Anne Stanhope

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Portrait d'Anne Stanhope.

Anne Stanhope (morte le 16 avril 1587) est la fille de Sir Edward Stanhope (14626 juin 1511) et d'Élizabeth Bourchier. En tant qu'épouse d'Édouard Seymour 1er duc de Somerset, qui fut Lord Protecteur pendant la première partie du règne de son neveu le roi Édouard VI, Anne fut brièvement la femme la plus puissante d'Angleterre. Elle réclama même la préséance sur la reine douairière, Catherine Parr.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Anne naît à Sudbury dans le Suffolk, à une date inconnue. Elle a deux demi-frères issus du premier mariage de son père avec Avelina Clifford : Richard Stanhope et sir Michael Stanhope. Ses grands-parents paternels sont sir Thomas Stanhope et Mary Jerningham ; ses grands-parents maternels, Fulke Bourchier, second baron Fitzwaryn, et Élizabeth Dynham. Par sa mère, Anne est une descendante directe de Thomas de Woodstock, le plus jeune fils du roi Édouard III d'Angleterre et de Philippa de Hainaut[1]

Son snobisme et sa prétention sont insupportables, mais elle est très intelligente et déterminée[2]. Antonio de Guaras, un marchand espagnol qui réside à Londres, dira d'elle qu'elle est « plus présomptueuse que Lucifer »[3].

Premier mariage[modifier | modifier le code]

En 1535, Anne devient la seconde[4] épouse de sir Édouard Seymour, le frère aîné de Jeanne Seymour, qui deviendra en 1536 la troisième épouse du roi Henri VIII d'Angleterre. Peu après le mariage du roi et de Jeanne, Edward est fait vicomte Beauchamp ; moins d'un an et demi plus tard, en octobre 1537, il est nommé comte d'Hertford, Anne devenant comtesse. Elle finit par être duchesse de Somerset quand son époux est érigé au rang de duc en 1547.

Anne est une amie proche de la princesse Marie Tudor et de sa belle-sœur Jeanne Seymour. La reine serait d'ailleurs la marraine du premier enfant d'Anne, Edward, qui naît en février 1537. La cérémonie se déroule à Chester Place, aux côtés de la reine. Thomas Cromwell et la princesse Marie sont également parrains[5]. L'enfant meurt à deux ans. Un autre fils, qui porte le même prénom, naît en mai 1539 ; il vivra jusqu'en 1621. Cet Edward portera le titre de premier comte d'Hertford, et épousera en secret une prétendante au trône d'Angleterre, lady Catherine Grey, de qui il aura trois fils.

Il était très connu en Angleterre qu'Anne exerçait une grande emprise sur son époux[6]. Ils eurent en tout sept enfants[travail inédit ?].

Vie à la Cour[modifier | modifier le code]

Tombe d'Anne Stanhope à l'abbaye de Westminster.

Anne assiste à la cérémonie de mariage d'Henri VIII et de Catherine Parr le 12 juillet 1543[7]. À la mort d'Henri, Edward Seymour, en devenant Lord Protecteur d'Angleterre, obtient tous les pouvoirs du roi sans le titre. Anne se considère alors comme la première dame du royaume, réclamant même la préséance sur Catherine Parr lorsque celle-ci épouse son beau-frère, Thomas Seymour. Anne estime que la reine douairière a perdu ce droit de préséance en se remariant[8]. Elle refuse que Catherine la précède, et essaye même de la pousser physiquement hors de sa place lors de leurs entrées et sorties à la Cour[8], et dit même d'elle : « Si le maître amiral [Thomas Seymour] n'apprend pas de meilleurs manières à sa femme, c'est moi qui m'en chargerai[9]. » Catherine, de son côté, évoque l'« infernale » quand elle parle d'Anne[10].

Catherine Parr gagne la bataille en invoquant l'Acte de Succession qui établit clairement qu'elle a la préséance sur toutes les dames du royaume. En fait, Anne vient après les princesses Marie et Élisabeth Tudor, et après Anne de Clèves. Anne possède néanmoins un pouvoir considérable pendant un certain temps, qui nuit même à la réputation de son époux. Edward, lui, réussit à se libérer des contraintes du Conseil et effectue de nombreuses réformes protestantes dans l'Église.

Son époux perd son titre de Lord Protecteur après le putsch de palais orchestré par John Dudley. Bien qu'il a été au départ autorisé à participer au Conseil Privé, il est accusé en 1551 de haute trahison. Il est jugé coupable le 1er décembre 1551 et exécuté par décapitation le 22 janvier 1552 à la tour de Londres. Il y est enterré, dans la chapelle de St Peter ad Vincula.

Second mariage[modifier | modifier le code]

Anne est dépeinte comme une « femme violente » ; elle est tenue responsable du destin de son époux, qu'elle a poussé à mener une politique ruineuse. Elle était haïe à la Cour.

Elle épousera un noble de moins haut rang, Francis Newdigate de Hansworth, qui a servi son précédent époux. Il meurt le 26 janvier 1581, et elle vit le restant de ses jours à Shelford. Elle meurt en 1587 et elle est enterrée à l'abbaye de Westminster[11], où la tombe peinte à son effigie est encore visible. Elle possède un mémorial à l'église de Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Shelford.

Descendance[modifier | modifier le code]

Anne Stanhope dans la fiction[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Anthony Martienssen, Queen Katherine Parr, p. 125.
  2. Martienssen, p. 125.
  3. Antonia Fraser, The Wives of Henry VIII, p. 235.
  4. Le premier mariage d'Édouard à Catherine Fillol a été annulé lorsqu'il a découvert qu'elle entretenait une relation avec son père.
  5. Fraser, p. 275.
  6. Fraser, p. 235.
  7. Martienssen, p. 153-54.
  8. a et b Martienssen, p. 231.
  9. Fraser, p. 402.
  10. Fraser, p. 403.
  11. Voir sur tudorplace.com.ar.