Louise Bénédicte de Bourbon

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Louise Bénédicte de Bourbon par Gobert
Le duc du Maine
Le château de Sceaux en 1736
Sa signature

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Anne Louise Bénédicte de Bourbon, Mademoiselle d’Enghien, puis Mademoiselle de Charolais, et enfin duchesse du Maine, est née le 8 novembre 1676 et morte à Paris le 23 janvier 1753.

Sommaire

[modifier] Biographie

Petite-fille du Grand Condé, fille du prince de Condé, premier prince du sang, et de la princesse Palatine Anne de Bavière (1648-1723), elle épousa à Versailles, le 19 mars 1692, Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), bâtard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. Très petite de taille, comme tous les membres de sa famille, elle est surnommée par sa belle-sœur Mademoiselle de Nantes, jalouse de sa naissance, « poupée du sang ». Violente, venant d'une famille où la folie furieuse régnait, elle menaçait son pieux mari de devenir folle s'il la contrariait et n'hésitait pas à lui faire des remarques blessantes sur son handicap. Ils eurent sept enfants, tous sans postérité :

  1. N... de Bourbon, Mademoiselle de Dombes (née le 11 septembre 1694, morte le 15 septembre 1694) ;
  2. Louis Constantin de Bourbon, prince de Dombes (né le 17 novembre 1695, mort le 28 septembre 1698) ;
  3. N... de Bourbon, Mademoiselle d'Aumale (née le 21 décembre 1697, morte le 24 août 1699) ;
  4. Louis Auguste II de Bourbon, prince de Dombes (né le 4 mars 1700, mort le 1er octobre 1755) ;
  5. Louis Charles de Bourbon, comte d'Eu (né le 15 octobre 1701, mort le 13 juillet 1775) ;
  6. Charles de Bourbon, duc d'Aumale (né le 31 mars 1704, mort en septembre 1708) ;
  7. Louise-Françoise de Bourbon (1707-1743), Mademoiselle du Maine (née le 4 décembre 1707, morte le 19 août 1743).

[modifier] Ambitions politiques

Blessée dans son orgueil d'avoir du épouser un prince légitimé, elle poussa son mari, homme intelligent mais faible et enfant préféré du roi, à rechercher un rang qu'il ne pouvait soutenir : entrée au parlement à 20 ans au lieu de 25 (1694) puis aptitude à succéder au trône après les princes du sang et rédaction d'un testament par Louis XIV (1714). Elle chercha également à jouer un rôle politique sous la Régence, pour venger l'affront fait à son mari par le Régent qui avait fait casser le testament de Louis XIV donnant à ses bâtards légitimés la préséance sur les princes du sang et écarté le duc du Maine des conseils de régence. C'est elle qui engagea son mari à entrer dans la conspiration de Cellamare en 1718, en vue de faire attribuer la régence au roi d'Espagne. Lorsque le complot fut éventé, lui fut arrêté à Sceaux le 29 décembre 1718, elle le même jour à Paris. Un sera expédié à Doullens, elle fut emprisonnée à Dijon en 1719. Elle retourna à Sceaux l'année suivante où elle recommença à tenir sa cour, le 12 janvier 1720.

[modifier] Ordre de la Mouche à Miel

Il s'agit d'une société créée à Sceaux par la duchesse du Maine. Cette société s'occupait de ses fêtes et de ses amusements. L'ordre de la mouche à miel se composait de trente-neuf membres qui avaient leurs habits et serments. L'abeille était leur symbole qui fut accompagnée par cette devise : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite » (« Elle est petite, mais fait de graves blessures »)[1].

[modifier] Une princesse du grand siècle

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Dans son château de Sceaux, elle tenait une véritable cour qu'on appelait « la petite cour de Sceaux », donnant des fêtes de nuits costumées et accueillant les écrivains et les artistes qu'elle pouvait parfois tyranniser, parmi lesquels Voltaire, la marquise Émilie du Châtelet, la marquise du Deffand, Fontenelle, Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, d'Alembert, le président Hénault, Nicolas de Malézieu, le futur cardinal de Bernis, Henri François d'Aguesseau, Jean-Baptiste Rousseau, Antoine Houdar de la Motte, Sainte-Aulaire, ami de 40 ans que la duchesse appelle: mon berger; Mably, le cardinal Melchior de Polignac, Charles Auguste de La Fare, André Dacier, l'abbé de Vertot, Anne-Claude de Tubières, comte de Caylus, la baronne de Staal-Launay, mais aussi Jean-Baptiste Matho dont les musiques accompagnent les pièces de Malézieu; Jean-Joseph Mouret et Marchand [2]; Thomas-Louis Bourgeois (1676-1751); François Colin de Blamont (1690-1760), et également des musiciens du Roi : Robert de Visée et Antoine Forqueray. Parmi les danseurs les plus en vogue de l'époque viendront à Sceaux au cours de la Quatorzième Nuit: Claude Ballon, pédagogue et chorégraphe et Françoise Prévost, qui danseront sur l'acte IV d'Horace de Corneille; Jean-Antoine de Mesmes, l'abbé de Vaubrun: Nicolas de Bautru de Vaubrun, l'abbé Jean-Antoine Nollet; Marie Françoise de Villars-Brancas, princesse d'Harcourt, Mademoiselle de Montauban, fille d'honneur attachée à la duchesse du Maine; le marquis de Chatte, maréchal de camp (+1734); l'abbé Pierre-Charles Roy, poète et auteur dramatique; Nicolas Bernier; Simon-Joseph Pellegrin, auteur de tragédies et de livrets d'opéra; Jean-Baptiste Colbert de Torcy, marquis de Torcy; Anne-Charlotte de Crussol de Florensac d'Aiguillon, duchesse d'Aiguillon; le chevalier Gavaudun, gentilhomme de la maison de Sceaux; la comtesse Élisabeth-Charlotte Huguet de Sémonville, comtesse d'Estrades; le vicomte de Chabot; François Colin de Blamont, compositeur; Thomas-Louis Bourgeois; Madame de Faubert; Henri Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force; Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils aîné légitimé de Mme de Montespan; Claude François Bidal d'Asfeld, marquis; l'abbé Henri Oswald de La Tour d'Auvergne dit l'abbé d'Auvergne, neveu du cardinal de Bouillon; Diane Gabrielle de Thianges, épouse du Duc de Nevers, neveu de Mazarin et fille d'une sœur de Madame de Montespan; l'abbé Guillaume Amfrye de Chaulieu; la Adelaïde Félicité de Brûlart de Sillery de Puisieux, duchesse d'Estrée; la Présidente Élisabeth Dreuillet née de Monlaur[3] épouse et veuve de Dreuillet, Président aux Enquêtes au Parlement de Toulouse, dame d'honneur de la duchesse et poète[4]; Charles-Auguste de La Fare, marquis et poète; Marie Brûlart, épouse en secondes noces deCharles Philippe d'Albert de Luynes; l'abbé Charles-Claude Genest; Madame de Chambonas, dame d'honneur de la duchesse du Maine; Anne Claude de Caylus; Pierre-François Godard de Beauchamps, auteur dramatique, romancier et historien du théâtre; la marquise de Charost, épouse du duc de Charost, capitaine des Gardes du Corps du Roi; Philippe Néricault Destouches; Charles Hubert Gervais.

La Duchesse souffrant d'insomnie, obligeait ses proches à s'occuper d'elle pendant ces longs moments. Elle fut l'inspiratrice, l'instigatrice, mais aussi l'actrice et la dédicataire de ces divertissements nocturnes.

C'est à partir de 1699 que débute les fêtes de Châtenay où Malézieux possède une propriété, puis à Versailles, au Château de Clagny et Château de Sceaux.

Les fêtes de Châtenay dureront jusqu'en 1705. Les divertissements de Clagny verront plusieurs représentations au cours de 1705 - 1706, ainsi qu'à Sceaux ou elle donne pendant la même période des bals masqués pour Mardi-Gras.

Les 16 Grandes Nuits de Sceaux eurent lieu entre avril 1714 et mai 1715. Les fêtes reprendront doucement en mai 1722, vers de Malézieux mis en musique par Marchand, illuminations au Pavillon de l'Aurore, puis plus grandioses entre 1729 et 1731, illuminations, feu d'artifices et pièce de théâtre. En 1748, représentation de La Prude à Sceaux. Voltaire à la suite d'une brouille ne reviendra à Sceaux qu'en 1750 pour la représentation de La Rome sauvée. La duchesse était bonne danseuse dans sa jeunesse, elle jouait du clavecin, de la flûte et savait chanter.

[modifier] Sa bibliothèque

Initiée très jeune au goût de la science par Jean de la Bruyère, elle comptera dans son salon des personnalités comme Fontenelle. Elle avait un penchant pour les sciences et sa bibliothèque dont l'inventaire fut dressé par le libraire parisien : Louis Etienne Ganeau, permet de dénombrer 3000 ouvrages, ainsi que 58 volumes dépareillés du Journal de Trévoux, 30 romans brochés, des paquets de brochures et œuvres musicales. On y trouvait des manuscrits de prière sur vélin. Le tout fut estimé à quatre mille sept livres.

[modifier] Veuvage

Veuve en 1736, ne pouvant plus faire face aux dépenses excessives de l'entretien du château de Montrond, elle l'abandonna aux habitants de Saint Amand Montrond, qui s'en firent une carrière de pierre. Elle loua l'hôtel actuellement dénommé « hôtel Biron » à la veuve du financier Abraham Peyrenc de Moras, rue de Varenne. Elle fit exécuter le magnifique décor de boiseries. C'est là qu'elle mourut en 1753.

[modifier] Iconographie

(liste non exhaustive)

[modifier] Notes et références

  1. Voir Adolphe Julien, La comédie à la Cour, s.d., p.15-137. Et Dinaux, Sociétés badines, 1867, t. II, p. 77-87.
  2. Un des frères de Jean-Noël Marchand, compositeur des Cantiques de Racine
  3. Évrard Titon du Tillet, Le Parnasse français, 1732, p.649. CCLIII
  4. Décédée en juillet 1730 à Sceaux

[modifier] Bibliographie

  • Jean-Luc Gourdin, La duchesse du Maine : Louise-Bénédicte de Bourbon, princesse de Condé, Paris, Pygmalion, 1999 (ISBN 2-85704578-6) 
  • La duchesse du Maine : une mécène à la croisée des arts et des siècles, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « Études sur le XVIIIe siècle, 31 », 2003 (ISBN 2-8004-1326-3) 
  • Elisabeth Charlotte de Bavière, dite Princesse Palatine: Lettres, des premières années du XVIIIe siècle.
  • Collectif, Direction de Cécile Dupont-Logié, Une journée à la cour de la duchesse du Maine, catalogue de l'exposition, éd. Musée de l'Île-de-France, Sceaux, 2004, 104. p.
  • Adolphe Jullien, Les Grandes Nuits de Sceaux, le théâtre de la duchesse du Maine. réédition, (ISBN 9781160172776)
  • Catherien Cessac, Les Grandes Nuits de Sceaux, 1714-1715, théâtre des folies de la duchesse du Maine, éd. M. B. Dufourcet, Mazouer, Surgers, Université M. de Montaigne, Bordeaux, nov. 2009, Tübingen 2011 Na, p. 249-264.
  • Charles Lacretelle, Histoire de France pendant le XVIIIe siècle, vol1, Lib; éd. F. Buisson 10 rue Gilles-Cœur à Paris, 1808.p. 97.
  • Les fêtes de Malabry, 1vol.
  • Divertissements de Sceaux, 1vol, 1725

[modifier] Discographie

  • Les Nuits de Sceaux, Les Folies Françoises, 2003, enregistrement à la Chapelle de l'Hôpital du Bon-Secours, D.D.D. édition Alpha, distribution: Abeille Musique. Compositeur Nicolas Bernier.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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