Anne de Guigné

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Anne de Guigné naquit le 25 avril 1911, à Annecy-Le-Vieux et mourut à Cannes, en odeur de sainteté, le 14 janvier 1922. Elle fut déclarée Vénérable par le pape Jean-Paul II en 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une « famille profondément chrétienne », au château de la Cour à Annecy-le-Vieux[1][2] la mort de son père, tombé au front à la tête de ses chasseurs-alpins en 1915, fut, à quatre ans, le principe déclencheur de sa « conversion ». Elle était une enfant, d'intelligence vive, de volonté ardente, facilement violente et jalouse, difficilement soumise et plutôt dominatrice. Âgée de 4 ans, elle entame alors une transformation profonde, son amour pour sa mère devient « son chemin vers Dieu » et elle acquit rapidement une douceur et une abnégation peu ordinaires, maîtrisant désormais son comportement.

Elle fit sa Première Communion à 6 ans. Mais son jeune âge exigeait une dispense. L'évêque lui imposa donc un « examen » qu'elle franchira avec une facilité déconcertante. « Je souhaite que nous soyons toujours au niveau d’instruction religieuse de cet enfant-là » dira l’examinateur.

Extérieurement, ce fut la plus simple et la plus aimable des enfants : effacée et modeste, toute à ses petits devoirs et à ses jeux. D'après son institutrice, Melle Basset, elle voulait sans cesse s'améliorer : « Rien d’extraordinaire dans sa vie, si ce n’est sa persévérance à devenir bonne. Le secret de sa montée spirituelle : prière et volonté ». Selon d'autres témoins, son humilité, sa douceur, son obéissance, son amour du sacrifice, sa permanente charité étonnèrent ses contemporains. Sa manière de communier remuait les cœurs et plusieurs fois on la vit comme transfigurée. Ses pensées révélaient aussi sa sainteté. Sa pureté était rayonnante et sa bonté sans limites. Elle disait vouloir devenir carmélite.

Elle mourut d'une méningite, à l’aube du 14 janvier 1922 après ce dernier échange avec la religieuse qui la veille : « Ma sœur, puis-je aller avec les anges ? » « Oui, ma belle petite fille » « Merci, ma sœur, ô merci ! »

Procès en béatification[modifier | modifier le code]

Dès 1922, la Revue du Rosaire, publie un article rédigé par le père Bernadot qui débouche sur l'édition d'un livre, publié plusieurs fois et dans plusieurs langues. Très vite le diocèse reçoit de nombreuses lettres de France et du monde « qui attestent de la confiance profonde qu'ont les fidèles de toutes conditions pour celle qu'on se plaît à appeler "la petite sainte" ». De nombreuses autres personnes commencèrent à venir se recueillir sur sa tombe à Annecy-le-Vieux et dans la chambre où elle mourut à Cannes.

Devant la réputation de sainteté de la petite fille, l'évêque d'Annecy initia son procès en béatification, dès le 21 janvier 1932. Toutefois, les études menées à Rome n'aboutirent pas très vite, le cas d'une toute jeune sainte, non martyre, ne s'étant jamais encore posé, d'autant plus qu'aucun miracle ni qu'aucune guérison n'ont jamais été constatés. Le procès en vue de la reconnaissance de l'« héroïcité des vertus » d'Anne fut finalement conclu en 1981, c'est-à-dire au nom des efforts réalisés par elle en vue de devenir meilleure.

Elle fut proclamée Vénérable le 3 mars 1990 par le Pape Jean-Paul II et sa fête (locale) a été fixée au 14 janvier.

Trois associations œuvrent désormais pour perpétuer son souvenir, dont « les Amis d'Anne de Guigné » dont le but est sa béatification, l'association « Enfance et sainteté » dont le but est de « promouvoir la sainteté des enfants sous toutes ses formes ». et l'association « Apprendre avec Anne de Guigné » créée en avril 2010.

D'autres initiatives ont été prises dans le passé. En 1939, son nom fut donné à l 'une des cinquante cloches du grand carillon de Notre-Dame du Mas Rillier à Miribel et en 1960, l'organiste et compositeur Jacques Grunenwald, donna son nom à une composition pour l'orgue de l'église Saint-Sulpice à Paris

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne De Guigné, Enfance Et Sainteté - Renée de Tryon-Montalembert - Éditions Saint Paul - 1983
  • Anne de Guigné - Documents authentiques - Wihler et Moulin
  • On voyait Dieu dans ses yeux - R Charvin - Tequi
  • Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1999 (ISBN 978-2-8420-6465-5), p. 175.
  • Onze ans moins le quart - Madeleine Basset - Tequi
  • Odile Gautron, ill. Jacques Darnel, Le Secret de l'enfant rebelle : Vénérable Anne de Guigné (1911-1922). Paris : Éd. du Triomphe, 2006, 43 p. ISBN 2-84378-266-X
  • Un lys de France, Anne de Guigné (1911-1922) - par le R.P. Louis Théolier, S.J Editions Moulins-1932
  • Une petite "sainte" Anne de Guigné - Abbé Elie MAIRE - Editions de l'apostolat de la prière - Toulouse - 1941

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 134.
  2. Son père, Jacques de Guigné est capitaine dans l'armée. Sa mère, née de Charette, est nièce du Général de Charette et fille d'une descendante de St Louis, Madeleine de Bourbon-Busset (Source : Biographie par l'Abbé Maire)

Pour la rédaction :

  • Actes du colloque « Enfance et sainteté », à Paray-le-Monial, du 28 octobre au 1er novembre 2007 (Père Guimard).
  • L'Essor savoyard du jeudi 10 février 2011, page 3, Anne de Guigné un destin extraordinaire.

Lien externe[modifier | modifier le code]