Application radar à la météorologie infra-synoptique

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Réseau ARAMIS

ARAMIS (Application Radar à la Météorologie Infra-Synoptique) est le nom du réseau de radars météorologiques de France qui comprend 24 radars de précipitations répartis sur le territoire de ce pays, y compris sur la Corse, plus 3 autres des pays voisins. L’ensemble des données recueillies et traitées par ARAMIS est disponible 24 heures sur 24 et renouvelé toutes les quinze minutes sur l’ensemble du territoire sous la forme d’une mosaïque des images de chacun de ces radars.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

ARAMIS couvre 95 % du territoire français. Il comporte un mélange de radars de différentes longueurs d’onde[1] : des radars de bande C (5 cm de longueur d’onde) dans le nord du pays, où l’atténuation par de fortes précipitations est peu fréquente, et des radars de bande S (10 cm) dans le sud où les pluies diluviennes nécessitent une longueur d’onde peu sensible à l’atténuation.

Les radars les plus au nord couvrent un terrain relativement plat et sans blocage, ils sont éloignés de 180 km les uns des autres. Plusieurs des radars dans le sud se retrouvent dans une zone assez montagneuse ce qui limite leur portée et ils sont plus densément disposés, jusqu'à 60 km l'un de l'autre dans certains cas. En 2010, vingt-deux des 24 radars possédés par Météo-France sondent en intensité (réflectivité) et en vitesse (Effet Doppler-Fizeau) les précipitations, dix sont à double polarisation ce qui leur permet de déduire le type de précipitations. Les radars Doppler utilisent une technique qui leur permet de résoudre les vitesses de déplacement des précipitations jusqu'à 60 m/s (plus de 200 km/h) jusqu'à 250 km du radar[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Entre le milieu des années 1980 et jusqu’à 1995, la priorité en France était de construire un réseau hydrologique de radars[1]. À cette fin, Météo-France a graduellement construit un ensemble de 13 radars. Le balayage fut limité à des angles inférieurs à 1 degré au-dessus de l’horizon de façon à voir la précipitation le plus près possible du sol. Le sondage s’effectuait assez lentement pour recueillir le maximum d’information à chaque 5 minutes.

Le logiciel CASTOR a été développé pour contrôler l’ensemble de ces radars et pour assembler leurs données en une mosaïque donnant une vue aussi complète que possible de la couverture des précipitations sur le territoire français à une résolution de 1,5 km par 1,5 km. Grâce au programme OPERA d’Eumetnet, les radars des pays limitrophes se sont ajoutés à cette mosaïque pour créer une image plus complète.

Cependant, comme le faisceau radar monte par rapport au sol, à cause de la courbure de la Terre, la portée efficace du réseau n’est que de 80 à 100 km pour l’usage hydrologique. Après 1995, le projet HYDRORADAR, puis le projet PANTHERE (Projet ARAMIS Nouvelles Technologies en Hydrométéorologie Extension et REnouvellement), lancés par Météo-France et le ministère de l’Écologie et du Développement durable, visaient à ajouter respectivement 5 (Sembadel, Bollène, Collobrières, Opoul, Aléria) puis 6 (Nord, Cherves, Bourgogne, Franche-Comté, Aveyron, Adour) autres radars pour densifier le réseau ARAMIS et optimiser son utilisation pour l'hydrologie[3]. Le projet PANTHERE (qui permet également le renouvellement de 2 radars, Trappes et Toulouse) s'est conclu à l'été 2007 (radar de Franche-Comté).

Un autre changement au réseau est la décision de sonder plusieurs angles d’élévations dans l’arc méditerranéen afin d’avoir un volume de sondage sur 3 dimensions, au lieu de seulement des angles de très basse altitude, pour tenir compte du relief de la région. Finalement, le travail effectué sur la diversité de polarisation et les données Doppler a amené à une modernisation complète du réseau entier. À cet égard, au début 2008 le radar Mélodi bande S de Nîmes-Manduel a été remplacé par un radar Selex, bande S double polarisation avec un radôme. En 2010, dix radars du réseau ARAMIS sont déjà à double polarisation et vingt-deux sont entièrement Doppler[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr)Jacques Parent du Châtelet et al. (Météo-France), « ARAMIS, le réseau français de radars pour la surveillance des précipitations », La Météorologie,‎ 2003 (lire en ligne)[PDF]
  2. a et b (en)Olivier Bousquet (Météo-France), « Dynamical and microphysical properties of high impact orographic mesoscale convective systems from high resolution operational multiple-Doppler and polarimetric radar data », 34e Conférence radar de l'AMS, Jamestown, VA,‎ 2009 (lire en ligne)[PDF]
  3. (fr)Jacques Parent du Châtelet et al. (Météo-France), « Le projet PANTHERE », 32ième Conférence radar de l'AMS, Albuquerque, NM,‎ 2005 (lire en ligne)[PDF]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]