Antonio Lopez (illustrateur)

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Antonio Lopez, né le 11 février 1943 sur l'île de Porto Rico et mort le 17 mars 1987 (à 44 ans) à Los Angeles, est un illustrateur de mode portoricain. Il travaille au cours de sa courte carrière pour de nombreuses publications et magazines de mode, et est reconnu comme un illustrateur majeur de la seconde moitié du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Antonio Lopez né en 1943 à Utuado[1] et y grandi à Porto Rico. Sa mère Maria Luisa Cruz et son père Francisco Lopez auront trois garçons au total. Vers l'âge de huit ans, il s'installe à New York[2], à Spanish Harlem[1]. La légende veut qu'il ait commencé à dessiner des robes à deux ans, pour sa mère[1]. Il suit des études au Fashion Institute of Technology qu'il quitte pour entrer au magazine Women's Wear Daily[3]. C'est au F.I.T. qu'il rencontre celui qui deviendra dans une relation fusionnelle, son compagnon et son collaborateur, Juan Ramos[1]. Au WWD, ses dessins sont comparés à ceux de René Bouché ou Kenneth Paul Block (en) ; mais son style évolue, et il quitte le magazine quelques temps plus tard pour rejoindre le New York Times[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, l'illustration de mode est en plein déclin : la mort de René Bouché en 1963 marque la fin de l'illustration dans les magazines de mode, à l'exception de quelques-uns, remplacée définitivement par la photographie. Seul René Gruau est encore sur le devant de la scène.

Antonio Lopez fait la connaissance de Charles James qui marquera son travail de nombreuses années[4]. Il est encore employé à Vogue ces années là[5] ; les années suivantes, il travaille comme freelance, réalisant entre autres des portraits de personnalités pour les magazines de mode[3] tel que Elle, le British Vogue, ou le Harper's Bazaar[1] ; il découvre Jerry Hall, alors âgée de quinze ans[6], avec qui il partagera plus tard un appartement à Paris[7], mais également Jessica Lange ou Tina Chow (en).

Capable de changer son style en fonction de l'époque, il s'adapte et se voit régulièrement publié dans les magazines durant cette décennie et la suivante, dont Vogue[8] dans les quatre éditions internationales principales : américaine, britannique et française[9] et italienne avec Anna Piaggi.

En 1969, il part pour Paris où il rencontre Karl Lagerfeld qui lui prête un appartement. Il y restera sept ans[3] et vivra avec le mannequin Jerry Hall[10]. Habitué du Studio 54[6], ami de Warhol, il réalise au milieu des années 1970 des illustrations pour Interview alors que lui et Juan Ramos sont rentrés à New York[1].

Il tombe malade en 1986 et meurt l'année suivante de la maladie de Kaposi, complication liée au sida dont il est porteur[2], et est incinéré[3]. David Downton le définira plus tard comme un « illustrateur de mode, novateur et provocateur »[1]. N'hésitant pas à s'inspirer des peintres classiques, mais également des courants artistiques émergeant ces années là, abandonnant un style précis dès qu'il le maitrise pour mieux expérimenter de nouvelles techniques, c'est un artiste qui sait durant sa courte carrière refléter parfaitement son époque[1],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i David Downton (trad. Brigitte Quentin, préf. Stéphane Rolland), Les Maîtres de l'illustration de mode [« Master of Fashion Illustration »], Paris, Eyrolles,‎ septembre 2011 (1re éd. 2010), 226 p. (ISBN 978-2-212-12705-8, présentation en ligne), « Antonio Lopez », p. 152 à 161
  2. a et b (en) Lynn Simross, « 13 Random Victims of an Indiscriminate Killer--AIDS », sur latimes.com, Los Angeles Times,‎ 24 mai 1987 (consulté le 14 mai 2013)
  3. a, b, c et d (en) Anne-Marie Schiro, « Antonio Lopez is dead at 44; was major fashion illustrator », Obituaries, sur nytimes.com, The New York Times,‎ 18 mars 1987 (consulté le 14 mai 2013)
  4. Georgina O'Hara Callan (trad. Lydie Échasseriaud), Dictionnaire de la mode [« The Encyclopaedia of Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'univers de l'art »,‎ 2009 (réimpr. 2011) (1re éd. 1986), 303 p. (ISBN 978-2-87811-327-3, présentation en ligne), p. 15
  5. a et b William Parker (préf. David Hockney), Dessins de mode : Vogue, Paris, Thames & Hudson,‎ 2010, 240 p. (ISBN 978-2-87811-359-4), p. 173 à 174
  6. a et b (en) Betsy Kroll, « Artistic Renderings », sur time.com, Time,‎ 14 septembre 2004 (consulté le 14 mai 2013)
  7. (en) Cathy Horyn, « The picture subjects talk back », Style, sur nytimes.com, New York Times,‎ 27 octobre 2002 (consulté le 14 mai 2013) : « Bill would often come to Paris, when Antonio, Juan and I had an apartment there. Jerry Hall also lived with us. And Bill would come by. »
  8. Cally Blackman, 100 ans d'illustration de mode, Paris, Eyrolles,‎ août 2007, 384 p. (ISBN 978-2-212-12185-8, présentation en ligne), « 1950 - 1974 », p. 169
  9. Cally Blackman, 100 ans d'illustration de mode, Paris, Eyrolles,‎ août 2007, 384 p. (ISBN 978-2-212-12185-8), « 1950 - 1974 », p. 237-249-271
  10. (en) « Norman Parkinson: legend behind a lens », sur ft.com, Financial Times,‎ 29 mars 2013 (consulté le 16 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages publiés de son vivant[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]