Antoni Clavé

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Antoni Clavé i Sanmartí

Antoni Clavé (né le 5 avril 1913 à Barcelone, Catalogne, mort le 31 août 2005 à Saint-Tropez, France) est un peintre catalan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les premières années[modifier | modifier le code]

Après avoir comme commis dans une maison de tissu à l'âge de douze ans, Antoni Clavé Sanmarti entre aux cours du soir de l' École annexe des beaux-arts de Barcelone en 1930, pour deux ans, et sa famille le laisse poursuivre (dz)? voie. Recommandé ensuite à Tolosa, propriétaire d'une entreprise de peinture en bâtiment où Clavé devient apprenti. Attiré par le côté artisanal du métier où il apprend à faire du minium, puis à peindre du bois, à manier les brosses, à dessiner les lettres, le jeune Clavé dès quinze ans commence à peindre à l'huile le portrait de sa grand-mère. Son patron lui apprendra aussi à copier des Diego Vélasquez[1].

À l'âge de dix-huit ans, il remporte le deuxième prix à un concours d'affiche de la Caisse d'épargne de Barcelone, et deux ans plus tard, il abandonne la peinture en bâtiment pour vivre de ses dessins, de travaux de décoration, d'affiches de cinéma notamment pour la Metro-Golwyn-Mayer qui lui passe des commandes. Il se fait rapidement un nom dans cette spécialité. Ses amis sont alors Grau-Sala, Fenosa, Manolo. Clavé admire tout particulièrement les primitifs catalans[2].

Un an après le début de la guerre civile espagnole, Clavé est mobilisé sur le front républicain d'Aragon, fantassin, dessinateur. Mais en janvier 1939, il est contraint de suivre la retraite de l'armée républicaine et il franchit la frontière française. Il est interné au camp des Haras à Perpignan dont il sort grâce à l'action de Martin Vivès, peintre perpignanais. Dès le 5 avril 1939, Clavé a 26 ans ce jour-là, il a sa première exposition ches Vivan, pâtisserie-salon de thé tenu par Marie Martín. Cette même année, il quitte Perpignan pour Paris où le médecin catalan Enguera de Sojo lui offre une chambre de bonne à Neuilly[3].

À Paris, la guerre, l'après guerre et le succès[modifier | modifier le code]

À Paris, il devient décorateur de théâtre et illustrateur : Carmen, Gargantua. En 1941, il installe son premier atelier 45 rue Boissonade à Paris. En 1942, le 20 mars, naissance de son fils Jacques et rencontre de Picasso en 1944, c'est une révélation.

Il participe à la fondation du Casal de Catalunya de Paris, créé le 9 juillet 1945.

À l'instar de Picasso qu'il admirait beaucoup[4], Antoni Clavé a été très inspiré par la corrida. Sur ce sujet, il a produit un grand nombre de lithographies, notamment La Corrida et des Toreros dont il a interprété le costume (Torero en costume rouge) pour le chorégraphe Boris Kochno dont le ballet est donné en 1943 par la compagnie les Ballets des Champs-Élysées dirigée par Roland Petit. Mais à partir de là, Clavé n'acceptera plus de nouvelles commandes pour le théâtre[5].


Clavé travaille avec acharnement. Inclassable, ni figuratif, ni abstrait et les deux à la fois avec sa force et son mystère, il aimait aussi les collages et se livrait volontiers au hasard de la création ; quant à la sculpture, il ne s'y intéressa que par périodes, au début de sa carrière et ensuite beaucoup plus tard. A la fin des années 1950, Clévé connait le succès. Mais en 1963, il s'interroge : il a cinquante ans, une œuvre considérable. Il est reconnu en France, aux États-Unis, au Japon, en Suisse, en Suède, on recherche ses toiles dans le monde entier, ce qui l'inquiète. Il décide de quitter Paris et la société qui fait la mode, notamment le monde du spectacle[6].

La maison de Saint-Tropez[modifier | modifier le code]

Antoni Clavé quitte Paris pour Saint-Tropez en 1963. Il se construit un atelier et une maison au Cap Saint-Pierre qu'il décore avec un soin méticuleur, aidée de sa femme Madeline qui est peintre elle aussi. Tous deux réalisent unPalais de couleurs avec des tentures. C'est là que les plus grandes toiles du peintre seront inventées[7].

En 1977, il expose ses premiers trompe-l'œil. Le Musée national d'Art moderne de la ville de Paris lui consacra une rétrospective en 1978. La Biennale de Venise expose plus de 100 œuvres au Pavillon espagnol en 1984. Une exposition César/Clavé est présentée en 2007 à Montélimar. Pour le centenaire de la naissance de l'artiste en 2013, la Fundación Vila Casas à Barcelone organise une rétrospective de son œuvre.


Antoni Clavé est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • "Antoni Clavé", par Henri Raschlé, 1975
  • "Antoni Clavé", par Liliane Thorn-Petit, 1979
  • "Le procédé Goetz", par Jean Réal, 1987
  • "Lettre à Barcelone", par Jorge Amat, 1990
  • "Barcelona Vista", par Jean Réal, avec Clavé, Tapies, Bofill, Savall, etc. 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]