Anne de Rohan-Chabot

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Anne Julie de Rohan-Chabot
Anne de Rohan-Chabot dans l'atelier des frères Beaubrun
Anne de Rohan-Chabot dans l'atelier des frères Beaubrun

Titre Dame de Fontenay
Autre titre Princesse de Soubise
Biographie
Naissance 1648
Décès 4 février 1709
à l'Hôtel de Soubise, Paris
Père Henri de Chabot
Mère Marguerite de Rohan
Conjoint François de Rohan, prince de Soubise
Enfants Hercule Mériadec de Rohan
Armand Gaston Maximilien de Rohan

Anne Julie de Rohan-Chabot (16484 février 1709) est une noble française. Membre de la Maison de Rohan, elle est la femme du prince de Soubise. C'est elle qui apporte la seigneurie de Soubise à la branche cadette des Rohan. Elle sera pendant un temps la maîtresse du roi Louis XIV. Elle est parfois appelée « Madame de Frontenay » car elle possédait le titre de Dame de Frontenay.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'Henri de Chabot et de sa femme Marguerite de Rohan, elle est la troisième de leur cinq enfants. Le mariage de ses parents avait causé un grand scandale, Marguerite avait le rang de princesse étrangère en tant que membre de la Maison de Rohan[1] ce qui avait obligé Louis XIV à émettre un décret pour lui permettre d'épouser Henri et de garder son rang à la Cour.

Sa famille fut autorisée à porter le nom de Rohan-Chabot, les Rohan étant sa famille maternelle[2].

Sa sœur cadette Jeanne Pélagie de Rohan-Chabot épouse le prince d'Épinoy, le grand-père paternel de Louis de Melun, duc de Joyeuse et d'Anne Julie de Melun, une future princesse de Soubise.

Le 17 avril 1663, alors qu'elle n'est âgée que de quinze ans, Anne épouse le lieutenant général François de Rohan, prince de Soubise. François était alors veuf. Il était le fils d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon et de sa femme Marie de Bretagne d'Avaugour. Sa demi-sœur ainée Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, sera un personnage important durant la Fronde, évènement qui marqua profondément les esprits de l'époque. Elle est présentée à la Cour en 1665.

Anne est Dame de Soubise de plein droit. En tant que telle, au moment de son mariage elle transmet le titre à son époux. Le couple portera le titre de prince et princesse de Soubise à partir de mars 1667, après l'élévation de Soubise au rang de principauté par lettres patentes du roi[3]. Anne est également Dame de Frontenay suo jure.

Elle reçoit une excellente éducation pour l'époque[4]. Adolescente, elle est une femme dévouée envers son mari, elle jouit à l'époque d'une grande beauté, avec des cheveux roux, un teint pâle et frais et des yeux en amande. Connue sous le nom de la Belle Florice, elle maintient sa beauté en s'astreignant à un régime strict composé de poulet, salade, fruits, de quelques produits laitiers et d'eau, dans laquelle elle ajoutait parfois du vin[5].

Anne devient un temps la maîtresse de Louis XIV en 1669, lorsque ce dernier séjourne au château de Chambord dans lequel Anne était présente. À l'époque, les faveurs de Louis XIV étaient partagées entre Louise de La Vallière et « sa » future successeur Madame de Montespan. Peu de temps plus tard, elle donne naissance à son second fils, Hercule Mériadec de Rohan, futur prince de Soubise qui porte alors le titre de duc de Rohan-Rohan.

En janvier 1674, Anne devient « dame du palais » auprès de la Reine Marie Thérèse d'Autriche et, cinq mois plus tard, elle donne à nouveau naissance. Il était alors de notoriété générale qu'Anne et le roi étaient amants. Elle donnera par la suite naissance à un nouveau fils Armand Gaston Maximilien de Rohan, dont on pense qu'il est le fils illégitime de Louis XIV et non pas celui de Monsieur de Soubise, mais qu'il a cependant reconnu. Si rien ne fut prouvé, Louis XIV n'en alloua pas moins une forte somme d'argent au mari complaisant, « en considération de ses services ». Dans les portraits de l'époque, la ressemblance entre Armand et le roi est manifeste. Son mari devint rapidement riche[4].

Les relations du couple illégitime prennent fin en 1675[4] après avoir duré pendant pas moins de six ans. Dans le même temps, la relation entre Madame de Montespan et le roi prend fin[6].

Elle persuade son mari François de racheter l'hôtel de Guise aux héritiers de feue duchesse de Guise. Il fait l'acquisition de la propriété le 27 mars 1700 et le renomme « hôtel de Soubise ». Elle y meurt d'un rhume[7].

Descendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce rang prestigieux avait été donné à la Maison de Rohan au début du XVIIe siècle comme ils descendaient des ducs de Bretagne et leur contrôle héréditaire de l'archevêché de Strasbourg, ce qui leur conférait le titre de princes du Saint-Empire romain germanique.
  2. (en) Jonathan Spangler, The society of princes : The Lorraine-Guise and the Conservation of Power and Wealth in Seventeen-Century France (lire en ligne), p. 28.
  3. (en) François Velde, « French principalities », sur Hereldica.org (consulté le 7 avril 2010).
  4. a, b et c « Anne de Rohan-Chabot, Petite Maîtresse de Louis XIV », sur Canalblog.org (consulté le 8 avril 2010).
  5. (en) Lady Antonia Fraser, Love and Louis XIV, Nan A. Talese, 2006, p. 114.
  6. La réconciliation viendra sous la forme d'une fille en 1677 et d'un fils en 1678.
  7. (en) Nancy Mitford, The Sun King p. 221.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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