Aphroditos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Aphroditus)
Aller à : navigation, rechercher
Hermès d'Aphroditos au Nationalmuseum à Stockholm.

Aphroditos (grec ancien : Ἀφρόδιτος) est un Aphrodite mâle originaire d'Amathonte, ville sur l'île de Chypre, célébré à Athènes par des rites de travestissement.

Aphroditos est représenté avec une silhouette et des vêtements féminins comme Aphrodite mais avec une barbe et un pénis, et de ce fait a un prénom masculin[1]. Cette déité serait arrivée à Athènes de Chypre vers le IVe siècle av. J.-C.. Cependant il existait déjà à Athènes au Ve siècle av. J.-C. des statues à tête de femme avec un pénis[2].

Selon Macrobe, qui mentionne la déesse dans son Saturnalia, Philochore, dans Atthis, identifie cette divinité homme/femme à la Lune et mentionne que lors de ses rites les hommes et les femmes échangent leurs vêtements. Philostrate, en décrivant les rituels des festivals religieux, raconte que la personne personnifiant le dieu était suivi par un long cortège de suivant dans lequel les femmes se mélaient aux hommes car le festival autorisait « les femmes à agir comme les hommes et les hommes à s'habiller en femme et à agir comme des femmes[1]. »

Aphroditos est le même dieu qu'Hermaphrodite, nom signifiant « Aphroditos avec la forme d'hermès »[3]. Photios explique qu'Aphroditos était Hermaphroditos et cite des fragments de comédies en attique mentionnant la divinité[4]. Dans la myhtologie plus tardive, Hermaphroditos vient à être vu comme le fils d'Hermès et d'Aphrodite[5].

Une des plus anciennes images athénienne existante est un fragment (fin du IVe siècle av. J.-C.), trouvé dans l'Agora d'Athènes, d'un moule en argile pour un figurine en terre cuite. Le personnage aurait eu une hauteur de 30 cm, représentée dans un style connu sous le nom de άνασυρόμενος (anasyromenos), une femme levant sa robe pour montrer ses organes génitaux masculins[6], un geste qui était censé avoir une valeur apotropaïque, repoussant les influences malfaisantes et donnant de la chance[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vern Bullough et Bonnie Bullough, Cross Dressing, Sex, and Gender, University of Pennsylvania Press,‎ 1993 (ISBN 9780812214314, lire en ligne), p. 29
  2. Tindall Baillière, The International journal of psycho-analysis, International Psycho-Analytical Association, vol. 28, Routledge,‎ 1947 (ISSN 00207578, lien OCLC?, lire en ligne), p. 150
  3. Theophrastus, Theophrastus: Characters, Cambridge University Press (James Diggle),‎ 2004 (ISBN 9780521839808, lire en ligne), p. 366
  4. (en) David Braund, Scythians and Greeks: cultural interactions in Scythia, Athens and the early Roman empire (sixth century BC - first century AD), University of Exeter Press,‎ 2005 (ISBN 085989746X, lire en ligne), p. 78
  5. Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim; James Freake (1993), Three books of occult philosophy, Llewellyn Worldwide; p. 495 ISBN 0-87542-832-0
  6. Theophrastus; James Diggle (2004), Characters, Cambridge University Press; pp. 367-68
  7. (en) Ann Olga Koloski-Ostrow et Claire Lyons, Naked truths: women, sexuality, and gender in classical art and archaeology, Routledge,‎ 2000 (ISBN 0415217520, lire en ligne), p. 230-231

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :