Antoine Mégret d'Étigny

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Antoine Mégret d’Étigny, administrateur français, intendant de la généralité de Gascogne, Béarn et Navarre, né à Paris le 28 novembre 1719, mort à Auch le 24 août 1767.

Statue d'Antoine Mégret d’Étigny du sculpteur Gustave Adolphe Désiré Crauk faite en 1889 et située sur la place des Thermes à Luchon.
Statue d’Étigny située à Auch.


Biographie[modifier | modifier le code]

La famille d’Antoine Mégret d’Étigny appartient à la noblesse de robe.

La famille constitue ensuite une dynastie de grands commis d’État :

  • Le frère aîné d’Antoine Mégret d’Étigny fut d’abord maître des requêtes en 1722, intendant du commerce en 1733, puis intendant d’Auch en 1739-1742, avant de devenir intendant d’Alsace. Il mourut brutalement en pleine ascension en 1752, alors qu’il aurait pu devenir contrôleur général des finances.
  • Une de ses sœurs mourut brutalement également quelques mois seulement après son mariage.
  • Le frère cadet reprit de son père la recette générale d’Auvergne.

Antoine Mégret, seigneur d’Étigny, naquit le 28 novembre 1719, à Paris. Il s'est marié en 1744 à Françoise Thomas de Pange (1723-1789), fille aisée d’une noblesse de robe Lorraine. Il a eu trois enfants.

Ancien élève des Jésuites, il fut lui aussi maître des requêtes en 1744, et se maria avec Françoise Thomas de Pange, qui lui donna deux fils en 1746 et 1748 et une fille.

Il fut appelé en avril 1751 à l'intendance d'Auch et de Pau, introduisit dans la province qui lui était confiée d'importantes améliorations, malgré l'opposition des Parlements et des villes elles-mêmes (notamment le Parlement de Bordeaux et, dans une moindre mesure, de Toulouse).

Son action s’est caractérisée en particulier par l’amélioration du médiocre réseau routier de l’intendance. Il exploita au mieux les douze journées annuelles de corvées qui étaient dues pour l’entretien des routes, sans toutefois hésiter à confier les travaux les plus nécessaires à des entrepreneurs professionnels, aux frais des communautés redevables de la corvée, plutôt qu’à les distraire de leurs activités agricoles. Il était soucieux de productivité agricole pour éviter les disettes, fréquentes à cette époque. Il ne s’est d’ailleurs pas toujours fait rembourser les nombreuses avances faites sur sa cassette personnelle et qui ont ensuite causé sa ruine.

Il fit aussi beaucoup pour l’exploitation des forêts de haute montagne, les voies navigables, les forges, le développement du thermalisme et les carrières de marbre, le développement du commerce et la promotion de foires commerciales.

Il cherchait avant tout à développer la production agricole, en défrichant et en introduisant le maïs ; il se passionna aussi sans grande réussite pour la sériciculture, la création de nouveaux haras ou l’amélioration des ovins avec des Mérinos espagnols. Il poussa de son mieux les activités basiques de tuileries ou de minoteries, mais aussi les papeteries, faïenceries, entreprises textiles, tanneries.

D’Étigny fit en général preuve d’intégrité et de justice, réellement impartial, mais sachant faire preuve de souplesse pour se concilier les populations sur des points mineurs mais symboliques ; ainsi, par exemple, il accepta les courses de taureaux dans les rues (alors qu’elles avaient été interdites par le duc de Richelieu). Il prit l’initiative de rédiger un ensemble de règlements pour donner un réel statut aux juifs discriminés au Pays basque (avant d’être désavoué par l’administration royale). Catholique fervent, il fut d’abord instinctivement hostile aux protestants, avant de s’adoucir, et ce pourtant même après la révocation de l’édit de Nantes.

D’Étigny était contre les médecins communaux, institution pyrénéenne, qu’il jugeait une charge inutile, qui, selon lui, ne profitait pas effectivement aux plus nécessiteux. En termes de santé publique, son action fut limitée. Le développement du thermalisme avait plus un but économique que de santé.

De même, il était contre l’instruction du peuple, qu’il pensait anti-productive en risquant de détourner des bras des champs pour les jeter comme des déracinés vers les villes. Pour les mêmes raisons, il n’encourageait pas du tout l’enseignement du français et trouvait en revanche suffisant de se contenter de faire seulement le catéchisme en gascon.

Il fit embellir plusieurs des villes de son intendance. Il fit exécuter, en grande partie en avançant lui-même les sommes, 200 lieues de routes (800 kilomètres).

Étigny avait la réputation d’être particulièrement présent dans son intendance, qu’il parcourait inlassablement à cheval. Plusieurs anecdotes retracent sa présence sur un chantier au petit matin, dans le froid, attendant patiemment ses interlocuteurs en retard, après avoir lui-même chevauché plusieurs heures et avoir assumé d’harassantes mondanités la veille au soir.

Dans son action, il a également froissé de nombreux personnages haut placés, qui ont pu lui nuire ensuite, alors qu’il pouvait à l’occasion être sensible à la misère de ses administrés et fréquemment choisir d’adoucir leurs sanctions.

Descendance d'Antoine Mégret[modifier | modifier le code]

  • Antoine Mégret, seigneur d’Étigny
    • Françoise Marguerite Mégret d'Étigny (1743-1776), mariée au comte de Crenolle,
    • Antoine Jean-François Mégret de Sérilly (13 septembre 1746-10 mai 1794), maître des requêtes en 1779, trésorier général de l'extraordinaire des guerres en 1782, guillotiné en même temps que son frère et que Madame Élisabeth. Il avait épousé en 1779 sa cousine Anne-Louise de Domangeville (qui se remariera avec François Thomas de Pange). De cette union, sont nés quatre enfants :
      • Armand François Mégret d'Étigny (1780-1827) a été auditeur au Conseil d'État en 1810, puis nommé par décret du 3 octobre 1811, sous-préfet d'Auch. Il démissionne le 20 mai 1815.
      • Antoinette Marie Marguerite Aline Mégret d'Étigny (1782)
      • Antoine Mégret d'Étigny (1784) épouse le 1ermars 1813 Olympe Marine de Peytes de Montcabrier, fille de François Henri, comte de Peytes de Montcabrier et de Rosalie du Mas de Lamarche
      • Anne François Victor Mégret d'Étigny (1789-1831), polytechnicien, lieutenant-colonel d'artillerie épouse en 1814 Clotilde Rosalie de Peytes de Montcabrier, fille de François Henri, comte de Peytes de Montcabrier et de Rosalie du Mas de Lamarche, sœur de la précédente.
    • Antoine Jean-Marie Mégret d'Étigny, né en 1748, mort sur l'échafaud le 10 mai 1794. Il a été officier au régiment des Gardes françaises, puis aide-major général à l'armée des Flandres.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

À partir de 1756, il s’appuya à la subdélégation de Pau sur Jean de Sallenave, avocat palois, qui lui avait été peut-être trop chaudement recommandé et qu’il avait d’abord récusé, s'en méfiant. Son prédécesseur l'Intendant Aligre de Bois-Landry (1749-1751) - qui l’avait lui-même hérité de son prédécesseur l'intendant Caze de la Bove (1744-1749) - avait d’ailleurs fini par le renvoyer.

Genain fut donc un premier secrétaire efficace jusqu’en mars 1763, mais il finit par le remplacer par Sallenave.

Celui-ci assuma de plus en plus de responsabilités et assura même fidèlement l’intérim d’Étigny pendant sa période de disgrâce de 1765, puis après sa mort en 1767. Il poursuivit d’ailleurs sa carrière auprès des intendants d’Aine (1768-1774) et de la Boullaye (1776-1782).

Le subdélégué d’Auch, Jean Baptiste Joseph Daignan, en poste depuis plusieurs décennies à l’arrivée d’Étigny, fut renvoyé pendant l’été 1752 pour une désobéissance, ayant cherché à protéger le fils d’un notable. Il fut remplacé par le baron de Seissan de Marignan.

Une trentaine de subdélégués, généralement des magistrats, relayaient localement l’action de l’intendant. Ils étaient exemptés d’impôts et rémunérés au coup par coup par vacations. Ils devaient donc tout à l’intendant qui savait leur obtenir des faveurs s’ils le méritaient. Ils devaient préparer des rapports et s’assurer de l’avancement des projets, même s’ils s’opposaient parfois aux autres autorités locales. L’intendant n’échappa pas lui-même à la haine tenace du parlement de Bordeaux, qui finit par avoir raison de lui.

Avec naïveté, Étigny appuya des remontrances au roi du parlement de Béarn, avec qui il entretenait de bien meilleures relations, comme celui de Toulouse, qu’avec celui de Bordeaux. Le 27 mai 1765, on le rappela impérativement à Paris. Avec quelques arrestations, l’envoi d’un régiment de Beauffremont, l’activité diplomatique d’un Sallenave, la situation conflictuelle en Béarn fut rétablie, ce qui permit à d’Étigny de plaider sa justification au Roi et de reprendre ses fonctions. Son retour après un exil forcé avait renforcé son image localement et il bénéficia de nombreuses marques chaleureuses de popularité.

Mais sa santé se délabrait rapidement et il mourut en quelques mois, à l'âge de 47 ans, le 24 août 1767, à Auch.

Sa mémoire sera ensuite saluée aussi bien par les révolutionnaires, le Consulat, l’Empire que la Restauration.

"Je n'ai jamais eu en vue que le service de mon maître et le bien public, et quoique j'ai dérangé très considérablement ma fortune dans cette province pour les objets qui lui sont utiles, je n'y ai aucun regret, parce que j'ai rempli mon inclination, et que je crois que ma mémoire y sera chérie" (dernière lettre du 12 août 1767) citée sur le monument à Luchon.

Luchon et d’Étigny[modifier | modifier le code]

Statue aux Allées d'Étigny, Auch.

En 1759, le baron Antoine Mégret d'Étigny commence par créer à Luchon, une route carrossable, à coups de corvées et d'expropriations. Il est obligé de faire appel à une compagnie de dragons pour tenir la population en respect, peu habituée à un traitement aussi autoritaire.

En 1761, il réorganisera les thermes et leur donnera les bases de leur futur essor.

En 1763, il fait venir prendre les eaux au maréchal, duc de Richelieu, qui reviendra en 1769 avec une grande partie de la cour. La station thermale est lancée ! Il développera également l'exploitation forestière, capitale pour fournir du bois pour la marine et du charbon de bois pour les forges.

On donnera à Luchon son nom à l'allée d’Étigny, principale artère de la ville, et une statue à son effigie y sera élevée en 1889. Elle se trouve toujours placée devant les Thermes.

Une autre statue, plus fidèle à la réalité, se trouve sur les allées d’Étigny à Auch.

Source[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Henri Pac, Luchon et son passé, Éditions Privat, 1984 (ISBN 2-7089-2385-4)
  • Maurice Bordes, Un grand serviteur de la Gascogne : l’intendant d’Étigny (1751-1767), Éditions Cocharaux, Auch 1957 et Fabbro, Montréjeau, 1981
  • Sous la direction de Georges Courtès, Le Gers. Dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours, p. 238-240, Société Archéologique et Historique du Gers, Auch, 1999 (ISBN 2-9505900-1-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]