Appareil reproducteur aviaire

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Le système génital des oiseaux est différent de celui des mammifères. N'ayant pas de parties génitales externes, aussi bien les femelles que les mâles, il n'est souvent possible de déterminer le sexe des oiseaux que par les caractères sexuels secondaires que sont les couleurs des plumes, la présence de plumes ornementales, le chant, la présence de barbillon, crête, la taille. En général le mâle est plus gros que la femelle, mais pour certaines espèces c'est l'inverse. Chez certaines mouettes par exemple, la distinction est impossible car aucun trait morphologique ne permet de le faire. La maturité sexuelle des oiseaux n'apparaissant qu'à l'âge d'un an minimum pour certains passereaux à plusieurs années pour par exemple le goéland argenté.

Appareil reproducteur mâle[modifier | modifier le code]

Pénis en spirale de couleur jaune sortant sous la queue d'un canard
Pseudo-pénis d'un Canard colvert

Les mâles disposent de deux testicules en forme de haricot ou arrondis qui se trouvent à la hauteur des reins. La taille des testicules, chez l'oiseau adulte, varie suivant l'espèce, l'individu et la saison. Ils augmentent de 200 à 460 fois de volume pendant la période de reproduction et en fonction de la photopériode dans les zones tempérées (ils peuvent atteindre jusqu’à dix pour cent du poids du corps)[1]. Les testicules produisent des spermatozoïdes et secrètent des hormones sexuelles qui peuvent stimuler le chant et le comportement de cour ou éclaircir la peau. Les canaux déférents relient l’épididyme au cloaque où débouchent aussi les uretères. Les testicules des espèces domestiques sont à maturation précoce avant la saison de reproduction. Le pénis, lorsqu'il existe, est situé ventralement dans la partie la plus postérieure du cloaque (proctodaeum), et ne sort à l'extérieur que lorsqu'il est en érection. Il est absent chez la plupart des espèces ou vestigial (par exemple chez les cigognes ou les hérons)[1], mais il existe par exemple chez les Anseriformes et les Struthionidae. Chez les espèces sans pénis, le sperme est stocké dans la seminal glomera qui se situe dans la protubérance cloacale avant la reproduction[2].

Les canards, les oies, les autruches ont par contre un pseudo-pénis érectile rainuré qui est une « évagination » du cloaque. La rainure facilite le transfert des spermatozoïdes dans l'organe génital femelle.

Appareil reproducteur femelle[modifier | modifier le code]

Oviducte de poule domestique
1 Infundibulum
2 Magnum
3 Isthme
4 Utérus
5 Vagin contenant un œuf

La femelle dispose de deux ovaires mais l'un des deux, le plus souvent le droit, est atrophié (sauf dans les genres de rapaces diurnes Accipiter, Circus et Falco, chez qui l'ovaire droit est tout de même plus petit que le gauche et non fonctionnel[3]). Ceci est une caractéristique propre aux oiseaux. Tandis qu’un ovaire se développe à gauche avec un épaississement de la région corticale comme chez les femelles de mammifères, la gonade droite, après un développement discret, régresse.

Le parcours suivi par l'œuf, de la cavité cœlomique où est émis l'ovule jusqu'au cloaque, est l'oviducte. L'oviducte droit est lui aussi le plus souvent atrophié. L'oviducte gauche se situe à proximité de l'ovaire gauche. Il est formé de 5 parties : un infundibulum (pavillon permettant de capter l'ovule, ou jaune d’œuf), puis un organe où se forme l'albumen (ou blanc d'œuf), le magnum, puis les deux membranes coquillières et l'albumine sont formées par l'isthme de l'utérus, puis l'utérus où est produite la coquille de calcaire, suivi du vagin où la coquille est terminée et colorée. L'oviducte finira enfin par déboucher dans l'urodaeum (cloaque).

Système reproducteur d'une poule domestique, follicules contenant chacun un jaune d'œuf en phase d'accroissement

Pendant la période de reproduction, la longueur de l’oviducte est multipliée environ par 4 et son poids augmente de 15 à 20 fois.

Un vétérinaire peut être amené à pratiquer une radiographie de manière à diagnostiquer une rétention d’œufs. D'autre part l'oviducte, très volumineux chez les poules pondeuses, peut reposer sur le foie et simuler une hépatomégalie.

La reproduction[modifier | modifier le code]

La copulation peut avoir lieu au sol, sur une branche ou tout autre perchoir, dans l'eau (canards, phalaropes) ou dans l'air en volant (martinets).

Pour s'accoupler, le mâle monte la femelle par l’arrière. Les deux oiseaux placent leur queue sur le côté, retournent les plumes situées autour du cloaque puis mettent en contact leurs cloaques : les ornithologues appellent ce processus le « baiser cloacal ». Les spermatozoïdes passent d'un cloaque à l'autre extrêmement rapidement, en moins d'une seconde pour certaines espèces[4]. Les femelles disposent de tubules spermatiques qui peuvent conserver les spermatozoïdes pendant une semaine à plusieurs années selon les espèces. Les femelles peuvent ainsi féconder leurs œufs, au fur et à mesure de leur production. C'est dans l'infundibulum qu'a lieu la fécondation. Même si l'œuf n'est pas fécondé, il sera pondu, mais l'embryon ne se développera pas, c'est-à-dire que le point blanc dans le jaune ne se développera pas.

L'œuf est généralement pondu en début de matinée puis incubé.

Les hormones sexuelles[modifier | modifier le code]

Les prises anormales d’œstrogènes peut provoquer une inversion sexuelle. L'aromatase provoque même chez les femelles une inversion irréversible tandis que l'œstradiol transforme les mâles mais temporairement[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Beaumont A et Cassier P, Biologie animale Tome 3, Paris, Dunod université,‎ 1987 (ISBN 2-04-016946-6)
  2. (en) T.R. Birkhead et coll, « Male sperm reserves and copulation behavior in the house sparrow, passer domesticus », Proceedings of the Royal Society Series B: Biological Sciences, vol. 256, no 1347,‎ 1994, p. 247-251
  3. Collectif, Grande encyclopédie alpha des sciences et techniques, Zoologie tome II p 14 (1974), Grange Batelière, Paris
  4. Vidéo de l'accouplement de deux faucons crécerelles.
  5. Simone Gilgenkrantz, « Le sexe des oiseaux », Médecine/sciences, vol. 20, no 11,‎ novembre 2004 (lire en ligne)