Anton Drexler

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Anton Drexler
Anton Drexler, vice-président du Parti ouvrier allemand
Anton Drexler, vice-président du Parti ouvrier allemand
Fonctions
Président du Parti ouvrier allemand
5 janvier 1920 – 24 février 1920
Prédécesseur Karl Harrer
Premier président du NSDAP
24 février 1920 – Automne 1921
Successeur Adolf Hitler
Biographie
Date de naissance 13 juin 1884
Lieu de naissance Munich
Date de décès 24 février 1942
Lieu de décès Munich
Nationalité Allemand
Parti politique Thule-Gesellschaft.svg Parti ouvrier allemand puis NSDAP-Logo.svg Parti national-socialiste des travailleurs allemands
Profession Serrurier

Anton Drexler (13 juin 1884 à Munich24 février 1942 à Munich) est un homme politique allemand, un des fondateurs et leader du NSDAP de 1919 à 1921 mais rapidement évincé par Adolf Hitler.

Origines[modifier | modifier le code]

Anton Drexler est un bavarois nationaliste, il a travaillé comme régleur de machines avant de devenir serrurier à Berlin en 1902. À l'éclatement de la guerre en 1914, il est déclaré inapte au combat, ce qui lui sera reproché plus tard.

Son parcours politique avant la fondation du Deutsche Arbeiterpartei (en allemand : Parti ouvrier allemand) en 1919 est mal connu. Cependant, il apparaît, qu'avec la guerre, Drexler soit convaincu par les idées ultra-nationalistes de l'éphémère Parti allemand de la patrie (de) (DLVP)[1] dirigé par la « bourgeoisie monopoliste » et les junker conservateurs. Anton Drexler prend alors la direction à Munich d'organisations ouvrières destinées, sous l'impulsion des milieux nationalistes pangermanistes, à tenter de conquérir la classe ouvrière au nationalisme au détriment du marxisme.

L'activiste de droite[modifier | modifier le code]

Au début 1918, Anton Drexler crée à Munich le Freier Arbeiterausschuss für einen guten Frieden (Comité libre des travailleurs pour une paix juste), antenne locale du Comité libre pour une paix ouvrière allemande créé en 1916 par Wilhelm Wahl (dirigeant d'un comité d'usine Krupp) à Brême, en liaison avec les milieux pangermanistes[2]. Le Dr Paul Tafel (Ingénieur) (de) (nationaliste membre de la Société de Thulé et directeur de l'usine MAN) fait figure de mentor de Drexler.

En octobre 1918, Drexler fonde avec Karl Harrer, le Politischer Arbeiterzirkel, une sorte de club völkisch (dont les réunions comptent de trois à sept participants). C'est sur la demande pressante de Drexler et contre l'avis de Harrer que ce club sera finalement transformé en parti politique.

Le 5 janvier 1919, Anton Drexler fonde donc le Parti ouvrier allemand (Deutsche Arbeiterpartei DAP) avec Gottfried Feder, Dietrich Eckart et Karl Harrer qui prend la tête du parti. Drexler est nommé chef de la section munichoise. Lors de la première apparition d'Adolf Hitler à une réunion du DAP le 12 septembre 1919, Drexler, impressionné par ses talents oratoires, lui offre une petite brochure dont il est l'auteur : Mein politisches Erwachen. Aus dem Tagebuch eines deutschen sozialistischen Arbeiters (Mon réveil politique) publiée au début 1919. Hitler lira la brochure dès le lendemain et y trouvera beaucoup de similitudes entre son contenu et sa propre évolution douze ans plus tôt.

En octobre 1919, Adolf Hitler se joint au parti, ses talents d'orateur lui permettent de devenir directeur de la propagande. Au mois de décembre de la même année, les relations entre Hitler et Harrer sont tendues au sein du DAP. Le 5 janvier 1920, le président Harrer démissionne et Drexler lui succède à la tête du parti.

La création du NSDAP[modifier | modifier le code]

Hitler persuade[réf. nécessaire] Drexler que le DAP devrait changer son nom en Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) : c'est chose faite le 24 février 1920. Ensemble, ils ont rédigé le « programme en 25 points », déclaré « intangible » ensuite. Dans le programme, le parti refuse d'accepter les limites du traité de Versailles et réclame la réunification de tous les Allemands. Pour renforcer leurs idées nationalistes, l'égalité des droits devait être accordée seulement aux citoyens allemands.

Durant l'été 1921, profitant de l'absence d'Hitler en déplacement à Berlin pour assister à une réunion de nationalistes allemands, Drexler l'accuse de vouloir prendre les pleins pouvoirs au sein du NSDAP. En vain, puisqu'à son retour ce dernier l'accuse de diffamation. Au cours de l'automne 1921, Hitler prend la direction du parti et Drexler ne conserve qu'un poste honorifique. Il reste tout de même influent au sein de l'Ordre de Thulé[réf. nécessaire].

Suite au putsch de la brasserie en novembre 1923 auquel il ne participe pas, il est temporairement banni du parti, puis se présente au parlement bavarois en 1924 pour un autre parti, le Völkischen Block dont il est le vice-président jusqu'en 1928.

Alors qu'il purge sa peine de prison suite à la tentative de pusch (1924-1925), Hitler n'épargne pas Drexler.

« M. Drexler, alors président du groupe de Munich, était un simple ouvrier ; lui non plus n'existait pas comme orateur ; par ailleurs, il n'avait été soldat ni en temps de paix, ni en temps de guerre, en sorte que, déjà faible et hésitant dans toute sa personne, il lui manquait d'avoir été formé à la seule école qui sache transformer en hommes les êtres de nature délicate, dépourvus de confiance en soi. »

— Adolf Hitler, Mein Kampf, p. 355

De plus, il rajoute que Drexler n'était pas en mesure d'écarter efficacement les opposants politiques du NSDAP. En 1933, Drexler approuve l'arrivée d'Hitler au pouvoir et rentre au parti nazi. Il reçoit l'insigne nazi de l'Ordre du sang en 1934, mais il n'a aucune influence réelle et n'est utilisé que comme outil de propagande. Drexler meurt dans l'anonymat en 1942.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Présidence du DAP[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fatherland Party, sur le site First World War
  2. Kurt Gossweiler. Classe ouvrière et fascisme. Discours à la Conférence scientifique de la Commission des historiens d’URSS et de RDA à Kiev, 19-21 septembre 1978, publié primitivement dans le Bulletin du cercle de travail (Zweiter Weltkrieg) n° 1 — 4/ 1980, p 32-71. Traduction française pour le Séminaire communiste international "Impérialisme, fascisation et fascisme", à Bruxelles, les 2-4 mai 2000. Disponible en ligne www.wpb.be, consulté le 28 janvier 2007.

Annexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anton Drexler, Mein politisches Erwachen. Aus dem Tagebuch eines deutschen sozialistischen Arbeiters, Munich, 1919