Antoine Gruyer

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Antoine Gruyer
Image illustrative de l'article Antoine Gruyer

Naissance
Saint-Germain
Décès (à 48 ans)
Strasbourg
Origine Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 17921815
Commandement Haute-Saône
Distinctions Baron de l'Empire
commandeur de la Légion d'honneur
chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Aide de camp du prince Borghèse
Député de la Haute-Saône

Antoine, baron Gruyer, né le à Saint-Germain et mort à Strasbourg le , est un général d’Empire et homme politique français.

Campagnes de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Fils de Henry Gruyer, maréchal-ferrant et propriétaire, et de Thérèse Chotard, il terminait ses études à Besançon quand la Révolution éclata et s'engage alors à 18 ans, en 1792, au 6e bataillon de volontaires de la Haute-Saône dont il est élu capitaine. Il fait les campagnes de la Révolution française. Il est blessé à Fleurus, et se distingua surtout à l'armée d'Italie.

Campagnes napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Blessé et officier de la Légion d'honneur à Austerlitz, lieutenant-colonel des chasseurs à pied de la Garde impériale pendant les campagnes de Prusse et de Pologne, colonel et aide de camp du prince Borghèse en 1808. De 1808 à 1813 il est à Turin, car Borghèse est gouverneur général du Piémont et l'envoie à deux reprises en mission auprès du pape à Savone. En 1813, il rejoint l'armée impériale.

Le 6 octobre 1813, le baron Gruyer, nommé général de brigade le 23 février 1813, a deux chevaux tués sous lui en s'emparant du village d'Interbroch près de Tœplitz ; il occupait encore ce poste quand la retraite des 4e, 7e et 11e corps de la Grande Armée, le plaça dans la situation la plus critique. L'ennemi, fort de 40 000 hommes, vint se placer entre lui et les trois corps français ; néanmoins, conservant le plus grand sang-froid, il se mit en retraite, et quoique mitraillé par l'artillerie ennemie, il refusa de se rendre, marcha en carré, s'arrêtant de cent pas en cent pas afin de repousser six mille cavaliers qui le harcelaient. Cerné de toutes parts, ses quatre mille hommes n'avaient plus de munitions et étaient sur le point de se rendre, lorsque le général, qui avait eu trois chevaux tués sous lui, saisit un drapeau, ramène, par une courte allocution, le courage de sa troupe qui, la baïonnette en avant, parvient à se faire un passage. Pendant cette affaire, regardée comme l'une des plus glorieuses de la campagne, Gruyer avait perdu 1 800 hommes et soixante-trois officiers, tués blessés ou faits prisonniers. Blessé à Leipzig, cet officier général se rendit à Luce pour donner des soins à sa santé.

En 1814, Gruyer, à peine convalescent, se battit à Montmirail, à Château-Thierry, à Champaubert et à Montereau. Le 22 février, chargé d'attaquer Méry-sur-Seine, il pénétra dans la ville après un combat meurtrier qui dura de sept heures du matin à cinq heures du soir, et chassa l'ennemi du quartier situé sur la rive gauche. Le général Gruyer voulut profiter d'une victoire si chèrement achetée. Les Russes avaient incendié la ville, il s'empressa de faire jeter dans la rivière les poutres enflammées du pont auquel l'ennemi avait aussi mis le feu, et se disposait à passer la rivière sur celles qu'on avait pu conserver, lorsque l'Empereur, arrivant à Méry, le fit demander et lui dit : « Général, vous appréciez les circonstances, elles sont difficiles et méritent bien les beaux efforts que vous venez de faire ici, et vous êtes déjà récompensé par la bonne besogne que vous avez faite. »

Gruyer poursuivit aussitôt l'ennemi dans l'autre partie de la ville, où le combat recommença avec la même fureur. Un coup de fusil parti d'une croisée atteignit l'intrépide général, il n'en ordonna pas moins la charge en criant à ses soldats : « En avant ! l'Empereur m'a chargé de vous dire que vous avez fait de la bonne besogne ; camarades, achevez votre ouvrage. » Le baron Larrey reçut de l'Empereur l'ordre de panser Gruyer que trente grenadiers transportèrent jusqu'à Paris.

Première Restauration[modifier | modifier le code]

Nommé, en juillet 1814, sous la première Restauration, commandant du département de la Haute-Saône, il occupait ce poste à l'époque où le maréchal Ney, chargé de s'opposer au progrès de Napoléon Ier, arriva à Lons-le-Saunier (12 mars 1815).

Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Gruyer exécuta l'ordre du maréchal Ney qui lui enjoignait de proclamer le retour de l'Empereur et ne négligea rien pour maintenir la tranquillité publique. Il fut élu député de la Haute-Saône pendant les Cent-Jours mais ne siégea pas, préférant rejoindre l'armée.

Seconde Restauration[modifier | modifier le code]

Sous la Seconde Restauration, pensant être compris dans le décret de proscription pour s'être rallié à Napoléon avant le 23 mars, il se rendit à Paris espérant que son ami, le comte de Chabrol, pourrait plaider sa cause. Mais il apprit, le 3 décembre, que sa femme (et nièce, qu'il avait épousée en mars 1815 avec dispenses papale et royale) avait accouché d'un enfant mort. Il revint donc à Lure dans sa demeure du couvent des Capucins où il fut arrêté, le 30 décembre 1815, et emmené en secret à Strasbourg. Il fut condamné à mort, le 16 mai 1816, mais sa peine fut commuée en vingt ans de réclusion dans une prison (citadelle commandée par le colonel Biraque), et où sa femme partagea sa captivité.

Le général fut rendu à la liberté après vingt-huit mois de détention grâce à l'intervention du duc d'Angoulême et mourut quatre ans plus tard. Son fils Gilbert (né en prison durant l'hiver 1816) fit carrière comme trésorier-payeur général et receveur général des finances à Digne et à Montpellier (où, en 1871, il aida le jeune Scheurer-Kestner), puis fut envoyé par Gambetta établir une cartoucherie à Sète. Le fils de Gilbert, Raoul Gruyer (né à Digne en 1847), receveur des postes à Paris, fut fusillé comme communard le 23 mai 1871. Gilbert adopta un neveu de sa femme, Alfred Hervé, conseiller à la Cour des comptes et gendre du comte Murat, chef de la tige des barons Hervé-Gruyer.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]