Antoine Allard

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Le baron Antoine Allard, né à Bruxelles le 16 décembre 1907 et mort le 18 juin 1981 (à 73 ans), est un peintre et pacifiste belge, cofondateur d'Oxfam Belgique. Il est issu d'une famille de banquiers.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Second fils de Josse et Marie-Antoinette Calley Saint Paul de Sinçay et petit-fils de Victor Allard, Antoine Allard suit les cours de peinture d’Oswald Porreau. Ses études secondaires achevées au Collège Saint-Michel à Bruxelles, il se conforme à la volonté paternelle et s’inscrit à la faculté d’économie de Notre-Dame de la Paix à Namur. Mais en 1928, refusant l’avenir de banquier auquel son père le destine, il quitte la Belgique. Son père accepte finalement sa vocation artistique et Antoine Allard peut alors partir pour l’atelier munichois du professeur Heyman. Sa vie entière fut rythmée par des grands voyages sur tous les continents.

Mariage[modifier | modifier le code]

En mai 1935, il épouse Elena Schott, ancienne championne olympique de ski alpin d’origine italienne. Le couple part en voyage de noces en Palestine. Leur fille unique, Astrid, photographe d'art née en 1936, se mariera avec Alessandro Casana, fils du baron Renato Casana.

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en en 1939 son frère aîné Josse-Louis Allard mourut d'un cancer à 36 ans, Antoine Allard ne se déroba pas à ses obligations familiales, qu'il pensa toutefois pouvoir concilier avec son idéal humaniste. Arrivé en 1940 au Congo pour s’occuper des huit entreprises coloniales au sein desquelles il succéda à son frère, il chercha aussi à améliorer le sort des indigènes. Mais lorsqu'en 1952, la Société continentale de Construction dont il était administrateur signa un contrat de construction d’aérodromes militaires, il quitta le conseil d'administration avec fracas et décide d’abandonner progressivement ses autres mandats, la pratique des affaires lui paraissant incompatible avec la lutte qu'il désirait poursuivre. Aussi procéda-t-il en 1958 à la liquidation de la Banque Josse Allard.

Stop War[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que réformé par l'armée belge, Antoine Allard s'engagea dans la force publique au Congo belge. C'est durant ce séjour qu'il fut à l'origine d'un coup d'état avorté en faveur de Léopold III et placé en résidence surveillée dans sa propriété du Stanley Pool. Au grand soulagement des autorités coloniales, il finit par reprendre du service comme "War Artist" dans l'armée britannique et participa à la campagne d'Égypte. En 1945, alors qu'il était brancardier en Italie, il créa le mouvement pacifiste Stop War.

En 1936, sa participation au Congrès des Peuples à Genève et la fondation en Belgique d’un journal bilingue, Omroep, destiné à déjouer le séparatisme linguistique, témoignait déjà de son attachement à la paix. Devenu secrétaire des Fédéralistes mondiaux en 1946, il fonda les Commandos Non-violents de la Paix en 1948.

« Non violent aux passions violentes », il défendait aussi le droit à l'objection de conscience, s’opposait au réarmement de l’Allemagne et à la Communauté Européenne de Défense et militait en faveur du pacifisme dans des organisations diverses, telles que l’Union fédérale ou le Conseil mondial de la Paix (pro-soviétique) qu'il quitta en 1965 en raison de sa foi chrétienne.

Pacem in Terris et Oxfam[modifier | modifier le code]

Antoine Allard participa aux réunions Pacem in Terris en 1967 et en 1979.

Président du Belgian Committee for Promotion of International Trade en 1957, il créa en 1964 la section belge d'Oxfam qu'il présida jusqu'à sa mort, se mettant ainsi au service d’une économie plus respectueuse des petits producteurs du tiers monde. "Mon but n’est certainement pas de contribuer à la révolution mondiale, à la lutte des classes ou à un coup d’état par l’un ou l’autre régime. Mon but est de mettre la guerre hors la loi, d’offrir aux peuples la possibilité de se nourrir convenablement, de les aider à se relever et à vivre heureux".

Le mausolée Allard à Uccle

Ce personnage fascinant par plusieurs aspects, très intelligent avec une sorte de naïveté dans l'extrémisme, de gentillesse dans l’intransigeance politique, très doué dans l’art du dessin, et totalement désintéressé du monde matériel, aura eu une vie un peu à l’image de son épitaphe inscrite sur le mausolée Allard à Uccle : Rebelle par amour.

Le soir du 18 juin 1981, sortant de l’Assemblée générale d'Oxfam-Belgique, Antoine Allard tombe dans la rue. Ce soir-là, le président avait lancé son dernier appel : "Que les hommes qui aiment leurs enfants aiment aussi les enfants des autres et ne les bombardent pas". Antoine Allard est enterré dans le mausolée familial au cimetière du Dieweg à Uccle. Le Prix Dag Hammarskjold et le Prix Sean McBride lui seront décernés à titre posthume.

Elena Allard, décidée à continuer l'œuvre de son mari après sa disparition, joua un rôle décisif dans l'association, au sein du conseil d’administration et surtout parmi les bénévoles. Cette mission lui donna la force de survivre plus de 20 ans à la disparition de son époux. Elle est morte en novembre 2001.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Nous n'avons que 12 ans (1932),
  • Demander pardon aux morts (1938),
  • Révolution par amour (1948),
  • Ferveur. Essai d'application pratique de la doctrine chrétienne à la politique (1960),
  • Tolstoï avait prévu Oradour et Mylaï (1971),
  • Rebelle par amour (1974),
  • Désobéir pour vivre (1975),
  • Tue ou aide (1981).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • J. ADANT, "Le Baron Rouge ? Antoine Allard, de Stop-War à Oxfam", Charleroi, Couleur Livres, 2009
  • Centre de Recherche et d'information Socio-politiques (CRISP), Morphologie des groupes financiers, Bruxelles, 1962
  • Antoine Allard. Correspondant de paix. Croquis de voyage, Texte de Hamadi, Préface de Jacques de Grote, Administrateur du Fonds monétaire et de la Banque mondiale. Ed. de La Longue Vue, 1990, ISBN 2871210292
  • Oscar COOMANS DE BRACHÈNE, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2003, Bruxelles, 2003.
  • J. ADANT, Un baron rouge ? Les activités pacifistes d'Antoine Allard de 1945 à 1965, Brood & Rozen, 2004
  • Andries VAN DEN ABEELE, « Knokke en de Koude Oorlog », dans: Onder de Poldertorens, 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]


Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]