Antal E. Fekete

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Antal E. Fekete, né à Budapest en 1932, professeur de mathématiques et de statistiques à la Memorial University of Newfoundland (Canada) de 1958 à 1993, est un économiste partisan de l'étalon-or et critique de l'actuel système monétaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé en mathématiques de l'Université Loránd Eötvös de Budapest en 1955, il quitte la Hongrie lors de la répression qui suit l'Insurrection de Budapest. Émigré au Canada, il est nommé en 1958 professeur à la Memorial University of Newfoundland de Terre-Neuve. Il a été « professeur invité » à Columbia en 1961, au Trinity College de Dublin en 1964, à l'Acadia University Wolfville en Nouvelle-Écosse en 1970 et à Princeton en 1974. Depuis 2000, il est professeur au Intermountain Institute for Science and Applied Mathematics dans le Montana. À partir de 2009, il enseigne à Munich à la New Austrian School of Economics.

Idées principales[modifier | modifier le code]

Même s'il peut être rattaché à l'École autrichienne d'économie (il se réclame de Carl Menger et de Ludwig von Mises, tout en critiquant certains points de vue de ce dernier), partageant le soutien autrichien à l'étalon-or, son point de vue sur les réserves fractionnaires bancaires est différent de celui de Murray Rothbard. L'or est davantage pour lui un moyen de conserver de la valeur qu'un moyen d'échange. La monnaie a une nature duale : elle doit permettre de transférer de la valeur dans l'espace comme dans le temps. De là découlent deux types de monnaies, historiquement illustrés par la coexistence de la monnaie bétail (pecus, dont est dérivé le terme pécuniaire) et de la monnaie sel (sal, dont est dérivé le terme salaire), puis de la monnaie argent et de la monnaie or, le premier type de monnaie étant destiné davantage à l'échange et le second à la conservation de la valeur. Il rejette la proposition rothbardienne d'étalon-or à 100 % :

Ce dont nous avons besoin est d'un étalon-or rendu élastique grâce à la circulation d'effets réels[1].

En effet, Fekete est partisan de la Doctrine des effets réels (Real Bills Doctrine), théorie de création monétaire de l'économie classique (élaborée notamment par Adam Smith), aujourd'hui supplantée par la théorie quantitative de la monnaie. Les effets réels ne sont pas de nature inflationniste, puisqu'ils apparaissent en même temps que de nouvelles marchandises apparaissent, et disparaissent du marché lors du paiement final (en or) ; ils circulent spontanément et ne nécessitent même pas de banque, puisque ce ne sont que des reconnaissances de dette[2].

Le système de réserves fractionnaires est donc tout à fait viable pourvu qu'il repose sur l'étalon-or et sur les effets échangeables en contrepartie des prêts. Il y a un système de réserves fractionnaires honnête et un système de réserves fractionnaires malhonnête, celui que pratiquent les banques depuis la fin de l'étalon-or, en connivence avec les gouvernements qui utilisent le système bancaire pour écouler la dette publique.

Fekete voit un danger dans la chute des taux d'intérêt, qui selon lui peut provoquer une déflation plutôt qu'une hyperinflation, ainsi qu'une destruction de capital, particulièrement dans un régime de monnaie non convertible, problèmes critiques notamment pour les fonds de pension ; l'étalon-or est pour lui un moyen de se protéger de la déflation et de la baisse des taux d'intérêt, et l'or devrait être une alternative aux obligations d’État.

Il distingue entre « monnaie non convertible » et « monnaie à cours forcé » (monnaie-fiat), la première (comme le dollar) subit un accroissement apparemment moins arbitraire et moins occulte que la seconde puisque cet accroissement s'opère par les opérations d'open-market (achats nets de Bons du Trésor par la FED) ; la nouvelle monnaie s’épand sur le marché obligataire sans risque de « fuite vers les biens réels » et contribue à la poursuite de la chute des taux d’intérêts. Le mécanisme de « cavalerie » dure plus longtemps avec le premier type de monnaie.

Dans son livre Le Retour au Standard Or (2011), il affirme que le standard-or va remplacer l'argent-papier, et que l'économie mondiale est condamnée à exploser.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Retour au Standard Or (2011, Le Jardin des Livres, Paris) (ISBN 2914569890).
  • Real Linear Algebra (January 25, 1985) (ISBN 978-0-8247-7238-3).
  • The Paradox of interest revisited (Revue Bancaire, Brussels, September 2007, published by the National Bank)
  • Interest and Discount (Revue Bancaire, Brussels, November 2007, published by the National Bank)
  • Borrowing Short and Lending Long: Illiquidity and Credit Collapse (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1983)
  • Resumption of Gold Convertibility of The US Currency (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1984)
  • Irredeemable Currency: The Destroyer of Capital (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1985)
  • Deflation: Retrospect and Prospect (Monograph, Committee for Monetary Research and Education, 1986)
  • Signature of Partitions and Divisors (1965)
  • Substitution of Power Series (1965)

Citations[modifier | modifier le code]

  • Les économistes actuels sont des charlatans, des bonimenteurs qui, tout en se délectant de leur propre gloire, sont totalement incapables de prévoir un effondrement financier, même quand ils le regardent fixement dans les yeux, comme l'a montré leur misérable performance de 2007. Pire encore, ils sont même totalement incapables d'admettre leurs propres erreurs. Ils sont une malédiction jetée sur le corps politique et des verrues sur le corps académique. Ils conduisent le monde vers un désastre monétaire et économique sans précédent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dr. Antal Fekete Discusses the Controversial Real Bills Doctrine and Free-Banking
  2. Fekete indique que telle était la situation à Manchester au XIXe siècle ou dans les cités-états italiennes de la Renaissance. Un abus d'émission de tels effets entre deux commerçants de connivence était selon Fekete sanctionné par le marché qui mettait les coupables sur liste noire et refusait leurs effets.

Source[modifier | modifier le code]

Tout ou partie de cet article est tiré de l'article éponyme de Wikibéral : Sa biographie sur Wikibéral

Liens externes[modifier | modifier le code]