Aravis

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Aravis
Carte topographique des Aravis.
Carte topographique des Aravis.
Géographie
Altitude 2 750 m, Pointe Percée
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Départements Savoie, Haute-Savoie
Géologie
Roches Roches sédimentaires
Alpes occidentales
Chaîne des Aravis, en hiver, vue du village de la Clusaz
Chaîne des Aravis et son point culminant: Pointe-Percée (2750m)
Le plateau des Glières
La vallée de Dingy vue depuis le Parmelan. Les montagnes du fond font partie du massif des Bauges ; sur la droite après le défilé, la crête du Mont Baret.

Les Aravis ou massif des Aravis est un massif montagneux des Préalpes. Il s'étend entre l'agglomération d'Annecy à l'ouest, la vallée de l'Arve au nord et à l'est, et le val d'Arly au sud. Il est constitué du massif des Bornes de la chaîne des Aravis et du plateau des Glières.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie : Comme tous les massifs des Préalpes, la chaîne des Aravis est constituée principalement de calcaire (et ses dérivés).

Principaux éléments géographiques[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

Occupation estivale attestée de la grotte de La Balme-de-Thuy par des chasseurs-cueilleurs.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1151, le seigneur Aymon de Faucigny fonde un monastère dans la vallée de Béol. Le Bienheureux Jean d'Espagne lui donnera son nom définitif ayant trouvé en ce lieu, porte des Aravis, son « reposoir ».

Au Moyen Âge, le seigneur des Clefs régnait sur une grande partie des Aravis. Son vaste domaine s'étendait du Reposoir jusqu'à la rive droit du lac d'Annecy.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Évènements lors de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Moutesquiou envahissent par surprise le duché de Savoie, obligeant l'armée savoyarde, le roi et de nombreux fonctionnaires et membres du clergé à se réfugier au Piémont. Fin octobre, l'Assemblée des Allobroges, réunie dans la cathédrale de Chambéry déclare la fin du despotisme, la suppression des corvées et de la gabelle, la fin de la milice et la création du département du Mont-Blanc. Les savoyards deviennent français pour 23 ans.

Dès le début 1793 et avant même l'arrêté du 21 janvier 1794, mettant fin à l'exercice de la religion dans le département, la population des Aravis, très attachée à l'Église catholique romaine, ressent fortement les évènements et développe de très forts sentiments contre-révolutionnaires. Le dimanche , les paroisses s'insurgent contre les mesures anti-religieuses et surtout l'établissement du tirage au sort des « volontaires » enrôlés par l'armée révolutionnaire. Les révoltés décident de faire du pont de Dingy qui commande l'entrée de la vallée de Thônes, leur première ligne de résistance. Surpris par la fusillade, la grêle de pierres et l'explosion de mines, mais aguerris, les soldats républicains réussissent à prendre le pont puis se lancent à la poursuite des insurgés dans toute la vallée. Une bataille décisive de 2 nuits et un jour s'engage dans la nuit du 7 au entre les soldats de la république et les insurgés à Morette. Le , les insurgés n'ayant plus de munitions sont obligés de se replier dans les bois et la montagne laissant la route de Thônes ouverte aux troupes françaises.

La bataille aura causé la mort de 12 insurgés, 5 autres insurgés, dont une femme, Marguerite Frichelet-Avet, seront faits prisonniers et condamnés à mort par la justice révolutionnaire. Les troupes françaises prennent la ville de Thônes, dont les habitants par milliers se sont enfuis dans les montagnes proches, et la mettent à sac. Le curé témoigne : « Les toits abattus, les portes, fenêtres, armoires brisées, tout le bétail emmené, tout le vin bu ou versé; le pillage fut si universel qu'il ne resta ni pain, ni blé au retour des malheureux habitants [...] Toute la paroisse attendait le massacre général [...] Je ne crois pas que la terreur puisse être portée plus loin qu'elle n'était parmi le peuple [...] On se fuyait les uns des autres dans la crainte que ce fut des espions français ». Au Grand-Bornand, la population s'organise en vue de l'arrivée des troupes française et dans la peur d'être massacrée. Les provisions, les semailles et les animaux sont cachés dans les forêts. Des milliers de personnes aussi s'y réfugient.

L'amnistie est proclamée dès le , permettant aux habitants de regagner leurs habitations. Cependant les révolutionnaires mettent en place pour 10 années une véritable armée d'occupation avec l'obligation pour les communes de subvenir aux frais de casernement des soldats. Au total 86 insurgés seront tués par la troupe d'occupation. Le , Marguerite Frichelet-Avet est exécutée sur le Pâquier d'Annecy à l'âge de 37 ans pour son rôle dans « la guerre de Thônes ». Ses dernières paroles fût : « Je meurs fidèle à mon Dieu et à mon Roi. Vive la religion catholique ! Vive le roi de Sardaigne ! Tirez seulement. »[1].

Durant les mois suivants, l'hostilité des habitants de la vallée de Thônes grandit à l'encontre du nouveau « régime révolutionnaire » à cause des nombreuses atteintes portées à la religion catholique; en 1794, le clocher, une « offense pour l’œil révolutionnaire » est démoli. La conscription de masse fut imposée par l'occupation française; elle constitua une véritable saignée dans les familles et appauvrit grandement la vallée en diminuant la capacité des forces de travail.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1812, le massif connaît une importante famine due à un hiver très enneigé et un printemps très pluvieux, l'estive ne peut se faire qu'en août.

En 1831, trois communes du Haut, s'allient pour construire le « pont des Antérieux », aussi appelé « pont des Étroits » ou « pont de la Douane ».

En 1851, la vallée de Thônes est frappée d'une importante épidémie de variole (petite vérole).

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XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1911, le Tour de France cycliste (9e édition) pénètre pour la première fois dans le massif en arrivant par la Giettaz, passant la col des Aravis et descendant la vallée de Thônes.

Guerre de 1914-1918[modifier | modifier le code]

La plupart des hommes des Aravis, nés entre 1868 et 1898, ont été mobilisés durant les 52 mois de la guerre. 563 d'entre eux vont y trouver la mort. Les soldats des Aravis ont été principalement enrôlés dans les bataillons de chasseurs alpins (30e régiment d'infanterie d'Annecy et 97e régiment d'infanterie de Chambéry). Dès août 1914, ils furent engagés dans la bataille de l'Alsace où 45 d'entre eux perdirent la vie dès le premier mois trop exposés à cause de leur pantalon rouge. Durant l'automne, 106 autres trouvèrent la mort.

Résistance lors de la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

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1945-2012[modifier | modifier le code]

En 1971, création de la « Coopérative des producteurs de reblochon fermier ».

En 1991, création du festival international « Au Bonheur des Mômes ».

En 2006, la chaîne des Aravis est classée « site Natura 2000 » ce qui garantit son environnement et sa biodiversité.

Le , le président Nicolas Sarkozy, en déplacement à La Clusaz, à l'occasion d'une table ronde organisée sur l'économie de montagne annonce le classement de la chaîne des Aravis en réserve naturelle, ce qui divise les maires concernés.

Communes du massif[modifier | modifier le code]


Communes dont une partie de leur territoire s'étend sur les Aravis :

Démographie[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

  • Production du reblochon : 17 400 tonnes en 2002 et 15 200 tonnes en 2009.
  • Production de pommes de montagne : 30 tonnes en 2006.
  • Production de bois de forêts.
  • Le Régie d’Électricité de Thônes est distributeur et fournisseur d'électricité depuis 1931. Elle desservait début 2011 quelques 22 000 clients sur 14 communes. Depuis quelques années, la régie s'est lancée dans la production et le rachat d'électricité produite par des installations photovoltaïques.
  • Deux grandes stations de ski (Le Grand Bornand et La Clusaz).
  • Industrie : Usine Mobalpa.
  • Artisanat
  • Commerces
  • Services
  • Tourisme. Les 13 communes de la CCVT comptent 50 000 lits touristiques.

Environnement[modifier | modifier le code]

Zone naturelle protégée[modifier | modifier le code]

La Chaîne des Aravis est une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, classée sur une surface de 8 034 hectares. C'est un site de nidification de l'Aigle royal et du Gypaète barbu[2]. Les forêts des Aravis sont constitueés en moyenne par 70 % de conifères.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Les Aravis sont un massif particulièrement arrosé, mais les anciens redoutaient particulièrement les années très pluvieuses et froides qui étaient des années de faibles récoltes et potentiellement de famines comme en 1812.

Dès 1881, la vallée de Thônes accueille une des 172 stations météorologiques recensées dans les Alpes :

  • Entre 1881 et 1910, la vallée connaît des précipitations annuelles moyennes de 1 556 mm, la classant deuxième après celle de Flumet avec 1 642 mm.
  • Entre 1932 et 1992, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 743 mm.
  • Entre 1992 et 2002, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 844 mm.

Les années de sècheresse — relative — les plus mémorables sont les années 1782, 1800, 1802, 1816, 1818, 1832, 1859, 1870, 1893, 1904, 1906, 1921, 1949, 1962, 1976, 1983, 1984, 1994 et 2003[3].

Parmi les années les plus froides : janvier 1905 (-22,2 degrés), février 1956, janvier 1963 (-21,0 degrés), janvier 1985 (-21,2 degrés), février 2012 (-18,0 degrés).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pont romain
  • Le pont romain situé sur la commune Les Clefs est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 29 août 1947.
  • Le refuge de Rosairy (Les Clefs), construit en 1911 et situé à 1610 mètres d'altitude, accueille des événements culturels.
  • La Chapelle des Aravis construite au col en 1624.
  • Le plateau de Beauregard, partagé entre 4 communes, offre un magnifique panorama sur la chaîne des Aravis et sur le massif du Mont-Blanc. Il dispose d'une flore particulièrement riche grâce à ses nombreuses tourbières. Son territoire présente un fort magnétisme et la foudre frappe souvent lors des orages. Il existe sur le plateau deux vestiges très anciens, le menhir de la Croix-Fry et le mur de Colomban.

Personnalités liées au massif[modifier | modifier le code]


Sportifs

Tourisme[modifier | modifier le code]

12 sites touristiques particulièrement intéressants sont ouverts au public :

  • site archéologique de la Balme-de-Thuy,
  • maison du patrimoine du Grand-Bornand, maison du patrimoine de Manigod, galerie des amis du Val-de-Thônes,
  • four de Carouge aux Villards, four des Murailles à Manigod,
  • scierie du Pont de la SCie à La Clusaz, écomusée du Bois et de la forêt,
  • maison de la pomme et du biscantin à Serraval,
  • musée départemental de la Résistance à Morette.

Stations de sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Les années 1950 avaient connu un cycle de déficit de neige. L'hiver 1963/1964 a été un hiver sans neige (seulement une hauteur totale de 99 cm de neige est tombée pour tout l'hiver, contre une moyenne de 422 cm en année normale). Les six hivers suivants 1964/1965 ... 1969/1970, avaient été très enneigés avec un record toujours détenu par l'hiver 1969/1970 avec 811 cm dès le mois d'octobre. L'hiver 1974/1975 avait aussi était très enneigé, dès fin septembre. Un deuxième cycle de déficit a eu lieu entre 1988 et 2002, à l'exception des hivers 1994/1995 et 1998/1999. Les quatre derniers hivers 2002/2003, 2003/2004, 2004/2005 et 2005/2006 ont connu un enneigement supérieur à la moyenne, au contraire de l'hiver 2006/2007. Les hivers 2007/2008, 2008/2009 et 2009/2010 ont été très enneigés[5]

Évènements culturels et sportifs[modifier | modifier le code]

Printemps

  • « Master des Neiges », compétition de raquette à neige (finale de la coupe d'Europe), mi-mars à Thônes/Manigod au plateau de Beauregard.
  • Randonnée cycliste « Le Reblochon ».
  • Aravis Trail, course de montagne.

Juillet - août

  • Concours hippique de montagne (début juillet).
  • Festival Aravis Orgues, fin juillet-début août, dans cinq communes disposant d'un orgue (Les Clefs, Le Grand-Bornand, La Clusaz, Les Villards-sur-Thônes, Manigod).
  • Fête des Alpages (début août), transhumance des moutons et fête des vaches laitières pour la production des reblochons des Aravis, Le Grand-Bornand.
  • Festival international de spectacles jeune public "Au bonheur des mômes", fin août, Grand Bornand

Automne

  • Foire cantonale des moutons et des chèvres, organisée alternativement par le comité de foire de La Clusaz, de Manigod et du Petit Sulens (Les Clefs, Le Bouchet, Serraval). L'édition 2010 s'est tenue aux Clefs.

Associations[modifier | modifier le code]

Bureau des guides et des accompagnateurs en montagne

Culture[modifier | modifier le code]

  • La jeune fille et les loups de Gilles Legrand, un film inspiré de La Mort du loup d'Alfred de Vigny et tourné dans les Aravis. Au sortir de la Grande Guerre, une jeune fille désireuse de devenir la première femme vétérinaire est amenée à s'opposer à l'éradication planifiée de la dernière meute de loups en France qui ignorant les frontières réapparaîtront naturellement en provenance d'Italie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet épisode tragique a fait l'objet d'une pièce de théâtre écrite par Madeleine Humbert, La Tragédie de Marguerite Frichelet, jouée pour la première fois en 1926.
  2. « Chaîne des Aravis N° régional : 74220004 », DIREN Rhône-Alpes
  3. L'Essor savoyard du 29 juillet 2010, page 18
  4. Ferdinand Contat, le géant savoyard
  5. l'Essor savoyard

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]