Anton Kolig

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Anton Kolig est un peintre autrichien né le 1er juillet 1886 à Neutitschein en Tchécoslovaquie et mort le 17 mai 1950 à Nötsch en Autriche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anton Kolig, ami de Oskar Kokoschka et Egon Schiele expose avec le groupe de la sécession viennoise dès 1910 où il rencontre Gustav Klimt (bien que celui-ci ait quitté le groupe depuis 1908). S’il semble aujourd’hui moins connu que ses amis, c’est peut-être parce qu’il a concentré ses efforts sur le nu masculin, sujet peu apprécié à l’époque (même si Schiele nous a laissé des autoportraits nus en grand nombre). Son homosexualité était connue et jugée scandaleuse. Mais à l’inverse de Klimt et Schiele, il semblerait qu’il n’ait exprimé sa sexualité que dans sa peinture. On ne lui connaît aucune relation amoureuse avec un modèle.

Kolig, marié depuis 1911, commença de travailler avec des modèles en 1904. Il commença par payer des professionnels ; mais plus tard, en quittant Vienne, il utilisa les membres de sa famille, ses amis, les garçons de ferme des environs ainsi que ses propres élèves. Dans les près de 3000 dessins et 400 peintures qu’il a laissés, Kolig célèbre la beauté et la sensualité du jeune corps masculin, mais ne s’interesse apparemment pas à l’esprit de ses modèles. Dans ses dessins, la tête du personnage est parfois absente, et souvent vaguement rendue dans ses toiles. L’imagination artistique de Kolig ne s’attache pas à une personne en particulier mais elle cherche l’éphémère. Kolig invoqua un jour la notion de “coït spirituel” pour définir l’acte de “peindre et être peint et par extension dessiner et être dessiné”. Pendant des années, il rêva d’un studio de peinture inspiré des loges maçonniques dans lequel il pourrait enseigner et vivre avec ses élèves. Comme on peut le voir dans le dessin inachevé La famille du peintre, l’artiste était moins intéressé par son propre cercle familial “biologique” – sa femme et lui eurent cinq enfants – que par celui qu’il avait choisi.

Une œuvre[modifier | modifier le code]

Au matin, 1919

Au matin est une des plus importantes toiles de Kolig. Elle fut saisie en 1937 par les Nazis et nous en avons perdu la trace depuis. Cette lumière haut perchée s’explique par la présence d’une verrière au plafond de l’atelier du peintre à Nötsch. C’est la ville qui lui servit de refuge dans les années 1914 à 1928, sauf quand il était dans l’armée. Il réussit à y amener sans être dérangé un groupe d’étudiants. Parmi eux, les peintres Gerhart Frankl (1901 - 1965) et Johann Wolfgang Schaukal (1900 - 1981). Dans la campagne près de Nötsch, Kolig convainquait sans difficulté des jeunes gens de poser pour lui. Bien qu’il regrettât leur manque d’intérêt pour son travail, il se délectait de leur légèreté d’esprit. Au matin est une variation sur un thème cher à Kolig, le nu endormi. La notion de corps masculin vu comme une machine est très claire non seulement dans la structure tectonique des dessins de Kolig en général mais également dans Au matin. Le jeune corps long et mince s’affaisse sur une chaise de telle manière que les membres semblent avoir fondu. Néanmoins, la silhouette encore lasse, avec sa musculature sinueuse et les flammes colorées sautillant près de ses pieds, laissent présager d’une grande énergie potentielle prête à jaillir lorsque le modèle se sera mis debout.

Liens externes[modifier | modifier le code]