Aqueduc de Maintenon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maintenon (homonymie).
Aqueduc de Maintenon
Projet initial à trois niveaux d'arches de l'aqueduc de Maintenon (longueur 17 km, hauteur 73 m)
Projet initial à trois niveaux d'arches de l'aqueduc de Maintenon (longueur 17 km, hauteur 73 m)
Géographie
Pays France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Localité Maintenon
Coordonnées géographiques 48° 34′ 59″ N 1° 35′ 10″ E / 48.583039, 1.58621748° 34′ 59″ N 1° 35′ 10″ E / 48.583039, 1.586217  
Fonction
Franchit Eure
Fonction Aqueduc
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 955 m
Hauteur 28,5 m
Matériau(x) pierre
Construction
Construction XVIIe siècle
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1875, 1934)

Géolocalisation sur la carte : Eure-et-Loir

(Voir situation sur carte : Eure-et-Loir)
Aqueduc de Maintenon

Géolocalisation sur la carte : Centre

(Voir situation sur carte : Centre)
Aqueduc de Maintenon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Aqueduc de Maintenon

L'aqueduc de Maintenon est un ouvrage d'art inachevé franchissant la vallée de l'Eure. Il fait partie du Canal de l'Eure (aqueduc de Pontgouin à Versailles) initié par Louis XIV dans le but d'alimenter en eau le château de Versailles. Débutés en 1686, les travaux seront abandonnés en 1689 en raison de l'entrée en guerre du Royaume.

L'aqueduc fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1875[1]. Les deux entonnoirs font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 19 mars 1934[1].

Les besoins en eau du château de Versailles[modifier | modifier le code]

La transformation du château de Versailles débute en 1662[2]. Depuis que Louis XIV a décidé de transformer ce château et qu'il s'y est installé avec sa cour en 1682, la population de la ville a été multipliée par dix[3]. Les sources, les ruisseaux alentour, peu nombreux, sont captés pour alimenter le palais mais surtout le parc avec ses fontaines et jets d'eaux toujours plus nombreux. Rapidement, le problème de l'approvisionnement en eau se pose. Plusieurs aménagements, que ce soit le détournement de la Bièvre ou la construction de la machine de Marly sur la Seine sont effectués mais ils se révèlent encore insuffisants[4]. En effet, la seule consommation des jardins s'élevait à 32 292 muids soit 9 500 m3 d'eau pour moins de trois heures de jeux d'eau[5].

Les différents projets[modifier | modifier le code]

Différents projets sont élaborés pour alimenter le château et le parc, le premier, sur une idée de Riquet, datant de 1674 et prévoyant de détourner les eaux de la Loire avait été rapidement abandonné tout comme celui, en 1678, des frères Francine, fontainiers du Roi, envisageant de capter les eaux de l'Essonne. Les récents progrès de la science, et plus particulièrement l'invention d'un appareil de mesure du nivellement par l'abbé Picard avaient démontré que ces cours d'eau étaient situés sous le niveau du château de Versailles[6].

Canal de l'Eure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal de l'Eure.

Il faut attendre 1684 pour que des études soient effectuées par La Hire, sous la direction de Louvois alors surintendant des bâtiments depuis la mort de Colbert en 1683, qui découvre que l'Eure est plus élevé d'approximativement 80 pieds (soit 27 mètres) que le château à hauteur de Pontgouin à environ 80 km de Versailles[4].

Une fois le projet validé, Louvois espère des quantités d'eau comprises entre 50 et 100 000 m³ par jour[7], ce dernier fait appel à Vauban qui se fera prier avant de se rendre à Versailles. Le ministre finira par le convoquer pour lui confier le chantier[3]. Vauban se met immédiatement au travail, effectue des relevés et propose une canalisation enterrée, principalement pour une raison de couts. Très vite, les rapports entre les deux hommes se durcissent, Louvois, tout à la gloire du Roi et de la sienne, souhaite une alternance de canalisation et d'aqueducs pour le franchissement des vallées[8]. Le point d'achoppement entre les deux hommes sera le franchissement de la vallée de l'Eure à proximité du château de Maintenon. Vauban souhaite réaliser un « aqueduc rampant » qui franchirait la vallée en suivant le relief. Mais par un courrier en date du 7 février 1685, Louvois lui adressera une fin de non recevoir ; « il est inutile que vous pensiez à un aqueduc rampant dont le Roi ne veut pas entendre parler[...] »[9]. Le Roi ayant tranché, le projet initial s'oriente vers un ouvrage de d'environ 18 km de long en franchissant la vallée de l'Eure à une hauteur maximale de plus de 70 mètres[10]. Vauban critique le projet et trouve l'ouvrage trop massif avec des arcades irrégulières et manquant de largeur pour que l'eau s'écoule correctement. Il propose de le redessiner afin de réduire le volume de pierres et maçonnerie nécessaires à sa construction tout en l'élargissant[11].

Les travaux[modifier | modifier le code]

La décision prise, les travaux de construction de l'aqueduc commencent en 1686 soit deux ans après le début du creusement du canal[4],[12].

Abandon[modifier | modifier le code]

Les travaux abandonnés, l'aqueduc restera inachevé puis tombera en ruine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ancien aqueduc », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Frédéric Tiberghien, Versailles, le chantier de Louis XIV (1662-1715), Paris, Perrin, coll. « Pour l'histoire »,‎ 2002, 378 p. (ISBN 2262019266), p. 14
  3. a et b Bernard Pujo, Vauban, Paris, Albin Michel,‎ 1991, 374 p. (ISBN 222605250X), p. 125
  4. a, b et c François Bluche, Dictionnaire du grand siècle, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de l'histoire »,‎ 1990 (édition revue et corrigée 2005), 1640 p. (ISBN 2213621446), p. 938
    notice de Simone Hoog
  5. Aimé Richardt, Louvois, Paris, Erti,‎ 1990, 332 p. (ISBN 2235021751), p. 165
  6. Sous la direction de Michèle Virol, Vauban et les voies d'eau, Paris, huitième jour, coll. « Les étoiles de Vauban »,‎ 2007, 127 p. (ISBN 2914119917), p. 40-42
  7. Michèle Virol, op. cit. p.46
  8. Anne Blanchard, Vauban, Paris, Fayard,‎ 1996, réédition 2007, 686 p. (ISBN 2213634106), p. 281-282
  9. Bernard Pujo, op. cit. p.126
  10. Michèle Virol, op. cit. p.49
  11. Michèle Virol, op. cit. p.50
  12. Michèle Virol, op. cit. p.52

Bibliographie[modifier | modifier le code]