Antoine d'Orléans (1775-1807)

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Le duc de Montpensier, portrait par Amédée Faure, Versailles, Musée national des Châteaux et Trianons.

Louis Antoine Philippe d’Orléans, duc de Montpensier — simplement appelé Antoine d’Orléans —, né au Palais-Royal à Paris le 3 juillet 1775 et mort à Salthill (Angleterre) le 18 mai 1807, est un fils cadet de Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), duc de Chartres (1747-1785) puis duc d’Orléans (1785-1792), futur Philippe Égalité, et de la duchesse née Marie-Adélaïde de Bourbon. Il appartient à la maison capétienne d’Orléans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Philippe d'Orléans est né au Palais-Royal à Paris le et il est ondoyé le même jour par Jean-Baptiste Talon, aumônier du duc d'Orléans, en présence de Jean-Jacques Poupart, curé de l'église Saint-Eustache à Paris et confesseur du roi[1].

Le , Antoine Philippe d'Orléans est baptisé, le même jour que son frère Louis Philippe d'Orléans, dans la chapelle royale du château de Versailles par l'évêque de Metz Louis-Joseph de Montmorency-Laval en présence d'Aphrodise Jacob, curé de l'église Notre-Dame de Versailles : comme pour son frère Louis Philippe, son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[2].

Il est élevé avec son frère aîné, Louis-Philippe, duc de Chartres puis duc d'Orléans (1793), futur roi des Français, avec qui il est uni par une profonde affection. Ils ne seront séparés que pendant la Terreur et les événements qui s'ensuivront, entre 1793 et 1797.

En 1791, il est nommé sous-lieutenant dans le régiment de son frère, alors duc de Chartres, dit le « Général Égalité », en qualité d'aide de camp. Il est nommé adjudant général avant la bataille de Jemmapes, à laquelle il participe comme son frère. À Paris au moment du procès de Louis XVI, il tente, mais sans succès, de convaincre son père de ne pas voter la mort du roi. Alors adjudant général à l'armée du Var, il est décrété d'arrestation en même temps que tous les Bourbons en avril 1793 et incarcéré au fort Saint-Jean à Marseille.

Durant son emprisonnement, il contracte la tuberculose qui finira par l'emporter. Il a également un fils naturel, Jean-Antoine Philippe Dentend (1797-1858), qui deviendra le notaire de la maison d'Orléans (à ce titre, il est chargé de rédiger l'acte de donation des biens personnels de Louis-Philippe à ses enfants juste avant son accession au trône en 1830 : V. l'article Biens de la maison d'Orléans). Le 13 fructidor an IV (30 août 1796), le Directoire décide enfin son élargissement et ordonne qu'il soit transféré à Philadelphie où le chargé d'affaire de la République française aux États-Unis doit lui verser une pension annuelle de 15 000 francs. Il s'embarque le 5 novembre 1796.

En février 1797, accompagné de son frère le comte de Beaujolais, il rejoint son frère aîné à Philadelphie. Pendant deux années, ils voyagent en Nouvelle-Angleterre, dans la région des Grands Lacs et le Mississippi. Ils rentrent en Europe en 1800 et s'installent en Angleterre à Twickenham (Highshot House, Crown Road, immeuble détruit en 1927).

En 1807, la tuberculose pulmonaire qu'il avait contractée, tout comme le comte de Beaujolais, connait une aggravation. Le duc d'Orléans veut alors l'emmener dans le Devonshire pour qu'il y bénéficie du bon air mais à douze miles de Twickenham, ils doivent s'arrêter dans une auberge à Salthill (près de Windsor). Il a une crise d'étouffement, refuse l'éther qu'on veut lui administrer, murmure à l'adresse de son frère : « Give me your hand, I thought I was dying » (« Donne-moi ta main, j'ai cru que je mourais ») et expire.

Louis-Philippe fait célébrer un service funèbre à la chapelle catholique de King Street à Londres, auquel Monsieur assiste, et obtient, grâce à Edward Augustus, duc de Kent et Strathearn, que son frère ait une sépulture à l'abbaye de Westminster.

Une rue de Paris porte son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Relation de la captivité de S. A. S. Mgr le duc de Montpensier, pendant les années 1793, 1794, 1795 et 1796, écrite par lui-même, Twickenham, Imprimerie de G. White, 1816
  • Mémoires de S. A. S. Louis-Antoine-Philippe d'Orléans, duc de Montpensier, Paris, Baudouin frères, 1824texte sur Gallica

Activité picturale[modifier | modifier le code]

  • Élève du peintre Myris, Antoine-Philippe d'Orléans s'adonna à la peinture, et à la lithographie sous la conduite de Philippe André.

On connaît de lui:

  • Portrait de Symonds mendiant de Kingston sur la Tamise, tableau peint en 1804, conservé de nos jours au musée Condé à Chantilly.
  • Paysage d'imagination, tableau peint en 1805, idem[3].
  • D'autre part le roi Louis-Philippe conservait dans sa collection personnelle cinq autres peintures.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les registres paroissiaux de Paris ayant disparu en 1871 pendant les incendies de la Commune de Paris, cette indication se trouve dans l'acte de baptême du 12 mai 1788, Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  2. Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  3. Voir les reproductions et l'historique sur la base Joconde.