Antonin Besse

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Antonin Besse

Description de l'image  Antonin Besse.jpg.
Naissance 1877
Décès 1951
Nationalité Français

Antonin Besse (1877 - 1951) est un Français, fondateur d'un empire commercial mondial basé à Aden, Arabie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très secret, y compris sur sa ville de naissance, Antonin Besse serait né à Carcassonne[1] le 26 juin 1877. Sa famille, originaire de l'Ariège (?), s'installe un peu plus tard à Montpellier avec ses six frères et sœurs, mais son père meurt en 1884. Il poursuit ses études avec succès, accomplit son service militaire et à 22 ans, le 16 avril 1899, il s'embarque pour Aden où il va travailler dans la firme Bardey et Cie, celle-là même qui, vingt ans plus tôt, employait Arthur Rimbaud.

Chez Bardey, il se spécialise dans la commercialisation du café et à la fin de son contrat de trois ans, il crée lui-même son entreprise commerciale, Hodeida, à Aden, aidé par des capitaux d'une banque française.

Revenu en France en 1907, il rencontre, dans le train, une jeune fille issue d'une famille très fortunée, Marguerite Hortense Eulalie Godefroid qu'il épouse le 1er avril 1908 et qui lui apporte de considérables capitaux. Ils ont deux fils, André et Georges.

Après leur divorce, Antonin Besse épouse, en 1922, Hilda Florence Crowther, une Britannique avec laquelle il a cinq enfants : Pierre, Tony, Ariane, Joy et Monna.

Bon joueur de tennis, il pratique aussi l'équitation, la natation et l'escalade, aime la musique et la lecture. Il rencontre Henry de Monfreid, Paul Nizan qui en 1926-27 a été précepteur de son fils à Aden, Evelyn Waugh qui lui consacre sous le nom de Monsieur Leblanc une dizaine de pages « admiratives pour ses capacités sportives et les qualités de sa table, mais ironiques sur l'homme élégant, le patriarche, l'homme d'action, le joueur » dans son livre Remote People [2]...

Antonin Besse est fait chevalier de la Légion d'honneur en mars 1947.

L'homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Depuis 1914, Besse a installé son siège, Crater, sur Aidrus Road, où il reste jusqu'à sa mort. En 1934, il acquiert une usine de savon ; en 1937, une usine de production d'huile de coco et de sous-produits...

En 1936 il se lance dans l'équipement en moteurs diesel des boutres. Et constitue une flotte et construit un dock flottant. Il importe carburants (Shell), congélateurs, réfrigérateurs, cuisinières, machines à laver et autres appareils domestiques, climatiseurs, appareils de radio... voitures (Austin, Lancia, Renault, Jaguar, Holden & Dodge...) des moteurs (Johnson et Evinrude) et des accessoires marins.

En 1937, il est expulsé d'Éthiopie par les Italiens, qui bloquent ses activités commerciales.

Au long de sa carrière, la puissance et la capacité d'intervention d'Antonin Besse sont en concurrence avec celles de Charles Michel-Côte, le président de 1908 à 1959 de la compagnie du Chemin de fer franco-éthiopien [3]. Écarté de la Côte française des Somalis, il commence à utiliser Assab pour le commerce avec l'Éthiopie [4].

Besse & Cie est aussi l'agent de compagnies d'assurance comme la Liverpool & London & Globe Ltd ; la Prudential Assurance Company Ltd... de compagnies de voyage etc. Il devient propriétaire, un temps, de l’Arabian company d'aviation. Blessé en 1940 lors d'un accident d'avion, il passe sa convalescence en France dans sa villa de la côte d'Azur, « le Paradou ». Anti-vichyste, il soutient la lutte anti-nazie.

Victime d'un accident vasculaire cérébral au cours de l'été 1948, il meurt trois ans après, le 2 juillet 1951, à 74 ans.

Il a légué une partie de sa fortune (6 millions de dollars 1951) au St. Antony's College d'Oxford (où ses deux garçons ont étudié,) pour y créer notamment des bourses destinées à des étudiants français.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Footman, 1986, p. 5 (extrait).
  2. Cité dans Evelyn Waugh de Benoît Le Roux aux éditions L'Harmattan.
  3. Cf. Colette Dubois, Djibouti, 1888-1967 : héritage ou frustration ?, Paris, 1997, p. 268 (ISBN 2738458602) (partiellement en ligne) ; Ead., 2008.
  4. Dubois (Colette) [1997].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livre
  • David Footman, Antonin Besse of Aden : The Founder of St. Antony's College, Oxford, Basingstoke, [c. 1960] 1986 (ISBN 0-333-38508-X) (résumé, p. 3-5).
Articles
  • Colette Dubois, Les réseaux d’influence sur les places d’outre-mer, 2. Charles Michel-Côte et Antonin Besse : concurrence entre opérateurs français ou compétition entre réseaux impériaux ?, dans L'esprit économique impérial (1830-1970) [Colloques SFHOM, Paris, Bordeaux, 2006], dir. Hubert Bonin, Catherine Hodeir et Jean-François Klein, Paris, 2008 (ISBN 2-85970-037-4) (présentation et conclusion, p. 13, n. 31).
  • Lukian Prijac, Maurice Riès et ses fils. Des commerçants et des diplomates français en mer Rouge (1876-1920), dans Chroniques Yéménites, 12, Bayt al-Ajami (Yémen), 2004, en part. n. 65-94 (ISSN 1248-0568) (texte en ligne).
  • T. A. B. Corley, Besse, Antonin (1877–1951), dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford, 2004 (texte en ligne payant).
  • Weerts (Maurice), The late Mr Antonin Besse and the Ethiopian resistance during the years 1935-1940, dans Journal of Ethiopian Studies, 4, Addis Abeba, 1966, p. 175-178 (ISSN 0304-2243).

Liens externes[modifier | modifier le code]