Arcabas

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Jean-Marie Pirot, internationalement connu sous le nom d'artiste d'Arcabas, est né le 26 décembre 1926 à Trémery en Moselle. Cet artiste peintre et sculpteur isérois est un des auteurs d'art sacré contemporain en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Hugues

Arcabas passe son enfance à Metz. Formé à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il est admis définitivement le 9 juin 1945 sous le N°8541 à l'Atelier de Nicolas Untersteller (1900-1967) qui deviendra Directeur de l'école en 1948. Il y a pour condisciples : Ernest Risse peintre verrier, Hubert Villaret, Geneviève Laurent, Henriette Lambert et d'autres de l'Atelier de Jean Dupas dont le peintre fresquiste Geoffroy Dauvergne. Il s'est d'abord tourné vers l'enseignement à l'École des beaux-arts de Grenoble ; ce sont ses étudiants qui lui donnent son surnom. À partir de 1953, il se fait connaître à travers une œuvre monumentale réalisée en plusieurs étapes pendant plus de 30 ans : l'ensemble d'art sacré de l'église Saint-Hugues-de-Chartreuse à St-Pierre-de-Chartreuse dans le massif du même nom. L'église Saint-Hugues est devenue musée départemental en octobre 1984, lors de la donation de cette œuvre par l'artiste au département de l'Isère.

Il est Professeur titulaire, chef d'atelier de peinture à l'École des Beaux Arts de Grenoble de 1950 à 1969. Il expose à la première Biennale de Paris en 1959. De 1961 à 1972, il crée les décors et les costumes de : La Danse de la mort d'August Strindberg ; Le Journal d'un curé de campagne de Bernanos, Les Justes d'Albert Camus, avec la Comédie des Alpes L'Histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky à l'Opéra du centre national des arts du Canada. Puis, de 1969 à 1972, il est « artiste invité » par le Conseil national des arts du Canada, et professeur titulaire à l’université d’Ottawa, où il crée et dirige « l'atelier collectif expérimental ». De retour en France, il fonde un atelier d’arts plastiques « Éloge de la Main » à l'université des sciences sociales de Grenoble.

Il a reçu depuis des commandes du gouvernement français, de collectivités locales ou de communautés religieuses.

En 1994 il réalise avec son fils Étienne à la Cathédrale Saint-Pierre de Rennes l'autel de célébration, le mobilier liturgique, l'ambon et la cathèdre, clipeata. Cette œuvre fut consacrée par Monseigneur Jacques Jullien, archevêque de Rennes, en 1995.

Citons parmi ses réalisations les plus récentes le mobilier liturgique de la chapelle où est inhumé Robert Schuman à Scy-Chazelles en Moselle. Il s'agit de l'œuvre la plus importante réalisée par l'artiste dans son département d'origine.

Peu connu du grand public, l'artiste reste cependant représenté dans différentes collections privées ou publiques en France (en Rhône-Alpes préfecture de Grenoble, vitraux de l'église de Notre-Dame-des-Neiges à l'Alpe d'Huez, La Basilique de la Salette ; peintures et vitraux. À Saint-Malo pour la Cathédrale : autel, ambon, cathèdre, baptistère en collaboration avec le sculpteur Étienne) ainsi qu'à Francfort, Berlin, Ottawa, Musée des Beaux Arts à Montréal (Canada), Panama, au Japon, au Mexique et aux États-Unis. Et dernièrement la Chapelle de la communauté de Piturelloà Torre de Roveri à Bergame en Italie où il fut chargé de toute la décoration intérieure (peintures, sculptures, vitraux, céramique du sol, mobilier liturgique, chasubles) ainsi que de la Campanella (5 cloches).

Depuis 1986, il vit et travaille à Saint-Pierre-de-Chartreuse, en Isère.

Caractéristiques de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Arcabas a exercé différentes formes d'expression plastique telles que la gravure, la sculpture, le vitrail, la tapisserie, la verrerie, l'ébénisterie et la mosaïque. Il a également créé des décors et costumes de théâtre. La peinture reste cependant son moyen d'expression privilégié.

Son travail, qui s'inspire des paraboles et récits de la Bible, se présente souvent de manière linéaire et narrative : généralement sous forme de fresques, de cycles de tableaux et de polyptyques complétés par des prédelles. C'est le cas de ses polyptyques L'Enfance du Christ (onze panneaux à l'huile exécutés entre 1995 et 1997) ou Passion/Résurrection. Arcabas réintroduit généralement une part de profane dans le traitement de sujets sacrés : éléments et figures de la vie quotidienne actuelle, allusions à des thèmes d'actualité ou à une universalité qui dépasse largement les cadres bibliques.

L'usage de la couleur doit également être remarqué : les toiles de l'artiste se caractérisent par leur intense chromatisme, et par l'application de feuilles d'or, qui font de son travail une véritable œuvre sacrée.

Symbolique utilisée[modifier | modifier le code]

Les symboles sont omniprésents dans le travail du peintre, jusqu'à composer exclusivement certains petits tableaux, ce qui leur confère une dimension abstraite. Parmi les symboles utilisés, nous pouvons évoquer une petite croix trapue comme le signe +, généralement réalisée à l'aide de la feuille d'or. Ainsi, la croix devient un signe de vie, d'une grande richesse. À plusieurs reprises, l'artiste utilise également un « x » (croix de saint André) comme pour signifier l'Union, la Communication entre le ciel et la terre, le divin et l'humain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arcabas, N.D. de la Salette, par Arcabas et Patrick Laudet, Cerf, 2006
  • Arcabas, Passion Résurrection, par Arcabas et Fabrice Hadjadj, Cerf, 2004
  • Arcabas, L’Enfance du Christ, par Arcabas et Jean Bastaire, Cerf, 2002
  • Arcabas et les pèlerins d’Emmaüs, par Arcabas et François Boespflug, Cerf, 1995
  • Arcabas, Saint-Hugues-de-Chartreuse, par Arcabas, François Boespflug et Helmut Nils Loose, Cerf, 1988
  • "Arcabas, peintures", par Régis Ladous, Bernard Berthod, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]