Mer d'Aral

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45° N 60° E / 45, 60

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Mer d'Aral
Carte traditionnelle de la mer d'Aral
Type Mer intérieure
Localisation Asie centrale
Pays riverain(s) Drapeau de pays: Kazakhstan Kazakhstan
Drapeau de pays: Ouzbékistan Ouzbékistan

La mer d'Aral est le nom d'une mer intérieure d'Asie centrale, située entre 43° et 46° de latitude nord et entre 58° et 62° de longitude est. Elle est partagée entre le Kazakhstan au nord et l'Ouzbékistan au sud.

En 1960, elle couvrait 68 000 km2. En 2000, cette superficie était divisée par deux. La séparation entre Petite mer au nord et Grande mer au sud date de 1989. L'évolution a d'abord laissé présager la disparition totale de la seconde à l'horizon 2025, avant que des travaux d'aménagement ne soient opérés. En 2007, on constate que le niveau de la petite mer d'Aral (nord) remonte spectaculairement, plus vite que ne l'espéraient les experts chargés du dossier[1].

Sommaire

[modifier] Assèchement

Mer d'Aral vue par le satellite SPOT
Mer d'Aral vue par le satellite SPOT

Recevant les eaux de deux fleuves, l'Amou-Daria et le Syr-Daria, la mer d'Aral s'assèche progressivement depuis une trentaine d'années. En effet, le débit de ces deux fleuves a considérablement diminué (90 % pour le Syr-Daria), du fait des prélèvements effectués par les républiques d'Asie Centrale, commencés dès 1920 et intensifiés par la suite (années 50) : l'Ouzbékistan irriguant les champs de coton et le Kazakhstan entretenant des rizières en plein désert.

Les débits cumulés en année normale des deux fleuves sont passés, de 60 km3/an dans les années 1950, à 38,5 km3/an en 1970, 10 km3/an en 1975 et 1,3 km3/an en 1986.

Actuellement, le niveau de la mer d'Aral a baissé de 22 m depuis 1960, elle a perdu 60 % de sa surface. Son volume est passé de 1 100 km3 à 650 km3 de 1960 à 1990. Les côtes ont avancé de plus de 80 km. Cependant si l'on devait retirer les barrages, la mer mettrait 30 à 40 ans pour se remplir à nouveau.

Le mer d'Aral en 1989 et 2003.
Le mer d'Aral en 1989 et 2003.

Cet assèchement a de multiples conséquences néfastes :

  • la diminution de l'évaporation rend le climat de la région plus sec, en diminuant la quantité de précipitations ;
  • les vastes fonds marins laissés à nu sont balayés par les vents qui emportent le sel au loin et stérilisent de vastes étendues de terres cultivables ; ces tempêtes de sel, qui vont jusqu'au Pamir, provoquent des anémies (80 % des femmes enceintes), et des cancers de l'estomac[2] ;
  • l'augmentation de la salinité (passée de 9 à 49 g par litre en moyenne, avec des pointes à 85 g, contre 30 à 35 pour les autres mers) de l'eau tue les poissons, ce qui a supprimé toute pêche ; seule une espèce mutante de sole a survécu ;
  • le recul de la mer combiné à la baisse des précipitations provoque une régression des nappes phréatiques, dont certaines sont devenues saumâtres.
  • il y a de plus la pollution aux engrais et aux herbicides des 2 fleuves qui alimentent la mer.

[modifier] Tentatives de sauvetage

Animation de l'assèchement de la mer d'Aral entre 1960 et 2008.
Animation de l'assèchement de la mer d'Aral entre 1960 et 2008.

Pour empêcher cet assèchement total, de multiples projets ont été évoqués, dont le creusement d'un canal depuis la mer Caspienne ou le détournement des fleuves de Sibérie.

La seule tentative couronnée de succès à ce jour est la construction d'une digue au sud de l'embouchure du Syr-Daria, pour barrer un détroit entre la Petite mer (Maloïé), ancienne mer bordière au nord de l'ancienne mer d'Aral, et la Grande mer (Bolchoïé, ce qui reste du sud de la grande mer). Le maire de la ville d'Aralsk, Alachibaï Baïmirzaev a fait construire en 1995 une digue de 22 km de long en sable et roseaux. Achevée en 1996, elle permit immédiatement d'éviter que les eaux du fleuve ne se perdent dans le delta entre Petite et Grande mer et de faire remonter le niveau de la Petite mer. Un semblant de vie renaquît autour de la mer, qui avança de plusieurs kilomètres : roseaux, oiseaux, rongeurs et renards, et même quelques poissons. Une tempête a détruit cette digue en 1999, et le niveau de la mer a reperdu partiellement ce qui avait été gagné.

La Banque mondiale a décidé de financer la construction d'un barrage de béton ainsi qu’une série de digues en vue d’éliminer l’excès de sel par des déversoirs et de faire remonter le niveau de l’eau. Ce projet controversé, dont les travaux ont débuté en 2003 devrait permettre à terme à la Petite mer de regagner environ 500 kilomètres carrés, mais il risque également de condamner la Grande mer à un assèchement encore plus rapide, même si une vanne située au-dessus du barrage prévoit de reverser le trop-plein d’eau dans la Grande Aral, située pour une bonne part en Ouzbékistan.

Ainsi le barrage qui permet à la vie de revenir dans la Petite mer est une pomme de discorde entre le Kazakhstan qui en profite et l'Ouzbékistan dont la gestion désastreuse de l'Amou Daria a détruit toute vie dans la Grande mer.

Au Kazakhstan, un espoir renaît avec les projets du président Noursoultan Nazarbaïev. Il est en effet question de rehausser le niveau de la petite mer de 6 mètres, ce qui permettrait à l'industrie de la pêche de renaître, et à la ville d'Aralsk de redevenir un port. Ce projet estimé à 120 millions de dollars (98 000 000 d'euros) serait financé principalement par les revenus du pétrole du Kazakhstan. Ce projet prévoit également le creusement d’un canal de jonction entre les deux bassins et la construction de nouvelles structures pour exploiter l’énergie hydroélectrique.

Depuis le début des travaux, la profondeur moyenne de la Petite Aral est passée de moins de 30 mètres à 38 mètres, le niveau de viabilité étant estimé à 42 mètres. Alors que les spécialistes de la Banque mondiale avaient prévu que l’eau ne remonterait pas avant trois ans – d’autres hydrologues ayant même décrété que la mer d’Aral était irrémédiablement perdue –, la petite mer a déjà regagné 30 % de sa superficie, ce qui représente plus de 10 milliards de mètres cubes d’eau.

Cependant, pour certains responsables kazakhs, il ne faut pas se réjouir trop tôt car il faudra probablement des décennies pour résoudre les problèmes.

[modifier] Évolution vue par satellite

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[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Documentation externe

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Bibliographie : Liens externes :

[modifier] Notes et références

  1. LeMonde.fr : La mer d'Aral est de retour
  2. En revanche, d’autres maladies, comme la tuberculose, sont favorisées par l’anémie, mais n’ont pas pour cause l’assèchement de la mer d’Aral. Voir l’interview du chef du département Tuberculose de l’OMS, Mario Raviglione, par Yasmina Guerda, du journal Libération. Publiée le 10 octobre 2006, disponible en ligne. [1]. Consulté le 8 février 2007