Arachné

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Arachné faisant un filet, miniature d'un manuscrit médiéval du De mulieribus claris de Boccace, Bibliothèque nationale de France
Arachné par Gustave Doré, illustration pour la Divine Comédie de Dante.

Arachné ou Arachne (en grec ancien Ἀράχνη / Arákhnê), dans la mythologie gréco-romaine, est une jeune fille originaire de Lydie qui excellait dans l'art du tissage.

Intriguée, Pallas se déguisa en vieille femme pour rendre visite à la jeune tisseuse et observer son travail. Arachné prétendit devant la déesse qu'elle était la meilleure tisseuse du monde, meilleure que Pallas elle-même. La déesse entra alors dans une grande colère en constatant qu'une simple mortelle pouvait prétendre être aussi adroite qu'elle. Elle révéla à Arachné sa véritable identité et organisa un concours avec la jeune femme. Pallas illustra sur sa toile les divers dieux de l'Olympe tandis qu'Arachné préféra tisser Zeus avec ses nombreuses amantes. Ce fut finalement la fille de Lydie qui gagna. Furieuse, Pallas déchira l'ouvrage d'Arachné. Humiliée, Arachné alla se pendre. La déesse, prise de remords, décida d'offrir une seconde vie à Arachné : elle la changea en araignée suspendue à son fil, pour qu'elle puisse à nouveau tisser sa toile.

Représentation[modifier | modifier le code]

  • Les Métamorphoses d’Ovide, plus ancienne attestation connue de ce mythe.
  • Les Géorgiques de Virgile.
  • Dans le chant XII (vers 43-45) du Purgatoire de la Divine Comédie de Dante Alighieri.
    « O folle Aragne, sì vedea io te
    già mezza ragna, trista in su li stracci
    de l'opera che mal per te si fé.
     »
    [1]
    « O folle Arachné, je te voyais déjà à moitié araignée, et triste, sur les débris de la toile que par malheur tu ouvris ! »[2]
  • Les Fileuses ou La légende d'Arachné par Diego Vélasquez, musée du Prado.
    Arachné et Minerve sont représentées deux fois. Au premier plan, Minerve utilise le rouet et Arachne le dévidoir. En arrière-plan, Minerve casquée fait face à Arachné[3].
  • Dans l’épisode L’Araignée de la série télévisée Hercule, Arachne est jouée par Josephine Davison.
  • Dans le manga Soul Eater, Arachne (アラクネ, Arakune) est une sorcière hérétique et la grande sœur de Médusa
  • Dans le jeu vidéo Smite, il y a une représentation d'arachné qui est un dieu jouable.

Elle apparait également dans le jeu vidéo Shin megami tensei en tant que démon pouvant être enrôlé dans l'équipe.

Hommage[modifier | modifier le code]

Arachné est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom d'Arachné figure sur le socle, elle y est associée à Sophie, sixième convive de l'aile I de la table[4].

Sources[modifier | modifier le code]

  • (la) (fr) Arachné et Minerve, textes et commentaires d'Ovide par Jean Schumacher, Louvain, 2005 (bibliogr.).
  • Pallas et Arachné, dans Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne] (VI, 5-145), trad. française de G. T. Villenave, Paris, 1806.
  • Sylvie Ballestra-Puech, L’araignée, le lézard et la belette : versions grecques du mythe d’Arachné, dans Rursus, 2, Nice, 2007 (mis en ligne le 4 mai 2007).
    « Pour János György Szilágyi, la version grecque est un récit étiologique caractéristique de la période hellénistique tandis que la version ovidienne témoignerait d'une origine plus ancienne, remontant au moins à l'époque archaïque de rivalité entre l'artisanat grec et l'artisanat d'Asie mineure. Cette lecture historique du mythe était déjà celle de Robert Graves. Elle s’appuie notamment sur l'origine lydienne d'Arachné chez Ovide, que l'on retrouve chez Pline l'Ancien tandis que Nonnos de Panopolis fait d'Arachné une Perse et Héliodore une Sère. Cependant, si des circonstances historiques ont pu déterminer le cadre géographique du récit mythique, celui-ci ne se réduit pas pour autant à la simple transposition de ces circonstances. Aussi Ioanna Papadopoulou-Belmehdi, qui replace la version « attique » dans le contexte de la symbolique du tissage féminin, la considère-t-elle comme « plus ancienne » que celle d'Ovide, « enracin[ant] le mythe en plein sol athénien ». Mais il existe aussi une troisième version, vraisemblablement d’époque alexandrine, qui l’associe au devin Tirésias et attribue la métamorphose au courroux d’Aphrodite. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chant XII sur la Wikisource italophone.
  2. Chant XII sur la Wikisource francophone.
  3. Musée critique de la Sorbonne
  4. Musée de Brooklyn - Arachné

Liens externes[modifier | modifier le code]

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