Anneliese Michel

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Anneliese Michel

Naissance 21 septembre 1952
Leiblfing, Allemagne de l'Ouest Allemagne de l’Ouest
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemande
Décès 1er juillet 1976 (à 23 ans)
Klingenberg am Main, Allemagne de l'Ouest Allemagne de l’Ouest

Anneliese Michel (1952 - 1976) est une jeune Allemande catholique sur laquelle furent pratiqués plusieurs dizaines d'exorcismes et qui mourut au bout de huit années de maladie pour certains, de possession pour d'autres, après avoir notamment cessé de s'alimenter. Sa vie a servi de modèle pour les films L'Exorcisme d'Emily Rose (film de Scott Derrickson sorti en 2005) et Requiem (film de Hans-Christian Schmid sorti en 2006).

Biographie[modifier | modifier le code]

Depuis sa naissance le 21 septembre 1952 à Leiblfing (Bavière), Anneliese Michel mena d'abord une vie normale, caractérisée notamment par une grande piété.

Un jour de 1968, elle commença à trembler violemment et à ne plus contrôler son corps. Lors de ses crises, elle perdait sa voix et ne pouvait plus appeler ses parents pour leur demander de l'aide. Un neurologue diagnostiqua qu'elle souffrait d'épilepsie et elle fut admise à l'hôpital pour un traitement.

Après ses premières attaques, elle vit des visages démoniaques, auquel elle attribua le nom de Fratzen, en train de grimacer lors de sa prière quotidienne. Elle entendait aussi des voix. Anneliese en parla aux médecins qui ne savaient plus comment l'aider.

Au début de l'année 1973, les parents d'Anneliese demandèrent à plusieurs prêtres d'exorciser leur fille, mais ils pensaient qu'il lui suffisait de continuer de prendre ses médicaments. De plus, pour pratiquer un exorcisme, il fallait que la personne possédée répondît à des caractéristiques bien spécifiques. Selon le rituel romain, pour être possédé, un individu doit comprendre ou parler des langues inconnues, souvent mortes (xénoglossie récitative ou responsive). En deuxième lieu, un individu doit connaître des fait cachés (cryptesthésie). Enfin, un individu doit montrer un décuplement de ses forces.

En 1974, un prêtre l'examina et accepta qu'on pratiquât un exorcisme, mais sa hiérarchie le lui interdit. Son état alors empira et les crises devinrent de plus en plus violentes. Elle insultait les membres de sa famille, les battait et les mordait.

Elle refusait de s'alimenter. Elle bougeait tellement dans son lit qu'elle dormait à même le sol. On pouvait l'entendre toute la journée en train de hurler, de briser les crucifix et de détruire des peintures représentant Jésus.

En 1975, après avoir vérifié l'état de sa possession supposée, l'archevêché autorisa un exorcisme fondé sur le rituel romain. Le curé de sa paroisse considérait qu'Anneliese était possédée par plusieurs démons dont il fallait la libérer. À partir de 1975, on pratiqua un ou deux exorcismes sur elle chaque semaine. Parfois, les crises étaient tellement fortes qu'il fallait trois hommes pour la maîtriser si on ne l'enchaînait pas. Malgré cela, elle put reprendre un semblant de vie normale : retourner à l'école, participer à un concours…

Cependant, les crises ne cessèrent pas. De plus en plus souvent, elle se trouvait paralysée et inconsciente. Elle refusait complètement de manger. Ses nombreuses génuflexions (plus de 600 de suite), provoquèrent une rupture au niveau des genoux. Quarante cassettes audio furent enregistrées lors des exorcismes afin d'en conserver des détails.

Le dernier exorcisme eut lieu le 30 juin 1976. À ce stade, Anneliese souffrait d'une pneumonie. Elle avait le visage émacié et souffrait d'une grande fièvre. Elle mourut le lendemain à son domicile. Le rapport d'autopsie indique que sa mort est liée à une sévère malnutrition et à une déshydratation consécutives à sa privation de nourriture pendant près d'un an durant lequel le rite d'exorcisme avait été pratiqué.

Un procureur fit alors une enquête à la suite de laquelle les deux prêtres exorcistes et les parents d'Anneliese, qui était atteinte d'épilepsie et de psychose, furent inculpés de négligence ayant entraîné sa mort.

Les prêtres exorcistes firent écouter des enregistrements des différents exorcismes qu'ils avaient pratiqués, au cours desquels ils affirmaient pouvoir distinguer la voix de deux démons en train de se disputer, se demandant lequel des deux quitterait le premier le corps d'Anneliese.

Les parents et les deux prêtres furent condamnés à 6 mois de prison.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Référence : Félicitas D. Goodman, La Vérité sur l'exorcisme d'Anneliese Michel, Résiac, 1994.

Culture[modifier | modifier le code]