Apollon Maïkov

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Poète Apollon Nikolaïevitch Maïkov

Apollon Nikolaïevitch Maïkov (en russe : Аполло́н Никола́евич Ма́йков, né le 4 juin 1821 à Moscou, mort le 20 mars 1897 à Saint-Pétersbourg) est un poète russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est enterré au cimetière de Novodiévitchi de Saint-Pétersbourg.

Famille[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Maïkov fut le plus brillant des émules de Tiouttchev. Il séjourna en Italie à l'époque des grandes luttes littéraires des années quarante, et y hésitait entre la peinture et la poésie. Il opta définitivement pour la direction de la censure étrangère.

L'étude du monde antique à Rome lui avait cependant inspiré des essais de critique d'art (« Esquisses romaines », 1842), quelques poèmes anthologiques et jusqu'à des compositions plus ambitieuses dans le genre épique : « Savonarola », « La Cathédrale de Clermont », « La Confession de la reine ». Ce sont d'honnètes imitations.

Après son retour en Russie, Maïkov fut absorbé par ses devoirs professionnels — il y avait beaucoup de coups de ciseaux à donner à cette époque — jusqu'à la guerre de Crimée qui relégua le censeur à l'arrière-plan et fit descendre le poète de la colonne Trajane, où il semblait avoir élu domicile. Il publia un recueil de circonstance : « L'année 1854 », se brouilla avec l'Occident et se laissa entraîner par le courant slavophile et néo-grec. Deux recueils de poésies néo-grecques, suivies, de 1860 à 1880, par des traductions de vieux poèmes slaves, marquèrent cette nouvelle étape.

Insensiblement, Maïkov fut engagé à pénétrer dans la mêlée contemporaine des idées et des passions politiques. Le poème intitulé « La Princesse », la plus originale de ses œuvres, en porte témoignage. D'une liaison avec un Jésuite de Paris, une grande dame russe a eu une fille, qui, élevée loin d'elle, est devenue nihiliste. Un soir de bal, cette jeune dévoyée vient réclamer à sa mère des documents importants, la menaçant, en cas de refus, de révéler le secret de sa naissance à la troisième section (police d'État). La grande dame s'évanouit et meurt en octaves impeccables. Le poète avait laissé le meilleur de son inspiration en haut de la colonne.

Il le prouva, en achevant, avant de mourir, deux drames lyriques : « Les Trois Morts » et « Les Deux Mondes » qui depuis l'Italie demeuraient à l'état d'esquisse dans ses papiers et qui peuvent bien être ses chefs-d'œuvre. Lutte ici et là du monde gréco-romain avec le monde chrétien, ce diptyque dramatique évoque, dans sa première partie, les figures plastiques mais froides de trois représentants de la civilisation païenne à l'agonie : le poète Lucain, le philosophe Sénèque et l'épicurien Lucius, tous trois condamnés à mort par Néron pour leur participation à la conjuration de Pison.

Les héros des « Deux Mondes » sont : le patricien Décius, qui s'empoisonne dans son palais au milieu d'une fête, et la tendre et vaporeuse Lida, qui personnifie le génie du christianisme. Entre les deux, un Juvénal sans verve. Un monde de statues avant le poli et l'éclat du marbre, mais des contours mous. L'âme de l'artiste est revenue aux environs de Rome; ses mains semblent avoir taillé non dans les carrières de Carrare, mais dans les glaces de la Xéva. On gèle dans sa galerie.

Adresses[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]