Antoine Redier (écrivain)

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Antoine Redier

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Antoine Redier en 1921.

Naissance 7 juillet 1873
Meudon
Décès 27 juillet 1954
Paris, France
Profession

Antoine Redier, né le 7 juillet 1873 à Meudon et mort le 27 juillet 1954 à Paris, est un écrivain, essayiste, romancier et éditeur français.

On lui doit de nombreux romans tels que Méditations dans la tranchée ou la Guerre des femmes, tous deux couronnés par l'Académie française. Il fit partie du monde de l'édition et dirigea un temps La Revue française dont Jean Maxence était le rédacteur en chef[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Redier

Antoine-Jean-Louis Redier est né à Meudon en 1873. Il est l'aîné de huit enfants, fruits de l'union de Jean Redier (fils de l'horloger et inventeur Antonin Redier) et de son épouse Anna Thubert.

Ancien combattant[modifier | modifier le code]

Ayant pris part à la Première Guerre mondiale comme lieutenant d'infanterie de réserve affecté au service d'information, il est décoré de la Légion d'honneur et de la croix de guerre[2].

Membre de l'Association des écrivains combattants et du comité directeur de la Ligue des chefs de section de Binet-Valmer[3], il tente de créer avec Pierre Fournier une autre association de vétérans en 1922. Intitulée « Légion des combattants français », elle est conçue comme un « organe de représentation » des anciens combattants, notamment auprès de ses homologues de l'American Legion et de la British Legion. Cette « Légion française », qui prétend regrouper l'ensemble des organisations d'anciens combattants, dont l'Union nationale des combattants (UNC) et l'Union fédérale des mutilés (UF), est cependant âprement critiquée par le dirigeant de cette dernière fédération, Henri Pichot, qui y voit plutôt une nouvelle cause de divisions[4].

En 1934, Antoine Redier épouse Marie-Léonie Vanhoutte, héroïne de guerre décorée de la Légion d'honneur qu'il avait évoquée, aux côtés de Louise de Bettignies, dans La Guerre des femmes[2].

Militant politique[modifier | modifier le code]

Redier s'engage tout d'abord à l'Action libérale populaire, un parti républicain mais clérical dédié à la défense des intérêts et des valeurs de l’Église catholique. En 1906, alors qu'il dirige à Guéret Le Messager de la Creuse tout en collaborant au Correspondant[5], il se présente aux élections législatives : avec 2.380 voix, il arrive en troisième position derrière les radicaux rivaux Berton (2.911 voix) et Defumade (17.057)[6]. En mai 1908, il est élu conseiller municipal de Guéret. Invalidé, il est réélu au mois de septembre suivant[7].

Catholique et conservateur, Redier manifeste également des opinions antimaçonniques. Selon Roger Mennevée, il aurait notamment fait partie d'un « comité d'études des questions maçonniques » actif à la veille des élections législatives de 1924, aux côtés de personnalités de droite telles que l'abbé Bergey, le général de Castelnau, Louis Guibal, le comte Jean de Leusse, Jacques Marcellot, le docteur Oberkirch, Henry Reverdy et le comte Édouard de Warren[8].

La Légion[modifier | modifier le code]

En août 1924[9], quelques semaines après la victoire électorale du Cartel des gauches, Redier lance une ligue politique, la Légion.

Opposée au Cartel, son objet est de « rassembler pour une action politique, sous la direction d'anciens combattants de la guerre de 1914, toux ceux qui veulent que la France recueille les fruits de sa victoire »[10]. Visant ouvertement la conquête du pouvoir, elle prône la « fermeté à l'extérieur », une « politique d'économies et de prévoyance [...] sans doute incompatible avec nos mœurs parlementaires », le rétablissement de la religion « au rang qui lui revient dans une société ordonnée » ainsi qu'une « rénovation familiale » sous l'autorité des chefs de famille[10].

Patriarcale, nationaliste, antiparlementaire et conservatrice, la Légion se situe ainsi clairement à l'extrême droite, mais sa référence au fascisme italien est ambiguë. En effet, si Redier avoue vouloir « faire le faisceau des nationaux », il nuance aussitôt cette expression : « Nous sommes [...] en France, pas en Italie »[10].

Cette nouvelle ligue, dont l'organisation est entourée de mystère, est surtout présente en Savoie, en Bretagne et dans la région lyonnaise[11], ses effectifs étant estimés à 10.000 adhérents[9]. Son journal, édité par Redier, est une feuille hebdomadaire intitulée Le Rassemblement[9].

Le 1er juillet 1925, à la suite de l'affrontement de la rue Damrémont au cours duquel plusieurs ligueurs nationalistes ont été tués par des militants communistes, la Légion fusionne avec une organisation mieux implantée à Paris, les Jeunesses patriotes (JP). Le délégué général des JP, André de Neufville-Gounelle, devient également celui de la Légion[12]. Mais le vice-président Redier et plusieurs de ses partisans (comme Guéguen, de Rouen, ou Auguste Lajonchère, de Lyon)[9] entrent bientôt en désaccord avec le président, Taittinger, qu'ils jugent trop modéré. En décembre de la même année, ils quittent donc les JP pour rejoindre le Faisceau de Georges Valois[11].

Principaux écrits[modifier | modifier le code]

  • Méditations dans la tranchée Couronné par l'Académie française, 1916
  • Pierrette, Roman, 1917
  • Le Mariage de Lison, Roman, 1918
  • Le Capitaine, Dialogue sur le commandement, 1919
  • Léone, Roman, 1920
  • La Guerre des femmes, Histoire de Louise de Bettignies et de Léonie Vanhoutte épouse d'Antoine Rédier[13], couronné par l'Académie Française et dont sera tiré le film Sœurs d'armes de Léon Poirier en 1937
  • Comme disait M. de Tocqueville, essai, 1925 [lire en ligne]
  • La Vraie Vie de St Vincent de Paul, Grasset, 1926
  • Mes garçons et vos filles, discussion sur l'éducation, 1927 chez Grasset
  • Zita, Princesse de la Paix L'histoire de Zita de Bourbon Parme, librairie de la Revue Française, 1931
  • Ce que l'on appelle le monde, essai sur les mœurs du temps présent, 1932
  • L'Évêque des Anthropophages Vie de Mgr Augouard, 1933
  • La Tragédie du Danube, 1935
  • L'Angoisse des filles, roman, Plon, 1935
  • Hélène Boucher, jeune fille française, éd. Flammarion, 1935, préface du général Victor Denain, ministre de l'Air, 246 p. 
  • Les Allemands dans nos maisons, 1937, Flammarion
  • Les Aumôniers militaires français. Les prêtres chez les soldats depuis Tolbiac. Flammarion, 1940

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire général des lettres, Paris, 1932, p. 267.
  2. a et b Le Matin, 20 juillet 1934, p. 2.
  3. Journal des mutilés et réformés, 19 novembre 1921, p. 1.
  4. Henri Pichot, « La Légion française », La France mutilée, bulletin de l'Union fédérale des associations françaises, 30 juillet 1922, p. 2.
  5. Le Correspondant, 1907, p. 382.
  6. Jean El Gammal et Pascal Plas (dir.), Dictionnaire des parlementaires du Limousin sous la Troisième République, t. I (Creuse), Presses universitaires de Limoges, 2001, p. 39.
  7. « La Franc-maçonnerie battue », La Croix, 11 septembre 1908, p. 2.
  8. Roger Mennevée, « L'organisation anti-maçonnique en France » (4e article), Documents politiques, diplomatiques et financiers, octobre 1927, p. 382.
  9. a, b, c et d Allen Douglas, From Fascism to Libertarian Communism : Georges Valois Against the Third Republic, University of California Press, 1992, p. 101-102.
  10. a, b et c Antoine Redier, « Lettre ouverte à Louis Latzarus », La Revue hebdomadaire, 18 octobre 1924, p. 365.
  11. a et b « Le programme politique et social des J.P. », Le Populaire, 26 décembre 1934, p. 1.
  12. « Un appel des "Jeunesses patriotes" et de "La Légion" », Le Gaulois, 2 juillet 1925, p. 1.
  13. La Voix du Nord, 19 mai 2013.