Aphra Behn

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Esquisse d’un portrait d’Aphra Behn.
Première édition de l'Oroonoko en 1688.
Frontispice de l'Oronoko dans sa traduction française de 1745.

Aphra Behn, née Aphra Johnston (1640) est une dramaturge anglaise prolifique de la fin du XVIIe siècle, que l’on décrit souvent comme l’une des premières femmes de lettres professionnelles de Grande-Bretagne. Elle a contribué à la littérature de la Restauration anglaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peu d’informations concrètes sont disponibles en ce qui concerne la vie d’Aphra. Elle pourrait être née à Wye près de Cantorbéry le , et avoir été la fille d’un barbier du nom de Johnston. Dans les années 1660, elle pourrait avoir voyagé jusqu’à une colonie anglaise de canne à sucre au Suriname, ce qui aurait suscité l’écriture de son célèbre roman Oroonoko. La réalité de ce voyage reste cependant incertaine.

En 1658, Aphra épousa Mr. Behn, un marchand néerlandais, mais fut veuve dès 1666 à l’âge de 26 ans. Elle put alors s’attacher à la Cour royale, et certains indices semblent indiquer qu’elle fut dépêchée à Anvers par Charles II en tant qu’espionne. Le nom de code qu’elle reçut à cette occasion, Astrea, lui servit par la suite pour signer la plupart de ses œuvres. La deuxième Guerre anglo-néerlandaise éclata peu après entre l’Angleterre et les Pays-Bas, en 1665. Les services rendus par Aphra ne lui furent toutefois pas profitables, étant donné que Charles mettait du temps à la rémunérer, ce qui la poussa à regagner Londres. Elle cultiva l’amitié de nombreux dramaturges, et elle publia à partir de 1670 de nombreuses pièces ou romans, ainsi que des poèmes et des pamphlets. Sa comédie L'Écumeur affirma sa réputation sur la scène londonienne à partir de 1677.

Virginia Woolf constate qu'elle fut la première femme anglaise à vivre de sa plume et qu'elle mérite la reconnaissance de toutes celles qui sont venues après elle : « All women together ought to let flowers fall upon the tomb of Aphra Behn, for it was she who earned them the right to speak their minds[1]

Elle mourut le et fut enterrée à l’abbaye de Westminster. Sur sa pierre tombale est inscrit :

Here lies a Proof that Wit can never be
Defence enough against Mortality[2].
Ci-gît une preuve que l'esprit n'est jamais
Une défense suffisante contre la mort.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • The Forced Marriage (1670)
  • The Amorous Prince (1671)
  • The Dutch Lover (1673)
  • Abdelazer (1676)
  • The Town Fop (1676)
  • The Rovers or the Banish'd Cavaliers (L'Écumeur) (1677 et 1681)
  • Sir Patient Fancy (1678)
  • The Feigned Courtesans (1679)
  • The Young King (1679)
  • The False Count (1681)
  • The Roundheads (1681)
  • The City Heiress (1682)
  • Like Father, Like Son (1682)
  • The Lucky Chance (1686)
  • The Emperor of the Moon (1687)

Et jouées après sa mort :

  • The Widow Ranter (1689)
  • The Younger Brother (1696)

Romans[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Virginia Woolf, A Room of One's Own, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1957, p. 69 : « Toutes les femmes devraient fleurir la tombe d'Aphra Behn, car c'est elle, la première, qui œuvra pour qu'elles puissent s'exprimer. »
  2. Épitaphe de la tombe d'Aphra Behn, en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]