Antioche de Pisidie

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Antioche de Pisidie
Site d'Antioche de Pisidie
Site d'Antioche de Pisidie
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région antique Pisidie
Province Isparta
District Yalvaç
Coordonnées 38° 18′ 16″ N 31° 11′ 18″ E / 38.304575, 31.18834338° 18′ 16″ Nord 31° 11′ 18″ Est / 38.304575, 31.188343  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Antioche de Pisidie
Antioche de Pisidie

Antioche de Pisidie (Antiocheia ou Antiochia ad Pisidiam en latin) est une ancienne cité de Pisidie, la région des lacs en Turquie, la province moderne d'Antalya. Elle se situait à la croisée des mers Méditerranée et Égée et la région centrale d'Anatolie, près de l'ancienne frontière entre la Pisidie et la Phrygie. De ce fait elle est aussi connue sous le nom d'Antioche de Phrygie. Le site se trouve à environ 1 km au Nord de Yalvaç (ou Yalobatch), ville moderne de la province d'Isparta. Antioche était située sur une colline dont le point le plus haut est à 1236 m. La ville était bordée à l'Est du ravin profond de la rivière Anthius qui se jette dans le lac Egridir (en Turc : Eğirdir Gölü).

Fondation[modifier | modifier le code]

Fondée en 280 av. J.-C., par Antiochos Ier, fils de Séleucos Ier, l'un des généraux d'Alexandre le Grand, qui lui donna son nom tout comme à la ville d'Antioche sur l'Orontes (Antakya). Selon Strabon elle est fondée par des citoyens de Magnésie sur le Méandre. Elle est refondée comme colonie romaine en 19 av. J.-C., dans le cadre de fondations de colonies de vétérans en Asie, en Grèce, Anatolie et Syrie notamment. Selon Pline l'Ancien, il s'agit de la capitale de la province romaine de Pisidie, nommée Antiochea Caesarea. À la veille de la bataille d'Actium en 31 av. J.-C., Octave constate que l'Orient romain est inégalement urbanisé, en particulier à l'intérieur de l’Anatolie où les cités sont rares. Il se consacre donc, sans créer de nouvelles poleis (en dehors de Nicopolis d'Épire), à la restauration et fondation de colonies romaines telles qu’Antioche. Cela s'explique par la nécessité de lotir les nombreux vétérans démobilisés au lendemain de la bataille d'Actium et, dans le but de devenir des foyers de romanisation autour de villes peuplées de citoyens romains. C'est ainsi qu'en installant des vétérans de la Ve Gallica et de la VIIe légion, Auguste créa le réseau de colonies en Pisidie, et à Antioche dès 25 av. J.-C..

Culture et religion[modifier | modifier le code]

Les effets culturels sont en fait limités puisqu'il est observé que partout le grec supplante le latin à partir du règne d'Hadrien. Rien ne témoigne non plus d'une diffusion des cultes romains, en dehors des cultes qui ne sortent pas des milieux de soldats et vétérans. On peut cependant noter la présence d'un culte local important, celui du dieu Men.

La ville fut fondée probablement sur le site d'un ancien sanctuaire phrygien dédié au dieu Men, on y retrouve d'ailleurs de nombreuses inscriptions[1].

Les Actes des Apôtres nous apprennent que Paul de Tarse (saint Paul) et saint Barnabé se sont rendus deux fois à Antioche en 46 ap. J.-C., mais qu'à leur première visite ils ont été chassés par les Juifs fort nombreux dans cette ville[2], il fonde plusieurs communautés chrétiennes au cœur des territoires non évangélisés. Antioche fut l'une des premières villes d'Anatolie à adopter le christianisme. La première et la plus grande église dédiée à saint Paul fut construite plus tard à l'emplacement où ce dernier prononça son sermon.

Fin d’Antioche et ruines[modifier | modifier le code]

Lors d'une campagne de conquête dirigée par le calife omeyyade Al-Walid ben Abd al-Malik, la ville fut rasée en 713. Des tentatives furent faites pour la reconstruire, mais elle ne retrouva pas sa splendeur passée. Elle fut finalement abandonnée lorsque Yalvaç fut fondée à proximité au XIIIe siècle.

De nos jours, il reste un certain nombre de ruines antiques des murailles, un aqueduc, un petit théâtre, mais également les propylées de l'acropole, la place dite Auguste Platea d'où s'élevait un temple probablement consacré à Auguste (ou Dionysos), la place Tiberia Platea en l'honneur de Tibère, et à proximité les restes de deux basiliques byzantines et les ruines d'une église du IVe siècle dédiée à Saint Paul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aperçu des sanctuaires, reliefs rupestres et inscriptions de Pisidie.
  2. À cause de leur annonce du salut et de la résurrection en Jésus : voir Actes des apôtres 13,15-41 Actes mais pas forcément mal reçus : voir Actes des apôtres 13,42-44. C'est les chefs Juifs qui les chassèrent : voir Actes des apôtres 13,45-50

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]