Antipapes imaginaires

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Article principal : Antipape.

Les antipapes imaginaires, désignent Pierre Tifane, antipape Benoît XV, qui aurait régné de 1437 à 1470 et Jean Langlade, son successeur, sous le nom de Benoît XVI, qui aurait régné de 1470 à 1499.

La tradition[modifier | modifier le code]

Jean Carrier, second antipape Benoît XIV, fut capturé par le comte de Foix en 1433. Il décéda peu après en prison, et fut enseveli au pied d'un roc[1]. En 1437, Pierre Trahinier, cardinal de Bethléem, Bernard, cardinal d'Hébron, Pierre Tifane, cardinal de Tibériade, Jean, cardinal de Gibelet, X, cardinal de Iona, et Jacques, cardinal de Césarée, élisent Pierre Tifane, qui prit le nom de Benoît XV. Après sa mort, en 1470, ce fut Jean Langlade, qui lui succéda en tant que Benoît XVI. Il décéda en 1499[2].

La réalité[modifier | modifier le code]

Les historiens de cette période, Noël Valois ou Mathieu Desachy, en dépit de leurs recherches ne disent rien sur ces pontifes de la « petite église du Viaur », en revanche, il y eut bien sur place, sous la férule de Jean Farald, pseudocardinal de Bernard Garnier, le premier antipape Benoît XIV, un groupe schismatique qui prêcha dans les gorges du Viaur son refus de reconnaître l'Église de Rome[3].

Il était conduit par le forgeron Jean Tranier, dit « lo Fabre del Colet », puisque lui et sa famille étaient originaires du Coulet, près de Montou, refusant de reconnaître Martin V, fréquentaient les églises où officiaient Jean Farald, avec Jean Moysset et Guilhem Noalhac de Jouqueviel, prêtres partisans de Benoît XIII[4].

Son fils Pierre, cardinal de Bethléem, et sa fille étaient ses plus fervents disciples et les premiers à appeler leur père le prophète Élie[3]. Eux et leurs disciples adhérèrent à l'obédience des deux Benoît XIV et, pourchassés, décidèrent de passer à la clandestinité. Ils fréquentèrent dès lors la « Gleio de Panissolo », une petite grotte du hameau de Flauzins sur la paroisse de Lescure-Jaoul, lieu de culte des partisans de Jean Carrier. Le cardinal Jean Farald, leur compatriote, venait les confesser et leur donner la communion[4].

Le prosélytisme des Tranier (Trahinier) fut tel qu'ils furent arrêtés au moulin de la Soulayrié en 1467 et traînés devant l’official de Rodez[4]. Le prophète mourut en prison et sa fille abjura. Ce noyau dur de l'hérésie était beaucoup plus dangereux pour l'Église que les derniers antipapes qui ne s'étaient auto-proclamés que dans l'objectif de récupérer un pouvoir temporel aussi illusoire que leur pontificat[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mathieu Desachy, Cité des hommes. Le chapitre cathédral de Rodez (1215-1562), Éditions du Rouergue, Rodez, 2005.
  2. Salvador Miranda, Consistoires de Benoît XIII, note 2, University Park, Miami, FL 33199, 2009.
  3. a, b et c Noël Valois, op. cit. et Mathieu Desachy, op. cit..
  4. a, b et c Procès criminel pour hérésie, fait par le vicaire général et l'official de Rodez à Pierre Trahinier (Petrus Trahinerius), habitant de Colet (ou Coulet), paroisse de Monton (de Montone), au diocèse de Rodez, qui avait soutenu que Benoît XIII était demeuré le véritable pape, malgré sa déposition ; 17 avril 1467.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]