Apostolicae Curae

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Apostolicae Curae est une lettre apostolique du pape Léon XIII qui réaffirme la nullité des ordinations anglicanes. Elle a été promulguée le 18 septembre 1896. Le texte affirme : "Les ordinations faites selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles et sans valeur."

En dédiant cette lettre au bien-être du peuple anglais, Léon XIII rappelle qu'un nouveau rite de succession hiérarchique fut établi par Édouard VI d'Angleterre. Un débat avait récemment été lancé pour déterminer si ces ordinations étaient vraiment la suite de celles établies par le sacrement du Christ. Les écrivains catholiques et anglicans faisaient valoir leur point de vue quant à la validité des ordinations.

Après de longues discussions, l'affaire des ordinations anglicanes a été soumise à la curie romaine pour qu'elle puisse à nouveau se prononcer sur la question. Plusieurs études ont ainsi été réalisées pour tenter de convaincre le pape de se pencher d'un côté ou de l'autre.

Léon XIII indique que le conseil des cardinaux a pris sa décision en consultant les lettres de Jules III, qui avait envoyé Reginald Pole pour servir à titre de légat en Angleterre. Dans une lettre signée le 8 mars 1554, Jules III indique que ceux qui avaient été légitimement et justement promus pouvaient conserver l'ordre ecclésiastique catholique.

À l'époque, il était clair que le clergé était divisé en deux classes, ceux commandés par Henri VIII et ceux d'obédience catholique. Le 20 juin 1555, Paul IV avait publié la bulle Praeclara Charissimi obligeant les prêtres d'être ordonnés par des évêques et les évêques d'être nommés par le pape.

Léon XIII cite donc Jules III et Paul IV pour montrer que les ordinations anglicanes sont illicites au sens de la tradition de l'Église. De plus, il mentionne le cas d'un calviniste français et celui de John Clement Gordon, dont les ordinations édouardiennes avait précédemment été jugées invalides en 1684 et 1704.

Gordon, qui voulait être ordonné dans l'Église catholique, avait dû refaire son cheminement, car l'ordination et la confirmation anglicane qu'il avait reçus n'étaient pas jugés valides. De l'avis de Clément XI, son cas pouvait et devait être appliqué à l'ensemble des membres de l'Église anglicane.

Léon XIII affirme aussi que le serment d'ordination historiquement prononcé par les anglicans ne correspond pas à la définition de ce qu'est un prêtre. Ainsi, les anglicans ont longtemps omis d'affirmer que le pouvoir sacerdotal est le pouvoir de « consacrer et d'offrir le Vrai Corps et le Sang du Seigneur ». Les anglicans ont préféré reléguer la célébration eucharistique sur le plan commémoratif, en se situant ainsi délibérément à distance de la doctrine traditionnelle de l'Église catholique.

Vu que l'ordinal anglican de consécration épiscopale est de la même forme que celui des prêtres, les évêques anglicans ont une ordination tout aussi invalide. Dans la coutume liturgique, l'épiscopat n'est pas distinct du sacrement de l'ordre, mais est plutôt l'accomplissement suprême du ministère sacré.

Léon XIII fait aussi appel à l'histoire pour montrer que l'anglicanisme a été pendant très longtemps influencé par le calvinisme et que les circonstances historiques ayant mené à l'élaboration de l'ordinal anglican étaient particulièrement défavorables à l'Église.

L'encyclique se conclut par un appel à l'étude dévouée des Écritures, à la charité chrétienne, à la recherche de la vérité, à l'amour du Vrai Pasteur et à la réunion joyeuse de tous les prêtres dans l'Église.

À cette encyclique les archevêques anglicans de Canterbury et d'York répondirent par la lettre Saepius officio.

Voir aussi[modifier | modifier le code]