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Antisionisme

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L'antisionisme (ou anti-sionisme) désigne historiquement l'opposition au projet sioniste[1] d'établissement d'un foyer national juif en Palestine. Il apparaît d'une part parmi les dirigeants traditionalistes juifs pour des raisons religieuses ou par crainte des Juifs assimiliationistes que « cela mette en danger leur statut et que cela soit perçu comme une marque de déloyauté envers leur pays d'origine »[2] et d'autre part parmi les dirigeants arabes de Palestine et certains officiers britanniques quand la Grande-Bretagne obtient de la société des Nations un mandat pour administrer le pays[3],[4]. Outre l'opposition politique, l'antisionisme arabe de l'époque se manifeste par la Grande Révolte arabe de 1936-1939 organisée par Mohammed Amin al-Husseini puis par la Guerre israélo-arabe de 1948. L'antisionisme juif est moins important et d'origine religieuse. Il se réduit fortement à partir de 1921 avec la nomination au grand rabbinat d'Eretz Israel du rabbin Abraham Isaac Kook pour disparaître presque totalement après la Shoah, la Résolution 181 de l'ONU du 30 novembre 1947 qui prévoit le Plan de partage de la Palestine et l'établissement d'un État juif, Israël, que les Arabes tentèrent vainement d'empêcher lors de la guerre de 1948 et qui traduisent l'aboutissement du projet sioniste originel.

Après 1948, l'enlisement du conflit israélo-arabe puis l'absence de solution politique avec les Palestiniens, l'annexion de Jérusalem-Est et la politique de colonisation ont favorisé l'intensification de l'antisionisme dans le monde arabe. En Israël même, cette situation a engendré l'apparition des mouvements néosioniste et postsioniste, tous deux en opposition avec le « sionisme séculaire » des « pères fondateurs » mais pas nécessairement antisionistes[5],[6]. L'antisionisme est parfois invoqué comme un échappatoire pour voiler une nouvelle forme d'antisémitisme. Mais cette accusation est elle-même dénoncée comme une manipulation visant à empêcher toute critique d'Israël et du sionisme.

L'antisionisme contemporain est présent principalement dans le monde arabo-musulman où il s'exprime par la volonté de détruire l’État d’Israël. Pendant la guerre froide, il s'est développé dans les pays du bloc de l'Est et du tiers-monde, alliés traditionnels des pays arabes. Après la guerre de 1967 et les conquêtes territoriales israéliennes et en parallèle avec la médiatisation de la cause palestinienne, cette tendance s'est développé en Occident parmi les mouvements radicaux d’extrême gauche, d’extrême droite ainsi que des organisations pro-palestiniennes se revendiquant comme juives et des factions du judaïsme ultra orthodoxe comme les Netourei Karta et les milieux antisémites et négationnistes.

Notion d'antisionisme contemporain

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En théorie, l'antisionisme traduit l'opposition à l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. Toutefois, après 1948 et la fondation de l'État d'Israël et en particulier après la Guerre des 6 jours et la Première Intifada, la situation géopolitique est devenue plus complexe, générant l'apparition de nouveaux mouvements tels que le néosionisme, le postsionisme, le « sionisme traditionnel » dit des « Pères fondateurs » ou encore le non-sionisme. Dans ce contexte, les notions de sionisme et d'antisionisme ont évolué. Aujourd'hui, les personnes qui se revendiquent antisionistes justifient leur point de vue par un ou plusieurs des éléments suivants :

  • une opposition idéologique de principe à Israël ou à la politique israélienne de manière générale[7], selon le point de vue qu'Israël serait responsable de la situation et des conflits au Moyen-Orient. Ce sentiment est apparu en particulier dans le contexte de la guerre froide dont le Moyen-Orient a été un théâtre de confrontation et suite aux résolutions défavorables à Israël adoptées par le Conseil de Sécurité de l'ONU[8],[9] ;
  • l'opposition à la politique de colonisation des territoires palestiniens occupés[7] selon le point de vue qu'Israël et certains groupements se revendiquant du sionisme y appliqueraient une politique expansionniste dans la perpétuation du projet sioniste[10]. Certains de ceux qui s'opposent à la colonisation rejettent cependant le qualificatif d'antisionistes, car ils ne s'opposent qu'à cet aspect qui à lui seul n'est pas assimilable au sionisme qui ne demande pas l'expansion d'Israël[11]. Pour Alexis Rosenbaum, il s'agit d'une acception récente et assez abusive du terme « antisionisme »[12].
  • la condamnation de la situation des Arabes israéliens et des Palestiniens pour lesquels certains estiment, à tort ou à raison, qu'ils subissent des discriminations[8], parfois jugées proches de l'apartheid[13], voire qu'on perpètre à leur encontre des crimes de guerres[14] et ce, parce que le projet sioniste serait par essence raciste[15] ;
  • nonobstant la situation des populations non juives, l'opposition au caractère juif voulu par le sionisme de l'État d'Israël selon le point de vue que ce principe, qui est à la base du sionisme, ne serait pas laïque et démocratique, mais religieux ou racial[16] ;
  • dans le monde musulman, l'opposition à l'occupation de Jérusalem et d'autres lieux saints de l'Islam par Israël ou par des juifs[17],[18] ;
  • l'opposition à l'existence d'Israël en tant qu'État, ce qui est le but principal du sionisme, selon le point de vue que seul un État binational recouvrant toute l'ancienne Palestine historique serait légitime ou pourrait apporter des solutions au conflit israélo-palestinien[19], ce qui est contraire au fondement même du sionisme[20] ;
  • l'opposition au droit à l'existence même d'Israël ou d'un État juif, souvent dénommé entité sioniste dans ce contexte et selon le point de vue que le sionisme ne serait en rien légitime et qu'il aurait spolié les Arabes palestiniens de leur pays[21]. L'opposition peut alors aller jusqu'à réclamer l'anéantissement militaire d'Israël[22]. Cette opposition à Israël peut même dégénérer en antisémitisme comme l'avait craint Habib Bourguiba dès 1965 : « Dans le cas de la Palestine, cette haine conduit à confondre l'antisionisme avec l'antisémitisme ce qui engendre [...] un fanatisme qui sera dangereux le jour où il faudra négocier  »[23]. Ce thème est repris en 2014 par le grand rabbin de France Haïm Korsia : « l'antisionisme a les mêmes habits que l'antisémitisme. (...) Si c'était vraiment lié à l'actualité internationale, on aurait vu des gens manifester à Paris contre ce qui se passe en Syrie ou des massacres de populations dans le monde. Mais non, ce qui s'exprime c'est l'obsession anti-israélienne et antisémite. Une haine qui se manifeste au quotidien même quand il n'y a pas de guerre : des jeunes juifs sont frappés dans le métro, dans la rue… »[24].

Histoire

Avant la création de l'État d'Israël

Antisionisme des ultra-orthodoxes juifs

À la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, une majorité des juifs orthodoxes n'adhèrent pas au sionisme, voire lui est hostile[25], ou encore comme « une critique du sionisme ». L'hostilité des orthodoxes était justifiée par une interprétation théologique selon laquelle « la venue du Messie » est une condition pour retourner vers la « Terre d’Israël » Cependant, le sionisme trouve son défenseur en la personne du rabbin orthodoxe Abraham Isaac Kook qui articule une synthèse entre sionisme et tradition.

Les nouvelles institutions juives essentiellement socialistes et laïques sont alors mal perçues par les Juifs orthodoxes de Palestine. Selon Maurice Kriegel [26], ils appelèrent « à rompre toute relation, au prix même de déchirement des liens familiaux, avec quiconque appartient à la collectivité juive régie par les nouvelles institutions sionistes ». Leur opposition au sionisme relève principalement de raisons religieuses qu'ils considèrent comme opposées au caractère laïc, socialiste et démocratique du sionisme moderne qu'ils accusent de « détourner les Juifs du judaïsme et de corrompre leur âme »[27]. Leurs contacts avec les Juifs de la première et la deuxième vague d'immigration sont quasi inexistants. L'Ancien Yishouv parle alors de « lutte contre le sionisme lorsque celui-ci grandit jusqu'à envahir la Terre sainte »[28].

Les tentatives des représentants de l'immigration sioniste, dont Haïm Weizmann, de représenter l'ensemble des Juifs de Palestine amènent alors des tensions. Les autorités rabbiniques des Juifs palestiniens sont divisées sur les fonds apportés par l'Organisation sioniste mondiale aux yeshivot. En 1921, une assemblée crée une structure rabbinique destinée à unifier celles résultant de la présence ottomane, sous la forme de deux postes de grands rabbins, un ashkénaze et un séfarade. Mais les tensions renaissent alors avec la nomination du premier grand rabbin ashkénaze, le rabbin Abraham Isaac Kook favorable aux institutions sionistes. Le mouvement orthodoxe fondé en 1912, l'Agoudat Israel, refuse alors d'entretenir des rapports avec le Jewish National Council (en) créé par les représentants sionistes[29]. Selon l'Agoudat Israel, les Juifs pieux ne peuvent pas collaborer avec le Conseil qui aurait émis « une proclamation solennelle qui dépose Dieu et la Torah comme souverains de la nation juive »[30].

En février 1924, le rabbin Sonnenfeld soumet un mémorandum au roi Hussein, pour avoir les garanties que les Juifs orthodoxes seront légitimement consultés sur l'avenir de la Palestine. Des garanties de coexistence pacifique sont alors apportées dans le texte : « Nous assurons Sa Majesté que la population juive se rapporte à ses voisins avec une harmonie fraternelle partout où elle existe, et en Terre sainte également nous allons nous conformer à cette tradition et collaborer dans le futur avec tous les habitants dans la construction et la prospérité de la terre pour une bénédiction et une paix pour tous les groupes ethniques »[31].

Cependant, à partir des années 1930, les difficultés à trouver une terre d'accueil, pour les Juifs d'Europe persécutés et contraints à l'exil, les amènent à revoir leur position critique vis-à-vis du sionisme et du projet d'édification de l'État juif. Ils entament alors des pourparlers avec les partis sionistes pour organiser l'immigration. Ainsi Isaac Breuer, l'un des principaux dirigeants du parti religieux Agoudah, jusqu'alors adversaire du projet sioniste, crée le mouvement Poalei Agoudat Israël, dont la plupart des membres partent pour la Palestine. Mais des communautés ultra-orthodoxes refusent de partager le projet sioniste, politique, et créent un groupe à part, le Edah Aredit, littéralement les « Craignants Dieu » dont le centre est à Jérusalem[32].

À partir des années 1930, conséquence des persécutions des juifs en Europe, les mouvements orthodoxes se rallient aux thèses sionistes, un grand nombre de Haredim y restent opposés[33].

Antisionisme de l'extrême-gauche juive

Parmi les organisations sociales-démocrates, socialistes et communistes du Yiddishland, certains, comme le Bund (Union générale des travailleurs juifs), le Parti social-démocrate juif de Galicie, le Folksgrupe de Russie n'étaient pas sionistes, voire s'opposaient politiquement au sionisme[34],[35]. En Pologne, le Folkspartei (en yiddish: Yidishe folkspartay), tout en souhaitant une autonomie nationale et culturelle des Juifs, ne l'envisageait pas comme impliquant le déracinement d'un départ vers la Palestine. L'Alliance israélite universelle, organisation française, républicaine et patriote, est connue avant-guerre pour son antisionisme, positions qu'elle nuance après 1945 [36].

Selon le militant antisioniste israélien d'extrême gauche Michel Warschawski, « L’antisionisme a toujours été perçu comme une position politique parmi d’autres, qui plus est, hégémonique dans le monde juif pendant près d’un demi siècle »[37].

Antisionisme palestinien

Manifestation antisioniste à Jérusalem, Porte de Damas, 8 mars 1920.

L'Antisionisme palestinien apparaît dès la fin du XIXe siècle dans la région de la Palestine, avec le développement de l'immigration juive. En 1917, la Déclaration Balfour prévoit l'établissement d'un « foyer national pour le peuple juif », en réaction le nationalisme palestinien émerge vers 1920 sous l'impulsion du Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini qui mêle antisionisme et antisémitisme dont il devient le principal chef avec Izz al-Din al-Qassam. Al-Husseini est à l'origine d’émeutes anti-juives et du massacre de Hébron en 1929. En 1936 éclate la grande révolte arabe en Palestine mandataire. En 1937, alors qu'il est recherché par la police britannique pour son rôle dans ces émeutes il s'enfuit en Syrie. En 1941, il se réfugie en Allemagne nazie et demande à Hitler de lui apporter son soutien contre la création d'un Foyer national juif.

Après la création de l’État d’Israël les mouvements nationalistes palestiniens, le Fatah et le FPLP principalement engagent la lutte armée essentiellement sous la forme de terrorisme contre l'existence de l’État d’Israël puis, à partir des années 1990, apparaissent des organisations islamistes elles aussi vouées à la destruction de cet État. En 1996, dans le contexte du processus de paix israélo-palestinien l'OLP vote l'abrogation des articles appelant à l'anéantissement d'Israël de sa charte, le vote est entériné en 1998.

La Charte du Hamas est publiée en 1988. Elle souligne que « la lutte contre les Juifs est très importante et très sérieuse » et appelle à la création « d'un État islamique en Palestine à la place d'Israël et des Territoires palestiniens » et à l’anéantissement et la disparition de l’État d'Israël. Selon Gilles Paris, Abraham Foxman (en) de l'Anti-Defamation League, François Thual, Frédéric Encel, Benny Morris, Sari Nusseibeh entre autres, cette charte exprime un « antisémitisme outrancier » et reprend des poncifs de la propagande nazie et du « Protocoles des Sages de Sion ».

En Europe

À l'origine, le sionisme, mouvement politique laïc, ne fait pas l'unanimité chez les Juifs, car il rencontre une opposition forte de la part d'une partie des Juifs religieux. L'antisionisme religieux ne concerne néanmoins pas tout le judaïsme : une partie des religieux sont également sionistes[38].

Pendant le mandat britannique en Palestine, certains milieux britanniques restent hostiles au projet sioniste, en particulier par crainte d'une opposition croissante du nationalisme arabe à la Grande-Bretagne. Après la « grande révolte arabe » en Palestine (fin 1935-1939), ce courant devient majoritaire au sein du cabinet britannique. Il mènera à l'adoption du Livre Blanc de 1939. Celui-ci prévoit un État unitaire judéo-arabe en 1949. Il prévoit aussi une forte limitation de l'immigration juive. L'État qui doit être créé en 1949 sera donc à majorité arabe.

Avant la montée du fascisme en Europe dans les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale qui voit le triomphe du nazisme et sa politique raciale, une majorité des Juifs n'adhère pas à l'idée d'un État juif. En effet, les Juifs d'Europe, avant le nazisme, se répartissent approximativement en quatre catégories :

  • les communistes et socialistes [on dit encore à l'époque sociaux-démocrates dans nombre de pays] qui attendent le dépassement du problème des persécutions envers les Juifs de la réalisation d'une égalité entre tous les peuples par le dépassement des nations réalisé par l'internationalisme communiste ou le socialisme à venir. Mouvement politique qui en Pologne fonde le Bund où se retrouvent principalement les socialistes avec aussi des communistes[39]. Ce sont aussi les Juifs qui dans les autres pays européens rejoignent les rangs des divers partis communistes.
  • les Juifs libéraux, qui croient à une viabilité de la solution politique au sein des nations démocratiques, soit l'assimilation du fait de la citoyenneté accordée aux Juifs, qui serait susceptible de mettre fin à l'antisémitisme historique. On peut compter parmi eux l'Alliance israélite universelle, groupe à l'origine français, républicain et patriote, connu avant-guerre pour son « antisionisme farouche » (Nicault, 2001 [36]).
  • les Juifs religieux qui attendent la rédemption et le salut avec la venue du Messie à la fin des temps, qui sont représentés par le judaïsme traditionnel : la réunion de tous les peuples à Jérusalem telle qu'annoncée avec la paix messianique. Une partie parmi les plus orthodoxes ne sont pas sionistes, voire antisionistes tels les Neturei Karta, cependant que beaucoup d'autres Juifs religieux, à la suite du rabbin Abraham Isaac Kook sont sionistes, du fait du lien historique des Juifs à la terre d'Israël (que décrivent les historiens : Walter Laqueur, Georges Bensoussan, Elie Barnavi, A. Gruynberg, etc.).
  • les sionistes proprement dit, dont le pôle majoritaire est socialiste[réf. nécessaire]

Aujourd'hui, le courant antisioniste en Europe se manifeste par le biais de plusieurs organisations antisionistes, communistes, altermondialistes, d’extrême-droite, pro-palestiniennes ou islamistes. Des organisations d'extrême gauche se revendiquant comme juives telles que les Juifs européens pour une paix juste (JEPJ), l'Union juive française pour la paix, l'Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), le réseau des Juifs contre l’occupation (Italie) et l'organisation Jews for Justice for Palestinians (Royaume-Uni) s'opposent au sionisme le qualifiant de « politique colonialiste aux dépens du peuple palestinien ».

Antisionisme chrétien

Georges Bensoussan rapporte[40] que la première forme d'antisionisme est contemporaine de la naissance du sionisme et du premier Congrès sioniste organisé par Theodor Herzl :

« Les Jésuites, les premiers, lancent [le] thème [du complot sioniste] en février 1898 dans leur organe la Civiltà Cattolica. Du "complot juif", les Jésuites passent vite au « complot sioniste mondial », et ouvrent, ce faisant, la voie à la carrière fabuleuse d'un faux dont ils ne sont pourtant pas les auteurs. »

Les Protocoles des Sages de Sion paraissent cinq ans plus tard, en 1903. Il s'agit d'un faux. Ce texte a été composé par l'Okhrana, la police secrète du tsar. Ensuite la « conspiration » sioniste sera assimilée à une révolution juive, identifiée à la révolution bolchevique, dans le cadre de la propagande anticommuniste qui use à la fois des Protocoles et recourt à la vision conspirationniste de l'histoire.

Antisionisme soviétique

À partir de la fin des années 1920, le sionisme est comparé en Union soviétique à un « nationalisme bourgeois » et en faire l'éloge parmi les Juifs est interdit. Cependant après la IIe guerre mondiale l'URSS est d'abord favorable au sionisme et vote pour la création de l'État d'Israël à l'ONU. Elle reconnait de jure Israël à sa naissance, et lui livre des armes de même que la Tchécoslovaquie qui vient de passer dans le camp communiste à la suite du coup de Prague. Le 15 mai 1948, L'ambassadeur soviétique à l'ONU, Andrei Gromyko parle des « aspirations d’une partie considérable du Peuple juif vers la Palestine », il évoque les souffrances endurées pendant la guerre « qui défient toute description » et se prononce en faveur du plan de partage.

Lors de la guerre israelo-arabe de 1948, l'URSS et ses alliés du Bloc de l'Est soutiennent Israël. Puis, durant les dernières années du pouvoir de Joseph Staline, de 1948 à 1953, les Juifs sont fréquemment dénoncés comme sionistes, souvent à tort.

Après la création d'Israël, de nombreux Juifs soviétiques commencent à juger favorablement Israël, ce mouvement soulevant des tensions avec le pouvoir soviétique qui voit dans le sionisme une forme de déloyauté.

Lors des dernières années de pouvoir de Joseph Staline, entre fin 1948 et 1953, l'antisémitisme et l'antisionisme s'intensifient. De plus en plus, l'URSS va laisser libre-cours à une propagande antisioniste que certains considèrent comme non dénuée des traits caractéristiques de l'antisémitisme : ainsi, l'universitaire français Pierre-André Taguieff y voit une des « sources à gauche de la haine actuelle des Juifs »[41][réf. insuffisante].

Aux États-Unis

Manifestation devant le Capitole des États-Unis à Washington.

Aujourd’hui, il n’existe plus d’opposition fondamentale des religieux orthodoxes au projet sioniste hormis quelques courants marginaux tel le courant « Neturei Karta ». Il existe en effet aux États-Unis un courant juif antisioniste[42] très minoritaire[43], représenté d'une part par des organisations juives ultra-orthodoxes qui contestent le sionisme « au nom des valeurs fondamentales du judaïsme » [44] et d'autre part des mouvements juifs progressistes opposés à la colonisation de la Palestine.

En 2006, l'American Jewish Committee a publié un essai intitulé Progressive Jewish Thought and the New Anti-Semitism qui analyse la notion d'antisionisme. D'après ses conclusions, cette notion a fortement évolué depuis la création d'Israël en 1948, et se confond désormais avec la volonté d'éliminer l'État d'Israël[45].

En France

Selon Olivier Guland, des mouvements d'extrême droite dissimulent leur antisémitisme derrière un antisionisme de circonstance : Il estime que le Front National défendra ainsi l'Irak de Saddam Hussein selon le principe « l'ennemi de mon ennemi[46]… ». Selon Alain Gresh, la Liste Antisioniste, créée en mai 2009 avec à sa tête Dieudonné M'Bala M'Bala, Alain Soral, et Yahia Gouasmi, n'est pas « considérée comme sérieuse par les associations antisionistes traditionnelles »[47],[48],[49],[50],[51].

Dans les pays arabes

Une partie des pays arabes présente toujours une hostilité au maintien de l'État d'Israël.

L'antisionisme plus contemporain dans le monde arabe possède différents fondements idéologiques : le nationalisme local, le pan-arabisme, l'islamisme, le socialisme, ou encore l'anti-colonialisme. Les principales objections au sionisme, communes aux différents antisionismes arabes sont que la terre palestinienne leur fut prise de façon illégale par l'Empire britannique (par l'intermédiaire de la déclaration Balfour) et en conséquence par Israël, d'abord en 1948 puis en 1967, processus qui s'est prolongé par l'occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

Les voix qui s'élèvent le plus fortement contre le sionisme viennent aujourd'hui principalement de l'ensemble des partis palestiniens, et de la plupart des pays à majorité musulmane. La Jordanie, l'Égypte, la Turquie et l'Autorité palestinienne ont reconnu l'État d'Israël et son droit à l'existence. Il reste toutefois une polémique sur le fait qu'ils ne l'ont pas reconnu comme « pays du peuple juif ».

La Ligue arabe s'est déclarée prête à reconnaître Israël en échange du retrait d'Israël de tous les territoires occupés en 1967 et en échange de la création d'un État palestinien viable et dont Jérusalem-Est serait la capitale[52],[53],[54].

Iran

L'Iran, depuis la révolution islamique de 1979, considère l'État d'Israël comme illégitime, et le désigne par l'expression « entité sioniste ».

Avant cette date, l'Iran entretient pourtant des relations diplomatiques cordiales avec Israël depuis la création de l'État, sous la dynastie Pahlavi. L'Iran est l'une des premières nations à reconnaître Israël, et est alors considéré comme l'un de ses soutiens dans le monde musulman (avec la Turquie). Cette période de bonne entente est entrecoupée par l'élection de Mohammad Mossadegh, qui revient sur cette reconnaissance. Le régime du Shah ne reconnait pas formellement Israël, mais une délégation permanente est établie à Téhéran, qui prend le rôle d'ambassade officieuse. Les relations économiques entre les deux pays sont importantes, notamment sur le marché du pétrole. Après 1967, les relations deviennent plus tendues et l'Iran vote la résolution 3379 en 1975 de l'Assemblée générale des Nations Unies qui associe le sionisme à une forme de racisme. Les deux pays gardent cependant des formes de coopération militaire.

L'opposition à Israël en général et au sionisme en particulier vient de l'Ayatollah Khomeini qui déclare Israël « ennemi de l'islam » pendant sa campagne contre le Shah. Après la seconde phase de la révolution iranienne, l'Iran revient sur toute forme de reconnaissance de l'État hébreu et coupe toutes relations diplomatiques officielles. Des rapports attestent cependant qu'Israël continue de fournir une assistance militaire à l'Iran pendant son conflit avec l'Irak, pour un montant estimé à 2,5 milliards de dollars.

L'Iran dans la période récente

L'ayatollah Khamenei, puis le réformiste Mohammad Khatami, maintiennent ce rejet de l'existence d'Israël. Le premier désigne Israël comme une « tumeur cancéreuse qui doit être écartée de la région »[réf. nécessaire], et le second parle d'« État illégitime ». Mohammad Khatami insiste cependant dans le même temps pour que les Juifs se sentent « en sûreté en Iran ». Aux obsèques du pape Jean-Paul II, le président israélien Moshe Katsav, d'origine iranienne, affirme avoir pu serrer la main et discuter avec Mohammad Khatami, ce que ce dernier niera.

D'autres sources[55] indiquent que l'Iran entreprend un rapprochement avec Israël, qui inclurait une reconnaissance officielle présentée aux États-Unis. Les termes de la proposition iranienne auraient été rejetés par les États-Unis.

En 2006, les relations avec Israël se durcissent avec l'élection de Mahmoud Ahmadinejad. Remettant en cause la réalité du génocide juif, Mahmoud Ahmadinejad estime que le devoir de réparation revient aux nations occidentales et refuse que la Palestine demeure le lieu pour un État juif :

« Some European countries insist on saying that during World War II, Hitler burned millions of Jews and put them in concentration camps. Any historian, commentator or scientist who doubts that is taken to prison or gets condemned. Although we don't accept this claim, if we suppose it is true, if the Europeans are honest they should give some of their provinces in Europe—like in Germany, Austria or other countries—to the Zionists and the Zionists can establish their state in Europe. You offer part of Europe and we will support it. »

« Certains pays européens disent de manière insistante que pendant la Seconde Guerre mondiale, Hitler a brûlé des millions de juifs et les a mis dans des camps de concentration. Tout historiens, commentateur ou scientifique qui remet ceci en doute est emprisonné ou condamné. Bien que nous n'acceptons pas cette déclaration, si nous la supposons vraie, si les pays européens étaient honnêtes, ils devraient donner une partie de leur territoire en Europe - par exemple en Allemagne, en Autriche ou ailleurs - aux sionistes, et les sionistes pourraient fonder leur État en Europe. Offrez une partie de l'Europe, et nous vous soutiendrons. »

En 2006 et 2007, Mahmoud Ahmadinejad a dit, en citant Khomeiny, « que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps. »[56] (disparition qu'il compare, par la suite, à l'écroulement de l'Union soviétique)[Informations douteuses][réf. à confirmer].

En Israël

Jérusalem - quartier de Méa Shéarim - une affichette portant l'inscription "interdit aux sionistes!".

Aujourd'hui, l'antisionisme en Israël est représenté par un courant juif ultra-orthodoxe minoritaire et un courant laïque d’extrême gauche tel que Hadash (parti communiste) ou les intellectuels de l'appel Olga (notamment comme Michel Warschawski, partisan d'un État bi-national). Shlomo Sand, Ilan Pappé, Meron Benvenisti ou l'organisation « Anarchists Against the Wall » tiennent des positions qui sont quelquefois qualifiées d'antisionistes. Le mouvement La Paix maintenant, lui aussi opposé à la poursuite de la colonisation, se définit comme sioniste, établissant une différence entre l'antisionisme qui consisterait à réfuter le droit à l'existence d'Israël, et la lutte contre la politique d'expansion, qui selon lui est un obstacle à la coexistence pacifique entre israéliens et palestiniens.

Article détaillé : Haredim#Le_sionisme.

Le courant antisioniste actuel parmi les juifs Haredim se manifeste notamment par le groupe minoritaire et condamné par cette communauté ultra-orthodoxe, les Neturei Karta pour leur soutien aux thèses négationnistes[57]. Selon leur interprétation, le Talmud (Meseches Kesuvos 111a) interdit la création d'un État pour les « fils d'Israël » tant que le messie n'est pas arrivé. Pour les mêmes raisons ils s'opposent au sécularisme du mouvement sioniste. Ils estiment également que « l'État d'Israël est une cause d'injustices envers les Palestiniens ce qui est contraire à l'enseignement de la Torah ». Ils reprochent également au sionisme « d'instrumentaliser l'holocauste pour justifier ses actions[58] et l'antisémitisme en général »[59].

Lors de la création d'Israël en 1948, le pacte entre les sionistes et les Haredim est que ces derniers ne participent pas au service militaire pour ne pas cautionner cette idéologie. Ce pacte perdure encore de nos jours et crée un clivage au sein de la société israélienne entre les laïcs et certains religieux.

En revanche, dans d'autres courants religieux, Daniel Lindenberg[60] estime que « le courant ultra-orthodoxe religieux qui fut antisioniste est aujourd'hui ce "judaïsme intransigeant" […] qui manifeste dans la colonisation de la Cisjordanie, un enthousiasme pionnier dont il fait remarquer qu'il a depuis longtemps déserté le camp sioniste laïque ».

La caractère juif de l'État d'Israël est contesté par des représentants politiques arabes israéliens tels que les Palestiniens citoyens d'Israël, et Azmi Bishara ancien député devenu fugitif et accusé de par Israël de collaboration avec le Hezbollah. Ces derniers revendiquent une Constitution qui ferait d'Israël « un État de tous ses citoyens ». L'éditorialiste Avraham Tal rapporte fin 2006 que les dirigeants de la minorité arabe en Israël remettent de plus en plus en cause des fondements du caractère juif de l'État d'Israël, dans ce qu'il qualifie de « déclaration de guerre ».

« Some of the demands presented in the « visions » are new, such as the outrageous calls for granting veto power to the Arab minority on decisions of national import, and for separate representation at international institutions, and more in that vein. There are also calls for changing the flag and the national anthem, for a return to abandoned villages and equality in immigration rights to Israel[61]. »

« Certaines des demandes présentées dans ces « visions » sont neuves, comme les appels infamants à garantir à la minorité arabe le droit de véto sur des décisions d'importance nationale, une délégation séparée dans toutes les institutions internationales, et d'autres choses de ce genre. Il y a aussi des appels à changer le drapeau et l'hymne national, à un retour dans des villages abandonnés et à l'égalité dans les droits à l'immigration en Israël. »

Avraham Tal s'inquiète des conséquences démographiques de telles revendications, estimant qu'elles mènent à la renonciation à un foyer national juif.

Après 1967

La guerre des Six Jours en 1967 est l'un des facteurs qui modifient les rapports d'Israël à un grand nombre de nations. Taguieff, reprenant d'autres analyses, note qu'elle marque un véritable tournant historique, aussi bien pour Saul Friedländer qui parle du « revirement hostile d’une fraction importante de l’opinion publique occidentale »[62], pour Léon Poliakov ou pour lui-même qui date de cette période l'émergence de l'image d'un Israël belliciste[63], la construction d'un amalgame « sionisme = racisme »[64] et « l'islamisation croissante des passions antisionistes et/ou antijuives »[65]. Le phénomène est amplifié avec le déclin du prestige américain qui suit la guerre du Viêt Nam et le poids croissant des nations productrices de pétrole. Tandis que des sentiments anti-occidentaux se développent en Afrique, l'Union soviétique, la Chine et Cuba prennent une place diplomatique plus importante.

Résolutions 3379 et 46/86 de l'ONU

La tendance antisioniste se manifeste au début des années 1970 à l'Organisation de l'unité africaine et le Mouvement des non-alignés. Le 10 novembre 1975 est votée la résolution 3379 où il est décrété « que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Elle est adoptée par 72 voix soit l'ensemble des pays arabes et des pays communistes, contre 35, et 32 abstentions[66].

En 1991, la situation internationale est modifiée par l'effondrement de l'Union soviétique, par les accords d'Oslo ainsi que par la première guerre du Golfe, qui renforce l'influence américaine[travail inédit ?] [pertinence contestée]. À l'initiative d'Israël et des États-Unis, la résolution 3379 est révoquée par l’Assemblée générale qui vote la résolution 46/86 : l'Assemblée générale « décide d'annuler la décision contenue dans sa résolution 3379 du 10 novembre 1975. » Israël a exigé la révocation de la résolution 3379 comme condition à sa participation à la Conférence de paix de Madrid, qui a marqué le début du processus de paix lancé par les États-Unis[66].

Le 25 mars 1998, Kofi Annan le secrétaire général de l'ONU soulignant que l’année 1998 marquait le 15e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme a déclaré « Nous devons profiter de l'occasion pour dénoncer l'antisémitisme dans toutes ses manifestations. Ce qui m'amène à la résolution lamentable adoptée par l'Assemblée générale en 1975, assimilant le sionisme au racisme et à la discrimination raciale » et a exprimé sa satisfaction que cette résolution ait été annulée par l’assemblée générale de l'ONU en 1991[67], la qualifiant de « décision particulièrement malheureuse »[68].

La conférence de Durban

Lors de la conférence de Durban, des organisations anti-sionistes accusent Israël de pratiquer l'apartheid envers ses citoyens arabes. Dix ans après la résolution 4686, l'accusation de « racisme » est à nouveau portée contre Israël. Alain Finkielkraut remarque à cette occasion : « Tous les pays du monde se réunissent pour discuter du racisme et trouvent un double bouc émissaire, Israël et l'Occident. Des pays esclavagistes en toute impunité dénoncent la traite des Noirs, ou le racisme aux États-Unis. Le Soudan, la Libye, Cuba stigmatisent Israël, régime d'apartheid. »

Les composantes de l'antisionisme

Antisionisme et antisémitisme

Le sociologue et politologue français Pierre-André Taguieff estime que l'accusation de racisme à l'égard du sionisme est une résurgence contemporaine des vieilles accusations antisémites[69]. Dans La Nouvelle Propagande antijuive (2010), il écrit que « l’antisionisme radical est l’une des principales formes de racisme apparues depuis la fin du XXe siècle. En procédant à la nazification du “sionisme”, il légitime un programme raciste d’élimination d’Israël ». Or cette nouvelle propagande antijuive, poursuit-il, « n’est pas reconnue comme telle, et demeure socialement invisible. Les évidences “antisionistes” (stéréotypes, préjugés, rumeurs) se sont installées en effet dans la “doxa intellectuelle” de l’époque, ce qui les protège de la critique ».

Sylvain Attal, chef du service multimédia de la rédaction unifiée France24/MCD/RFI, estime que « Le glissement de la critique de la colonisation après 1967 ou du messianisme religieux vers la délégitimation d’Israël s’est opéré si pernicieusement qu’il a tout emporté. Y compris des intellectuels juifs gouvernés par le désir de plaire et d’être aimés. Parfois, ceux qui entendaient seulement exercer un droit légitime de critique de certains aspects de la politique israélienne se sont trouvés associés à leur corps défendant aux contempteurs d’Israël comme État colonial, voire raciste, oppresseur, comme une erreur de l’histoire avec laquelle il fallait en finir. ». Selon lui « l'antisionisme total au sein de la gauche altermondialiste ressemble de plus en plus à celui des négationnistes de la Shoah, qui considèrent cette dernière comme un « mythe fondateur » d’Israël ». Il donne en exemple « l’affaire Ménargues » qui a suivi la publication par ce journaliste de son livre « Le Mur de Sharon » considéré comme « ouvertement inspiré des thèses révisionnistes », comme celle de Roger Garaudy et des « mensonges antisémites classiques ». Il note le soutien que lui ont apporté les « antisionistes » radicaux, comme entre autres Euro-Palestine. Il considère que la « thématique antisémite dans le conflit proche-oriental » est illustrée par la Conférence de Durban en 2001 assimilant le sionisme au racisme et l'occupation israélienne des Territoires palestiniens avec celle des nazis en Europe et la diffusion des « Protocoles des sages de Sion » par des chaînes arabes et des sites Internet islamistes ou nationalistes[70].

Le Talmud démasqué — Les enseignements rabbiniques secrets concernant les chrétiens — un pamphlet rédigé à la fin du XIXe siècle par le prêtre catholique lituanien Justin Bonaventure Pranaitis dans un but de polémique et de promotion de l’antisémitisme, est régulièrement traduit, réédité, encore de nos jours et mis en ligne par les mouvances antisémites, négationnistes se définissant comme antisionistes tels que par exemple l'AAARGH de Serge Thion[71] qui promeut un antisionisme radical[72], Radio Islam d'Ahmed Rami[71] condamné en Suède pour incitation à la haine raciale à 6 mois de prison en 1990[73]. Valérie Igounet écrit à son sujet que sa rhétorique intègre « des thèses islamistes ultra-radicales imprégnées d'antisionisme et d'antisémitisme »[74].», Alterinfo.net qui se présente comme un « site d'information alternative » a publié en 2006 un article reprenant des citations de ce texte[75]. Son fondateur et directeur de publication Zeynel Cekici, a été condamné à une peine de quatre mois de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale et contestation de crimes contre l'humanité pour la publication d'un article antisémite[76] avait déclaré après ce jugement « on veut nous faire passer pour des antisémites, alors que nous sommes simplement antisionistes ». Roger Garaudy , négationniste lui aussi condamné en 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale pour la publication de son livre Les Mythes fondateurs de la politique israélienne[77] se définissait comme un « ennemi déclaré du sionisme »[78]. Judith Bokser, professeure de science politiques mexicaine et membre du Conseil des droits de l'homme des Nations unies[79] estime que « S'il faut se garder d’établir une équivalence totale entre antisémitisme et antisionisme, il n’en est pas moins vrai que c’est l’antisionisme, dans sa version radicale, qui est aujourd’hui le principal vecteur de l’antisémitisme »[80].

L'universitaire palestinien Edward Saïd, prenant personnellement des positions antisionistes par son souhait d'un État unique sur l'ensemble de la Palestine, puis à la fin de sa vie favorable à une étape de deux États côte à côte, critique fortement ce qu'il juge comme une vague d'antisémitisme entraînée par l'antisionisme[81], en dénonçant les intellectuels arabes fascinés par le négationniste Roger Garaudy.

Pour Daniel Lindenberg, la confusion systématique entre antisionisme et antisémitisme est "une antienne chez les inconditionnels d’Israël" et relève de "la vulgate aujourd'hui dominante"[82].

Assimilation des deux notions

Parmi les arguments des antisionistes, on y trouve le reproche qu'Israël agirait vis-à-vis des palestiniens comme les Nazis l'avaient fait avec les juifs. Pour de nombreux intellectuels, la comparaison entre le nazisme et le sionisme est une forme d'antisémitisme car elle tend à minimiser la gravité des crimes de la Shoah et à comparer les Israéliens aux Nazis alors que les situations ne sont pas comparables. Certains intellectuels anti-sionistes mettent en avant que les Palestiniens n'ont pas à payer pour les crimes commis envers les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale et que le soutien occidental à la création d'Israël en serait la conséquence.

Des historiens et analystes comme Anne Grynberg, Georges Bensoussan ou le professeur de sciences politiques franco-israélien Ilan Greilsammer (pt)[83],[84] estiment que l'antisionisme nie à un seul peuple, le peuple juif, le droit à une organisation politique et à une existence politique, ce qui relève selon eux de l'antisémitisme. G. Bensoussan[85][réf. insuffisante] rappelle que loin de mettre fin à la diaspora, le mouvement national juif a au contraire contribué à la renforcer en concevant une identité juive laïcisée.

Le philosophe Vladimir Jankélévitch a estimé que l'antisionisme était une manière politiquement correcte d'être antisémite, « au nom de la démocratie » : « L'antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission - et même le droit, et même le devoir - d'être antisémite au nom de la démocratie ! L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux[86]. »

Antoine Spire, alors membre de la direction nationale de la Ligue des droits de l'homme[87] : « Aujourd'hui, l'antisionisme, même s'il ne se veut pas antisémite, vise non seulement la politique oppressive d'Israël contre les Palestiniens, mais aussi Israël et son lien avec ses soutiens en diaspora qu'on accuse sans toujours aller y voir d'inconditionnalité ; il en vient à récuser l'existence même d'un État juif. C'est là que peut se nouer le lien entre antisionisme et antisémitisme : de l'antisionisme au vœu de disparition de l'État hébreu, il n'y a qu'un fil, et de la disparition de l'État hébreu à la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de l'État d'Israël, il n'y a qu'un pas »[88].

Selon le controversé[89],[90] rapport Rufin de 2004, remis au Premier ministre français, il émerge une forme d'antisémitisme par procuration que constitue l'antisionisme radical […] fortement représenté au sein d'une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte, à tel point qu'il préconise la pénalisation de l'antisionisme[91].

En 2005, l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, qui fait partie du Conseil de l'Europe, définit une relation entre anti-sionisme et antisémitisme. Il précise quelles sont selon lui les manières d'attaquer Israël ou le sionisme qui sont susceptibles de relever de l'antisémitisme[92].

En 2006, les chercheurs Kaplan et Small ont analysé la prévalence de l'antisémitisme dans les milieux antisionistes[93]. Dans leur résumé ils précisent : « en se basant sur l'enquête de 500 citoyens dans chacun de 10 pays européens, les auteurs se demandent si les individus ayant des vues extrêmement anti-israéliennes ont plus de probabilité d'être antisémites », et ils contrôlent ces données « selon de nombreux facteurs perturbants potentiels ». Ils ont trouvé, au cours de l'enquête sur échantillon, que « des sentiments anti-israéliens permettent de prédire de manière consistante la probabilité que l'individu soit antisémite, cette probabilité d'antisémitisme mesuré croissant en même temps que l'étendue des sentiments anti-israéliens observés ». Ainsi, selon les auteurs, si l'on sélectionne les Européens qui pensent qu'Israël est un « État d'apartheid » et qui croient que « les forces israéliennes visent délibérément des civils Palestiniens », alors ce groupe contiendra bien plus d'antisémites que la moyenne européenne.

Le sentiment antisioniste à l'échelle internationale, de même que l'antisionisme au sein des États, suit principalement les événements du Proche-Orient. Ainsi, l'invasion américaine de l'Irak en 2003 ravive l'antisionisme dans certains pays.

Pour sa part, Pierre-André Taguieff écrit : « L’antisionisme radical représente aujourd’hui la seule idéologie raciste non seulement acceptable, mais encore intellectuellement respectable. C’est là l’un des principaux facteurs, d’ordre culturel, expliquant à la fois la diffusion rapide et la virulence extrême des discours de condamnation d’Israël. Les véritables “réactions disproportionnées”, c’est dans le camp des ennemis absolus d’Israël qu’on les rencontre[69]. »

Parmi d'autres universitaires, tel l'historien Walter Laqueur, le professeur Robert S. Wistrich considère que l'antisionisme est devenu la forme la plus dangereuse et la plus réelle d'antisémitisme aujourd'hui. Dans une conférence présentée à la commission des droits de l'homme de l'ONU en février 2004 il expose que la délégitimation, la diffamation, et la diabolisation systématiques d'Israël relèvent de l'antisémitisme. De même, rappelle-t-il, les appels au démantèlement de l'État d'Israël sont liés aux thèmes classiques de l'antisémitisme(conspiration, lobby juif etc[94] et par exemple, il pense que la comparaison entre le sionisme et Hitler relève incontestablement de l'antisémitisme ; les antisionistes usent de cette comparaison car le nazisme est devenu le type même du mal absolu, la métaphore du diable dit-il [95]:

L'assimilation entre antisionisme et antisémitisme se rencontre occasionnellement dans des documents de conviction chrétienne. L'assimilation est ainsi absolue pour le pasteur Martin Luther King (« Quand les gens critiquent le sionisme, ne te trompe pas, ils pensent les juifs »[96]), ou relative dans un document conjoint entre catholiques et juifs de juillet 2004 à Buenos Aires (« L'antisionisme comme une expression la plus récente de l'antisémitisme »[97]).

Alain Dieckhoff distingue quant à lui le non-sionisme de l'antisionisme pour désigner la non-adhésion de Juifs au projet sioniste[98]

Nouvel antisémitisme

Article détaillé : Nouvel antisémitisme.

Irwin Cotler, professeur de droit à l'université McGill à Montréal qui fut ministre de la Justice du Canada, estime dans FrontPage Magazine (en) que « l'antisémitisme classique est une discrimination contre les Juifs en tant qu'individus, et que le nouvel antisémitisme implique la discrimination à l'encontre, le déni ou l'attaque du droit du peuple juif à vivre en tant que membre à part entière de la famille des nations » et que ces deux formes d’antisémitisme ont en commun la discrimination[99]. Dans une étude sur l’antisémitisme publiée conjointement par le mémorial de Yad Vashem et le Centre Simon-Wiesenthal il définit plusieurs variantes de l’antisémitisme dont « l’antisémitisme génocidaire  » qui s'exprime par l’incitation à la destruction de l’État d’Israël ouvertement et publiquement prônée par l'Iran, le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique et « l'antisémitisme politique » qui est constitué par la contestation du droit du peuple juif à l’autodétermination. Il cite Martin Luther King qui a déclaré que « la négation des Juifs au même droit, le droit à l'autodétermination, que nous accordons aux pays africains et tous les autres peuples de la planète est en bref de l'antisémitisme ». Irwin Cotler souligne que ce nouvel antisémitisme est parfois « codé en antisionisme » et que si les variantes génocidaires et politiques « sont manifestes, publiques et clairement démontrables, l'antisémitisme idéologique est l'expression beaucoup plus sophistiquée et sans doute plus pernicieuse du nouvel antisémitisme »[100].

Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, réagissant le 25 septembre 2012 dans le Nouvel observateur aux propos de Manuel Valls qui a dénoncé « un nouvel antisémitisme qui se cache derrière un antisionisme de façade » a estimé que « le ministre de l’Intérieur a mis le doigt sur une réalité. Mais il en a occulté une partie ». Il a considéré qu'« Il est vrai que dans certains discours, le terme de "sioniste" a remplacé le terme de "juif" pour des raisons qui n'ont rien de saines. Afin d'échapper à la législation qui pénalise les propos antisémites, certains entretiennent une confusion volontaire entre juifs et sionistes, espérant échapper aux foudres de la loi en utilisant le second terme à la place du premier. On ne parle plus de complot juif mais de complot sioniste. Le terme sioniste est devenu péjoratif, disqualifiant et même injurieux » et que « cette confusion est lourde de sous-entendus, de confusion intellectuelle et de conséquences politiques. » Il considère qu'il y a « une confusion malsaine entre sionisme et hostilité à la reconnaissance des droits du peuple palestinien » soulignant qu'ils ne sont ne sont pas incompatibles, et qu'« au final ceux qui sont favorables à la solution des deux États ne peuvent pas être antisionistes. » Dans la même mesure il dénonce le fait que « de nombreux responsables institutionnels et intellectuels juifs français qui exhortent tous les juifs à être inconditionnellement solidaires du gouvernement d’Israël ont une grande part de responsabilité dans cette confusion. L'accusation récurrente d'antisémitisme opposée à ceux qui ne font qu'émettre une critique politique du gouvernement israélien crée un amalgame tout aussi funeste et contribue à l’importation du conflit israélo-palestinien en France »[101].

Rejet de cette assimilation

L'assimilation de l'antisionisme à l'antisémitisme est contestée par les militants antisionistes qui estiment que cette assimilation ne serait qu'un moyen pour « empêcher toute critique adressée à l'État d'Israël » et qui, pour leur part, mettent sur le même plan la critique de la politique de l'État d'Israël et la dénonciation de son illégitimité[Quoi ?] [réf. nécessaire]. Selon Noam Chomsky, il existe depuis longtemps des tentatives d'assimilation des deux termes « dans le but d'exploiter les sentiments antiracistes à des fins politiques ». Il illustre cette remarque par une citation qu'il attribue à Abba Eban : « l'une des tâches principales de tout dialogue avec le monde non-juif est de prouver que la distinction entre l'antisémitisme et l'antisionisme est une fausse distinction ». Chomsky écrit « ces propos sont un exemple typique d'une position qui est intellectuellement et moralement déshonorante. Mais cela n'est plus suffisant, il est maintenant nécessaire d'identifier la critique de la politique israélienne à l'antisémitisme ou quand il s'agit de Juifs, à la « haine de soi », de sorte que tous les cas possibles soient couverts[102].

Pour Yakov M. Rabkin, professeur d'histoire canadien, les accusations d'antisémitisme adressées à l'antisionisme sont « cyniques […] parce que ce sont les sionistes qui ont accepté la thèse centrale des antisémites selon laquelle les juifs constituent un corps étranger au sein des nations européennes »[103].

Un certain nombre de personnalités qui se définissent comme non sionistes ou antisionistes, dont certaines sont des militants juifs[réf. nécessaire], rejettent toute accusation d'antisémitisme. Ainsi, le réalisateur israélien Eyal Sivan déclare-t-il que « L’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des "amis d’Israël" »[104], tandis que Rony Brauman parle d'un « intolérable chantage » à l'antisémitisme[105].

Esther Benbassa, considère que lorsque Edgar Morin est poursuivi pour antisémitisme pour un article intitulé « Israël-Palestine : Le cancer », cosigné par Danièle Sallenave et Sami Naïr publié le 4 juin 2002 dans le quotidien Le Monde, Hannah Arendt aurait dû aussi être « condamnée pour diffamation raciale après la publication de son livre « Eichmann à Jérusalem » »[106].

L'universitaire britannique David Hirsh (Goldsmiths College, University of London) s'est penché sur la question de la proximité entre antisémitisme et antisionisme dans un working paper pour l'université Yale intitulé « Anti-Zionism and Antisemitism: Cosmopolitan Reflections »[107]. Il tire de cette étude les conclusions suivantes : « Parfois la critique d'Israël est antisémite », de même que parfois la critique d'Hillary Clinton est misogyne, et parfois la critique du Zimbabwe est raciste. À la question : « Est-ce que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme ? », l'auteur répond : « L'antisionisme n'est pas une forme de racisme. Mais il s'agit d'une vision du monde profondément défectueuse, superficielle et peu éclairante. Les antiracistes antisionistes se présentent eux-mêmes comme les enfants légitimes de l'opposition juive socialiste au sionisme au cours du premier tiers du vingtième siècle ; mais certains suspectent son véritable père d'être l'antisémitisme soviétique. […] Une généalogie, une analyse historique, aideraient à trancher. »

Aspects judiciaires

La justice française distingue ce qui relève d'une critique permise du sionisme de ce qui relève de l'antisémitisme (interdit par la loi française).

Dominique Vidal[108], évoque assez largement les affaires qui ont opposé la LICRA (représentée par Me Goldnadel) à Daniel Mermet, à Témoignage chrétien, à un candidat de la LCR de Chambéry[109]. Toutes ces affaires, qui visaient l'expression d'un antisionisme, ont abouti un échec, ce qui montre que l'assimilation de l'antisionisme à un racisme, selon les termes de la loi du 1er juillet 1972, n'est pas prise en compte par la justice française.


Notes et références

  1. Définition sur nouvelobs.com
  2. Walter Laqueur, The Changing Face of Anti-Semitism: From Ancient Times to the Present Day, Oxford University Press, 2008, p.168 écrit : « These opponents of Zionism from among the assimilationists were opposed to a national revival (...). They were fearful that this would endanger their status and expose them to charges of disloyalty to their native country. »
  3. Nick Reynold, Britain's Unfulfilled Mandate for Palestine, Lexington Books, 2014, p.31.
  4. Tom Segev, One Palestine. Complete., 2001, chap.4 Ego Versus Ego, p.60; p.96.
  5. Uri Ram, The Future of the Past in Israel - A Sociology of Knowledge Approach, in Benny Morris, Making Israel, p.210-211.
  6. Denis Charbit, Qu'est-ce que le sionisme ?, Albin Michel, 2006, p.258 écrit : « Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est d'Israël même qu'a surgi la dernière remise en cause du sionisme : le post-sionisme. Le post-sionisme est-il un avatar israélien de l'anti-sionisme (...) ? (...) Il importe de distinguer entre un post-sionisme de fait qui entend qui englobe toutes les mutations traversées et assumées par la société israélienne (...) et un post-sionisme de conviction qui entend rebâtir Israël sur un autre socle que celui établi par les pères fondateurs. Autrement dit, il y a un post-sionisme libéral qui ne peut pas être confondu avec un post-sionisme radical [antisioniste]. »
  7. a et b Alexis Rosenbaum, L'antisémitisme, Éditions Bréal, 2006, p.91 écrit : « Dans une conception du terme plus récente et assez abusive, le terme antisionisme désigne également la critique de la politique du gouvernement israélien ou de ses pratiques d'expansion territoriale. »
  8. a et b Michel Staszewski, militant antisioniste de l'UPJB estime qu'il est légitime d'être juif et antisioniste. Parmi les raisons invoquées, il cite le soucis « des dirigeants israéliens de maintenir à tout prix la domination juive sur un maximum de territoires de Palestine [qui] les conduit à mener une politique qui bafoue continuellement les résolutions de l’O.N.U., les Conventions de Genève concernant les obligations d’une puissance occupante vis-à-vis des victimes de cette occupation et les plus fondamentaux des Droits humains. » in Antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes, LesMotsSontImportants.net, 2008.
  9. Au mépris du droit. 1947-2009 : une impunité qui perdure. Résolutions de l’Onu non respectées par Israël, Le Monde diplomatique, février 2009.
  10. Brian Klug de l'Université d'Oxford dans No, anti-Zionism is not anti-semitism, The Guardian, 3 décembre 2003 écrit : « But Israel's occupation of the West Bank and Gaza Strip is no fantasy. Nor is the spread of Jewish settlements in these territories. Nor the unequal treatment of Jewish colonisers and Palestinian inhabitants. Nor the institutionalised discrimination against Israeli Arab citizens in various spheres of life. These are realities. It is one thing to oppose Israel or Zionism on the basis of an anti-semitic fantasy; quite another to do so on the basis of reality. »
  11. C'est par exemple la position de l'association La Paix Maintenant. Shlomo Ben-Ami, 1948 : la mère de toutes les guerres, www.lapaixmaintenant.org, 8 septembre 2008 écrit : « Or, malheureusement, c’est sur ce point que la pensée sioniste s’est fossilisée. Ce qui avait fonctionné en 1948 n’a plus servi à rien pendant la guerre de 1973, quand les colonies du Golan ont dû être évacuées pour donner à l’armée israélienne un espace convenable pour manœuvrer. Aujourd’hui, à l’ère des missiles à longue portée, les ceintures de colonies juives en Cisjordanie le long du Jourdain et de l’ancienne ligne Verte n’offrent plus aucun avantage militaire. La tradition sioniste de soutien à la colonisation doit être aussi remise en cause sur le plan politique : après tout, un pays normal n’est pas censé occuper des territoires au-delà de ses frontières légitimes » mais l'association se définit sur sa page d'accueil comme « Shalom Akhshav, un mouvement israélien sioniste et démocrate ».
  12. Alexis Rosenbaum, L'antisémitisme, Éditions Bréal,‎ 2006 (lire en ligne), page 91
  13. (en)Brian Klug, No, anti-Zionism is not anti-semitism, The Guardian, 3 décembre 2003 écrit : « But Israel's occupation of the West Bank and Gaza Strip is no fantasy. Nor is the spread of Jewish settlements in these territories. Nor the unequal treatment of Jewish colonisers and Palestinian inhabitants. Nor the institutionalised discrimination against Israeli Arab citizens in various spheres of life. These are realities. It is one thing to oppose Israel or Zionism on the basis of an anti-semitic fantasy; quite another to do so on the basis of reality. »
  14. Catégorie « Israel War Crimes », journal Haaretz en ligne.
  15. Catherine Lukas, Palestine: La dernière colonie ?, éditions Aden, 2003, p.269 écrit : « Le thèse sionisme = racisme est revenu à l'ordre du jour lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la xénophobie, et autres formes d'intolérance à Durban à la fin 2001. »
  16. Brian Klug, No, anti-Zionism is not anti-semitism, The Guardian, 3 décembre 2003 écrit : « you do not have to be an anti-semite to reject the belief that Jews constitute a separate nation in the modern sense of the word or that Israel is the Jewish nation state. There is an irony here: it is a staple of anti-semitic discourse that Jews are a people apart, who form "a state within a state". Partly for this reason, some European anti-semites thought that the solution to "the Jewish question" might be for Jews to have a state of their own. Herzl certainly thought he could count on the support of anti-semites. »
  17. Al-Azhar and the Arab doctors discuss the Israeli violations of Al-Aqsa, Ahlul Bayt News Agency, 8 janvier 2012.
  18. A session for the Knowledge of Jerusalem, English Islam Times, 16 novembre 2011 : « In the concluding lecture, Dr Salah Al-Din Sultan discussed the criminal acts committed by the Zionists to Judaize the Holy City and demolish Al-Aqsa Mosque. He added that they are determined to destruct the Moroccan wall which is part of Al-Aqsa, explaining the seriousness of the moment, calling for a decisive position to respond to these attempts and to support Jerusalem and the Palestinian cause. »
  19. A.B. Yehoshua, An unwelcome intro to the binational state, The Guardian, 2 janvier 2012 : « Apart from the religious camp (owing to the structure of its religious identity), apart from the camp of the secular extremist right (owing to the violence of its fantasies), and apart from the post-Zionist left (owing to its humanitarian-cosmopolitan vision), all other political and ideological camps in Israel grasp and articulate the fact that a binational state in Eretz Israel is a dangerous and unfavorable possibility, both in the short term and (more particularly) in the long term.
    Despite this fact, we stride, as though out of necessity, toward the establishment of a binational state, an entity which at some stages of Zionist history was viewed as a plausible possibility, and even as a laudable one in some circles. »
  20. Benny Morris, One State, Two States: Resolving the Israel/Palestine Conflict, Yales University Press, 2010.
  21. Humphreys, R. Stephen, Between Memory and Desire: The Middle East in a Troubled Age, University of California Press, 2005, p.51.
  22. Joshua Teitelbaum, The Iranian Leadership’s Continuing Declarations of Intent to Destroy Israel, Jerusalem Center for Public Affairs, 2012.
  23. Cité pat Paul Giniewski dans « Antisionisme, le nouvel antisémitisme », Editions Cheminements,‎ 2005
  24. « Le grand rabbin de France s'inquiète de la « haine » contre les Juifs », sur Le Monde,‎ 15 juillet 2014
  25. Cette hostilité est décrite par les auteurs et historiens comme de l'antisionisme (Léon Poliakov, Joseph Agassi, Joseph Hodera, Yosef Salmon, les mouvements juifs antisionistes par autoqualification), comme une « opposition juive au sionisme » (Henry Laurens, Elie Barnavi, Walter Laqueur [histoire du sionisme, Tome II, chap. 8], Alain Michel, Alain Dieckhoff, Anne Grynberg, Ilan Greilsammer, Georges-Elia Sarfati, Tom Seguev)
  26. Maurice Kriegel, Orthodoxie, dans Les Juifs et le XXe siècle, p. 159
  27. Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 154
  28. Ruth Blau, Les gardiens de la cité : histoire d'une guerre sainte, p. 192<
  29. (en)Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, une histoire de l'opposition juive au sionisme, p. 156
  30. (en) Jéhuda Reinharz, Zionism and Orthodoxy: A Marriage of Convenience, dans Zionism and Religion, p. 135
  31. (en) Voir Memorandum to King Hussein, The Jewish guardian, no 3 (novembre 1974)
  32. Anne Grynberg. Vers la terre d'Israël, p. 76-78
  33. Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses universitaires de France, Que sais-je ? no 1801, 2005, p. 58-60
  34. voir, par exemple, Nathan Weinstock, Le pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 2 tomes, La Découverte, 2002, ou Alain Brossat et Syvia Klinberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Syllepse, 2009, ISBN 9782849502174, ou encore Ilan Greilsammer, Le sionisme, Presses universitaires de France, Que sais-je ? no 1801, 2005, p. 60-62.
  35. voir aussi le film de Nat Lilenstein, Les révolutionnaires du Yiddishland, produit par Michel Rotman, Antenne 2, 1983
  36. a et b Nicault C., « L’Alliance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : ruptures et continuités idéologiques », Archives juives 2001/1, no 34, p. 23-53. [lire en ligne]
  37. Antisémitisme, par Michel Warschawski, sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article179
  38. (en) Anti-Zionism Among Jews
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  46. Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, L'obsession du « complot mondialiste », La Découverte - Enquêtes, 2000. chapitre 9 : Le FN et l'Irak. ISBN 2-7071-3061-3 Ce chapitre évoque en particulier l'éditorial de François Brigneau, dans National-Hebdo du 26 février 1998. Il cite aussi l'ouvrage de Nicolas Beau, Paris, capitale arabe, Seuil, Paris, 1995, qui étudie les amitiés arabes de cadres du FN et du GUD, liés à une « obsession fondamentale, la haine d'Israël. » Olivier Guland écrit : « Dès lors que l'Irak représentait, pour l'ennemi sioniste, un adversaire plus farouche que les riches potentats de la péninsule Arabique, [Pencioleli] n'a eu aucun mal à retourner sa veste. » Le journal frontiste Le Choc du Mois titre en février 1971 à la Une, « Les Juifs ont-ils poussé à la guerre [contre l'Irak] ? »
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  84. Greilsammer: La pente savonneuse…
  85. op. cit., p. 23
  86. Cité in Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme 1945-1993, Seuil, 1994, page 405.
  87. La position d'Antoine Spire ne représente pas celle de la Ligue des Droits de l'Homme qui est à l'origine d'appels vivement hostiles à la politique de l'État d'Israël comme « Trop, c'est trop », lancé par Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet. Antoine Spire quitte la LDH en 2006.
  88. [LDH-Toulon] antisémitisme / antisionisme
  89. Dominique Vidal, « Quand Jean-Christophe Rufin prône le délit d'opinion, (Le Monde diplomatique) »,‎ 21 octobre 2004 (consulté le 30 mai 2013)
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  91. Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, rapport présenté par Jean-Christophe Rufin, remis à monsieur le ministre de l'Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales le 19 octobre 2004, à la suite d'une lettre de mission en date du 29 juin 2004.
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  94. Robert S. Wistrich, professeur aux Universités de Londres, Harvard, Oxford, aux Pays-Bas avant d'enseigner aujourd'hui à l'Université de Jerusalem, http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=254&PID=0&IID=1064 ; « 
    Anti-Zionism has become the most dangerous and effective form of anti- Semitism in our time, through its systematic delegitimization, defamation, and demonization of Israel. Although not a priori anti-Semitic, the calls to dismantle the Jewish state, whether they come from Muslims, the Left, or the radical Right, increasingly rely on an anti-Semitic stereotypization of classic themes, such as the manipulative "Jewish lobby," the Jewish/Zionist "world conspiracy," and Jewish/Israeli "warmongers." One major driving force of this anti-Zionism/anti-Semitism is the transformation of the Palestinian cause into a "holy war"; another source is anti-Americanism linked with fundamentalist Islamism. In the current context, classic conspiracy theories, such as the Protocols of the Elders of Zion, are enjoying a spectacular revival. The common denominator of the new anti-Zionism has been the systematic effort to criminalize Israeli and Jewish behavior, so as to place it beyond the pale of civilized and acceptable conduct. »
  95. « "anti-Zionists" who insist on comparing Zionism and the Jews with Hitler and the Third Reich appear unmistakably to be de facto anti-Semites, even if they vehemently deny the fact! This is largely because they knowingly exploit the reality that Nazism in the postwar world has become the defining metaphor of absolute evil. For if Zionists are "Nazis" and if Sharon really is Hitler, then it becomes a moral obligation to wage war against Israel. That is the bottom line of much contemporary anti-Zionism. In practice, this has become the most potent form of contemporary anti-Semitism....Anti-Zionism is not only the historic heir of earlier forms of anti-Semitism. Today, it is also the lowest common denominator and the bridge between the Left, the Right, and the militant Muslims; between the elites (including the media) and the masses; between the churches and the mosques; between an increasingly anti-American Europe and an endemically anti-Western Arab-Muslim Middle East; a point of convergence between conservatives and radicals and a connecting link between fathers and sons. »http://www.jcpa.org/JCPA/Templates/ShowPage.asp?DBID=1&LNGID=1&TMID=111&FID=254&PID=0&IID=1064
  96. Martin Luther King, Jr., Lettre à un ami anti-sioniste, Saturday Review XLVII, août 1967, p. 76. Réédité in M.L. King Jr., This I Believe: Selections from the Writings of Dr Martin Luther King Jr., Accès en ligne
  97. « Tomamos nuestra energía de los frutos de los esfuerzos colectivos que incluyen el reconocimiento de la relación única y continua entre Dios y el Pueblo Judío y el total rechazo al antisemitismo en todas sus manifestaciones, incluyendo el antisionismo como una expresión más reciente del antisemitismo. », Déclaration conjointe de la 18e réunion du Comité International pour les rapports catholiques-juifs, Buenos Aires 5-8 juillet 2004, Accès en ligne
  98. « L'invention d'une nation. Israël et la modernité politique ». Gallimard. 1993
  99. (en)http://archive.frontpagemag.com/readArticle.aspx?ARTID=14162
  100. (en)http://www.yadvashem.org/yv/en/education/educational_materials/strategies.pdf#page=13&zoom=auto,0,535
  101. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/632264-antisemitisme-et-antisionisme-une-confusion-malsaine-qu-il-faut-dissiper.html
  102. Noam Chomsky, Necessary Illusions. Thought Control in Democratic Societies, South End Press, 1999, appendix V.
  103. Yakov M. Rabkin ajoute : « Depuis le début, il existe une confluence d’intérêts entre les antisémites, qui veulent se débarrasser des juifs, et les sionistes, qui veulent les concentrer tous sur un territoire. » (Yakov M. Rabkin « L'opposition juive au sionisme », Revue internationale et stratégique 4/2004 (no 56), p. 17-23. [lire en ligne])
  104. « La dangereuse confusion des juifs de France », Le Monde, 8 décembre 2001.
  105. Dans le titre d'un ouvrage collectif Antisémitisme : l'intolérable chantage, Israël-Palestine, une affaire française ?, aux éditions La Découverte.
  106. Esther Benbassa, « Edgar Morin, juste d’Israël ? », Le Monde diplomatique, octobre 2005.
  107. David Hirsh « Anti-Zionism and Antisemitism: Cosmopolitan Reflections » [PDF]
  108. Dans Le mal-être juif, Entre repli, assimilation et manipulations, chapitre "Au nom de l'antisémitisme".
  109. Sébastien Jolivet, militant antiraciste notoire, poursuivi pour avoir apposé dans la ville des affiches « Sharon Assassin ! Un État pour les Palestiniens ». Il était ainsi accusé d’avoir, avec les affiches en question, « incité à la haine et à la violence envers le peuple israélien », à l'initiative du parquet de Chambéry, rejoint ensuite par la LICRA.
    Au cours du procès, les avocats de la défense Florence Girard-Madoux et Antoine Comte, s'en prennent à la LICRA : « La LICRA a été gagnée par un nouveau cancer, celui de l’obsession du complot et du délire des amalgames ».

Voir aussi

Articles connexes

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Bibliographie

Histoire du sionisme et de l'antisionisme

  • Dan Horowitz et Moshe Lissak : « Origins of the israeli polity. Palestine under the Mandate ». Chicagoo-London. University of Chicago press. 1978.
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  • Shohat E., Sephardim in Israel : Zionism from the Standpoint of its Jewish Victims, Social text (ISSN 01642472), 1988
  • Ilan Greilsammer : Israël, les hommes en noir, Presses de la Fondation nationale des Sciences Politiques, 1991
  • Walter Laqueur : Histoire du sionisme. (II tomes), Coll. Tel, Gallimard, 1994
  • Alain Dieckhoff : L'Invention d'une nation. Israël et la modernité politique. Gallimard. 1993
  • Élie Barnavi : Une histoire moderne d'Israël, Flammarion, 1998
  • Anne Grynberg : Vers la terre d'Israël, Gallimard découverte, coll. histoire. 1998
  • Henry Laurens, La Question de Palestine : Tome 2 - Une mission sacrée de civilisation (1922-1947), t. 2, Fayard,‎ 27 mars 2002, 704 p. (ISBN 9782213612515)
  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940. Fayard 2002
  • Tom Segev : C'était la Palestine au temps des coquelicots. Liana Levi, 2000.
  • Alain Michel : Racines d'Israël, éd. Autrement, 2003.
  • Yakov M. Rabkin. Au nom de la Torah : une histoire de l'opposition juive au sionisme. Québec, Presses de l'Université Laval, 2004.
  • Martine Leibovici, Hannah Arendt, une Juive: expérience, politique et histoire

Critiques de l'antisionisme

  • Georges Bensoussan : Une histoire intellectuelle et politique du sionisme. 1860-1940., Fayard 2002
  • Alain Finkielkraut, La Réprobation d'Israël, Paris, Denoël/Gonthier, 1983, 181 p.
  • Paul Giniewski, L'Antisionisme, Bruxelles, Éditions de la Librairie encyclopédique,‎ 1973, 303 p. (présentation en ligne)
  • Paul Giniewski, Antisionisme : le nouvel antisémitisme, Paris, Cheminements, 2005, 318 p. 
  • Joël Kotek et Dan Kotek, Au nom de l'antisionisme. L'image des Juifs et d'Israël dans la caricature depuis la seconde Intifada, Paris, Éditions Complexe, 2003, 166 p.  (nombreuses illustrations issus de sites et de journaux arabo-musulmans)
  • Armand Laferrère, « Est-il permis de soutenir Israël ? », Commentaire, no 104, Hiver 2003-2004, p. 933-940
  • Éric Marty, Bref Séjour à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2003, 265 p. 
  • Georges-Elia Sarfati, L'Antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d'Occident, Paris, Berg International, 2002, 126 p. 
  • Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, éd. Mille et une nuits, 2002
  • Pierre-André Taguieff, Prêcheurs de haine, Traversée de la judéophobie planétaire, éd. Mille et une nuits, 2004
  • Pierre-André Taguieff, « La nouvelle propagande « ANTISIONISTE », ou la réinvention de la question juive », Controverses,‎ 2010 (lire en ligne)
  • Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive : l'affaire al-Dura en perspective, PUF, 2010. (ISBN 2130575765)
  • Shmuel Trigano (dir.), Le Sionisme face à ses détracteurs, Paris, éditions Raphaël, 2003, 169 p.  (avec notamment des contributions de Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Paul Giniewski, Daniel Sibony)
  • Robert Wistrich (en), "Anti-Zionism and Anti-Semitism", Jewish Political Studies Review 16:3-4, automne 2004
  • Elhanan Yakira, Post-sionisme, post-Shoah trois essais sur une négation, une délégitimation et une diabolisation d'Israël, PUF, collection : « Fondements de la politique », Paris, 2010. (ISBN 978-2-13-056519-2)

Liens externes

Prises de position antisionistes

Critiques de l'antisionisme