Antoine Parent

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Antoine Parent (1660-1726[1]) était un mathématicien et physicien français, né et mort à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parent eut comme unique tuteur un prêtre, Antoine Mallet[2], oncle de sa mère, qui lui transmit sa piété et lui inculqua le sens de la frugalité[3]. En mathématiques, Parent n'eut aucun maître. On lui donna des livres, qui ne comportaient pas de démonstrations ; il s'en fit. À treize ans, raconte Fontenelle dans son Éloge de Parent[2], « il avait rempli d'une espèce de commentaire toutes les marges d'un livre d'arithmétique ».

On l'envoya étudier le droit à Paris, ce qu'il fit par obéissance, et avec succès.

Ensuite, il se voua aux mathématiques. Il allait écouter La Hire et Sauveur au Collège royal[2]. Il prit des étudiants, auxquels il enseigna une matière très courue à l'époque, la théorie des fortifications, avant d'en avoir vu lui-même ; mais on lui donna l'occasion de faire, à titre de mathématicien, deux campagnes militaires.

« Il avait, dit toujours Fontenelle[2], un feu d'esprit qui dévorait tout et ce qu'il y a de plus rare cette ardeur si active n'était point volage ni aisée à lasser mais constante et infatigable. »

Ses contemporains le voyaient comme un homme austère, qui accordait trop peu de place aux civilités que la société exige, et sa réputation d'obscurité contribua à l'oubli relatif dans lequel il est tombé malgré une production importante.

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

Les travaux de Parent ont porté sur la géométrie analytique en trois dimensions, sur la théorie des fortifications etc.

Il contribua à la théorie des poutres en calculant la distribution des contraintes dans une poutre en flexion en fonction du moment fléchissant[4].

Il a, le premier, présenté le concept de contrainte de cisaillement, développé plus tard par Coulomb[5].

En 1700 il introduisit le concept d'angle de talus naturel[6].

Il a donné des mémoires à l'Académie et publié dans plusieurs journaux, dont le Journal des savants, le Journal de Trévoux et le Mercure.

Il recueillit ses œuvres en 1705 dans un ouvrage intitulé Recherches de mathématiques ou de physique, qui « reparut fort augmenté en 1713 » « en trois volumes in-12 fort épais »[2]. On lui doit également une Arithmétique théori-pratique parue en 1714[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates les plus probables.
  2. a, b, c, d, e et f Voir la section intitulée « Éloge de Parent » dans Fontenelle, Œuvres de Fontenelle précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages, t. I, Éloges, Paris, Salmon, Peytieux,‎ 1825 (lire en ligne), p. 354-360
  3. Il « vécut longtemps à Paris libre et heureux avec moins de deux cents livres de rente » Éphémérides politiques, littéraires et religieuses, éd. Le Normant et éd. H Nicolle, Paris, 1812. p. 259.
  4. (en) Roberto Ballarini, The Da Vinci-Euler-Bernoulli Beam Theory?, in Mechanical Engineering Magazine Online,‎ 18 avril 2003 (lire en ligne)
  5. Encyclopædia Britannica Online. Consulté le 18 septembre 2011.
  6. Otto Dziobek, Grundlagen der Mechanik, E.S. Mittler u. Sohn,‎ 1907, 345 p. (lire en ligne), p. 265.