Approche humaniste

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L'Approche humaniste est une psychologie fondée sur une vision positive de l'être humain. C'est aussi un modèle de psychothérapie qui cherche à relancer chez la personne (le patient) sa tendance innée à s'auto-actualiser, à mobiliser les forces de croissance psychologique et à développer son potentiel. Appelée aussi « la troisième force » (Third Force Psychology), la psychologie humaniste (Humanistic Psychology) est apparue à partir des années 40 aux États-Unis, surtout sous l'impulsion d'Abraham Maslow[1], les deux autres grands courants étant la psychanalyse et d'autre part le comportementalisme (behaviorisme) de John B. Watson et Skinner.[2] On associe souvent l'approche existentielle-humaniste au Mouvement du potentiel humain.

Historique[modifier | modifier le code]

Les prémisses de cette vision de l'être humain et de la relation psychothérapeutique sont posées dès 1923 par Jacob Levy Moreno, proche du philosophe Martin Buber. Le grand dessein de Moreno est de donner libre cours à la créativité spontanée de l'homme (Le théâtre improvisé). Il inventa le psychodrame (1946) et le sociodrame.

En 1943, Abraham Maslow, humaniste en ce sens qu'il était intéressé par le développement de soi, met au point une théorie de la motivation et du besoin (la fameuse pyramide des besoins)[3].

L'un des premiers courants psychothérapeutiques appartenant à l'approche humaniste a été développé par Carl Rogers, créateur de l'Approche Centrée sur la Personne, approche initialement fondée sur le principe de la non directivité. L'approche centrée sur la personne (ou Thérapie centrée sur le client) vise à libérer les tendances positives naturelles de l'être humain pour relancer les puissantes forces de changement.

Une autre grande école du courant humaniste-existentielle est la Gestalt Thérapie créée par Fritz Perls et Paul Goodman qui s'est développée aux États-Unis à partir de 1951 (Publication de Gestalt Therapy).

Une autre approche représentative des valeurs et des principes de la psychologie humaniste est la logothérapie de Viktor Frankl.

On a parfois confondu la psychologie humaniste avec la psychologie transpersonnelle alors qu'il s'agit de deux orientations bien distinctes, même si elles partagent certaines idées sur la nature humaine comme le note Stanislav Grof: « Les psychothérapies humanistes se fondent sur l'hypothèse que l'humanité est aujourd'hui trop intellectuelle, dépendante de la technologie et qu'elle s'est coupée des sentiments et des émotions… Elles visent la croissance individuelle ou l'auto-actualisation plutôt que l'ajustement… Les approches humanistes représentent un pas important vers une compréhension holistique de la nature humaine… Un aspect important de la psychothérapie humaniste est le déplacement de l'orientation ‘intrapshysique’ ou ‘intra-organique’ vers la reconnaissance des relations interpersonnelles, de l'interaction familiale, des réseaux sociaux et des influences socioculturelles et vers l'introduction de considérations économiques, écologiques et politiques. » (Psychologie transpersonnelle (Beyond the Brain), 1983, trad., Rocher, 1984, p. 110).

Principe[modifier | modifier le code]

La psychologie humaniste s'appuie sur l'expérience consciente du patient et introduit le postulat de l'autodétermination : il s'agit de développer chez la personne qui consulte la capacité de faire des choix personnels.

Pour Carl Rogers et les autres théoriciens de l'approche humaniste, l'être humain est fondamentalement bon, dans le sens où il évoluera toujours positivement s'il suit sa propre expérience et se débarrasse des conditionnements qui limitent sa liberté.La violence et la prédation ne sont que les fruits de la désespérance et en aucun cas un choix de comportement dicté par la rentabilité, la facilité ou le principe du plaisir : en cela, la psychologie humaniste rejoint la sociologie humaniste.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Si ce courant n'est pas homogène, on peut citer certaines caractéristiques communes.

Tout d'abord, une conception de l'être humain qui s'exprime par les notions de respect de la personne, de responsabilité, de liberté, d'authenticité, d'expérience, de rencontre ou relation existentielle ou alliance thérapeutique (c'est-à-dire, une relation de personne à personne et non de thérapeute à patient).

Ensuite, nous retrouvons souvent les caractéristiques suivantes :

  • Vision positive de l'être humain;
  • Tendance actualisante;
  • Absence de diagnostic;
  • Confiance dans la capacité de croissance de l'être humain;
  • principe de la non directivité;
  • accent mis sur l'expérience présente (Ici et maintenant) ;
  • suppression ou atténuation de la dichotomie entre maladie et santé ;
  • objectifs de développement, de croissance, d'épanouissement personnel ;
  • importance de l'expression émotionnelle et de la communication non verbale.

Certaines thérapies de conscience psychocorporelles utilisant la relaxation et l'amélioration ou restructuration du schéma corporel adhèrent à ces principes et se considèrent donc partie prenante de l'approche humaniste.

Les différents courants[modifier | modifier le code]

Quelques représentants[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Abraham Maslow, Motivation and Personality (1954, réédité 1970). Trad. : Devenir le meilleur de soi-même : besoins fondamentaux, motivation et personnalité, Eyrolles, coll. « Éditions d'Organisation », 2008, 383 p.
  • (en) Carl Rogers, On Becoming a Person: A Therapist's View of Psychotherapy (1961). Trad. : Le développement de la personne, Dunod, 2005, 270 p.
  • (en) Thomas Gordon, Good Relationships: What Makes Them, What Breaks Them (en collaboration avec Noel Burch). Trad. : Relations efficaces : comment construire et maintenir de bonnes relations, Marabout, 2011, 224 p.
  • (en) Willard B. Frick, Humanistic psychology. Conversations with Abraham Maslow, Gardner Murphy, Carl Rogers, Bristol (Ind.), Wyndham Hall Press, 1989, XII-186 p.
  • La Relaxation Thérapeutique chez l'enfant Méthode BERGES( Marika Bergès Bounes, Christine Bonnet, Geneviève Ginoux, Anne Marie Pecarelo, Corine Bernardeau, ed Masson Elsevier 2008)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)A. Maslow, Toward a psychology of being, New York, 2e  éd., 1968, p. III.
  2. Il existe également un quatrième courant : la psychologie transpersonnelle.
  3. (en) Abraham Maslow, A theory of human motivation, Psychological Review, 50 (1943), p. 370-396.