Aqueduc de l'Anio Novus

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Aqueduc de l'Anio Novus
Plan du Latium antique avec l'Aqua Anio Novus en rouge.
Plan du Latium antique avec l'Aqua Anio Novus en rouge.
Plan de la Rome antique avec l'Aqua Anio Novus en rouge.
Plan de la Rome antique avec l'Aqua Anio Novus en rouge.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
Coordonnées 41° 53′ 29″ N 12° 30′ 55″ E / 41.891512, 12.515144 ()41° 53′ 29″ N 12° 30′ 55″ E / 41.891512, 12.515144 ()  
Fin Rome
41° 53′ 29″ N 12° 30′ 55″ E / 41.891512, 12.515144 ()  
Caractéristiques
Statut actuel En ruine
Longueur d'origine 87 km
Altitudes Début : ~ 400 m
Fin : 47,52 m
Dénivelé ~ 350 m
Alimentation Anio
Usage Eau potable
Infrastructures
Matériaux Maçonnerie
Histoire
Année début travaux 38
Année d'ouverture 52
Commanditaire Caligula et Claude

L’aqueduc de l'Anio Novus ou aqueduc du Nouvel Anio (Aqua Anio Novus) est un aqueduc de Rome, commencé par l’empereur Caligula en 38.

Historique[modifier | modifier le code]

Sous le consulat de Marcus Aquila Iulianus et Caius Nonius Asprenas en 38, l'empereur Caligula commence la construction d'un nouvel aqueduc[1],[2],[3]. Frontin signale que Caligula commence aussi la construction de l'aqueduc de l'Aqua Claudia[1], contredisant Suétone.

Les travaux sont achevés de manière somptueuse sous le règne de l’empereur Claude[2],[3], aux calendes d'août (1er août) 52, sous le consulat de Sylla et Titianus, en même temps que l’Aqua Claudia[1].

Le coût des deux aqueducs avoisine les 55 500 000 sesterces[4].

À l’origine, l’eau était ponctionnée du fleuve Anio, situé à l'est de Rome[5]. À sa construction, il existait déjà un aqueduc portant le nom d'Aqueduc de l'Anio, c'est pour cette raison que cet aqueduc se nomme Aqua Anio Novus[1]. Il livrait un flot assez trouble, car la rivière dont il captait les eaux traversait des terres cultivées dans un terrain gras aux rives friables et au cours boueux et trouble, selon Frontin. C'est pourquoi il est établi à la tête de l'aqueduc un bassin de décantation, afin que l'eau se repose et pénètre limpide dans les conduites[5].

L'eau de la rivière Anio provient d'un lac où l'eau est très claire, mais elle se trouble souvent, même par beau temps, à cause de ses rives friables, aussi bien en hiver qu'en été[6]. L'aqueduc de l'Anio Novus, au contraire de l'aqueduc de l'Anio Vetus, voit ses eaux se mélanger aux autres et ainsi diminue la qualité des autres eaux en les troublant[7]. Après les réformes de Frontin, à la suite d'une décision de l'empereur Trajan, on tente de remédier aux défauts de cette eau, en supprimant la prise d'eau établie dans la rivière et en y mêlant les eaux de deux des trois lacs situés en amont, créés par Néron pour sa villa de Subiaco[8].

Description[modifier | modifier le code]

Porte Majeure : l'Aqua Claudia passe sous l'Aqua Anio Novus

L'aqueduc est long de 58 700 pas (87 km) dont 49 300 (73 km) en conduits souterrains et 9 400 (14 km) en ouvrages aériens, dont 2 300 (3,4 km) en substructions et arcades près de la source et 7 100 pas (10,5 km) près de la ville[5]. Comme l'Aqua Marcia et l'Aqua Claudia, l'aqueduc de l'Anio Novus longe d'abord la rivière dont il capte les eaux. Il longe ensuite la Via Latina sur près de 10 km et son canal se trouve superposé à celui de l'Aqua Claudia sur les 13 derniers kilomètres avant Rome. Les arches atteignent une hauteur de 109 pieds (35 mètres). Certaines d'entre elles sont encore visibles aujourd'hui dans la campagne romaine[5]. Il est moins long de 4 km que l'Aqueduc de l'Aqua Marcia, bien qu'il capte des sources très en amont dans la vallée de l'Anio.

Il est ainsi l’aqueduc le plus élevé de la ville à l'époque de Frontin (47,52 m) — donc sans compter l'Aqua Traiana et l'Aqua Alexandriana — et fournit les parties élevées de Rome, tout comme l’Aqua Claudia[9] qu'il rejoint dans la ville[10]. Il passe la porte Majeure avec l'Aqua Claudia où les deux ouvrages croisent l'Aqua Marcia portant le canal de l'Aqua Tepula. L'Aqua Anio Novus se termine sur l'Esquilin, au-delà des Jardins de Pallas[11].

Cet aqueduc, l'un des plus longs de Rome, est aussi celui qui fournissait le plus d'eau à la ville[5],[12].

Usage[modifier | modifier le code]

Avant les réformes de Frontin, l'Anio Novus est utilisé pour combler les insuffisances des autres aqueducs (mélangés aux eaux de l’Aqua Claudia et de l’Aqua Tepula), qu'il a l'inconvénient de troubler[7].

L'eau est inscrite dans les règlements à l'époque de Frontin pour 3 263 quinaires (135 000 m³/j), mais l'administrateur principal des eaux de Rome a pu constater 4 738 quinaires (197 000 m³/j) à la tête de l'aqueduc. Frontin signale une distribution de 4 211 quinaires (178 000 m³/j), ce qui contredit les chiffres inscrits dans ce règlement. Il découvre donc que les 527 quinaires (22 000 m³/j) manquants, et même plus, sont dérobés au passage[12].

Hors de la ville, 1 145 quinaires (48 000 m³/j) sont distribués de la manière suivante[10] :

Avec l'aqueduc de l'Aqua Claudia, avec lequel il est joint, il fournit aussi 3 824 quinaires (159 000 m³/j) pour les 14 régions de la Rome augustéenne au moyen de 92 châteaux d'eau[10] :

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 13
  2. a et b Suétone, Vies des douze Césars, Caligula, 21
  3. a et b Suétone, Vies des douze Césars, Claude, 20
  4. Pline l'Ancien, L'Histoire naturelle, Livre XXXVI, XXIV, [18]
  5. a, b, c, d et e Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 15
  6. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 90
  7. a et b Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 91
  8. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 93
  9. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 18
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 86
  11. Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 20
  12. a et b Frontin, Des aqueducs de la ville de Rome, 73

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]