Antoine-Léonard Chézy

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Frontispice de la deuxième édition du Yadjnadattabadha, épisode du Râmâyana traduit par Antoine-Léonard Chézy (1826).

Antoine-Léonard Chézy, né le 15 janvier 1773 à Neuilly et mort du choléra le 31 août 1832, est un orientaliste français, connu surtout pour avoir traduit pour la première fois en français plusieurs classiques de la littérature sanskrite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'ingénieur et directeur de l'École des ponts et chaussées Antoine Chézy, il entame des études scientifiques, qu'il abandonne pour étudier les langues orientales. Outre le turc et l'hébreu, il apprend l'arabe et le persan auprès d'Antoine-Isaac Silvestre de Sacy et de Louis-Mathieu Langlès. Invité à se joindre aux savants qui accompagnent l'expédition d'Égypte en 1798, il tombe malade et doit y renoncer. Il trouve l'année suivante un emploi au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale. En 1803, il reçoit la visite du philosophe et sanskritiste allemand Friedrich Schlegel. Celui-ci est accompagné d’une journaliste et femme de lettres, Wilhelmine Christiane von Klenke, que Chézy épouse en 1805. Vers 1810, elle le quitte en emmenant avec elle leur deux fils. Elle conserve néanmoins le nom de Helmina von Chézy, sous lequel elle se fera connaître plus tard comme poétesse et librettiste.

Chézy, qui avait commencé à apprendre le sanskrit en autodidacte vers 1806, en étudiant des textes originaux au regard de leur traduction en anglais, publie en 1814 la traduction d’un épisode du Rāmāyana. La même année, il occupe la première chaire de sanskrit en Europe en devenant titulaire de la chaire de langue et la littérature sanskrites au Collège de France. L'année suivante, il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1822, il est l'un des fondateurs avec Abel-Rémusat, Lasteyrie du Saillant et Eugène Burnouf de la Société asiatique. En 1827, il succède à Langlès à la chaire de persan de l'École des langues orientales.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Remarqué tout d’abord pour sa traduction de Majnoun et Leila du poète persan Djami, Antoine-Léonard Chézy s’est surtout illustré par ses traductions du sanskrit, en particulier celle du chef d'œuvre de Kâlidâsa intitulé Abhijñānaśākuntalam ou La Reconnaissance de Shakuntalâ, publié en 1830. Flaubert, à qui Maxime du Camp en avait procuré un exemplaire, projeta d’en tirer un drame, auquel il travailla pendant plus d’un an avant de le délaisser au profit de La Tentation de saint Antoine. Théophile Gautier y puisa pour écrire le livret de son ballet, L'Anneau de Çakountala, paru en 1858.

Ajoutée à celle de ses publications savantes et littéraires, l’importance de Chézy a été d’établir en France l’étude du sanskrit. Il a lui-même largement contribué à ce travail d’enseignement en formant de nombreux élèves, parmi lesquels Eugène Burnouf, Alexandre Langlois, Jean Loiseleur-Deslongchamps et Christian Lassen.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

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  • Extraits du Livre des merveilles de la nature et des singularités des choses créées, par Mohammed ben Mohammed Kazwini (1805). Traduit de l'arabe.
  • Medjnoun et Leïla, poème traduit du persan de Djâmy (1807)
  • Yadjnadatta-badha, ou la Mort d'Yadjnadatta, épisode extrait et traduit du Râmâyana, poème épique sanskrit (1814)
  • Analyse du Mégha-Doûtah, poème sanskrit de Kâlidâsa (1817)
  • Théorie du Sloka, ou Mètre héroïque sanskrit (1827)
  • La Reconnaissance de Sacountala, drame sanscrit et pracrit de Calidasa, publié pour la première fois, en original, sur un manuscrit unique de la Bibliothèque du roi, accompagné d'une traduction française (1830)
  • Amaruśatakasāraḥ. Anthologie érotique d'Amarou. Texte sanscrit, traduction, notes et gloses (1831)