Apollonie d'Illyrie

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Apollonie d'Illyrie
Centre Monumental de l'ancienne cité
Centre Monumental de l'ancienne cité
Localisation
Pays Drapeau de l'Albanie Albanie
Coordonnées 40° 43′ 00″ N 19° 28′ 00″ E / 40.716667, 19.46666740° 43′ 00″ Nord 19° 28′ 00″ Est / 40.716667, 19.466667  

Géolocalisation sur la carte : Albanie

(Voir situation sur carte : Albanie)
Apollonie d'Illyrie
Apollonie d'Illyrie

Apollonie d'Illyrie (en grec ancien Aπολλωνία κατ' Επίδαμνον ou Απολλωνία προς Επιδάμνω) est une ancienne cité grecque située en Illyrie (actuelle Albanie), située sur la rive droite de la Vjosa, près de l'actuel village de Pojani.

Une cité d'origine grecque[modifier | modifier le code]

La ville a été fondée en -588 par des colons grecs de Corcyre et Corinthe, sur un site qui semble avoir été auparavant un lieu de cohabitation entre les autochtones taulantiens et des colons grecs. Selon la légende, la ville s'appelait à sa fondation Gylaceia (du nom de son fondateur Glyax), avant que son nom ne soit changé en hommage au dieu Apollon, son fondateur « légendaire ». La ville a peut-être été la plus importante parmi celles qui portent le nom d'Apollonie (Απολλωνία).

Aristote citait Apollonie comme un exemple important du système oligarchique, en raison de la prévalence des familles descendant des colons grecs sur une population de serfs d'origine majoritairement illyrienne. La cité s'enrichit par son agriculture locale et par le commerce d'esclaves, favorisé par son port important dont on prétend qu'il pouvait accueillir une centaine de bateaux en même temps.

Apollonie, à l'instar de Dyrrachium ou d'Oricum, était un port important sur la côte illyrienne, qui permettait de relier Brindisi au nord de la Grèce, notamment par la Via Egnatia qui menait jusqu'à Thessalonique et Byzance. Les liens commerciaux sont attestés par la monnaie frappée au nom de la ville qu'on a pu retrouver jusqu'au bassin du Danube.

Un port romain[modifier | modifier le code]

La cité a été un temps la possession de Pyrrhus d'Épire avant de tomber dans le giron de la République Romaine en -229 à laquelle elle demeura loyale et en fut notamment récompensée lors de la défaite en -168 de Gentius, dernier roi d'Illyrie. En -148 Apollonie fut intégrée à la province romaine de Macédoine, avant d'être rattachée à celle d'Épire. Lors de la guerre civile opposant Pompée à Jules César, elle prit position pour ce dernier, mais tomba contre Marcus Junius Brutus en -48, allié de Pompée. Le futur empereur romain Auguste étudiait à Apollonie en -44 sous la tutelle d'Athénodore le Cananite lorsqu'il apprit la nouvelle de l'assassinat de César.

Apollonie accrut son opulence sous le gouvernement de Rome et fut mentionnée par Cicéron dans ses Philippiques en tant que magna urbs et gravis, une grande et influente cité. Le déclin de la cité s'amorça au IIIe siècle, notamment en raison d'un tremblement de terre qui détourna le cours de la rivière Vjosa, asséchant le port et transformant les terres en un marais frappé par la malaria. Le christianisme s'implanta dans la cité de façon assez précoce et les évêques d'Apollonie furent présents lors des Conciles d'Ephèse (431) et du Concile de Chalcédoine (451).

Déclin et redécouverte[modifier | modifier le code]

Monastère de Sainte-Marie dominant les ruines grecques d'Apollonie et les plaines de Myzeqe.

Toutefois, la cité devint peu à peu inhabitable. À la fin de l'Antiquité, la cité s'était dépeuplée et fut supplantée par la ville voisine de Vlorë.

La ville fut « redécouverte » par des hommes de lettres européens au XVIIIe siècle, même s'il fallut attendre l'occupation autrichienne de la région en 1916-1918 pour voir les premières fouilles archéologiques, qui furent poursuivie par une équipe française, dirigée par l'archéologue Léon Rey, entre 1924 et 1938. Certaines parties du site furent endommagées durant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, une équipe albanaise prit le relais à partir de 1948, ce qui permit de mettre au jour certaines découvertes exposées dans un monastère voisin ou dans la capitale albanaise Tirana. Au cours de la période d'anarchie qui suivit la chute du régime communiste en 1990, ces collections archéologiques furent partiellement pillées. Depuis 1992, le site fait à nouveau l'objet de campagnes de fouilles archéologiques régulières, menées par une équipe franco-albanaise.

Images[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dimo Vangjel, Philippe Lenhardt, François Quantin, Appollonia d'Illyrie. 1 Atlas archéologique et historique, Ecole française de Rome, 391, 2007.

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