faite de la partie occidentale du premier, qui était occupée par des principautés ecclésiastiques, notamment l'évêché de Passau. Il reprenait logiquement les limites du duché d'Autriche tel qu'il avait été érigé par le privilegium minus.

Cette partie du patrimoine des Habsbourg demeura aux mains des ainés de la maison et appliqua en effet dès le XIVe siècle la primogéniture intégrale et l'indivisibilité. Elle ne se trouva partagée qu'une fois au cours du XVe siècle, sous le règne de Frédéric V d'Autriche. La partition se fit, de part et d'autre de l'Enns, donnant naissance à la distinction entre haute et basse Autriche. Il s'agissait, pour ce duc ayant récemment hérité de ces terres du fait de la mort de son cousin Ladislas le Posthume, de satisfaire son jeune frère Albert VI. La situation se prolongea quelques années après la mort de ce dernier en 1463, en raison de l'occupation de l'est du pays par le roi de Hongrie, Mathias Corvin. Malgré la reconquête, la séparation demeura sur le plan administratif.

Dès le XIVe siècle, les Habsbourg possédaient par ailleurs plusieurs grands fiefs voisins : les duchés de Styrie, Carinthie et Carniole depuis plus d'un siècle et le comté de Tyrol depuis 1335. La mort de Rodolphe IV en 1365, cependant, démontra l'inefficacité du privilegium majus, au sein même de ses propriétés. Ses frères ne purent s'entendre et procédèrent au partage de ses terres en 1379, au Traité de Neuberg. Si l'Autriche propre avait hérité des prétentions impériale, c'est l'Autriche intérieure, formée des autres territoires de la maison, qui mit en acte les prétentions archiducales. C'est ainsi Ernest de Styrie, en 1414, qui fut le premier à utiliser, de façon totalement unilatérale, le titre d'archiduc dans les documents de chancellerie. C'est Frédéric V de Styrie qui réunit l'ensemble des duchés sous un seul prince. En 1453, c'est le même, également empereur des Romains sous le nom de Frédéric III, qui sanctionna le Privilegium majus en donnant un caractère légal au titre d'archiduc utilisé dans les faits depuis près d'un demi-siècle. À partir de la fin du XVe siècle, on commence à définir l'archiduché comme l'ensemble des duchés autrichiens.

Par la suite, cependant, on peut constater que l'indivisibilité ne concerna que l'Autriche proprement dite. Styrie, Carinthie, Carniole et Tyrol furent régulièrement détachés pour les cadets de la famille. Ces archiducs jouirent cependant plus d'un rôle de gouverneur que d'une souveraineté effective. Les territoires souabes des Habsbourg, l'Autriche antérieure, ne fut jamais considérés comme faisant partie de l'archiduché. À partir de 1406, cette Autriche antérieure forme, avec le comté de Tyrol, un ensemble nommé Autriche supérieure, qu'il ne faut pas confondre avec la Haute-Autriche.

Le cercle d'Autriche[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cercle d'Autriche.

La base d'un Empire[modifier | modifier le code]

La dynastie des Habsbourg accroitra sa puissance territoriale et politique par une série de grands mariages, justifiant la devise Bella gerant alii, tu felix Austria nube (« Les autres font la guerre, toi, heureuse Autriche, tu te maries »).

En 1493, Maximilien Ier est le premier prince officiellement investi du titre archiducal auquel les Habsbourgs prétendaient depuis 1359, par son père l'empereur Frédéric III.

Devenu lui-même empereur des Romains, Maximilien réorganise les Cercles impériaux en créant le Cercle d'Autriche qui englobe l'ensemble des territoires autrichiens de la dynastie de Habsbourg, dont l'Archiduché lui-même.

Napoléon Ier proclama la fin du Saint-Empire romain germanique, en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le grand-duché de Bade et bien d’autres qu'il regroupa au sein de la Confédération du Rhin. François II, le dernier empereur romain germanique, devint le premier empereur d'Autriche sous le nom de François Ier, en 1804.

Voir aussi[modifier | modifier le code]