Antilles néerlandaises

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12° 11′ 10″ N 68° 59′ 22″ O / 12.1861, -68.9894 ()

Antilles néerlandaises
Nederlandse Antillen (nl)

1954 – 2010

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries

Devise : A Libertate unanimus
(latin : « Unis pour la liberté »)

Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation des Antilles néerlandaises

Informations générales
Statut État fédéral autonome au sein du Royaume des Pays-Bas
Capitale Willemstad
Langue néerlandais
PIB 2,45 milliards de $ (est.) (2003)
PIB/hab. 11 400 $ (est.)
Monnaie Florin des Antilles néerlandaises (ANG)
Fuseau horaire -4
Domaine internet .an
Indicatif téléphonique 599
Démographie
Population 255 500 hab. (est.)
Superficie
Superficie 960 km2
Histoire et événements
1er janvier 1986 Aruba quitte la fédération
10 octobre 2010 Dissolution

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Antilles néerlandaises, en néerlandais De Nederlandse Antillen, étaient un ensemble de six, puis cinq îles principales situées dans la mer des Caraïbes : Bonaire, Curaçao, Saba, Saint-Eustache (Sint-Eustatius ou Statia), la partie méridionale de l’île de Saint-Martin (Saint-Martin), ainsi qu'Aruba jusqu'en 1986. Son code ISO 3166-1 alpha-2, aujourd'hui retiré et réservé jusqu'en 2061, était « AN ».

Le territoire des îles formait juridiquement un des trois États du Royaume des Pays-Bas : l’État fédéral autonome des Antilles néerlandaises, ou Fédération des Antilles néerlandaises (qui incluait aussi Aruba jusqu’au 1er janvier 1986, date à laquelle l’île s’est détachée des Antilles néerlandaises pour constituer un autre territoire autonome au sein du royaume).

L’accord signé le 2 novembre 2006 permit à l’État fédéral autonome des Antilles néerlandaises d’amorcer sa dissolution progressive, qui aurait dû être effective le 15 décembre 2008, mais, après un délai, le transfert des compétences souveraines vers Curaçao et Saint-Martin fut officialisé le 10 octobre 2010. Curaçao et la partie néerlandaise de l’île de Saint-Martin forment dès lors des États autonomes au sein du Royaume des Pays-Bas. Les îles de Bonaire, Saba et Saint-Eustache[1] furent réunies aux Pays-Bas en tant que municipalités à statut particulier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les « Îles Sous-le-Vent » furent découvertes par Christophe Colomb en 1493 et les « Îles du Vent  » par Alonso de Ojeda en 1499. Après un début de colonisation par les Espagnols, les îles sont conquises au XVIIe siècle par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Les Antilles néerlandaises servent alors de lieu de transit et d’exploitation des esclaves venus d’Afrique jusqu’en 1863, date de l’abolition de l’esclavage dans ces îles.

En 1954, les îles passent du statut de colonies à celui de territoire associé au royaume des Pays-Bas sous la forme d’une fédération. L’île d’Aruba se sépare de la fédération pour rester associée au royaume des Pays-Bas sous le statut de territoire associé à part entière le 1er janvier 1986.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des Antilles néerlandaises.
Les îles sous le vent à proximité du Venezuela.

Les îles des Antilles néerlandaises sont classées en deux groupes suivant leur situation géographique :

Les Îles au Vent sont toutes d’origine volcanique et ont un relief accidenté, ne laissant que peu d’espace à l’agriculture. Les Îles sous le Vent ont une origine à la fois volcanique et corallienne car ayant été submergées à de nombreuses reprises ; leur relief est moins marqué.

Le point culminant des Antilles néerlandaises, et du Royaume des Pays-Bas, est le mont Scenery à Saba avec 887 mètres d’altitude[2].

Le climat est tropical mais les Îles du Vent sont plus humides et subissent le passage des cyclones contrairement aux Îles sous le Vent.

Il n’existe pas de divisions administratives bien que chaque possède son propre gouvernement.

Politique[modifier | modifier le code]

Le chef d’État des Antilles néerlandaises est le souverain des Pays-Bas. Depuis 2013, il s’agit de Willem-Alexander des Pays-Bas. Le monarque est représenté dans les îles par un gouverneur qui forme la branche exécutive du gouvernement avec le Conseil des ministres.

Les « Staten » (États), la branche législative, est constituée de délégués des différentes îles. Chaque île forme un « eilandgebied » (territoire insulaire) avec un gouvernement local qui est habilité à régler les affaires courantes.

Comme dans les autres provinces des Pays-Bas, la prostitution, la marijuana et les mariages homosexuels sont autorisés.

Nouveaux statuts[modifier | modifier le code]

En 2004, une commission du gouvernement des Antilles néerlandaises et des Pays-Bas a fait état d’un futur statut pour ce territoire.

Toutes les îles étaient favorables à un changement de statut et aucune n’a opté pour l’indépendance. Le 28 novembre 2005, un accord a été signé entre les gouvernements d’Aruba, des Antilles néerlandaises et des Pays-Bas pour mettre en application le rapport de la commission en juillet 2007[3]. En outre, le 2 novembre 2006, un accord a été signé entre le gouvernement des Pays-Bas et les représentants des îles de Bonaire, Saba et Saint-Eustache sur le nouveau statut de ces îles. Elles deviendraient des communes néerlandaises à statut spécial. Les lois néerlandaises seront adaptées avec des exceptions en accord avec la position géographique des îles. Par exemple la sécurité sociale ne pourra être la même qu’aux Pays-Bas.

En février 2007, la dissolution de la Fédération des Antilles néerlandaises a été approuvée par une révision constitutionnelle du Royaume des Pays-Bas. Toutes les îles des Antilles néerlandaises ont opté pour la dissolution de la Fédération. Toutefois, si la majorité d’entre elles ont voulu assez massivement un rapprochement avec l’État des Pays-Bas, ce ne fut pas le cas pour la plus peuplée (Curaçao) qui souhaitait au contraire un statut de plus forte autonomie, plus proche de celui de sa voisine Aruba, ni pour Sint-Maarten en raison du statut géopolitique et historique particulier de l’île de Saint-Martin sous administration largement concertée franco-néerlandaise (les deux nations y sont liées par un traité international) et disposant d’une population plus largement cosmopolite avec diverses nationalités.

Initialement prévue pour le 15 décembre 2008, la dissolution de la fédération est officiellement achevée le 10 octobre 2010 : Curaçao et Sint-Maarten forment depuis deux nouveaux États autonomes (en plus de celui d’Aruba et de l’État des Pays-Bas) au sein du Royaume des Pays-Bas et les trois autres îles, beaucoup moins peuplées, sont réintégrées à l’État des Pays-Bas en tant que « communes néerlandaises à statut particulier ».

Économie[modifier | modifier le code]

L’économie des Antilles néerlandaises est basée sur le tourisme (sur toutes les îles), le raffinage du pétrole vénézuélien (sur Curaçao) et l’hébergement de comptes bancaires (surtout Sint-Maarten). Les habitants bénéficient d’un bon niveau de vie et d’infrastructures développées (ports, aéroports, routes, hôpitaux, universitésetc.). Presque tous les biens de consommation sont importés, principalement du Venezuela, du Mexique et des États-Unis. Les Pays-Bas fournissent quant à eux de nombreuses aides au développement. L’agriculture est peu développée car ne bénéficiant pas de sols riches et irrigués.

Le taux de change entre le florin des Antilles néerlandaises et le Dollar US est de 1,79 contre 1 et est indexé sur cette monnaie.

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO de 2005, population en milliers d’habitants).

Les cinq îles des Antilles néerlandaises comptaient 199 929 habitants au 1er janvier 2009 (dont 141 766 à Curaçao), noirs ou métis pour la plupart, pour un territoire de 960 km2. La capitale du territoire est Willemstad, sur l’île de Curaçao. Les Antilles néerlandaises connaissent une forte immigration depuis quelques années, essentiellement en provenance de République dominicaine, d’Haïti, de Colombie, des îles anglophones des Antilles.

Les langues parlées sont principalement le papiamento (créole), l’anglais, le néerlandais (langue officielle) et l’espagnol.

La religion la plus représentée est le catholicisme, mais il en existe d'autres : judaïsme, protestantisme, vaudou, évangélisme, etc.

Culture[modifier | modifier le code]

Les origines variées des habitants des Antilles néerlandaises ont créé une culture locale très riche. Mais la proximité des États-Unis et le nombre important de touristes venant de ce pays l’ont quelque peu influencée.

Comme dans la majorité des pays d’Amérique latine, le carnaval revêt une importance particulière et les habitants se font un point d’honneur à y participer.

90 % de la population comprend ou sait parler l'anglais. L'espagnol est aussi une langue importante, surtout à Aruba, Curaçao et Bonaire.

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1949, les premiers timbres des Antilles néerlandaises voient le jour et remplacent ceux de Curaçao.

La légende de ces timbres est d’abord Nederlandse Antillen Curaçao (trois valeurs) puis Ned. Antillen (24 valeurs) et enfin Nederlandse Antillen jusqu’à aujourd’hui.

En 1986, Aruba, qui utilisait les timbres des Antilles néerlandaises, se sépare de la fédération pour former un territoire associé au royaume des Pays-Bas et utilise depuis ses propres timbres avec pour légende Aruba.

En 2004, les Antilles néerlandaises avaient émis environ 1 200 timbres postaux, cinq timbres pour la poste aérienne, 61 blocs-feuillets et 17 timbres-taxe.

Codes[modifier | modifier le code]

Les Antilles néerlandaises ont pour codes :

Depuis 2012 (publication du R UE 1106/2012 du 27 novembre 2012), les codes des Antilles néerlandaises ont été modifiés[4] :

  • CW pour Curaçao
  • SM pour Saint Martin (partie néerlandaise)
  • BQ pour Bonaire, Saba et Saint Eustache

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]