Aplysia

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Le genre Aplysia, dont les espèces sont souvent appelées aplysie, et de manière plus générale lièvre de mer ou encore lièvre marin, se compose de mollusques gastéropodes à corps nu, répandus dans toutes les mers du globe. On les trouve dans les herbiers à zostères (frange littorale) où les animaux viennent pondre en janvier.

L'animal respire via une respiration branchiale qui se manifeste par des branchies visibles dorsalement où elles forment une structure ressemblant à un buisson. Ces branchies sont operculées[1].

L'animal est hermaphrodite ; lors des accouplements croisés de 2 individus, chacun d'eux emploie successivement l'un ou l'autre de ses sexes. Quand d'autres aplysies voient un accouplement, elles s'y joignent, ce qui conduit à des accouplements collectifs pouvant rassembler un grand nombre d'individus. Dans ce cas, les animaux peuvent mobiliser en même temps leurs organes mâles et femelles.

Aplysie (Aplysia punctata) à l'aquarium de Rhodes
Port de Crouesty (Morbihan - France).
Aplysia dactylomela ; Principales pièces anatomiques externes (numérotées)
1. Tête et bouche
2. tentacule oral droit
3. tentacule oral gauche
4. "œil" gauche (petit point noir)
5. rhinophore droit (tentacule sensoriel céphalique)
6. rhinophore gauche
7. parapode droit
8. parapode gauche
9. Structure formée de deux parapodes, entourant la lamelle dorsale qui est une sorte de coquille internalisée.

Un mode de défense original[modifier | modifier le code]

Comme certains céphalopodes les aplysies trompent leurs prédateurs grâce à un jet d'encre. Mais ce mode de défense est chez eux plus élaboré que chez les calmars ou les pieuvres. En plus d'une encre pourpre servant de leurre, une deuxième glande sécrète un liquide visqueux nommé opaline. Cette sécrétion simule une nourriture détournant les prédateurs, telle une langouste, de leur proie. De plus ce mélange riche en acides aminés perturbe les organes olfactifs (ici les antennes) du crustacé. « Ce serait le premier cas connu d'un système de défense fondé sur l'activation des sens du prédateur ! » [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • On connaît la dangerosité des sécrétions venimeuses de l’aplysie depuis l’antiquité ; les auteurs antiques Pline l'Ancien et Plutarque en parlent[3],[4].

Évocations littéraires[modifier | modifier le code]

« ... dans l’aplysie, animal marin très semblable aux limaces, mais respirant par des branchies qui forment une espèce de buisson sur le dos, et qui sont recouvertes par un opercule particulier; le cerveau est placé comme dans le limaçon; mais les filets qui entourent l'œsophage produisent deux ganglions, un de chaque côté, qui sont réunis eux-mêmes par un filet mince[5]. »

— Frédéric Cuvier, Leçons d'anatomies comparées

« C'était un véritable chagrin pour moi d'écraser sous mes pas les brillants spécimens qui jonchaient le sol par milliers, les peignes concentriques, les marteaux, (...) les strombes ailes d'anges, les aplysies[6]... »

— Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon World Register of Marine Species (9 avril 2014)[7] :

Selon ITIS (9 avril 2014)[8] :



Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Cuvier, Leçons d'anatomies comparées, t. 2, 1805, p. 304
  2. T. Love-Chezenet al., J. Exp. Biol., vol. 216, p. 1364-1372, 2013 in Pour la Science, mai 2013, no 427, p. 14
  3. Conduites méritoires des femmes (en grec ancien Γυναικῶν ἀρεταί) issu des Œuvres morales de Plutarque (Éryxo : Commentaires et traduction de Claude Terreaux, professeur agrégé de lettres classiques Arléa, 2012, page 47 [260e-f]).
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (Livre XXXII, ch. 23 ; Livre XLVII)
  5. Frédéric Cuvier, Leçons d'anatomies comparées, t. 2, 1805, p. 304.
  6. Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, 1870, p. 160.
  7. World Register of Marine Species, consulté le 9 avril 2014
  8. ITIS, consulté le 9 avril 2014