Annuaire téléphonique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un annuaire téléphonique est un registre (sur support papier ou électronique) listant des inscriptions comprenant le nom, adresse et numéros de téléphone.

La diffusion de son contenu est soumise à certaines directives permettant de garantir le droit au respect de la vie privée et la protection des données personnelles. Par exemple, tout abonné a le droit de refuser la parution et la divulgation de ses coordonnées téléphoniques (services de liste rouge).

Origine[modifier | modifier le code]

Les premiers annuaires furent inspirés par l’almanach apparu en Europe au Moyen Âge. L'Almanach royal, édité pour Louis XIV, inventoriait les hauts fonctionnaires de l'État et les professeurs des universités. Il devint l’annuaire de l'administration française et fut édité jusqu’en 1919.

Sébastien Bottin publia le premier annuaire des entreprises en 1798 sous l’appellation Almanach du commerce et de l'industrie. Il a d’ailleurs donné son nom à l’annuaire téléphonique, communément surnommé le bottin en France et en Suisse.

En 1880, avec l’installation des premiers centraux de communication manuels, apparaît le premier annuaire des abonnés téléphoniques (il comportait à peine 200 connexions). Les numéros de téléphone qui étaient donnés par les opératrices du numéro 11, depuis 1921 en Suisse[1] et 1938 en France, provenaient des annuaires édités par la Direction des Postes et Télégraphes.

À l'origine, l’annuaire téléphonique était publié uniquement sous forme de livre. En 1980, un premier essai d'annuaire électronique fut réalisé à Saint-Malo et Rennes. Mais en 1983 une véritable révolution vit le jour avec l'apparition du minitel en France et du Vidéotex en Suisse. En 1986 en France, on dénombrait plus de 7 millions d'heures passées sur l'annuaire électronique, chiffre qui atteint les 16 millions dix ans plus tard. L’annuaire devint ensuite également accessible sur logiciel informatique. Avec la démocratisation d’internet dans les années 2000, les annuaires en ligne firent leur apparition et remplacèrent progressivement non seulement le minitel et le Vidéotex, mais aussi de plus en plus l’annuaire papier.

La libéralisation du marché des télécommunications en Europe en 1998 permit les diversifications des éditeurs d’annuaires.

Les différents types d’annuaires[modifier | modifier le code]

Annuaire papier[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, l'annuaire téléphonique est une publication imprimée, distribuée gratuitement, dont chaque volume correspond à une subdivision territoriale (aux départements en France). Les informations concernant les abonnés sont présentées par ordre alphabétique des villes (ou villages). L'annuaire est divisé en deux parties : la liste des particuliers et celle des professionnels.

Annuaire sur Internet[modifier | modifier le code]

Les annuaires sur Internet sont aujourd’hui la version la plus répandue et la plus utilisée, car ils sont beaucoup plus faciles à utiliser et donc plus rapides.

Les annuaires sur Internet proposent une multitude de services. Ils permettent notamment la recherche par nom, adresse postale, numéro de téléphone, activité de la société ou mots clés, mais également l’affichage de carte et itinéraire.

Pour suivre l’évolution des besoins des utilisateurs, les fonctionnalités des sites d’annuaire sont en constante innovation. À l’exemple des sites comme celui de France Télécom ou l’Annuaire Français qui intègrent notes et commentaires aux inscriptions des entreprises pour aider les utilisateurs dans leur choix.

Annuaire via l'Internet mobile[modifier | modifier le code]

Des applications sur smartphone permettent de consulter les mêmes annuaires téléphoniques que sur Internet. Mais, en plus, ces logiciels peuvent localiser l'utilisateur en mobilité, avec son accord. Ce positionnement peut être assez précis, par exemple avec le GPS intégré au téléphone. L'annuaire effectue ainsi des recherches de services à proximité de l'utilisateur. À partir de la position, il peut aussi fournir la distance et l'orientation du correspondant demandé, ou indiquer le trajet jusqu'à son adresse.

Personnes individuelles ayant contribué à l´évolution des annuaires[modifier | modifier le code]

Alors que les annuaires téléphoniques sont habituellement gérées par des équipes employés d´importante groupes de télécommunication, certaines personnes individuelles ont contribué à faire avancer les annuaires téléphoniques :

  • Sébastien Bottin, France, (1764 - 1853) crée en 1798 le premier annuaire commercial.
  • Alexander Graham Bell, Canada et USA, (1847 - 1922) invente le téléphone en 1876.
  • Reuben Hamilton Donnelly, USA, fils d´un imprimeur d´annuaire de Chicago est en 1886 à l´origine de l´expression Yellow Pages - par la suite apparaissent les "white pages" / "pages blanches".
  • Jean Yves Pouchard, France, invente le Minitel en 1978 - l´annuaire électronique, accessible sur Minitel par le numéro 11 puis le numéro 3611 se développe par la suite
  • Jon Postel, USA, édite une série de documents visant à établir les standards de l'Internet de l'IETF. Il a apporté ainsi

une contribution majeure à la création du protocole de communication TCP/IP, utilisé sur l'Internet aujourd´hui - ainsi peuvent se créer des sites internet, parmi eux les annuaires.

  • Alex Algard, USA, dépose le 8 avril 1996 le nom de domaine "whitepages.com" - par la suite se développe le plus important annuaire américain, la société privée Whitepages.com [2].
  • Michael Oschmann, fils d´un éditeur d´annuaires en Allemagne, crée, après la chute du mur de Berlin, les annuaires téléphoniques en Croatie, Hongrie et République Tchèque.
  • Ben Solms, France, dépose le 11 mai 2004 le nom de domaine "whitepages.fr" en France, puis le 28 juillet 2004 "whitepages.co.il" en Israël et "whitepages.it" en Italie, puis dans 76 autres pays - permettant à l´expression anglophone "whitepages" (pages blanches en français) de devenir un "standard international" fonctionnant aujourd'hui dans plus de 100 pays différents du Monde[3].
  • Mark Zuckerberg, USA, dépose le 11 janvier 2004 le nom de domaine "thefacebook.com" - en 2005 est racheté "facebook.com" et en 2010 "fb.com" - il se développe le plus grand réseau social du Monde, permettant de trouver des personnes sans passer par des annuaires téléphoniques.
  • Pavel Durov, Russie, crée en septembre 2006 le réseau social VKontakte.ru, VK.com, 2eme réseau social au monde.

Annuaire et renseignements téléphoniques[modifier | modifier le code]

Les services d'annuaire bénéficient de moyens croissants de recoupement informatisé. Ceci facilite l'assistance à distance de l'utilisateur. L'édition d'annuaire se rapproche ainsi des métiers du renseignements téléphoniques. Leur activité commune se différencie progressivement de celle des opérateurs télécoms. Et leur spécialisation amène l'apparition d'un métier à part entière, celui d'annuairiste.

Article connexe : Renseignements téléphoniques.

En France[modifier | modifier le code]

Publié à l'origine par l'administration des postes, l’annuaire téléphonique a été confié en 1946 à l’Office d’annonces (ODA), filiale d'Havas, puis en 2000 à une filiale de France Telecom, Pages Jaunes Groupe, devenu le premier éditeur d’annuaires en France[4]. L'annuaire est édité par l'Imprimerie nationale jusqu'en 2004.

Avec la libéralisation économique des télécoms, les nouveaux opérateurs peuvent constituer leur propre annuaire téléphonique. C'est notamment le cas des opérateurs mobiles comme SFR et Bouygues Telecom. Puis la libéralisation économique des renseignements téléphoniques en 2005-2006 ouvre ce marché à diverses sociétés de dimension européenne.

Depuis le 7 décembre 2004, l’Autorité de Régulation des Télécommunications (devenue l'ARCEP) impose aux opérateurs mobiles d'obtenir le consentement préalable de leurs abonnés avant de les inscrire sur les listes d’abonnés[5]

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, il existe depuis 2013 le nouvel annuaire téléphonique régional Local Guide publié par l'éditeur local.ch. Avec près de 100 éditions régionales, cet annuaire téléphonique imprimé remplace tous les autres annuaires de Suisse. Le Local Guide contient les célèbres Pages Blanches et Jaunes qui répertorient les numéros de téléphone et les adresses d'entreprises et de particuliers en Suisse. De plus, le Local Guide propose une partie rédactionnelle comportant des informations sur la région. Le Local Guide est imprimé sur du papier 100 % recyclé.

Histoire de l'annuaire téléphonique en Suisse : C'est en 1880 que parut le premier annuaire téléphonique dans la ville de Zurich sous forme d'une liste d'abonnés de l'ancienne compagnie de télécommunications de Zurich - la "Zürcher Telephon-Gesellschaft" - avec à peine 98 inscriptions.[5] Dès 1881, les Bâlois leur emboîtèrent le pas en publiant leur propre annuaire téléphonique. L'annuaire téléphonique connut en Suisse un développement rapide. En 1900, le nombre d'inscriptions d'abonnés s'élevait déjà à 38 000, pour passer à un million en 1959 et s'établir à près de 4,3 millions aujourd'hui.

L'annuaire téléphonique Suisse est également disponible en ligne sur www.local.ch ainsi que sur le téléphone portable par le biais, par exemple, de l'application de local.ch pour smartphones et tablettes.

Dans d'autres pays[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]