Apprentissage anticipé de la conduite en France

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L'Apprentissage anticipé de la conduite, AAC ou conduite accompagnée, est une formation française existant depuis 1989 et visant à faciliter l'apprentissage de la conduite automobile à partir de seize ans en France en vue de l'obtention du permis de conduire, et qui s'inscrit dans le continuum éducatif à la route[1].

Disque à apposer à l'arrière des véhicules en conduite accompagnée.
Disque à apposer sur la devanture des auto-écoles pratiquant l'AAC.

Description[modifier | modifier le code]

Le principe de cette formation réside sur l'acquisition progressive et étalée sur une longue durée de l'expérience, des savoir-faire et des connaissances nécessaires à la conduite d'un véhicule rentrant dans la catégorie B.

C’est une formation graduelle de l’élève, apprenant les bases de la conduite à l’auto-école et se perfectionnant avec un accompagnateur (généralement un parent proche, père ou mère), avant de passer son permis. L’intérêt réside dans son taux de réussite plus important par rapport à une formation classique (70 % contre 54 % en 2007) principalement grâce au fait que l'élève pratique de manière plus importante avant de passer son examen.

Avant de se lancer dans la formation, il existe des critères précis pour pouvoir se lancer dans la formation de l'AAC.

Pré-requis[modifier | modifier le code]

Véhicule[modifier | modifier le code]

Le véhicule sur lequel se fera l’apprentissage en période de conduite accompagnée doit comporter un rétroviseur à gauche et à droite. L’attelage d’une remorque dont les caractéristiques nécessitent l’obtention du permis E(B) est interdit[2].

Une extension de garantie concernant l'AAC est obligatoire. L'acceptation de l'extension du contrat reste à l'appréciation de l’assureur.

Accompagnateur[modifier | modifier le code]

L’accompagnateur doit justifier 5 ans d'expérience de la conduite d'un véhicule de catégorie B[3].

Il est conseillé pour l'accompagnateur d'installer sur sa voiture un kit de rétroviseurs pour la conduite accompagnée afin de lui permettre d'avoir les visions latérales et arrière. Ceci dans le but de mieux jouer le rôle d'accompagnateur et de réagir plus rapidement pour éviter un accident.

Plusieurs personnes peuvent être désignées accompagnateurs, leurs noms doivent être mentionnés sur le contrat liant l'élève, l'auto-école et l'accompagnateur. L’accord de l’assureur du ou des accompagnateurs est nécessaire. Mais l’assureur peut refuser si la personne a commis au volant :

  • un homicide ou des blessures involontaires ;
  • une conduite sous une emprise alcoolique ;
  • un délit de fuite ;
  • un refus d’obtempérer ;
  • une conduite sous le coup d’une suspension ou une annulation de permis.

Formation[modifier | modifier le code]

La formation se déroule en trois étapes : la formation initiale, la période de conduite accompagnée et la présentation à l'examen[4].

Préalablement à ces trois étapes, l'apprenti conducteur passe tout d'abord l'évaluation de départ classique, qui va permettre de prévoir le nombre d'heures de conduite nécessaires (le nombre minimum étant toujours de 20h obligatoires). Il s'agit là d'une prévision, qui peut évidemment être modulée en fonction de l'évolution du conducteur lors de sa formation.

Formation initiale[modifier | modifier le code]

C'est la formation classique du permis de conduire, les objectifs sont précisés dans le livret d'apprentissage de l'élève.

ETG (Épreuve théorique générale)

Appelé couramment « le code », il peut être obtenu à partir de 16 ans et doit être réussi avant le terme de la formation initiale. L'ETG est valide pour cinq épreuves pratiques de l'examen du permis de conduire dans un délai de trois ans. Les candidats inscrit en apprentissage anticipé de la conduite et ayant obtenu un résultat favorable à l'épreuve théorique de fin de formation initiale conservent le bénéfice de leur admissibilité pour cinq épreuves pratiques, à condition qu'un délai maximum de trois ans ne se soit pas écoulé depuis l'obtention de cette admissibilité. Le bénéfice de l'admissibilité reste acquis en cas de changement soit de filière de formation, soit de catégorie ou de sous-catégorie de permis de conduire. arrêté du 09 décembre 2009 (JORF N° 0294 du 19 décembre 2009)

La formation à l'ETG et l'examen sont identiques à la filière classique.

Formation pratique

La formation initiale est dispensée dans un établissement de l’enseignement de la conduite agréé. Elle est point par point identique à celle d'un permis de conduire classique. La seule particularité par rapport à une formation classique est la présence obligatoire de l'accompagnateur lors de la validation de la quatrième étape.

Le nombre d'heures de conduite, c'est-à-dire la formation pratique, ne peut être inférieur à 20h.

La progression et les acquis de l'élève sont inscrits dans un livret d'apprentissage AAC. Il est généralement bleu et/ou blanc et fourni par l'établissement. Ce livret suivra l'élève durant toute sa formation et lui permettra de conduire avec ses accompagnateurs, il lui sert de « permis de conduire » aussi bien durant la formation pratique que pendant la période de conduite accompagnée.

C’est le formateur qui estime et décide quand l’élève est prêt pour commencer la phase de la conduite accompagnée. Il délivre l’attestation de fin de formation initiale. Cette attestation se trouve dans le livret AAC ; un exemplaire reste dans le livret et justifie la formation, notamment lors d'un contrôle des forces de l'ordre, un exemplaire est destiné à l'établissement et un troisième exemplaire, destiné à l'assurance de la voiture de l'accompagnateur, est remis au conducteur.

Le plus intéressant pour l'élève est de terminer rapidement la formation pratique pour acquérir l'expérience avec l'accompagnateur plutôt qu'en leçons payantes.

Conduite accompagnée[modifier | modifier le code]

Généralités

Un rendez-vous préalable à la période de conduite est obligatoire avec les formateurs en auto-école.

L'élève peut alors prendre le volant durant la phase de conduite accompagnée, au côté de son accompagnateur. Celui-ci a le rôle et le devoir de conseiller l'apprenti, afin de parfaire sa formation, de lui donner plus d'aisance, plus d'assurance, mais aussi de l'informer sur la conduite. L'apprenti va aussi-bien automatiser sa conduite que découvrir toutes sortes de situations particulières qu'il n'aurait pas eu le temps de connaître en auto-école. L'accompagnateur est par ailleurs soumis aux même règles concernant l'alcoolémie que s'il se trouvait au volant.

L’élève doit effectuer au minimum 3 000 km pendant une période de durée indéterminée, sur des parcours variés (jusqu'en décembre 2009, la durée de cette période fut au minimum d'un an et de trois ans maximum à compter de la date figurant à l’issue de la formation initiale sur le livret d’apprentissage (sur l'attestation de fin de formation))[3].

La conduite accompagnée doit s'effectuer sur des parcours variés (agglomération, route, autoroute et montagne), restreinte au territoire national français uniquement.

Le conducteur doit respecter les mêmes restrictions sur les limitations de vitesse que les conducteurs novices :

  • il est soumis aux limitations de vitesse des jeunes conducteurs :
    • 110 km/h sur autoroute au lieu de 130 km/h ;
    • 100 km/h sur route à deux chaussées séparées par un terre-plein central au lieu de 110 km/h ;
    • 80 km/h sur le réseau routier hors agglomération au lieu de 90 km/h.

Ces vitesses restent inchangées par temps de pluie.

Durant ses parcours de conduite accompagnée, l'élève apprenti doit toujours conserver avec lui le livret d'apprentissage (avec l'attestation de fin de formation) et le document prouvant l'extension de garantie de l'assurance. Ces documents doivent être présentés en cas de contrôle par les forces de l'ordre, en plus des papiers du véhicule et de ceux de l'accompagnateur. Il doit également avoir l'additif au livret d'apprentissage pour la formule « Apprentissage anticipé de la conduite »[5].

Le disque réglementaire AAC doit être apposé sur l'arrière gauche inférieur de la carrosserie du véhicule pendant les trajets de conduite accompagnée.

Les trajets doivent être notés sur le livret d’apprentissage délivré par l'auto-école, avec mention du nombre de kilomètres, du type de routes, des difficultés éventuelles…) afin de pouvoir en parler avec l’enseignant lors des rendez-vous pédagogiques.

Les rendez-vous pédagogiques

Un rendez-vous préalable de 2 heures est obligatoire, entre le formateur responsable de la formation en auto-école, l'accompagnateur et l'élève[3].

Durant la période de conduite accompagnée, des rendez-vous pédagogiques entre le responsable de la formation et l’élève et ses accompagnateurs doivent être organisés sur une durée de six heures, soit 3*2 heures, soit 2*3 heures.

L’intérêt de ces RVP (rendez-vous pédagogiques) est de confirmer, de conseiller, de corriger ou recadrer les élèves, leurs erreurs et défauts non corrigés ou maladroits des accompagnateurs.

Un RVP est constitué de deux phases :

  • une étape en circulation d’une heure minimum, se déroulant entre quatre et six mois après la date de fin de la formation initiale et à partir de 1 000 km ;
  • un entretien individuel ou en groupe animé par un moniteur, évoquant le vécu de l’élève et axé sur la sécurité routière, se déroulant durant les deux derniers mois de la période de conduite accompagnée et après un minimum de 3 000 km.

Un RVP supplémentaire peut tout à fait être mis en place en plus des deux RVP minimum légaux, à l'initiative du moniteur, de l'élève ou de l'accompagnateur si le besoin s'en fait sentir.

Examen du permis de conduire[modifier | modifier le code]

Après l’obtention de l’ETG, les 20 heures de conduites et les 3 000 km en un an minimum de conduite accompagnée, l’élève pourra être présenté à l’épreuve classique du permis de conduire à partir de ses 18 ans (muni de son livret d'apprentissage dûment rempli).

L'épreuve est similaire à celle de la filière classique : un parcours varié en et hors agglomération d'une durée de 35 minutes, avec deux manœuvres dont une en marche arrière et deux questions sur les vérifications (intérieures et extérieures).

Le nouveau titulaire du permis de conduire devra observer une période probatoire de deux ans, contre trois ans pour un apprentissage « classique ». Les limitations de vitesses sont les mêmes que pour un permis probatoire classique, évoquées plus haut.

Disque A (magnétique)

Après l'obtention du permis de conduire, l'apprenti conducteur doit apposer un disque A sur l'arrière inférieure de la carrosserie gauche du véhicule pendant une durée de Trois ans.

Le capital de points de départ est de six points. Le reste des points est gagné progressivement en deux ans, soit trois points par an si aucune infraction au code de la route n’est commise, totalisant neuf points au bout d'un an et douze au bout de deux ans.

Si le jeune conducteur perd trois points en une seule fois, il doit alors faire un stage permis à points (stage PAP). L'acquisition progressive des points est annulée. La fin de période probatoire reste de deux ans à compter de l'obtention du permis (fin des limitations de vitesse et de l'apposition du A). L'apprenti conducteur doit passer deux ans sans infraction pour pouvoir bénéficier de son capital de douze points.

Avantages[modifier | modifier le code]

Le taux de réussite au permis de conduire est plus élevé chez les jeunes ayant fait la conduite accompagnée que chez ceux qui ne l'ont pas fait (70 % contre 60 %)[6]. Le prix du permis de conduire en conduite accompagnée est également nettement moins cher que le prix de la formation traditionnelle (1110 euros en moyenne pour la formation en AAC contre 1665 euros en formation traditionnelle)[7].

En cas d'échecs répétés, l'examen du code de la route reste valable trois ans ou cinq examens pratiques. Dans le cadre d'une transformation du dossier AAC en permis B classique (après un échec par exemple), le code reste valable (alors qu'il fallait le repasser pour changer de filière, jusqu'en décembre 2009)[3].

De plus, la durée du permis probatoire passe de trois à deux ans.

Il semblerait également que les jeunes conducteurs ayant profité du système de la conduite accompagnée aient moins d'accidents que les autres (risque divisé par 5[réf. souhaitée]). Les sociétés d'assurance leur proposent donc des tarifs plus bas. La surprime imposée aux jeunes conducteurs est souvent réduite de moitié la première année et disparaît la plupart du temps dès la deuxième année pour les bénéficiaires de la conduite accompagnée. Pourtant, d'après une étude statistique menée par une société d'assurance, la diminution du risque d'accident avoisinerait les 10 % [8].

Les parents qui font assurer leurs voitures pour leurs enfants (titulaires du permis) ne subissent aucune taxe supplémentaire. Le prix de l'assurance reste le même en conduite accompagnée.

Un avantage indirect de la conduite accompagnée est souvent évoqué : une révision du code de la route et un meilleur suivi des règles de conduite par les accompagnateurs.

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Au Canada, il est possible d'obtenir un permis d'apprenti conducteur permettant la conduite d'un véhicule de promenade sous la surveillance d'un individu ayant son permis de conduire depuis au moins 2 ans[9].

Aux États-Unis, un certain nombre d'États proposent un apprentissage anticipé de la conduite. Dans le Michigan par exemple, le programme Graduated Driver Licensing permet de conduire accompagné d'un adulte à partir de 14 ans et 9 mois[10].

En Allemagne il existe un apprentissage anticipé de la conduite nommé Begleitetes Fahren, qui permet de conduire accompagné à partir de 17 ans[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]