Anser

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Wiktionnaire Cet article a pour sujet les espèces d'oies du genre Anser. Pour une définition du mot « anser », voir l’article anser du Wiktionnaire.

Le genre Anser comprend huit espèces d'oies. Les oies sont de grands anatidés de l'hémisphère nord. Toutes les espèces sont sociables et migratrices, en vol, elles adoptent des formations en V typiques. Les oies se nourrissent principalement au sol en broutant l'herbe.

Description[modifier | modifier le code]

La plus lourde des oies du genre Anser est l'Oie cendrée avec de 2,5 à 4,1 kg et la plus petite est l'Oie de Ross avec un poids de 1,2 à 1,6 kg. Toutes les oies de ce genre ont les pattes et palmures roses ou orange et les becs de couleur rose, orange ou noir. La plumage de l'arrière-train est toujours plus ou moins blanc, et quelques-unes ont également un plumage de la tête tout ou partiellement blanc. Le corps, le cou le dos sont gris ou de blancs, les rémiges primaires, quelques fois secondaires, sont noirs ou noirâtres. Les oies les plus proches génétiquement, celles du genre Branta, ont des pattes noires, un plumage en général plus sombre[1].

Le dimorphisme sexuel est pratiquement inexistant chez ces espèces.

Il est facile de distinguer parmi ces oies, trois espèces subarctiques au plumage blanc. Ces espèces qui vivent nichent près du Détroit de Béring, ont un bec rouge sauf celui des mâles adultes de l'Oie de Ross dont la cire est granuleuse et bleu-noir. Elles ont des plumages différents selon les saisons, dont une phase au moins est blanche. Le plumage de la tête est toujours blanc, ce qui ne se retrouve que chez les races d'oie domestique. Le reste du plumage est à dominante blanche, avec quelques fois des teintes gris-bleu. On les nommes les oies blanches, les autres oies de ce genre étant appelées oies grises.

La taille corporelle, la taille du bec, la vitesse de développement, et la stratégie de migration sont fortement corrélées. En effet les petites espèces vivent en Arctique, elles ont un plus petit bec, leurs jeunes se développent plus rapidement dans le court été arctique, et effectuent des plus longues migrations en descendant plus au sud que les espèces plus grandes. Les espèces les plus grosses, s'accommodent mieux des hivers plus rigoureux, certaines ne migrent même pas. Les espèces de ce genre suivent la règle édictée par Bergmann qui veut que les espèces les plus exposées au froid soient les plus lourdes, cependant elles en divergent légèrement car il faut dans ce cas précis, ne pas tenir compte du fait que les aires de reproductions estivales sont plus fraîches[1],[2].

Répartition et habitats[modifier | modifier le code]

La distribution du genre Anser est holarctique et migrent vers le sud en hiver, le plus souvent pour des régions au Climat tempéré, c'est-à-dire dont les moyennes de janvier se situe entre 0 °C et 5 °C. Ces espèces vivent dans les zones humides.

Écologie[modifier | modifier le code]

Comme tous les Anserinae, ces oiseaux sont herbivores. Bon nageurs, ils sont capables de marcher sur de bonnes distances pour pâturer dans les prairies ou les champs. Dans l'eau, ils peuvent plonger pour atteindre les plantes submergées[2].

Les couples de reproducteurs s'unissent normalement à vie, au sein de colonie qui peuvent atteindre plusieurs milliers d'individu et qui peuvent mélanger plusieurs espèces d'oies. Les plus grandes colonies étant formées par l'Oie à bec court. En hiver, pour la migration, on a observé des vols de plus de 800 000 oies des neiges sur un même site[3].

Famille d'oie pâturant

L'été, ces oiseaux nichent près de l'eau, le plus souvent sur de petites îles ou îlots pour se mettre à l'abri des prédateurs non-volants, quelques fois dans des falaises et plus rarement dans les trous d'arbres. Le nid est tapissé de duvet que les adultes s'extraient du poitrail. De deux à huit œufs sont déposés et éclosent après 20 à 21 jours. Les oisons sont nidifuges et sont immédiatement conduits par les parents pour se nourrir d'eux-mêmes. Les petits peuvent gagner l'eau mais restent près des rives qu'ils regagnent dès qu'un cri d'alarme est poussé par un adulte. Les parents peuvent intervenir vigoureusement pour protéger leurs petits. Les oisons peuvent voler après 40 à 60 jours. Les juvéniles sont matures selon les espèces, au plus tôt après la seconde année, mais chez les oies cendrées par exemple, il faut cinq ans[1],[2].

Systématique et taxonomie[modifier | modifier le code]

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Les analyses des séquences d'ADN mitochondrial ont été utilisées déterminer la phylogénie des espèces du genre Anser. La phylogénie obtenue est différente de la vision traditionnelle sans pour autant être incompatible. Les différences génétiques observées entre les espèces Anser représentent entre 0,9 à 5,5 % du génome, ce qui autorise à penser que ces espèces sont d'une étroite parenté. Parmi les quatre plus proches espèces l'Oie des moissons, l'Oie à bec court, l'Oie rieuse, l'oie naine, la position dans l'arbre phylogénétique est incertaine. La diversification de ces espèces est, en tout état de cause récente.

La divergence du groupe formé par ce genre et le genre Branta a été estimé à 5 Ma sur la base de l'examen de fossiles[4].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreux synonymes à Anser :

  • Cygnopsis Brandt, 1836
  • Cycnopsis Agassiz, 1846
  • Eulabeia Reichenbach, 1852
  • Philacte Bannister, 1870
  • Heterochen Short, 1970

Certains auteurs considèrent que plusieurs sous-espèces doivent avoir le rang d'espèce d'autre non, c'est le cas pour Anser fabalis notamment. Dans d'autre cas, certains considèrent que les espèces sont en voie de différentiation comme Anser (albifrons) frontalis[5]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme latin Anser qui désigne les oies dérive d'une racine indo-européenne *ghans, d'où dérive également les termes grec ancien khén, sanskrit hamsa, géiss en vieil irlandais, Gansa en espagnol, la racine germanique dérivera vers Gänse en allemand, gas en vieux norrois et goose en anglais, les racines en vieux slave donne /Gus/ comme Гуска en serbo-croate et Гуси en russe.

Le nom de famille Hus, de Jan Hus dérive du terme Tchèque husa, l'oie du genre Anser.

Les termes français et italien, respectivement oie et oca, n'ont pas la même origine que les termes des autres langues.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Oies dites grises
Oies dites blanches

Elles sont dorénavant placées dans le genre Chen :

Relation avec les humains[modifier | modifier le code]

Les interactions avec les humains sont nombreuses, à travers la chasse, l'élevage des oies domestiques, la transmission du H5N1, et dans certains cas, des conflits avec les agriculteurs, qui voient leurs productions hivernales menacées par le pâturage des oies[2]. Les espèces domestiquées sont l'Oie cendrée, l'Oie cygnoïde.

Les oies sauvages de ce genre font partie du gibier d'eau et à ce titre appelées Sauvagines par les chasseurs. Toutes ces espèces sont chassées et pour certaines populations, cela menace même leur survie, cependant c'est surtout la destruction des zones humides qui entraînent le déclin des populations d'oies. En 2008, selon l'UICN, l'Oie naine est menacée[6], l'Oie cygnoïde est en danger[7], l'oie empereur est quasi-menacée[8]. Les autres espèces de ce genre étant classées en préoccupation mineure.

Les espèces occidentales (Europe et Amérique) sont aujourd'hui moins menacées du fait de la prise de conscience de la fin du XIXe siècle de la disparition des gibiers d'eau. Ainsi la plupart de ces populations ont augmenté au cours du XXe siècle[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Anser
Chen

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (Carboneras 1992)
  2. a, b, c et d (Cramp 1977)
  3. a et b (en) « Snow Goose Migration », DeSoto National Wildlife Refuge, United States Fish and Wildlife Service,‎ Version du 25 septembre 2007 (consulté le 24 octobre 2007)
  4. (en) Gerald F. Shields, Allan C. Wilson, « Subspecies of the Canada Goose (Branta canadensis) Have Distinct Mitochondrial DNA's », Evolution, vol. 41, no 3,‎ mai 1987, p. 662-666 (résumé)
  5. Banks, Richard C.; Chesser, R. Terry; Cicero, Carla; Dunn, Jon L.; Kratter, Andrew W.; Lovette, Irby J.; Pamela C. Rasmussen; Remsen, J.V. Jr; Rising, James D. & Stotz, Douglas F. (2007): Forty-eighth Supplement to the American Ornithologists' Union Check-List of North American Birds. The Auk 124(3): 1109-1115.
  6. Référence UICN : espèce Anser erythropus (en)
  7. Référence UICN : espèce Anser cygnoides (en)
  8. Référence UICN : espèce Chen canagica (en)